SCIENCES
SANTE
| Le bureau à la maison |
| Un foie artificiel pour tester des médicaments |
| Les gros volent mal |
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Découverte d’une nouvelle exoplanète par une équipe internationale d’astronomes
en majorité franco-allemande
Confirmation de l'existence de Corot-9b, une planète assez semblable à
Jupiter située à quelque 1500 années lumières de la terre.
CoRoT-9b est la toute dernière découverte du satellite CoroT (Convection,
Rotation and Planetary Transits) du Centre national d’études spatiales (CNES)
auquel sont associés des chercheurs du Deutschen Zentrums für Luft- und
Raumfahrt (DLR). Il s’agit d’une planète de la taille approximative de Jupiter
qui fait le tour de son étoile en 95 jours. « Cette expoplanète est tellement
normale qu’elle nous a frappés, déclare le Professeur Heike Rauer qui dirige la
participation allemande à CoroT à l’Institut de recherche des planètes du DLR.
Elle se rapproche beaucoup par ses caractéristiques des planètes de notre
système solaire. »
145 jours durant, une équipe internationale de 60 chercheurs avait recueilli des
mesures de cette planète pendant l'été 2008. Leurs résultats sont enfin publiés
après de longs travaux. Il en ressort que Corot-9b tourne autour d'une étoile
dans la constellation du Serpent, à quelques 1 500 années lumière de la Terre,
suivant une orbite qui se trouve à une distance de son astre central comparable
à celle de Mercure. En revanche, elle se rapprocherait plutôt de Jupiter,
composée de gaz (hélium et hydrogène principalement), et d’un diamètre proche
(environ onze fois celui de la Terre).
La caractéristique la plus intéressante serait sa température de surface,
comprise entre -20 et +150°C, suite à sa situation par rapport à son étoile,
soit dix fois plus loin que les autres exoplanètes connues selon Patrice
Chauvin, astrophysicien chargé de la communication à l'Institut national de
sciences de l'univers. Grâce à cela, son atmosphère ne risque pas de s'évaporer,
et il est possible de l'étudier. Cet éloignement relatif de Corot-9b de son
étoile implique aussi un plus long passage devant l'étoile, ce qui facilite
l’observation depuis la Terre. D’où la possibilité pour les « Terriens »
d’analyser à loisir son atmosphère lorsque la lumière de l'étoile la traverse.
Grâce à ces particularités, CoRoT-9b livre des informations qui permettront de
mieux comprendre l’origine des planètes géantes de notre système solaire, telles
Uranus, Jupiter et Saturne.
● Le défi des grands calculateurs : se passerait-il quelque chose entre l’Allemagne et la France ?
VOIR NOTRE RUBRIQUE ECONOMIE/SOCIETES L'ARTICLE SUR LA NOUVELLE PERFORMANCE DE BULL
Il
y a quelques mois, Eurbag évoquait la proposition faite à Hanovre le 3 mars 2008
par le Président Sarkozy à la Chancelière allemande, Madame Angela Merkel,
d’entreprendre une coopération dans le domaine des grands calculateurs.
Cette initiative correspondait à la prise de conscience d’une nécessité pour nos deux pays et pour l’Europe : la préservation sur le Vieux Continent d’une compétence de haut niveau en matière d’architecture informatique, et donc la liberté de concevoir les plates-formes informatiques qui vont être indispensables au développement d’une partie très importante de notre économie de demain. La voie est étroite, car il ne s’agit pas de faire renaître de catastrophiques ‘’plans calcul’’, ni de créer de nouveaux monopoles ou de renoncer à la libre compétition ( à condition qu’elle soit équilibrée ), mais bien d’assurer la survie raisonnable de compétences au service des économies française, allemande et européenne, nous permettant, en évitant de subir le monopole de l’offre extérieure, de rester des acteurs.
En réalité, il était urgent de comprendre que nous sommes à la veille d’une révolution dans le domaine informatique. Citons quelques témoins de cette révolution :
- les calculs de grande puissance (HPC) vont nous permettre de conduire des programmes dans le domaine de l’agriculture d’une taille de dix à cinquante fois plus importante que celle obtenue par d’autres méthodes (Dupont de Nemours).
- la modélisation, la simulation et l’analyse d’un volume considérable de données sont les prochains facteurs du changement radical des conditions de l’innovation (Council on Competitiveness, Washington).
- nous nous efforçons [au travers du programme INCITE] d’amorcer la pompe permettant à notre industrie de découvrir combien peut être profitable le calcul de grande puissance (Secrétaire américain à l’Energie).
Il est clair que la puissance informatique accessible à très court terme va conduire la plupart des utilisateurs à devoir ou vouloir intervenir en amont, dès le stade de la définition et des spécifications des futures machines, qu’ils soient demandeurs de traitement des informations (deuxième génération Internet par exemple) ou de simulations scientifiques aux conséquences économiques désormais essentielles (biotechnologies, nanotechnologies, sciences de la vie, aéronautique, transports, énergie, etc.). Pouvons nous, en Europe, accepter de renoncer à la capacité de concevoir des architectures informatiques adaptées à nos objectifs, et donc renoncer aux moyens et à l’industrie correspondants? Nos besoins vont le plus souvent être les mêmes que ceux de nos partenaires, mais aussi concurrents, américains ou asiatiques, mais nos priorités, nos choix, nos investissements, nos calendriers, etc., peuvent être différents, et le seront, sauf si nos décisions sont préemptées par des moyens de traitement informatiques définis par d’autres imposant ainsi leurs priorités, leurs choix, leurs investissements et leurs calendriers.
Il était donc urgent d’essayer de définir et de mettre en oeuvre une politique cohérente en matière de grands calculs (besoins, compétences, programmes et industrie). L’effort financier n’est certes pas négligeable (150 M€ par an), mais il est sans commune mesure avec les enjeux économiques dont il est une des clés. Nous avons là un des outils dont la France et l’Allemagne et, plus généralement, l’Europe ont tant besoin aujourd’hui alors que nous découvrons la crise : un levier, un multiplicateur de forces économiques.
Cependant, depuis la déclaration du Président Sarkozy, un certain silence a été constaté outre Rhin, hormis, ça et là, quelques articles de presse s’interrogeant sur le sens réel de la proposition française.
Or, soudain, deux
évènements semblent montrer que ce silence est rompu et que quelque chose se
passe entre nos deux pays : d’une part, le 29 septembre, le Centre allemand de
recherche de Jülich signe un accord avec la société française Bull,
d’autre part, le 1er octobre, Bull prend le contrôle amical de
Science + Computing, société basée à Tübingen et spécialisée dans les grands
calculs au profit de l’industrie en général, de l’industrie automobile en
particulier.
Citons le Professeur Thomas Lippert, directeur du centre de calcul de Jülich : La science et l’industrie dépendent et profitent des simulations réalisées par ordinateurs de très grande puissance. Afin de faire face à ces demandes croissantes, Jülich a choisi Bull comme maître d’œuvre du projet JuRoPa qui inclut aussi Sun, ParTec et Intel. Nous considérons que Bull est le mieux placé pour intégrer toutes les nécessaires technologies ‘’clé’’ dans un partenariat destiné à concevoir le supercalculateur à usage général le plus performant, correspondant au large spectre des problèmes de simulation traités à Jülich. Notons que la performance de ce calculateur, qui sera mis en service en 2009, dépassera 200 mille milliards d’opérations par seconde !
Mais, pourquoi Bull est-elle à nouveau, avec succès et seule société en Europe, dans le domaine des calculs de grande puissance, domaine qu’elle avait abandonné depuis des décennies, après avoir été jusqu’à la fin des années cinquante le rival d’IBM ? La raison principale tient dans les choix faits il y a trois ou quatre ans par la société et son premier partenaire dans cette aventure, le Commissariat à l’Energie Atomique. Je cite le Président de Bull, Didier Lamouche : Bull conçoit des supercalculateurs très accessibles car familiers et faciles d’utilisation. Dans le passé, au contraire, les grands ordinateurs étaient bâtis autour d’une architecture dite ‘’vectorielle’’, très efficace mais très spécialisée, exigeant donc des utilisateurs des talents très spécifiques. Bull a choisi une approche différente en concevant des machines ressemblant à des grappes géantes de machines plus petites mais travaillant ensemble de façon plus rapide, plus efficace et plus rentable qu’un supercalculateur unique. Ces ‘’grappes’’ sont d’une utilisation simple car à base de technologies bien comprises par l’ensemble du monde professionnel. Elles n’ont pas de processeurs propriétaires, mais des puces multi-coeur d’Intel. Bull a été un précurseur en concevant ses produits sous Linux, une plate-forme ouverte extrêmement populaire en dehors, jusqu’à présent, du monde des grands calculs.
Souhaitons que ces évènements survenus en 2008 constituent les prémices d’un grand projet : le retour définitif de l’Europe dans une technologie qui change radicalement les règles du jeu et sans laquelle l’ensemble de nos entreprises courraient un risque énorme de perte de compétitivité. Espérons donc, qu’une fois encore, l’Allemagne et la France sauront jouer leur rôle de locomotive de l’Europe !
Henri Conze
● Les carburants par la biomasse - la biotechnologique est-elle la solution ?
Augmenter
les récoltes de moitié ou les doubler, voire les tripler ! – Qu’en diront les
défenseurs de la nature?
Des chercheurs ont trouvé une méthode biotechnologique pour doubler, voire tripler la biomasse des plantes fourragères. Ce serait la solution idéale à l’actuel dilemme social, car ces plantes sont très demandées soit pour en faire de la nourriture animalière, voire humaine, soit pour les transformer en biocarburants.
Mais chose curieuse, cette solution biotechnologique est refusée par certains politiciens et partis politiques, dont les états d’âme se rapprochent de celui du lapin hypnotisé par le serpent qui va l’avaler.
Des chercheurs en Biologie de l’Evolution de l’Institut Max-Planck ont
découvert, au terme d’un long travail de recherche, une micro-ARN dans le génome
de plantes, qui procure davantage de « biomasse », c'est-à-dire de volume, à la
plante. Cette mi-ARN nommée 156 est présente dans toutes les plantes et
responsable de leur croissance. Le groupe de recherche autour du prof. Detlef
Weigel a constaté notamment que dans l'herbe « Thaliana arabidopsis", la
présence abondante de mi-ARN 156 dans les cellules incite les plantes à croître,
à se ramifier, à faire pousser des fleurs et des feuilles en grand nombre.
Lorsque la mi-ARN 156 diminue, la plante transgresse au stade de la maturité
sexuelle, développe son appareil de reproduction et cesse sa croissance. D'où
des branches vides ou en manque occasionnel de feuilles ou de fleurs. Les
chercheurs de l’Institut Max-Planck ont donc cherché une voie pour que la mi-ARN
156 soit davantage et plus longtemps présente dans les cellules. A cette fin,
ils ont introduit un gène dit promoteur, qui stimule la présence de la mi-ARN
156. Résultat: les plantes, à savoir le maïs, le riz ou les herbes de toutes
sortes, se développent davantage, augmentant ainsi leur biomasse. Elles
disposent de plus de feuilles et de fleurs, leurs tiges sont plus solides etc.
Au minimum, la récolte augmentera de 50 %, assurent les chercheurs, voire de
200% à 300%. Autrement dit: Au lieu de récolter 1.000 kg de biomasse, le paysan
en engrangera 1.500 kg, 2.000 kg, voire 3.000 kg.
Ce serait donc, grosso modo, la solution biotechnologique du dilemme qui se pose actuellement, à savoir le choix entre la production de plantes fourragères destinées à la production de biocarburants ou à usage alimentaire pour les humains ou les animaux. C’est ce dilemme qui fait actuellement grimper les prix des produits agricoles étant donné que la quantité de plantes produites ne suffit pas à satisfaire ces deux besoins simultanément. Les agriculteurs sont d’accord avec cette tendance des lois du marché qui leur permet de faire monter leurs prix ! Mais certains agriculteurs aimeraient quand même produire davantage de plantes fourragères tant demandées par la société moderne. Mais la politique est-elle disposée à accepter une production accrue pour suivre la tendance du marché à la hausse ? Il est notoire que des partis politiques comme les « Verts » s’opposent à cette solution.
Depuis peu, les écologistes se sont autoproclamés « libérateurs des champs ». Ils ont trouvé une nouvelle catégorie sociale qu’ils peuvent harceler : les agriculteurs ! Ils vont, de nuit, faucher les champs des paysans qui cherchent à augmenter leur production agricole. Quel acte de courage que de s’en prendre au bien d‘autrui ! En une seule nuit d’été, ils ont fauché 13.500 m2 de maïs transgénique dans le Gers ! Ils ne manquent pas de prétextes pour leurs actions illégales. Leurs mots-clés sont soit des termes hermétiques pour le quidam, comme « Monsanto 810 » à moins qu’ils ne parlent tout simplement comme José Bové de « fauchage volontaire. » En vérité, il s’agit de nuire intentionnellement à autrui, notamment aux consommateurs. Cela, bien sûr, ils ne le disent pas. Bové et ses camarades sont même allés, en plein jour, près de Bordeaux, déverser des colorants dans le silo d’un agriculteur qui produisait du maïs transgénique. Les dommages matériels se sont montés à 500.000 euros.
Le moratoire politique sur les OGM promulgué par le gouvernement Fillon n’a apparemment fait que renforcer l’aversion des amis de José Bové contre un monde moderne capable de répondre aux défis de notre temps. S’ajoute que les écolos accusent notre civilisation de tous les maux de l’humanité. Ils veulent nous ramener à l’état de nature, au statut du « bon sauvage ». Outre qu’ils font peur aux gens en fauchent la nuit des champs cultivés, ils sèment des rumeurs, à savoir que les OGM provoqueraient le cancer... José Bové prétend qu’il lui suffirait d’une étude scientifique sur moins de 10 souris pour prouver que les OGM provoquent des maladies mortelles et obtenir ainsi le soutien du public pour mener sa guerre contre les champs de maïs, de betteraves ou de pommes de terre. Ce soutien public lui fait toujours défaut, le pauvre !
Jusqu’ici, il n’y a aucune preuve que les OGM aient provoqué le cancer. En revanche, beaucoup de personnes meurent de faim. Mais avec quoi va-t-on nourrir demain une population du globe qui ne cesse de s’accroître ? Aujourd’hui déjà se pose le problème alimentaire. « Les écolos » ne proposent aucune solution pour les gens qui ont faim, qui ont le portefeuille mince et qui peinent à se nourrir parce que leur terre ne produit pas assez de plantes, pas assez de maïs, pas assez de betteraves ni de pommes de terre ! Ces soi-disant « altermondialistes » exigent même l’arrêt des exportations agricoles vers les pays africains!
Encore un mot sur « l’état de nature » qu’invoquent sans cesse les écolos. Quelle prétention et quelle outrecuidance ! Ils s’érigent en protecteurs d’une nature qui est bien plus forte qu’eux ! Mais, au fond, en savent-ils assez sur la nature ? C’est une dame qui a ses humeurs. Une année généreuse, l’année suivante avare de ses dons ! Si l’on a une année une récolte excellente, les pommes tomberont nombreuses des pommiers pour nourrir les vaches, quitte à pourrir par terre si nul ne les ramasse ! Et l’année suivante, la nature ne nous fournira qu’une infime part de la récolte de l’année précédente ! Les pommes se font alors si rares qu’on doit les acheter au prix fort !
Reconnaissons donc, que nous nous sommes éloignés à juste titre de cet enchainement temporel qui nous est dicté par la nature ! Nos technologies modernes peuvent donc apporter des solutions plus efficaces et plus durables à ces problèmes quantitatifs résultant de causes naturelles ! Et rappelons-nous toujours que l’abondance de l’offre fait baisser les prix et rend la marchandise accessible à tous les citoyens! Telle est la loi d’airain du marché. Ne peut-on la corriger favorablement en régulant les quantités produites par des méthodes scientifiques ? A notre époque, cela devient possible.
Pour cela, il faut pouvoir « corriger la nature » en nous servant de ses lois. Or les écologistes qui se croient détenteurs de la nature dénoncent les « gènes modifiés » des « plantes transgéniques » qui seraient « contre nature ». Ils ont donc entrepris de détruire ces dernières. Mais la nature produit, elle aussi, des gènes modifiés. Toutes les mutations, même les plus aberrantes, sont jusqu’ici naturelles et il ne semble pas que la vie sur terre en ait souffert, bien au contraire.
Somme toute, il faut convenir que la nature est bien autre chose que ce que pensent « les écolos ». Gardons-nous de les suivre dans leur attitude pro-nature! Ils cherchent à se l’approprier à leurs fins politiques. Mais leurs erreurs politiques deviennent dangereuses dans un monde moderne où elles empêchent l’homme de se servir de ses capacités tant intellectuelles que morales!
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Une découverte importante
pour la colonisation humaine du système solaire
La
sonde américaine Mars Reconnaissance Orbiter vient de détecter d'immenses
glaciers souterrains sur la planète Mars à des latitudes inférieures à ce que
l'on pensait précédemment, autour de 45° sud, révèle la revue Science.
L'un des plus spectaculaires des glaciers de Mars vu « par transparence » sous
son manteau de roches.
«Ensemble, ces glaciers représentent probablement le plus grand réservoir d'eau
gelée en dehors de la calotte glaciaire arctique» de Mars, souligne le principal
auteur de l'étude, John Holt de l'université du Texas (États-Unis). «L'un
d'entre eux est trois fois plus étendu que Los Angeles pour une épaisseur de
près de 800 mètres par endroits». L'eau étant indispensable à la vie telle que
nous la connaissons, la découverte de grands réservoirs d'eau gelée sur Mars est
un signe encourageant pour les scientifiques en quête de vie extraterrestre. Ces
glaciers pourraient également approvisionner en eau les futures missions
d'exploration martienne, ajoute le chercheur. Vestiges d'une période glaciaire
passée, ils ont été probablement préservés par une couche de débris rocheux, à
l'instar des glaciers souterrains de l'Antarctique.
La découverte est due à Sharad qui est le nom d’un radar équipant la sonde Mars
Reconnaissance Orbiter(MRO), acronyme de Shallow Subsurface Radar. Construit par
des chercheurs italiens, cet instrument est conçu pour sonder les couches
superficielles des calottes polaires martiennes mais, grâce à lui, l’équipe en
charge de l’instrument, dirigée par Roberto Seu de l’Université. La Sapienza à
Rome, peut aussi voir à travers la surface de Mars et même détecter
d’éventuelles poches d’eau liquide à plusieurs centaines de mètres de
profondeur.
Depuis les missions Viking, les chercheurs se doutaient bien qu’il devait
exister de vastes réserves de glace dans le sous-sol martien loin des pôles,
mais cela restait des conjectures. Ainsi, les planétologues s’étaient interrogés
sur d’étranges structures en pentes très douces entourant des reliefs, comme le
ferait une crème autour de gâteaux. Situées loin des pôles, l’interprétation la
plus plausible de ces structures était celle de couches de débris rocheux
d’avalanches, mélangés avec un peu de glace. Pour certains, l’interprétation la
plus naturelle était celle de glaciers, recouverts par une mince couche de
débris rocheux.
C’était en particulier l’avis de John W. Holt, membre de la Jackson School of
Geosciences à l’Université d’Austin, au Texas. Ces structures lui faisaient
penser à celles que l’on peut observer sur Terre, notamment au niveau des
glaciers du continent antarctique.
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Un ancien lac aujourd’hui
asséché découvert sur la planète Mars
Image ci-contre : reconstitution d'un paysage traversé par le lac Shalbatana,
sur Mars, tel qu'il devait être il y a 3,4 milliards d'années.
Il a été identifié sur photos du satellite Mars Reconnais¬sance Orbiter (le MRO
lancé par la Nasa en août 2005) par des chercheurs américains et il recouvrait,
il y a environ 3,4 milliards d'années, le fond d'un canyon long d'une
cinquantaine de kilomètres. D'après les calculs de l'équipe de Gaetano Di
Achille à l'Université du Colorado (États-Unis), ce lac d'une profondeur de 500
mètres devait couvrir environ 200 kilomètres carrés, soit un peu plus du tiers
de la super¬ficie du lac Léman. Cette découverte a été publiée dans la revue
Geophysical Research Letters. Le petit orbiteur survole la planète rouge à basse
altitude (320 kilomètres). Sa caméra visualise des détails de seulement un
mètre. Les travaux de datation montrent que le lac Shalbatana s'est probablement
formé il y a 3,4 milliards d'années, durant la période de l'Hespérien. Soit 300
millions d'années après la fin de l'ère chaude et humide du Noachien, qui s'est
étalée entre - 4,1 milliards et - 3,7 milliards d'années. Il est donc
relativement récent et pourrait recéler des fossiles. «Cette découverte n'est
pas une révolution mais une confirmation», indique Nicolas Mangold
(CNRS/université de Nantes), qui rappelle que la présence d'eau liquide, il y a
quatre milliards d'années, a été attestée par la sonde européenne Mars Express
en décembre 2005.
Il paraît que la France est en retard par rapport à ses voisins pour le télétravail. En cause, l’attachement des salariés à la machine à café… Non, je plaisante, mais il semblerait qu’en France, plus que du bureau à la maison, on soit adepte de la maison au bureau, photos des chères têtes blondes en fond d’écran, des cartes postales envoyées par les collègues. Les cadeaux de fête des mères ont enfin trouvé leur place sur le bureau de maman où mains en plâtre (pour les trombones), pots de confiture décorés (pour les crayons), dessins (pour le fun) peuvent se rendre utiles.
Et puis le bureau, c’est la célébration des anniversaires, du départ en vacances, du retour des vacances, du mariage, du pacs, de la naissance, de la retraite. J’exagère ? Je ne crois pas car j’ai une fille qui trouve cela drôlement sympa même si, à force de grignoter des petits gâteaux, sa ligne s’en ressent. Une prise de poids consécutive à la fréquence des goûters en entreprise peut-elle être considérée comme une maladie professionnelle ? Il y a bien un maître Collard quelconque qui nous soulèvera ça un jour. Après tout, n’attaque-t-il pas l’Armée Française parce que des soldats sont morts à la guerre ?
La grippe A aurait, semble-t-il, favorisé le développement de la pratique du télétravail que d’aucuns pensent réservée à une élite de glandeurs. Moi, je suis à fond pour, par pour glander, mais pour la formule qui autorise à faire son supermarché et à aller chez le médecin à n’importe quelle heure. Parce que, côté flemme, on repassera. Quand on a une certaine masse de boulot à faire en un temps limité, je vous assure que, bureau ou pas, le nez il est dans le guidon. Et là, il faut faire attention à ce que que le bureau à la maison ne se transforme pas en bureau et plus de maison.
Travailler quand on veut, certes, mais il faut que le boulot soit fait, et en général un vrai boulot occupe ce qu’il faut par jour. De plus, le télétravail, c’est la solitude devant son écran, aucune pause à la machine à café, aucun bavardage avec la collègue. C’est aussi la jouissance de faire un petit (tout petit) cluque quand on a un gros coup de pompe, rrrrrmmmmmpfff.
Marie-Pascale Ollivier
●Un foie artificiel pour tester des médicaments
Une « machine vivante » constituée de cellules humaines et porcines
Le travail de recherche récompensé de deux femmes-chercheurs allemandes – Les cellules vivent jusqu’à trois semaines grâce aux vaisseaux sanguins – Une alternative fiable aux tests de substances pharmacologiques sur des animaux.
A Stuttgart, deux femmes-chercheurs allemandes ont présenté l’an dernier au public le prototype d’un foie artificiel. Cette machine pourrait remplacer bon nombre de tests pharmacologiques pratiqués sur les hommes et les animaux. D’ici deux ans, la « machine vivante » composée de cellules humaines et animales pourra entrer en service.
Construire des machines qui possèdent les qualités du vivant paraît à priori impossible, car il est très difficile d’imiter avec une machine le processus vital très complexe. En général, toutes les machines conçues jusqu’ici pour tester des substances pharmacologiques et remplacer hommes ou animaux, n’avaient pas un espérance de vie supérieure aux cellules restées à l’intérieur du corps. Celles-ci, d’origine humaine ou animalière, ont besoin d’un ravitaillement régulier. Sinon, elles meurent au bout d’un certain temps, au mieux après quelques jours. Le Prof. Heike Mertsching et le Dr. Johanna Schanz ont donc eu l’idée de prévoir un système de vaisseaux sanguins naturels pour alimenter les cellules humaines et animales. « La particularité de notre foie-machine », explique Johanna Schanz de l’Institut IGB de la Fraunhofer-Gesellschaft à Stuttgart, qui a choisi cette machine comme thèse de doctorat, « c’est son système vasculaire complet. Il crée un environnement naturel pour les cellules hépatiques humaines que nous y avons transplantées. Ces cellules hépatiques et endothéliales peuvent donc atteindre une durée de vie bien plus étendue. D’autre part, ces cellules hépatocytes sont également capables de transformer des substances pharmacologiques qu’on leur aurait administrées. Nous avons ajouté aussi un groupe de cellules endothéliales vivantes, » poursuit Dr. Johanna Schanz, « elles constituent la barrière entre le sang et les tissus. »
Comme l’utilisation d’artères artificielles pour alimenter les cellules vivantes s’est avérée inefficace, les deux femmes-chercheurs ont eu l’idée d’utiliser un morceau de l’intestin d’un porc. Il constitue le système d’approvisionnement des cellules humaines. Ensuite, elles ont remplacé les cellules porcines intestinales par des cellules humaines, des hépatocytes et des cellules endothéliales. Ainsi avait-on recréé un foie artificiel complet, proche du foie humain. La petite machine fut installée ensuite dans un bioréacteur spécialement conçu. Il possède notamment une tuyauterie et un système de pompage. Ainsi, les liquides nutritifs peuvent être amenés dans ce foie artificiel et desservis à l’exemple des artères et veines. Le Dr. Schanz conclut : « Après la première mise en route, les cellules de ce foie machine restèrent actives pendant plus de trois semaines. Mais », ajoute-t-elle, « ce délai pourra encore être allongé ». Le temps de carence pour prouver des effets secondaires de médicaments étant de six semaines, la moitié du chemin est donc faite. Pendant les deux années à venir, les deux chercheurs féminins pourront encore procéder à bon nombre de tests de fonctionnement de leur machine de foie et prolonger surtout la survie de ses cellules vivantes.
Une nouvelle solution qui soulage tout le monde
Bien que l’industrie pharmaceutique soit souvent pointée du doigt, la loi permet l’exécution de tests de nouveaux médicaments sur les animaux. Pendant les tests cliniques, jusqu'à 30 % des effets secondaires d’un médicament se manifestent. Ce foie artificiel pourrait donc remplacer - du moins en partie - les tests cliniques sur des animaux et des hommes. Ses cellules hépatocytes humaines qui y sont transférées et y croissent, réduisent efficacement les effets toxiques des substances administrées, les décomposent, voire les annulent. C’est ce que les deux chercheurs ont déjà pu observer. Ces hépatocytes forment ou décomposent également des protéines à partir des substances administrées, tout comme un foie naturel. Le foie artificiel fournira donc beaucoup de résultats concernant les effets secondaires d’un médicament ou d’une nouvelle substance chimiques contenue p. ex. dans un produit cosmétique.
Les cellules humaines dans ce foie machine se prêtent mieux à des tests de médicaments que les êtres vivants, car l’homme et l’animal ne sont pas identiques à 100 %. Il faut considérer aussi, que les effets des médicaments ne sont pas toujours les mêmes sur tous les patients. Somme tout, ce foie artificiel soulagera non seulement les animaux, mais aussi les chercheurs, qui disposeront dans un avenir proche d’une alternative fiable.
A l‘heure actuelle, les deux scientifiques valident leur précieuse invention et travaillent en vue de sa mise en route. Leur employeur, la Fraunhofer-Gesellschaft leur a déjà attribué un premier prix de reconnaissance.
Richard E. Schneider
● Les gros volent mal – sauf évidemment l’A-480
Faudra-t-il en effet fabriquer des gros transporteurs pour personnes bien en chair ? La question s’est posée d’abord aux Etats-Unis où un Américain sur trois est « gras » au sens médical du terme, c'est-à-dire qu’il a 20% de masse pondérale supérieure à la moyenne. Au cours des dernières 40 années, le poids moyen des Américains s’est alourdi de 15 kilos. Mais en Europe aussi, en France également où pourtant, surtout dans le Midi, la nourriture est plus équilibrée qu’aux Etats-Unis et où le jogging a mis en mouvement une partie de la population. Les femmes en France auraient pris près de trois centimètre en taille et les hommes cinq centimètre, mais avec près de trois kilos de plus pour les femmes et près de cinq pour les hommes. Ce qui naturellement pose problème dans les avions où les sièges ne dépassent guère 45 cm de largeur. Depuis des années, les plaintes d’usagers des transports aériens s’accumulent Outre-Atlantique : « Je vole au moins une fois par mois pour mon travail de l’Ouest à l’Est des USA. Pourquoi me faire gâcher le vol par un mec de 250 kilos à ma gauche ou à ma droite ? », écrit Bob ironiquement. « Il faut payer une surtaxe pour plus de 20 kg de bagage – pourquoi pas pour du surpoids corporel », demande un reporter. Dans les années vingt et trente, les compagnies aériennes pesaient non seulement les bagages, mais aussi les passagers. Faudra-t-il en revenir là ? De plus, les obèses ne peuvent pas fermer leur ceinture de sécurité ni abaisser les accoudoirs, comme c’est requis dans les avions. Mais les gros se rebiffent. A Tampa en Floride, il s’est formé une « Coalition des gros » qui proteste contre les discriminations sur son « Big Fat Blog ». Encore une minorité opprimée de plus. Une grosse minorité…