SOMMAIRE

Toute vérité est-elle démontrable ?
Al-Rahma TV
Un quotidien saoudien : l'option militaire pourrait être la meilleure solution face à l'Iran
Une ministre musulmane à Hanovre
Le volcan vengeur
La princesse d'Arabie saoudite : les chiites ont introduit des coutumes païennes dans l'islam
Mus'ab Hassan Youssef, fils du chef du Hamas en Cisjordanie : le dieu de l'Islam souffre d'un dédoublement de personnalité
Le prédicateur saoudien Mohammed Musa Al-Carif justifie le mariage de fillettes en Arabie Saoudite
Confrontation entre progressistes et islamistes au sujet du port du voile par les femmes députées au Koweit
Des auteurs progressistes du Golfe persique : les groupes musulmans d'Europe exploitent l'ouverture d'esprit des Européens
Un cheikh mythifie la bombe humaine Wafa Idris devant des enfants
Glorification du martyre sur la chaîne pour enfants Al-Qods
Le Vatican a "modernisé" la liste des péchés
Les croyants sont plus heureux
Voile islamique intégral : burqa, niqab, etc...

 

 

●Toute vérité est-elle démontrable ?

A première vue, la réponse est oui, parce que si une chose est admise comme étant une vérité, elle doit être convaincante, donc démontrable. Si une chose n’est pas démontrable, ce n’est pas une vérité, mais une croyance ou une conviction.

Ce qui est démontrable, la vérité, doit pouvoir se situer en dehors de l’homme qui l’admet comme étant une vérité, sinon ce serait une intime conviction, une idée attachée à sa personnalité, à son imagination, à ses sentiments. La vérité est objective, la conviction est subjective.

Pourquoi ? Parce qu’une vérité démontrable – et être démontrable est la caractéristique de la vérité – doit pouvoir s’imposer à tous les gens doués de raison, à la différence de la conviction qui peut différer de personne à personne, de groupe à groupe.

Cela suppose évidemment que « la raison soit la chose au monde la plus répandue », selon le mot de Descartes. L’auteur du « Discours de la méthode » est allé si loin qu’il a pensé pouvoir démontrer par la raison l’existence de Dieu comme la suprême vérité, un Dieu qui s’imposerait donc à tous les hommes puisque ceux-ci sont, selon lui, doués de raison. Dieu a donné aux hommes « le pouvoir de discerner le vrai du faux », écrit-il, et si l’homme se trompe, c’est qu’il n’est pas parfait comme Dieu, il est sujet à l’erreur, mais en fin de compte, il doit voir cette vérité universelle et démontrable.

Seulement, nous avons vu par ailleurs, d’une part, que tous les hommes ne sont pas raisonnables et ne peuvent donc tous être convaincus par des arguments logiques ou des preuves matérielles. De ce fait, vérité et conviction interfèrent, se superposent. Ce qui a fait dire à Pascal, au XVIIème siècle encore, « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ». Chaque peuple aurait alors sa vérité, les Français au Nord, les Espagnols au Sud de ces montagnes. La vérité serait peut-être dépendante de la culture nationale et non pas de démonstrations logiques et pertinentes. Pour Gottfried Wilhelm Leibniz qui a vécu à l’intersection du XVIIème et du XVIIIème siècle, il y a deux sortes de vérités : les « vérités de raison » et le « vérités de fait ». Les premières qu’il dit « nécessaires » (nous dirions incontournables) sont celles de la logique, de l’arithmétique et de la géométrie. Elles ont leur fondement dans le principe de contradiction : si l’on peut démontrer que le contraire est impossible, ce sont des vérités éternelles qui vont jusqu’à Dieu. Les secondes qu’il dit « contingentes » (nous dirions soumises à des conditions) sont indémontrables par la logique pure, mais elle relèvent des faits naturels. On les connaît par l’expérience. On sait que dans la nature « rien n’arrive sans qu’il n’y ait une raison déterminante », donc de cause à effet. On pourrait dire que Leibniz distingue déjà l’abstraction de l’empirisme, le raisonnement pur du pragmatisme.

Pour un esprit pragmatique, par ailleurs, une autre critique s’impose. Qu’est-ce que la vérité ? En quoi peut-on distinguer la vérité de la réalité ? On emploie souvent dans le langage courant le mot vérité au sens de conviction. Ce que les sciences de la nature nous démontrent, c’est la réalité des faits et leur cohérence, quelle cause produit quel effet, quel symptôme indique quelle maladie, ou pourquoi les astres et leurs satellites gravitent sans se heurter en obéissant à la gravité. Dire le contraire serait nier la réalité. Ou bien dans les médias : les journalistes doivent rendre compte de la réalité à leurs lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs. Ils décrivent les agissements des uns et des autres, ce qui s’est passé. Cette vérité là qui est plutôt de la réalité, c’est le pragmatisme.

Pour Platon ou Descartes, les idées correspondent encore à des réalités. Ainsi Descartes nous dira que l’idée de Dieu suppose la réalité de Dieu. Pour les pragmatiques, les idées sont vraies si elles ont des conséquences. Pour le créateur du pragmatisme Charles Pierce on ne connaît la réalité que par l’action et pas par la pensée. Mais revenons aux téléspectateurs qui voient le film de l’action du jour au Journal télévisé. Ils peuvent alors d’en faire une idée, une opinion, porter même un jugement de valeur morale qui sera leur vérité. La vérité est peut-être quelque chose de plus, un degré plus élevé dans la hiérarchie que la réalité, chose que les pragmatiques et empiristes n’admettraient peut-être pas. Il y a toujours quelque chose de solennel qui s’attache au terme « vérité ». Elle possède une qualité morale, voire métaphysique.

Ainsi, un témoin jure devant le tribunal de « dire la vérité, toute la vérité ». Dans ce cas, on entre dans la morale, car le témoin jure de ne pas mentir, c'est-à-dire de ne pas faire des déclarations contraires à ce qu’il sait ou servant à masquer les faits. S’il y a eu une enquête policière ayant pou but de « faire la vérité »,  ou s’il a assisté à un crime ou un délit qu’il doit relater en détails, la vérité coïncidera ici avec la réalité. La démonstration ici ne servira pas à démontrer que la vérité est vraie ou réelle, mais à démontrer la culpabilité de l’inculpé ou au contraire à l’innocenter. Quand on relate la réalité des faits devant un tribunal, cette réalité devient la vérité. La vérité c’est parler vrai. Il n’y a de vérité que dans le discours, la parole. La réalité en revanche existe même si on n’en parle pas.

Nous arrivons donc à un point où nous disons que la vérité n’est pas seulement démontrable puisqu’elle est du domaine de la parole. Elle peut être révélée. Pour les religions révélées, christianisme, islam, judaïsme, Dieu ou son représentant, son fils ou un prophète, son émanation en tout cas a dit : « Voilà ce que je suis, crois en moi, car je suis la vérité ». Pour les religions, en un certain sens, cette vérité est d’autant plus vraie qu’elle n’est pas démontrable. Dieu étant supérieur à l’homme et très différent de lui puisqu’il est parfait, sa vérité échappe à l’entendement humain et doit lui échapper. Nous sommes dans le domaine de la foi. A cela près que les Evangiles sont remplies de démonstrations et de paraboles par lesquelles le Christ explique aux hommes, leur fait entendre la Vérité de son Père éternel. Mais on peut dire quand même que la vérité religieuse ne serait pas crédible si elle pouvait être démontrée par la logique humaine. D’ailleurs tout ce que dit le Christ est assez paradoxal.

L’époque est révolue au cours de laquelle les théologiens du Moyen Âge démontraient par le raisonnement logique l’existence de Dieu.  Le théologien Saint Anselme de Cantorbery qui vécut au XIème siècle est considéré comme le premier à avoir formulé une preuve logique de l’existence de Dieu. Il « donne un intellect à la foi », comme il l’a écrit. Son idée est que tout ce qui peut se penser doit être aussi dans la réalité, y compris ce qu’il y a de plus grand, c'est-à-dire Dieu. On peut répliquer que l’homme peut imaginer n’importe quoi et que ce n’est pas automatiquement une réalité. Mais ce saint homme peut quand même convaincre parce que l’homme est une partie du monde et qu’il ne peut pas imaginer des choses qui ne soient pas de ce monde.

On pourrait dire que l’un des derniers à avoir tenté de démontrer par la logique, par la raison l’existence de Dieu et donc d’en faire une vérité qui ne soit pas seulement une foi, une conviction ou croyance, a été Descartes au XVIIème siècle. Il dit qu’il trouve en lui l’idée d’un être infiniment parfait de la même manière qu’il pourra trouver dans sa tête une figure ou un nombre. S’agit-il d’une « essence » distincte des choses réelles ou cette idée abstraite de Dieu suppose-t-elle son existence ? Si l’on sépare comme il le fait l’essence et l’existence, on peut dire que « Dieu n’existe pas actuellement ». C’est une façon de voir les choses. Mais l’essence ne peut se concevoir sans l’existence. Par exemple, je conçois « un triangle rectiligne » et je puis le dessiner, il existe vraiment. Je vois une montagne avec une vallée. L’essence de la montagne ne peut se concevoir sans la vallée à côté. Donc tout ce qui nous apparaît comme essence doit avoir quelque part à quelque moment une existence. D’autant qu’on ne peut concevoir quelque chose d’absurde comme un cheval ailé par exemple qui ne correspondrait ni à l’essence ni à l’existence du cheval.  Donc l’essence de Dieu qui apparait dans mon esprit correspond au Dieu existant. Pour Descartes, c’est l’idée d’infiniment grand et de parfait qui le caractérise. Descartes est mort en 1650. Ses réflexions métaphysiques datent de 1641.

Immanuel Kant est né en 1724, et sa Critique de la raison pure est écrite en 1787. C’est donc une autre époque, un siècle le sépare de Descartes. Celui-ci est un lointain précurseur des Lumières parce qu’il a établi le primat de la Raison, mais il n’en fait pas encore partie. Il n’a pas encore leur liberté de tout remettre en question.  Kant estime qu’en disant par exemple « Dieu est tout-puissant » ou « Dieu est existant », on ne démontre rien. Ce sont deux choses juxtaposées, Dieu d’une part, la toute-puissance ou l’existence de l’autre, et le verbe « est » est ici une affirmation gratuite. On écrit « est » mais c’est comme si on disait « et ». Dieu « et » l’existence. On peut concevoir une chose défectueuse au départ ou un Dieu parfait d’emblée, mais ce la ne veut pas dire que cette chose existe ou que ce Dieu existe. C’est une « simple possibilité », mais non pas une vérité démontrée et encore moins une réalité, explique-t-il dans sa « Critique de la raison pure » (parue en 1787). Ce n’est pas comme si je disais « la craie est blanche » ou « la lampe éclaire », car là, diraitt Kant, le concept de craie et de blancheur et celui de lampe et d’éclairage sont « un », une seule et même chose. Là, la vérité a sa place dans l’énoncé de l’observation. « Es ist richtig ». « C’est exact ». « Aber ist es wahr ? », « Mais est-ce vrai ? ». Martin Heidegger nous dira bien plus tard, au XXème siècle, que pour être vraie, il faut pouvoir prouver que cette chose exacte a « son lieu », « sa place » dans l’être humain. L’homme doit donc accepter que la craie soit blanche, que cela ait un sens pour lui.

Kant nous  dit qu’on ne peut pas affirmer l’existence de Dieu par un lien logique, comme le verbe « être ». Mais il ne va pas jusqu’à l’athéisme, la négation de la foi. Ce serait trop dangereux et inconcevable à son époque. La « mort de Dieu » n’interviendra qu’un siècle plus tard surtout chez Karl Marx et Friedrich Nietzsche. Alors que Marx attaque surtout la religion et l’église et écrit en 1844 dans sa critique de Hegel que l’homme fuit dans la religion une réalité sociale injuste qui le fait souffrir, mais sans se soucier de savoir si Dieu existe ou non, Nietzsche va plus loin encore en 882. Pour lui, l’époque est révolue où l’on croyait en Dieu, où tout s’expliquait par la foi et la religion. Il dit « Dieu est mort ». C’est naturellement un jeu de mots parce que Dieu ne peut pas mourir étant donné qu’il n’a pas d’existence terrestre et que la mort est une chose humaine. Mais il veut dire par là que la civilisation future évoluera en toute liberté sans avoir recours à Dieu. Nietzsche était fils de pasteur et toute sa jeunesse avait été imprégnée sans doute de religion. D’où sa révolte contre l’idée de Dieu. Vivre sans Dieu, c’est pour lui la liberté. Tout le monde n’est certainement pas d’accord. Car il reste en fin de compte la « vérité-foi » et la « vérité-réalité ».

 

● Al-Rahma TV : "Tu es sortie revêtue du niqab, et pourtant Allah a envoyé un démon contre toi ; c´est que tes yeux se promènent à droite et à gauche."

Voir les extraits-vidéo sous-titrés en anglais sur MEMRI TV : http://www.memri.org/clip/en/0/0/0/0/0/0/2583.htm

Ci-dessous des extraits d´une émission religieuse animée par le prédicateur égyptien Saad Arafat, diffusée sur Al-Rahma le 11 juillet 2010 :

Saad Arafat : Allah a dit dans le chapitre Al-Nour du Coran : "Punissez à la fois la femme adultère et l´homme adultère de 100 coups de fouets. Il a mentionné la femme adultère en premier.
[...]
Allah a mentionné la femme adultère d´abord parce que ce sont les femmes qui induisent au péché. Les femmes tentent les hommes et les attirent. Par Allah, si une femme se couvre et se protège, nul ne l´attaquera.

Les filles se plaignent souvent du fait que des garçons et des hommes les harcèlent dans la rue. Si une femme est assise dans un bus ou tout autre moyen de transport, elle est harcelée par l´homme à sa droite ou l´homme à sa gauche. Je dis aux femmes : Vous êtes la cause et la raison de cette situation.

Une femme peut dire : "Mais je suis sortie revêtue du niqab ou du hijab. Je n´ai rien fait." Mais je réponds : "Tu es peut-être sortie sans raison et donc, Allah a envoyé son diable de poisson-loup contre toi. Prends garde ! Je sais exactement de quoi je parle. Tu es peut-être sortie revêtue du niqab, et Allah a envoyé un démon pour te faire du mal, parce que tes yeux se promènent à droite et à gauche."

Parfois, c´est la femme qui regarde l´homme, comme pour lui dire : "Je suis là, tu ne me vois pas ? Es-tu aveugle ou quoi ?" Elle le regarde, il la regarde à son tour, puis elle le fixe des yeux, et il lui envoie un baiser".

 

 

Dépêche fr. n° 180
Al-Rahma TV : Pour le prédicateur saoudien Muhammad Al-Arifi, c´est un honneur de vouloir verser le sang, briser des crânes et trancher des membres pour Allah
Voir les extraits-vidéo sous-titrés en anglais sur MEMRI TV : http://www.memri.org/clip/en/0/0/0/0/0/0/2577.htm
Ci-dessous des extraits d´une allocution du prédicateur saoudien Muhammad Al-Arifi, diffusée sur la télévision Al-Rahma le 19 juillet 2010 :
Muhammad Al-Arifi : Il ne fait aucun doute qu´une personne à qui Allah permet de sacrifier son âme et de combattre pour Allah a reçu la grâce d´un grand honneur. Le prophète Mahomet a dit que la poussière du combat pour Allah et la fumée de l´Enfer ne se croiseront jamais dans le nez d´un homme.
[...]
La dévotion pour le dijahd au nom d´Allah, le désir de répandre le sang, de briser des crânes et de rompre des membres pour Allah, et la défense de Sa religion, sont sans conteste un honneur pour le croyant.
[...]

Allah a dit que si un homme combat les infidèles, les infidèles ne pourront pas se préparer à combattre [les musulmans]. Par Allah, si les pays infidèles aujourd´hui – les États-Unis et leurs alliés – osent combattre les musulmans, violer leurs femmes et en faire des veuves, et infliger chaque jour leur corruption à l´islam et aux musulmans, c´est uniquement parce qu´ils voient que les musulmans ne songent même pas à combattre les infidèles et à conquérir leur pays.
[...]
Les versets coraniques qui portent sur la lutte contre les infidèles et la conquête de leurs pays disent qu´ils doivent se convertir à l´islam, payer la taxe de la jizya ou être tués. Si les musulmans avaient appliqué ces mesures, nous ne serions pas dans un tel état d´humiliation aujourd´hui.

 

 

● Un quotidien saoudien : l´option militaire pourrait être la meilleure solution face à l´Iran

Un éditorial du quotidien saoudien Al-Madina, (1) paru suite à l´annonce, en Iran et en Russie, du lancement de la centrale nucléaire de Buchehr, opte pour la ligne dure vis-à-vis du programme nucléaire iranien, affirmant que l´option militaire pourrait être la meilleure solution. L´article révèle la tension et l´inquiétude croissantes des Etats du Golfe face au programme nucléaire iranien, évoquant notamment la proximité de la centrale de Buchehr de leurs capitales.

"L´annonce de Téhéran [du 13 août 2010], confirmée par la Russie, selon laquelle une centrale nucléaire iranienne sera inaugurée ce mois-ci à Buchehr, sur la côte du Golfe arabe, qu´elle sera équipée de combustible et fonctionnera comme une installation nucléaire, indique que la région entre désormais dans une nouvelle phase.

En prenant ces mesures, Téhéran ignore tous les conseils, mises en garde et demandes d´interruption de son programme nucléaire, ou au moins de sa poursuite dans le cadre d´inspections en bonne et due forme et au grand jour - inspections visant à garantir qu´il est dépourvu d´objectif militaire. Si Téhéran s´entête à agir sans l´assentiment de la communauté internationale, elle suscitera la gêne et la suspicion de tous ceux qui ont défendu son droit à l´énergie nucléaire à des fins pacifiques.

Plus important : en agissant de la sorte, Téhéran passe à la vitesse supérieure dans le conflit qui l´oppose à la communauté internationale, et certains vont pouvoir se dire que l´option militaire est la meilleure solution. [Repousser l´option militaire] pourrait éliminer la possibilité d´y recourir – si Téhéran réussit à produire une bombe nucléaire par elle-même.

Le plus inquiétant est le fait que la centrale de Buchehr est plus proche de plusieurs capitales du Golfe que de la capitale iranienne elle-même, et qu´elle se trouve à proximité des voies d´acheminement du pétrole qui traversent le golfe Arabique – représentant un grand danger pour les pays voisins, aussi bien dans l´éventualité d´une attaque que d´une fuite radioactive. En outre, [la centrale de Buchehr] pourrait devenir le lieu de développement d´armes nucléaires susceptibles d´être utilisées pour imposer la volonté de Téhéran ou exercer des pressions sur la région. Ce sont des soupçons que l´Iran n´a pas réussi à écarter à ce jour.

Si Téhéran s´intéresse au succès de son programme nucléaire à des fins pacifiques, et souhaite accomplir des progrès afin s´assurer la prospérité de son peuple, elle doit maximaliser sa coopération avec l´AIEA. L´AIEA, de son côté, doit faire preuve d´un peu de souplesse vis-à-vis de Téhéran, puisque… équiper sa centrale de combustible nucléaire est le point de non-retour. Quand cela arrivera, la centrale de Buchehr deviendra une installation d´énergie nucléaire.

Toutes les parties doivent faire preuve de bon sens face à la nouvelle situation, et s´assurer que l´inauguration de Buchehr n´est pas le début de perturbations et de  secousses régionales."

(1) Al-Madina (Arabie saoudite), 15 août 2010 (Memri Europe, Dépêche spéciale n° 3174)

 

● Une ministre musulmane à Hanovre

Rien à dire contre la nomination d’une parlementaire d’origine turque, Aygul Özkan, au poste de ministre des Affaires sociales de Basse-Saxe, chef-lieu Hanovre, mais peut-être le moment était-il mal choisi alors qu’on célébrait le 95ème anniversaire du génocide de 1,5 million d’Arméniens par la Turquie, écrivait un lecteur d’un quotidien allemand.

Et la voilà pourtant qui demande qu’on enlève les croix chrétiennes qui figurent encore en Allemagne dans les salles de classe. Sous la pression de l’opinion publique et de ses amis du parti chrétien-démocrate CDU, elle a abandonné cette revendication et elle a prêté serment … pas sur la Bible, mais à Allah (qui se dit aussi « Dieu »…). Tout cela a été très discuté en Allemagne non seulement au café du commerce, mais aussi dans des lettres de lecteurs. Un lecteur nous faisait observer que Mme Özkan est également hostile au port du foulard islamique par les enseignantes d’origine musulmane. Donc elle est pour la neutralité de l’Etat en matière religieuse, on dirait en France pour le laïcisme. Ce qui parlerait en sa faveur, d’après notre lecteur et d’un point de vue français également. Mais le laïcisme n’est pas dans la tradition allemande. Demander aux institutrices musulmanes de dénouer leur foulard revient à enfoncer une porte ouverte tant que la ministre ne demande pas aux élèves musulmanes de ne pas porter leur tchador dans le périmètre de l’école.

La ministre ne se sert-elle pas du laïcisme pour déblayer le terrain afin que l’islam puisse ensuite s’engouffrer dans ce vide ? « Donnez- leur le petit doigt et ils prendront tout le bras. Il ne faut donc pas céder d’emblée, ni sur le tchador dans les écoles, ni sur les piscines pour femmes, si sur les cantines halal, car, sinon, d’autres revendications viendront nous grignoter peu à peu », nous écrit un lecteur selon lequel les pouvoirs politiques ont eu raison de ne pas accéder à son désir concernant les croix.  « Je ne vois pas pourquoi il faut être surpris par les propos de cette ministre, écrivait un lecteur du « Figaro »: A quoi fallait-il s'attendre? Qu'elle se convertisse au christianisme? En fait, pour les musulmans, il y a deux façons de conquérir le monde: 1/ Par l'extrémisme: les types en longue djellabah blanche avec leurs femmes en niqab et burqa et le prosélytisme dur. 2/ Par la démocratie: du type de cette ministre qui va doucement mais sûrement casser toute la culture d'origine du pays, qui lorsqu'il n'aura plus de valeurs, tombera par manque dans l'islam lequel sera alors proposé et imposé pour combler ce manque ».

 

 

● Le volcan vengeur…

Les prédicateurs du Hamas pro-iranien ont expliqué à leur manière sur la chaîne arabe Al-Aqsa l´éruption du volcan en Islande. Elle est tout simplement la punition d´Allah contre les Européens ! Il suffisait d’y penser. C’est d’ailleurs la première idée qui serait venue à os ancêtres de la préhistoire, longtemps encore avant que Mahomet ait apporté aux hommes le message du Dieu de vengeance.  Nous donnons ci-dessous quelques extraits de ces prêches, tels que diffusés sur Al-Aqsa TV les 22 et 30 avril 2010. Que nos lecteurs jugent !

Le deuxième prêche dépasse le premier en ce sens qu’Allah n’y est pas considéré comme ayant déclenché l’éruption. Non, le volcan lui-même est personnifié. Il est un « soldat de Dieu ». Dans les Contes des Mille et une nuits, il peut arriver aussi que des objets se transforment en êtres vivants. Faire prendre aux fidèles la fiction pour la réalité… c’est grave. Seulement, les foules illettrées aiment le merveilleux.

Sermon du 30 avril 2010 : "Ce volcan a été l´instrument du châtiment, car ´Votre Seigneur est à jamais attentif´".

Cheikh Yunis Al-Astal : "Il a suffi de l´éruption d´un seul volcan en Islande pour que presque toute l´Europe soit recouverte d´une épaisse couche de cendre. (...) La plupart des gens sur la surface de la Terre ont été affectés par ce volcan, mais l´Europe a souffert plus que les autres. Ce volcan a été l´instrument du châtiment, car ´Votre Seigneur est à jamais attentif´. L´Europe continue de faire la guerre à Allah et sa religion. Cela se manifeste par l´interdiction de construire des mosquées, celle de construire des minarets, l´interdiction pour les femmes revêtant le niqab de marcher dans la rue, l´interdiction pour les femmes en hijab de s´inscrire dans les écoles ou les universités, et par d´autres guerres similaires menées contre la religion d´Allah. Allah a voulu leur montrer l´un de Ses miracles. Leur plus grand crime, peut-être, est que la majorité des pays européens sont membres de l´OTAN, et prennent part aujourd´hui aux effusions de sang en Irak, en Afghanistan, en Palestine et dans beaucoup d´autres pays où l´on mène la guerre contre l´islam et les musulmans. (...)"

Sermon du vendredi à Gaza, le 22 avril 2010 : "Un soldat d´Allah a porté un coup contre l´Europe avec la force de Dieu".

Prédicateur du sermon du vendredi à Gaza : "Nous avons entendu de nos propres oreilles et vu de nos propres yeux ce qui est arrivé en début de semaine en Europe. Un soldat d´Allah a porté un coup à l´Europe avec la force de Dieu, occasionnant des pertes importantes en vies humaines et en biens, dont seul Allah connaît l´envergure. Un volcan dévastateur, envoyé par le Tout-puissant, a mis fin à tout mouvement. On a déclaré l´état d´urgence et toute l´aviation civile a été immobilisée. Les infidèles et les polythéistes ont été frappés d´horreur et d´effarement. (...) L´Amérique, malgré ses multitudes et ses moyens matériels, malgré sa puissance et son sceptre, malgré ses avions et ses missiles, malgré ses navires de guerre et ses destroyers, est plus faible, aux yeux d´Allah, qu´une toile d´araignée."

 

 

 

● La princesse d´Arabie saoudite : les chiites ont introduit des coutumes païennes dans l´islam

Dans le contexte des tensions entre l´Arabie saoudite et l´Iran d´une part, entre sunnites et chiites au Moyen-Orient de l´autre, la princesse d´Arabie saoudite Basma bint Saoud bin Abdel-Aziz a écrit un article paru dans le quotidien saoudien Al-Madina, où elle condamne les rites pratiqués par les chiites le jour de l´Ashura, les qualifiant de "païens". Extraits : [1]

"Les rites chiites font partie des rites païens les plus laids et les plus primitifs qui soient"

"Allah, bénis notre maître Mahomet, sa famille et tous ses Compagnons. C´est ce que nous [musulmans récitons] après chaque prière, chaque [citation de la] Sunna, et chaque [exécution] d´un commandement [religieux]. Toutefois, au cours des derniers siècles, des musulmans ont agi année après année en contradiction avec [ces paroles].

Les sunnites marquent la Jour de l´Achoura en jeûnant, conformément aux enseignements de leur Prophète. Ils [marquent] le mois saint [de Muharram] en jeûnant, bénéficiant du mérite et intériorisant la leçon [de ce mois]. En revanche, nos frères de certaines autres communautés islamiques [les chiites, marquent la Journée de l´Achoura en] courant de façon hystérique tout en hurlant et en criant, comme s´ils ne savaient pas qu´Allah [nous] a instruit de parler bas, même en priant...

Nous, musulmans, considérons le martyre d´Hussein [fils d´Ali], puisse-t-il reposer en paix, comme un récit qui contient une leçon pour nous et pour toutes les générations - passées, présentes et futures. Mais son histoire et ses enseignements, et ceux de son grand-père le Prophète [Mahomet] et de toute sa famille, n´ont rien à voir avec les agissements de certains [musulmans] que nous voyons à la télévision, dans la presse et dans des images nauséabondes qui circulent sur Internet, ni avec [le comportement de ces musulmans] le Jour [de l´Ashura], qui est censé être une journée d´humilité, de calme, de réflexion, de jeûne, de devoirs, où l´on retire la leçon de l´injustice et de l´agression subies par [Hussein et sa famille] à la fin de leurs vies...

Ces disciples [chiites] descendent dans la rue par milliers et martyrisent [leur propre chair] avec des chaînes et des bâtons. Ils versent leur propre sang au nom d´[Hussein] – martyr de l´islam, petit-fils du Prophète et maître de la Jeunesse du Paradis - dont l´enseignement ne mentionne pas ces pratiques méprisables d´[auto-]flagellation. [En fait, ces coutumes] font partie des rites païens les plus laids et les plus primitifs que le Prophète ait interdits.

Grâce au bon sens dont Dieu nous a dotés, à notre lecture de la Sunna et de l´histoire de la famille du Prophète, nous savons que ces rites sont des coutumes païennes qui ont été introduites dans l´islam, telle une épée qui divise nos rangs, nos enseignements, notre identité et nos croyances... afin que nous cessions d´être une nation, ce que notre Prophète nous a ordonné d´être, et ne puissions vivre en paix, quand la paix est au cœur de l´islam..."

"Alors même que notre Prophète est maudit et attaqué [par les Occidentaux], [les chiites] sont occupés à se lamenter du sort de son petit-fils"

"Notre penchant naturel ne nous amène-t-il pas à suivre les enseignements du Prophète, du Coran et de la Sunna, [plutôt que] ceux qui ont trahi la foi, divinisé Ali et ses fils et maudit les compagnons du Prophète ?...

Alors même que notre Prophète est maudit et attaqué [par les Occidentaux], et que des films l´insultant sont diffusés, nos frères de certains autres écoles [islamiques, en référence aux chiites] sont occupés à se lamenter du sort de son petit-fils. Ils ont oublié que le Prophète est le centre !

Les dernières volontés d´Hussein étaient que [nous] respections tous les enseignements de son grand-père. Les ennemis de l´islam [en référence aux chiites] ont été semés parmi nous il y a des siècles ; ils ont divisé nos rangs, autorisé ce qui est interdit - et tout cela au nom de la famille du Prophète.

[Le Prophète] Muhammad bin Abdallah et sa famille sont innocents de tout le sang qui a été versé en leur nom, de toutes les innovations interdites qui ont été attribuées à leurs enseignements. N´est-il pas temps de se réveiller et de se repentir ?

Unissons-nous pour défendre notre Prophète face à l´ennemi [non-musulman]. Soutenons-le en paroles, en actions, en pensée et en suivant sa Sunna. Évitons de faire le jeu de ceux qui souhaitent nous diviser et nous affaiblir pour taire notre voix et nous empêcher de nous unir en une force qui tiendra en respect le monde entier, quand nul ne respecte plus notre avis, notre religion et notre Prophète."
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[1] Al-Madina (Arabie saoudite), le 4 janvier 2010 – Source www.memri.org/french. Pour écrire: memri@memrieurope.org.


"Eurbag Magazine" est épris de rationalité. Nous ne sommes pas prophètes. L'avenir ne nous appartient pas. Pourtant nous risquons ici un pari: la mise à jour et la modernisation de l'islam ne viendra pas des Etats et cultures arabes qui s'en sont avérées incapables, ni de la Turquie qui connaît une rechute dans l'ère antérieure à Atatürk, mais de l'Iran. Les jours du régime des mollahs de Téhéran sont désormais comptés. Malgré la répression sanglante, les manifestants sont opiniâtres et font preuve d'une grande maturité politique née de la souffrance. Ils ont connu la dictature islamiste, ils ne sont pas devenus athées, mais démocrates. L'Iran avec son grand passé historique est l'Etat-clé de sa région et sera bientôt une grande démocratie musulmane. L'Iran est la grande chance de l'Europe, il parle une langue européenne, le farsi, et dispose d'une élite intellectuelle jeune, nombreuse et bien formée, avec dans ses rangs beaucoup de jeunes femmes. C'est seulement désolant que l'Europe n'ait pas le droit d'aider les rebelles qui se battent là-bas pour leur liberté.

 

 

● Mus´ab Hassan Youssef, fils du chef du Hamas en Cisjordanie : Le Dieu de l´islam souffre d´un dédoublement de personnalité.
 
Ci-dessous des extraits d´une interview de Mus´ab Hassan Youssef, fils du cheikh Hassan Youssef, dirigeant du Hamas en Cisjordanie. Mus´ab Hassan Youssef s´est converti au christianisme et a récemment révélé qu´il avait collaboré avec Israël. L´entrevue a été diffusée sur la BBC en arabe le 12 mars 2010.

Mus´ab Hassan Youssef : J´ai dit et je continue à dire que je n´ai pas de problème avec le Hamas ou les musulmans. J´ai un problème avec le Dieu de l´islam et avec le prophète de l´islam. En ce qui concerne... Des conflits continus m´ont poussé à réfléchir à la direction que je voulais donner à ma vie. Bien sûr, les tortures infligées par le Hamas à son peuple en prison, sa bêtise et son inadéquation politique m´ont poussé à prendre la parole. [...]

Interviewer : Vous voulez dire que c´est votre opinion sur ce que vous appelez "l´islam du Hamas" qui vous a amené à collaborer avec les Israéliens?

Mus´ab Hassan Yousuf : Qui a dit il qu´il y a un islam du Hamas et un islam d´Al-Qaïda ?

Interviewer : C´est ce que vous dites, plus ou moins.

Mus´ab Hassan Yousuf : Non, je ne dis pas cela. Ce que je veux dire, c´est que l´islam est l´islam et le Coran est le Coran. Le Coran souffre d´un dédoublement de personnalité, et le Dieu de l´islam souffre d´un dédoublement de personnalité. Tous les musulmans qui suivent le Dieu de l´islam interprètent l´islam comme ils l´entendent, mais cela n´ôte rien au caractère terroriste et meurtrier de l´islam, qui incite, par le Coran, à tuer et se faire exploser. [...]

Interviewer : Où le Coran appelle-t-il au terrorisme?

Mus´ab Hassan Yousuf : Sourate Al-Tawba, versets 5 et 29. Le problème est que les musulmans ne comprennent pas leur propre religion. J´appelle les musulmans à lire leur Coran et à le comprendre avant de dire que l´islam est une religion de paix et de compassion.

Interviewer : Je vous ai demandé...

Mus´ab Hassan Youssef : Le Dieu de l´islam appelle à tuer les non-musulmans. Le Dieu de l´islam appelle à me tuer aujourd´hui.

Interviewer : Mais êtes-vous d´accord pour dire que l´islam reconnaît les autres religions, loue Jésus, reconnaît le judaïsme et ainsi de suite ? L´admettez-vous ou non ?

Mus´ab Hassan Youssef : Il existe plusieurs points de vue non fiables de plusieurs penseurs islamiques, mais leur autorité ne se substitue pas à celle du Dieu de l´islam, qui a dit : ´Tuez les gens du Livre, où que vous les trouvez."

Interviewer : Comment pouvez-vous dire cela ? Le Coran appelle-t-il à tuer les gens du Livre ?

Mus´ab Hassan Youssef : Il dit : "Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez." Lisez la sourate.

Interviewer : Mais les gens du Livre ne sont pas des polythéistes ! [...]

Mus´ab Hassan Yousuf : Si vous voulez discuter avec moi –  nous allons discuter. Mahomet, le prophète de l´islam, est-il le modèle suprême des musulmans?

Interviewer : Qu´en pensez-vous?

Mus´ab Hassan Yousuf : Mahomet a-t-il, ou non, tué les Juifs de Khaybar ? Répondez-moi. Pourquoi déformer les faits ? Les musulmans doivent être honnêtes avec eux-mêmes et avec le reste du monde. Mahomet – l´exemple suprême pour les musulmans –  a tué les Juifs de Khaybar, de Qureiza et de Nadhir. Il a tué leurs enfants et capturé leurs femmes. Tel est l´exemple suprême des musulmans.

Interviewer : Donc, votre problème est lié à l´histoire, non au présent.

Mus´ab Hassan Youssef : J´ai un problème avec ce faux prophète, Mahomet, et avec le Dieu de l´islam. [...]

Les musulmans ne sont pas des terroristes par nature. Ils font parmi des meilleures nations du monde, à mon avis. Toutefois, si les musulmans continuent de couvrir les terroristes, à glorifier et honorer les terroristes qui se font exploser, tuant des enfants, ils continueront d´être des complices. Mon père est un complice. [...]

Israël a agi avec violence, a tué des innocents. Il a tué avec ou sans raison, mais des erreurs peuvent survenir. Tous les pays commettent des erreurs, pas seulement Israël. La différence entre Israël et le Hamas...

Interviewer : Quand Israël tue des innocents, c´est une erreur, mais pas quand ce sont les autres qui tuent des innocents ?

Mus´ab Hassan Yousuf : Tuer est une erreur –  indépendamment de l´identité du tueur –  mais le Hamas n´a ni principes, ni lois, ni limites, tandis que Israël est soumis à la loi et à la constitution. S´il un Israélien se montre raciste, il sera jugé. Donnez-moi un exemple d´un responsable du Hamas qui a été poursuivi. [...]

À mon avis, si l´islam était correctement appliqué, cela signifierait la destruction du monde arabe et musulman, en entier, parce que chaque musulman deviendrait un Ben Laden. [...]

Les chrétiens ont été persécutés pendant quatorze siècles – non par les musulmans, mais par le Dieu de l´islam. Cette persécution a débuté dans le Coran avec le comportement du prophète de l´islam.

                                                                                                     (Memri – Middle East Media research Institute, Dépêche n° 154)

 

● Le prédicateur saoudien Mohammed Musa Al-Charif justifie le mariage de fillettes en Arabie saoudite

Ci-dessous des extraits d´une interview du prédicateur saoudien Muhammad Musa Al-Charif, diffusée sur Al-Daleel le 19 février 2010.

Interviewer : On est surpris d´entendre, au sein d´une réunion mondaine, un vieil homme se vanter d´avoir épousé une jeune fille et de l´avoir reçue en cadeau par le père de celle-ci, ou qu´une affaire a été conclue sur le dos de cette pauvre fille, par des parents qui ne se soucient pas de l´innocence de son enfance ou de son humanité, ou qui on été poussés par la pauvreté à payer le vieil homme de leur fille.

Dans l´émission d´aujourd´hui, je demanderai à mon invité, le Dr Al-Charif, si les parents ou la société ont le droit de marier une jeune fille de 10 ou 12 ans. La loi, dans le monde civilisé, considère ces mariages comme un délit. Comment sont-ils perçus par notre loi religieuse ?

Mohammed Musa Al-Charif : Cette question a pris des proportions démesurées, et il y a confusion quant à ses fondements. Nous disons que cette fille est mineure, mais les dictionnaires ne définissent pas une fille comme mineure si elle est pubère. Aïsha a dit que lorsqu´une fille atteint l´âge de neuf ans, elle devient femme. Soyons pratiques. Mettons tout cela de côté.

Quel est le pourcentage de tels mariages en Arabie Saoudite ? L´Arabie saoudite compte 20 millions de personnes. La moitié est constituée de femmes - soit 10 millions. Selon les statistiques les plus extrêmes que j´ai lues, 3000 jeunes filles de moins de 13 ans ont été mariées à des hommes de plus de 20 ans leurs aînés. Cela fait 3000 sur 10 millions, plus ou moins. Qu´est-ce que ce chiffre signifie ?

Interviewer : Mais ne croyez-vous pas que 3000, c´est...

Mohammed Musa Al-Sharif : Permettez-moi... 3000 sur 10 millions constituent-ils un phénomène social ?

Interviewer : Mais même ces 3000 jeunes filles ont des droits.

Mohammed Musa Al-Charif : Incontestablement.

Interviewer : Nous devons prendre en compte l´aspect humain (de ces mariages), même s’ils ne concernent que trois filles. [...]

Mohammed Musa Al-Sharif : Dans de nombreux journaux, il a été suggéré que l´âge minimal pour se marier devrait être de 18 ans. Pourquoi 18 ans ? Ils disent que l´Arabie saoudite s´est engagée à respecter quelque chose qu´on appelle le Traité des Droits de l´homme, qui fixe l´âge minimal du mariage à 18 ans. Ceci est, bien entendu, inacceptable.

Interviewer : Pourquoi donc ?

Mohammed Musa Al-Sharif : J´ai lu que le porte-parole officiel du gouvernement américain a déclaré que les Etats-Unis sont préoccupés par le mariage des filles en Arabie saoudite. C´est tout à fait amusant. Le taux de prostitution infantile dans les sociétés américaine et occidentale est énorme. C´est bien connu.

Deuxièmement, tous les enfants morts à cause des Américains en Palestine et en Irak... Ces gens n’ont pas honte de se dire préoccupés par l´Arabie saoudite, alors qu´ils ont causé la mort de centaines de milliers d´enfants en Palestine et en Irak. C´est vraiment un raisonnement tordu.

Imaginons le cas d´une jeune fille de treize ans... ou disons quatorze ans : son père constate qu´elle est physiquement développée, a atteint la puberté et a une certaine compréhension (des choses de la vie). Rien dans la loi islamique ne l´empêche de la marier. [...]

Interviewer : Seriez-vous prêt à marier votre fille de 10 ans à un octogénaire ?

Mohammed Musa Al-Charif : Non, mon frère, je ne le serais pas, mais il y a une différence entre le droit islamique et sa pratique. Je ne serais pas heureux de la marier, mais je ne l´interdirais pas. [...]

Supposons que le gouvernement écoute ces gens - que Dieu nous en préserve - et fixe l´âge minimal du mariage à 18 ans. Plusieurs filles bien sont, à l´âge de 13 ou 14 ans, développées et prêtes au mariage. Il y a des centaines de milliers de filles comme ça dans notre société. Et elles ne seraient pas mariées, devant attendre trois ou quatre ans pour avoir 18 ans. C´est une injustice à l´égard d´un secteur important de la société, comparé aux quelques dizaines, ou centaines de filles qui seraient lésées à cause de la cupidité de leurs pères. [...]

Nous nous sommes engagés à respecter les traités internationaux tant qu´ils ne violent pas la loi islamique. S´ils enfreignent la loi islamique, nous devons les rejeter, parce qu´ils ne valent pas l´encre avec laquelle ils sont écrits. Avec tout le respect qu´on leur doit, ces traités internationaux sont sans valeur. [...]

Qui se trouve à l´origine des Droits de l´homme et des traités internationaux ? Les athées, les chrétiens, les impudiques, avec tout le respect qu´on leur doit.

 

 

● Confrontation entre progressistes et islamistes au sujet de port du voile par les femmes députées au Koweït

En mai 2009, quatre femmes ont été élues au parlement koweïtien, pour la première fois dans l´histoire du pays. Deux de ces femmes, Le Dr Asil Al-Awadi et le Dr Rola Dashti, ne portent pas le voile, et depuis leur élection, des islamistes dans le pays réclament qu´il leur soit imposé.

Le député Muhammad Hayef a adressé un appel en ce sens au ministre du Waqf et au ministre de la Justice, Rashed Al-Hammad, pour exiger l´application de la loi koweïtienne qui stipule qu´ "une femme peut voter et être élue si elle suit les régulations et préceptes de la Charia". En réponse, le ministère du Waqf a émis une fatwa enjoignant les femmes députées à porter le voile, à l´instar de toutes les autres musulmanes. La fatwa précise qu´ "en présence d´hommes n´appartenant pas à sa famille, une femme doit respecter le précepte de la Charia qui l´enjoigne à revêtir un voile masquant l´intégralité de son corps, hormis le visage et les mains. En outre, le voile ne doit pas être trop fin pour ne laisser apparaître aucune partie du corps, ni étroit, afin de ne pas révéler la silhouette, et ne doit attirer le regard masculin de quelque manière que ce soit".

Les députés islamistes ont déclaré que cette fatwa ne pouvait être contournée, soulignant que "le voile est un devoir légal et religieux". Certains progressistes, de concert avec ces deux députées, ont estimé pour leur part que cette fatwa contrevenait au caractère démocratique du Koweït et que les fatwas de ce type menaçaient de transformer le Koweït en Etat taliban. Ces dernières ont en outre fait valoir que cette fatwa entrait en contradiction avec la constitution du Koweït (source suprême d´autorité légale), qui défend la liberté individuelle, et qu´elle ne pouvait donc revêtir de caractère contraignant.

Le 11 octobre 2009, la parlementaire Dr Rola Dashti a proposé d´abolir la clause obligeant les candidates au poste de député à se conformer à la Charia.

Le 28 octobre 2009, la Cour constitutionnelle a rejeté la plainte déposée par l´avocat Hamad Al-Nashi contre les deux députées non voilées ; il demandait à ce qu´elles soient définitivement exclues du parlement pour infraction de la Charia. Le tribunal a décrété que "les individus ne sont pas tenus de respecter les régulations de la Charia islamique au même titre que les lois fondamentales [de l´Etat], à moins que le législateur n´intervienne pour stipuler le contraire… La constitution koweïtienne ne stipule pas que la Charia soit la seule source de législation, et elle n´interdit pas au législateur de recourir à d´autres sources [de législation], au nom du respect des [besoins] du peuple. En outre, la constitution garantit une totale liberté religieuse et individuelle et interdit la discrimination… sur des considérations de religion ou de sexe".

La parlementaire Asil Al-Awadi s´est déclarée satisfaite de la décision du tribunal, affirmant qu´elle représentait un triomphe pour la constitution koweïtienne et clorait le débat sur le voile, qui a mobilisé pendant longtemps le parlement. La parlementaire Rola Dashti a déclaré : "Les quatre femmes députées que nous sommes allons continuer à représenter le peuple koweïtien de la meilleure manière possible… Ce n´est pas là [seulement] un triomphe pour deux femmes députés ou pour la femme koweïtienne ; c´est un triomphe pour la démocratie." Bien que le parlement ne soit pas un lieu saint ou un lieu de culte, a-t-elle toutefois ajouté, les femmes parlementaires s´appliqueraient à porter des vêtements pudiques et élégants. Elle a estimé que la décision du tribunal mettait fin aux tentatives de "ceux qui entendent ramener le Koweït [à un âge antérieur]."

 Le député Muhammad Hayef a pour sa part déclaré qu´il entendait à nouveau faire appel à la Cour constitutionnelle, sommant les parlementaires Dashti et Awadi de "se conformer à la loi d´Allah… afin de tourner une nouvelle page et de calmer la tempête qui a plongé le pays dans une crise [due] à la désobéissance aux lois d´Allah."

La fatwa du ministère du Waqf et la décision du tribunal ont ravivé le débat entre le camp des libéraux et celui des islamistes au Koweït, sur la nature de l´autorité suprême au Koweït : la Charia ou les principes réglementaires ?

                                                                       Memri (Middle East Media Research Institute) Enquête et analyse n° 571

 

 

Des auteurs progressistes du Golfe persique : les groupes musulmans d’Europe exploitent l’ouverture d’esprit des Européens

Deux articles parus dans la presse du Golfe ont évoqué l´attitude des musulmans européens à l’égard de l’Occident. Le 2 décembre 2008, Dhiya Al-Mousawi, un religieux chiite libéral de Bahreïn, publie dans Awan, quotidien libéral koweïtien, un article sur les attentats de Bombay dont certains des auteurs étaient des musulmans naturalisés britanniques. Le deuxième article, de Khalil ’Ali Haidar, journaliste progressiste koweïtien, a été publié le 5 octobre 2008 dans Al-’Ittihad, quotidien des Emirats arabes unis.

Ces deux auteurs critiquent les groupes musulmans d’Europe pour le mal qu’ils font à l’Occident tout en profitant de ses libertés et services. Haidar évoque un problème général, critiquant tous les mouvements et partis islamiques d’Europe, accusés d´encourager l’extrémisme islamique et  de contrôler la vie des musulmans européens. Au lieu de chercher à réduire l’écart entre l’Orient et l’Occident, ils ont délibérément favorisé l´isolement, le repli et, à terme, le terrorisme djihadiste contre l’Occident, estime-t-il.

Voici quelques extraits des articles de Al-Mousawi et Haidar :

Les musulmans européens crachent dans le puit d´où ils puisent leur eau

Dans un article intitulé « Quand le terroriste est britannique de naissance », Al-Mousawi écrit : « ...Il est triste que, dans les pays occidentaux, il y ait des milliers de musulmans qui obtiennent la citoyenneté pour eux-mêmes et leurs familles après avoir été expulsés de leur pays d’origine. [L’Occident] leur accorde l’asile et leur fournit le toit, du travail et l’assurance santé - [et pourtant] ce sont les premiers à se retourner contre leur nouvelle patrie. Pire, certains n’ont aucune problème à commettre un attentat suicide sur la place publique, au sein même des pays qui leur ont accordé leur protection, à eux et à leurs familles … Il est curieux de voir certains imams maudire et insulter l’Occident dans les prêches qu’ils font dans des [mosquées] occidentales, et appeler de leurs vœux la destruction des pays [occidentaux], alors même qu’ils sont placés sous la protection de la police de ces pays... » [1]

Les islamistes ont pris le contrôle de la vie des musulmans d’Occident

Dans la même veine, Al-Haidar écrit : « Le problème de l’Europe et des États-Unis, ce ne sont ni les Arabes ni les musulmans. Ce sont les islamistes, partis ou groupes, qui ont pris le contrôle de la vie politique, religieuse, sociale et culturelle, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des pays islamiques et arabes. [Ces partis et groupes] exercent une influence sur les minorités musulmanes des pays occidentaux... Leur action a consisté à imposer des restrictions à la première génération [d’immigrants], à endoctriner la deuxième génération et à excommunier des syndicats, des organisations et des mosquées.

Depuis de nombreuses années - en fait, depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale -, les pays occidentaux accueillent des Arabes et des musulmans et [leur] laissent une très grande liberté de prêche et marge de manoeuvre. Ils les ont traités avec une extraordinaire bienveillance. Avec le temps, les musulmans se sont renforcés et ils ont resserré leur emprise sur le cœur même de ces sociétés.

La présence d’islamistes [dans les pays européens], avec tous leurs différents partis, groupes et écoles de pensée, a constitué un banc d’essai des relations entre la minorité musulmane, placée sous l’influence de l’endoctrinement [des différents] partis, et ces sociétés démocratiques. Depuis de nombreuses années, les islamistes et tout particulièrement les Frères musulmans, se plaignent des [politiques] oppressives des régimes arabes, du gel des libertés, de la surveillance, etc. Les écrits de [Abu A’la] Al-Mawdoudi, [2] [initialement publiés en langue urdu], sont de plus en plus populaires dans le monde arabe, corrompant la jeunesse et faussant sa vision du monde. [Al-Mawdoudi] a proclamé à la face du monde, et tout particulièrement à l´attention de [ses] adversaires européens libéraux, l’avènement d’un nouvel ordre social qui serait en tout point supérieur à la démocratie occidentale - qu’il s’agisse de liberté, de souplesse, de tolérance religieuse, etc. - et qui serait mis en place sous la conduite d’une jeunesse musulmane non contaminée par la saleté de la civilisation occidentale et ses [valeurs] matérialistes. »

Les islamistes ont favorisé la marginalisation et le terrorisme

« L’idéologie des Frères musulmans, du parti Al-Tahrir, [3] et d’autres groupes islamiques égyptiens, pakistanais et autres, a propulsé les Arabes et les musulmans d’Europe dans l’obscurité et la confusion. Avec leurs livres, leurs films et leurs idées séparatistes extrémistes, ils ont ouvert la voie à la prolifération de différentes formes d’extrémisme et, de là, au terrorisme déclaré.

Les attaques incessantes contre la civilisation occidentale, contre les lois humaines et les études orientales, ainsi que contre [ce qu’ils considèrent comme] une invasion culturelle et des complots de l´Occident - ont rendu difficile pour [les musulmans] l’intégration au nouvel environnement vers lequel ils ont émigré tout en le haïssant. [Pourtant, son intégration], au moins en ce qui concerne ses intérêts matériels ou les objectifs de son parti [n’a jamais été entravée]. »

Aucune culture du renouveau et de l’innovation

« Le mouvement islamique n’a pas adopté l’idée de renouveau et d’innovation ; il n´a pas su voir le côté positif de la société occidentale ou étudier la littérature, la culture et l’art occidentaux afin de se créer un modèle moderne de culture, de littérature et d’art associant des [éléments] occidentaux et islamiques. Même les leaders des Frères musulmans, et d’autres qui sont fiers de la civilisation islamique et se proclament héritiers des civilisations de Bagdad et d’Andalousie - [même ceux-là], au cours du demi-siècle [qu´a duré leur séjour] à Paris, à Londres ou en Allemagne, n’ont pas produit [la moindre] idée nouvelle, et encore moins des [créations] artistiques ou culturelles notables...

Il est vrai qu’ils ont créé des maisons d’édition visant à diffuser les livres et publications de leurs partis ; ils n’ont jamais cessé de perfectionner leurs armes médiatiques que sont la presse, la télévision et d’autres supports ; ils ont développé leurs propres banques et institutions financières [en précisant qu’elles sont] ‘islamiques : pas d’intérêts’ ; ils ont créé des écoles privées, qui n’ont servi qu’à isoler davantage les petits musulmans de leur environnement européen, et ils ont ainsi renforcé le contrôle des partis islamiques sur leur [vie] - et ce n’est là qu’une liste partielle. Mais ce qu’ils n’ont pas fait, c’est agir pour créer un pont entre l’Orient et l’Occident comme l’ont fait, par exemple, les poètes de la diaspora [musulmane]. Ils n’ont jamais non plus cherché à semer les graines de la modernisation, de la démocratie et de la créativité - culturelle, artistique et littéraire - dans les mondes arabe et islamique.

La plupart des articles sur [les musulmans d’Europe], que les médias publient avec beaucoup d’enthousiasme, portent sur les querelles entre mosquées, les crimes d’honneur familiaux, ou le discours religieux extrémiste. Pas une seule de leurs associations n’a jamais patronné le moindre programme culturel utile, et aucun de leurs partis n’a jamais traduit une encyclopédie ou organisé un groupe d’étude s’intéressant à un aspect donné de la culture, de l’éducation ou des liens entre l’Orient et l’Occident. Aucun de ces cercles n’a jamais non plus investi le moindre effort [dans un projet] - pas même pour reconsidérer les écrits des partis islamiques et les moderniser en en supprimant les idées extrémistes et l’idéologie des accusations d’hérésie. »

Abus de tolérance

« La tolérance des Occidentaux envers les musulmans en Europe et aux États-Unis pour ce qui est de la liberté religieuse en général, et leur respect des conversions à l’islam, notamment de la part de juifs et de chrétiens, n’ont servi de modèle à aucun parti islamique : ils n’ont pas appris la tolérance religieuse ; ils n´ont pas été poussés à reconnaître que le choix de la religion est une affaire personnelle ; ils n’ont pas non plus été incités à protéger les non-musulmans dans le monde arabo-islamique. Au contraire, ils sont devenus de plus en plus agressifs, parce qu’ils ont compris que l’Occident cédait à leurs exigences et les traitait avec tolérance. Ils ont donc gagné du terrain et de la popularité, tandis que leur arrogance ne connaissait plus de limites...

La littérature, les publications et les sermons des islamistes, même en plein cœur de l’Europe, conservent pour l’essentiel la structure conceptuelle des anciens écrits [musulmans], puisqu’ils continuent à considérer tous les apports de la civilisation comme des déchets, toutes les prodigieuses innovations technologiques comme des avancées purement matérielles, et la vie et les valeurs de l’Occident comme décadentes et dégradantes. »

Le lien à la violence et au terrorisme

« On a souvent dit que les groupes islamiques modérés n’ont rien à voir avec la violence et le terrorisme. Mais c’est une illusion. Toutes les idées des groupes terroristes cadrent avec l’idéologie des Frères musulmans, du [parti] Al-Tahrir, de Al-Jama’a Al-Islamiyya au Pakistan, et d’autres encore. Des concepts comme l’idolâtrie, la loi de Dieu, l’instauration de la charia et d’autres encore, qui ont acquis de nouvelles connotations fondamentalistes liées aux nouveaux partis dirigeants, n’ont pas été inventés par Al-Qaida ou le Fath Al-Islam. Les notions d’isolement cognitif, d’invalidité des lois humaines et du service de Dieu, la dévalorisation des valeurs de patrie et de citoyenneté ainsi que toutes les facettes du réalisme politique, ou encore les proclamations telle la devise des Frères musulmans ‘la mort pour Allah est notre plus haute aspiration’ et beaucoup d’autres - tout cela n’a pas été inventé par Al-Zarqawi, ben Laden, ou [Sheikh Abu Muhammad] Al-Maqdisi…

Que peut-on attendre d’un jeune qui se trouve confronté à l’idée [suivante, que l’on trouve] dans un livre fréquemment étudié par les Frères musulmans : ‘Nous vivons aujourd’hui dans une jahiliya [l’ère pré-islamique du culte des idoles], similaire à l’idolâtrie du temps de [Mahomet], et même pire. Nous sommes entourés par l’idolâtrie. Les réalisations et les croyances des hommes, les traditions et coutumes des peuples, leurs sources traditionnelles, leurs arts et leur littérature, leurs lois et règlements, et même la plupart de ce que nous considérons comme des aspects de la culture islamique, les autorités islamiques, la pensée et la philosophie islamiques - toutes ces choses sont des produits de l’idolâtrie.

Il ne s’agit là que d’un passage du livre de Sayyed Qutb, Jalons. Ce livre a été traduit dans toutes les langues des pays islamiques : turc, perse, urdu, malais, indonésien, et d’autres encore, comme des centaines d’autres livres des Frères musulmans. Ces livres endoctrinent des milliers de jeunes du monde musulman et attirent [beaucoup d’entre eux] vers des organisations terroristes extrémistes.

Ce passage, qui est lu [et relu] par les islamistes depuis plus de 40 ans, n’est-il pas la principale raison du sentiment croissant de marginalisation des musulmans de leur propre société et de la société européenne, américaine ou australienne vers laquelle ils ont émigré ?

Il ne fait aucun doute que ce sont ces idées, ces textes et ces doctrines - dont certains [nous] paraissent ‘modérés’ et sans danger, [une fois] qu’ils ont empoisonné notre âme - qui ont façonné les idées de beaucoup de musulmans, hommes et femmes, à travers le monde, et ont fait naître une génération de terroristes djihadistes.

C’est ce [phénomène] qui a précipité la rupture entre les islamistes et les sociétés occidentales en Amérique et en Europe. » [4]

                                                                                                                                          Memri Europe – Dépêche 2309

 [1] Awan (Koweït), 2 décembre 2008. [2] Sayyid Abul A’la Mawdoudi (1903-1979)(1903-09-25), également connu sous les noms de Mawlana (Maulana) ou du cheikh Sayyid Abul A’la Mawdudi, était un journaliste, théologien et philosophe politique sunnite pakistanais, et un penseur islamiste majeur. C’était également un personnage politique dans sa patrie du Pakistan, où il a fondé le parti revivaliste Jamaat-e-Islami. [3] Hizb Al-Tahrir (Parti de la libération) est un groupe islamique radical dont l’objectif est de rallier les musulmans en appelant à l’instauration d’un nouveau califat. [4] Al-Ittihad (Emirats arabes unis), 5 octobre 2008.

 

Un cheikh mythifie la bombe humaine Wafa Idris devant des enfants : "Si Allah veut, nous serons tous comme Wafa Idris… Allah nous accordera le martyre."

Ci-dessous des extraits d´un programme télévisé pour enfants, où ces derniers entendent le récit mythifié de la bombe humaine Wafa Idris. L´émission a été diffusée sur la télévision arabe Al-Qods le 1er décembre 2009. Extraits :

Animateur : Il était une fois une jeune fille qui étudiait à la faculté de médecine. Elle vivait dans un camp de réfugiés appelé Al-Amaari. Le camp Al-Amaari, mes chers enfants, se trouve près de la ville de Ramallah, en Palestine occupée. […] (Wafa Idris) est allée trouver le commandant de la résistance pour lui demander d´accomplir une opération martyre. Quoi ? ! Une fille qui mène une opération martyre ? Elle lui a répondu : "Je veux mener une opération martyre, comme n´importe quel jeune homme de la résistance."

Evidemment, le commandant a d´abord hésité parce que c´était la première fois qu´une chose pareille arrivait. Depuis le début de l´Intifada, aucune Palestinienne n´avait perpétré d´opération martyre. Mais Wafa a insisté jusqu´à convaincre le commandant que les sionistes ne feraient pas attention à une jeune fille. En général, ils n´inspectent que les jeunes hommes. Le commandant a donc donné son accord. Face à sa détermination, son courage et son obstination, il a accepté. […]

Elle s´est donc mise en route. Au moment de partir, elle s´est souvenue de quelque chose. De quoi ? Pas d´un parent ni d´un proche. Elle s´est souvenue qu´elle n´avait pas nourri les colombes sur le toit. Elle s´est hâtée de grimper sur le toit. Dès que les colombes l´ont aperçue, elles se sont mises à battre des ailes. Wafa a pris une colombe blanche dans ses mains. Son aile s´était déchirée deux jours plus tôt.

Wafa l´a caressée doucement en lui disant : "N´aie pas peur, colombe blanche, colombe de la paix. Demain, tu pourras de nouveau voler. Tu retourneras à ton nid dans la Vieille ville de Jérusalem. Demain, le ciel s´ouvrira devant tes ailes et tu survoleras la Galilée, Naplouse, Djénine, Bethlehem et Hébron."

Wafa est allée comme d´habitude à son travail, mais elle a bien sûr pris un jour de congé et est partie. Pourquoi ? Parce qu´il était temps d´accomplir l´opération héroïque.

Garçon : Où a eu lieu l´opération ?

Animateur : A Jérusalem. Sur la route de Jérusalem ouest, tout ce qu´elle voyait l´encourageait à commettre une opération martyre. […]

Autre garçon : Wafa n´avait-elle pas peur parmi les occupants ? N´a-t-elle pas hésité ?

Animateur : Bien sûr que non. Elle n´avait pas peur et n´a pas hésité, parce qu´elle a placé Allah entre ses yeux et dans son cœur. Elle se souvenait à chaque instant d´Allah et taisait sa peur. Si la peur voulait s´approcher de son cœur calme et paisible, elle se tenait prête à entrer au Paradis, sachant qu´elle se trouverait parmi les vivants, auxquels (Dieu) pourvoie. Qui sont-ils ? Les martyrs. […]

Aujourd´hui, Wafa ne soignera pas les blessés de Ramallah. Pourquoi pas ? Elle se rendra à Jérusalem, et il y aura là-bas de nombreux morts et blessés, mais pas de Palestiniens. Des soldats sionistes. […]

Wafa a réalisé son souhait d´accomplir une opération martyre réussie. Elle a tué un soldat israélien et en a blessé une centaine. Pourquoi Wafa est-elle devenue martyre ? Pour que la fleur de la patrie ne se fane pas. […]

Troisième garçon : Quand est-elle devenue martyre ?

Animateur : Wafa Idris est devenue martyre le dimanche 27 janvier 2002, devenant un exemple pour toutes les filles palestiniennes qui ont le sens du sacrifice et de la patrie, l´amour de la mort pour Allah et de la défense de la patrie.

Fillette : Je veux devenir docteur comme Wafa, pour pouvoir venir en aide aux blessés.

Animateur : Si Allah veut, nous serons tous comme Wafa Idris. Nous soignerons les blessés et Allah nous accordera le martyre.

Vous pouvez voir les extraits vidéo de cette émission télévisée sous-titrés en français sous : http://www.memritv.org/clip/en/0/0/0/0/0/0/5052.htm?lang=fr

 

 

 

● Glorification du martyre sur la chaîne libanaise pour enfants Al-Qods : « Tous les Palestiniens tètent l´usage du fusil avec le lait de leur mère »

Le 27 décembre 2009 dans une émission diffusée sur la chaîne libanaise Al-Qods, un conteur a relaté une histoire de martyre à un public composé d´enfants, dont certains portaient des armes à feu (réelles ou pas). Le héros de l´histoire est Ismaïl, un jeune garçon qui est abattu par un "tireur d´élite juif" dans une bataille qui l´oppose à des "gangs sionistes ayant envahi des villes et des villages [palestiniens], tuant jeunes et vieillards". Tenant fermement "son beau fusil tout neuf", Ismaïl déclare : "Montrons à ces crapules quels héros nous sommes." Le martyre est représenté comme beau et élevé ; quand Ismaïl meurt, "le sourire sur son visage est plus beau que la lune. Ses yeux sont remplis de larmes et son visage est plus beau que dans n´importe quel jeu de l´enfance". Le conteur Abu Saleh ajoute devant les enfants captivés : "Il n´y a pas de ville ou de village palestiniens où les gens ne savent pas se servir d´un fusil. Pourquoi ? Parce qu´ils ont été allaités comme cela avec le lait de leur mère." Quand Ismaïl jouait au gendarme et au voleur, relate-t-il, Ismaïl aimait être le gendarme, car il savait qu´il deviendrait un jour défenseur de sa terre. Après la narration, certains des enfants expriment leur identification à Ismaïl. L´un dit : "Je suis comme Ismaïl. Je ne suis pas un lâche. Je suis fort. Je veux mourir un fusil à la main". Et un autre s´écrie : "J´aime beaucoup Ismaïl. Je veux être exactement comme lui".

"Ismaïl était un vrai héros parce qu´il a tué plus de 10 sionistes"

Le conteur : "Il était une fois, alors que les balles pleuvaient sur tout le village et que les gangs sionistes détruisaient tout, envahissant villes et villages, tuant jeunes et vieillards, Muhammad et ses compagnons se cachaient. Il y a eu un violent échange de tirs. Entre qui ? Entre des hommes masqués – à l´identité inconnue de tous - et les satanés sionistes. Un côté tirait sur l´autre, et tout le village était en feu.
Tout le monde avait peur et les gens criaient : Arrêtez! La maison du moukhtar est en feu ! Tout le monde a commencé à crier et pleurer et les hommes ne savaient pas quoi faire.
Après quelques instants, un groupe d´hommes masqués est descendu du toit de la maison du moukhtar. Deux d´entre eux ont ouvert la porte arrière donnant sur le jardin et ont sorti les femmes, les enfants et les personnes âgées. Deux autres hommes masqués continuaient de tirer sur les Juifs par la fenêtre.
Tout le monde s´est mis à courir pendant que les hommes masqués les couvraient, jusqu´à ce qu´ils atteignent Cheikh Nuh dans la mosquée. Qu´ont-ils vu là-bas ? Ils ont vu le cheikh Nuh donner des armes aux hommes masqués en leur disant : ´Qu´Allah soit avec vous ! Défendez votre pays et votre honneur ! Ne laissez aucun Juif être heureux ! Attaquez-les !´
Muhammad a aperçu son ami Ismaïl parmi ces hommes. Ismaïl était heureux comme si c´était sa nuit de noces. Il saisit l´arme fermement – un beau fusil tout neuf. Muhammad s´approcha de lui et lui dit : ´Je vois que tu es heureux, Ismaïl.´ ´Bien sûr que je le suis. Montrons à ces crapules quels héros nous sommes. Allons-y, Muhammad!´"
Un enfant : "Est-ce que Muhammad savait se servir de son fusil?"
Le conteur : "Mes chers enfants, il n´y a pas de ville ou de village palestinien où les gens ne connaissent pas l´usage du fusil. Pourquoi ? Parce qu´il leur a été inculqué avec le lait de leur mère. Et vous savez pourquoi aussi ?"
Un enfant : "Pourquoi ?"
Le conteur : "Je vais vous dire pourquoi. Quand votre terre est occupée, que l´honneur de votre femme est menacé, que votre maison peut être usurpé à n’importe quel moment, vous devez apprendre à protéger votre honneur, votre terre et votre maison. Bien entendu, tous ces hommes savaient se servir d’une arme, mais Ismaïl était différent : c´était un véritable héros. Pourquoi ? Parce que ce jour-là, il a tué plus de dix occupants sionistes.
Il a prouvé qu´il était un puissant gendarme. C´est pourquoi, quand il était enfant et jouait avec d´autres enfants, il y avait quelque chose de spécial chez lui. Il refusait d´être le voleur. Il insistait pour être le gendarme. Il adorait jouer le rôle du gendarme parce qu´il savait qui il était et il savait qu´il serait un défenseur de sa terre.
Les jeunes hommes continuaient de tirer sur les gangs juifs jusqu´à ce qu´ils les chassent du village. Les gangs juifs se sont alors dispersés dans toutes les directions, tels des cafards et des lapins. Mais l´un d´entre eux est resté en arrière, assis sur une petite colline. Qui était-ce ? C´était un tireur d´élite. Il a décoché un tir à distance, et la balle a frappé Ismaïl. [...]
Ismaïl a trouvé le martyre sous les yeux de Muhammad. Le sourire sur son visage était plus beau que la lune. Ses yeux étaient remplis de larmes et son visage était beau - plus beau que dans n´importe quel jeux de son enfance. Pourquoi ? Parce qu´Ismaïl n´était pas un lâche. En aucune façon. Il était fort.
Même en devenant martyr, il était fort. Son fusil était entre ses mains - le fusil qu´il aimait tant. Il le serrait si fort que ses amis ne purent pas lui arracher. Le fusil est resté dans sa main et ils ont dû enterrer Ismaïl avec."
Un enfant : "Je veux mourir avec un fusil à la main"
Un enfant : "Je suis exactement comme Ismaïl. Je ne suis pas un lâche. Je suis fort. Je veux mourir un fusil à la main."
Le conteur : "Que Dieu te bénisse, mon fils, Firas. Ceux qui ont été élevés en Palestine ne sont jamais des lâches. La Palestine nous a appris le sens du pouvoir - du pouvoir, de la miséricorde, des sentiments et du sacrifice. La Palestine nous a appris, déjà enfants, à nous comporter comme des hommes."
Un enfant : "Cette histoire est-elle vraiment arrivée, Abu Saleh ?"
Le conteur : "Bien sûr, mon fils, ´Alaa. C´est arrivé à tout le monde - à moi, à ton père, à ton grand-père. Et aux pères et grands pères de vous tous."
L’enfant : "Abou Saleh, j´aime beaucoup Ismaïl. Je veux être exactement comme lui."
Le conteur : "Tu n´es pas le seul, mon fils, Moussa. Tous les jeunes Palestiniens veulent être comme Ismaïl, mais vous devez comprendre que certains doivent rester afin de porter la bannière. Certains trouvent le martyre, et d´autres continuent [la lutte].
Par conséquent, nous allons garder la tête haute et garder le nom de la Palestine gravée dans nos esprits et nos cœurs: P-A-L-E-S-T-I-N-E."
Les enfants (à l´unisson) : "Palestine! Palestine! Palestine!"

Pour plus de clips sur le martyre : http://www.memritv.org/subject/en/215.htm

 

 

 

Le Vatican a « modernisé » la liste des péchés

Le registre des péchés mortels datait du Moyen Âge. C’est pourquoi le Vatican a décidé de le mettre à la page. Là où jadis la jalousie, l’avarice, la colère, la luxure, la gourmandise et la paresse étaient en tête de liste, on relève aujourd’hui le trafic de drogue, la consommation de drogue, le gaspillage d’argent public et privé et la pédophilie. Cette réforme a été publiée bien avant lez scandale qui atteint actuellement l'église catholique.

 

 

Les croyants sont plus heureux

Les croyants sont en général plus heureux que les athées. C’est ce qu’a constaté une étude dont  la Société Britannique d’Economie a passé la commande. Par exemple, les gens pieux sont moins affectés que les incrédules lorsqu’il leur arrive d’être chômeurs. En revanche, ils mettent moins de zèle à rechercher un nouvel emploi. Ils peuvent aussi mieux encaisser un divorce. La foi est une sorte d’assurance contre les catastrophes personnelles. La Société Nationale Séculière anglaise qui se compose d’incroyants a rejeté catégoriquement ces conclusions en disant qu’on ne va tout de même pas se tourner vers la religion pour devenir plus heureux. Selon son directeur, Terry Sanderson, la promesse de bonheur ne peut suffire à donner la foi. En quoi, il a certainement raison. Il faut un peu plus que cela.

             

 

                                                                                                                              

● Voile islamique intégral : burqa, niqab, etc…

Le jeudi 29 avril 2010, les députés belges ont voté un texte interdisant le port du voile islamique intégral dans tout l´espace public, y compris dans la rue.

En France, une commission d´information de l´Assemblée nationale a été ouverte en 2009 sur la pratique du port du voile intégral en France. Le gouvernement a annoncé que l´exécutif déposerait, au mois de mai, un projet de loi pour l´interdiction générale du voile intégral. Le premier ministre François Fillon a annoncé, mardi 27 avril, que le projet de loi sur l´interdiction du port du voile intégral serait discuté à l´Assemblée nationale début juillet. Il a affirmé que le gouvernement était "prêt à prendre des risques juridiques" en défendant une interdiction générale du port du voile intégral en France dans tous les lieux publics.[i]

Depuis l´ouverture de la commission d´information, et même avant, le voile intégral suscite les réactions des musulmans de tous bords. De nombreux intellectuels musulmans ont été entendus par la commission parlementaire ou relayés par la presse à grand tirage. Il en ressort que la burqa, le niqab et le sitar, qui cachent le visage, sont unanimement considérés par ces intellectuels comme une atteinte à la liberté et la dignité de la femme, même par Tariq Ramadan, proche des Frères musulmans.

S´appuyant sur la position d´Al-Azhar, l´institution théologique la plus reconnue de l´islam sunnite, ils soulignent unanimement que le port du voile intégral n´est pas une prescription islamique. Certains rappellent en outre qu´il contrevient aux "principes de la Cité républicaine" et doit être ôté quand la sécurité le requiert. Tous ne sont toutefois pas favorables à la promulgation d´une loi, insistant sur la nécessité d´un travail pédagogique de terrain.

Ci-dessous un inventaire de différentes opinions d´intellectuels musulmans de langue française, tirées des diverses auditions de la commission parlementaire et d´interviews accordés à la presse française.

1.      Le voile intégral : pas une prescription islamique

La plupart des penseurs considérés s´appuient sur la position officielle d´Al-Ahzar[ii], qui a prohibé en son sein le port du niqab : "En Egypte, cette tenue a été interdite dans les espaces scolaires et universitaires par l´autorité religieuse d´Al-Azhar"[iii], rappelle Abdelwahab Meddeb, professeur de littérature comparée à l´université Paris-X et auteur de La maladie de l´islam et Contre-prêches.[iv]

Il note que le voilé intégral "n´est pas une obligation religieuse (farîza), c´est une coutume (âda), ça vient d´être rappelé par Mohammad Gomaa, le grand mufti d´Egypte, qui a pris position contre le niqab."[v] Meddeb souligne : "dans les textes coraniques, la face, surtout celle de la femme, est une épiphanie divine destinée à être contemplée"[vi]. Selon Meddeb, le visage non seulement ne doit pas être caché, mais le Coran inviterait même à le dévoiler : "Le visage est pourtant très présent dans le Coran (…) Car là se révèle l´épiphanie divine la plus parfaite : ´L´homme a été créé à l´image de Dieu.´ "[vii]. Meddeb estime donc que l´islam aurait le devoir d´abolir la "coutume" du voile intégral.

Dalil Boubakeur, ancien recteur de la Grande mosquée de Paris, ex-président du Conseil français du culte musulman, fait remonter la coutume du niqab aux Touaregs : "Ce vocable de niqab – qui signifie couvrir ou voiler en arabe – est utilisé sous le terme de n’gueb dans le Sahara où les Touaregs se couvrent le visage, sauf les yeux, pour se protéger des ardeurs du soleil ou des vents de sable. Cela, à l’évidence, n’est pas le cas de la France  ! Il est donc clair que ce vêtement, limité dans son espace géographique et historique,est à tort érigé aujourd’hui comme une tradition de l’islam."[viii] "Ni la burqa ni le niqab – ou voiles intégraux – ne sont des prescriptions religieuses de l’islam"[ix], assure-t-il. Et de citer lui aussi "le très savant [feu] Cheikh Al Tantawi, [ancien] Recteur de l’Université d’Al Azhar en Égypte, [qui] a interdit le port de la burqa ou niqab aux enseignantes et étudiantes dans les écoles relevant de son université, disant que cette tenue vestimentaire n’est qu’une simple coutume et non un acte de dévotion – en arabe : ´Ada laïssa’ibada´."[x]

 Tariq Ramadan lui-même, universitaire suisse d´origine égyptienne connu pour ses positions proches des Frères musulmans, ne considère pas le voile intégral comme une pratique de l´islam :"La très grande majorité des savants et courants sunnites et chiites estiment que la burqa ou le niqab ne sont pas une prescription islamique."[xi] Ce serait aussi le cas de la tradition salafie, assure-t-il : "J’ai démontré, textes à l’appui, que l’un des savants les plus importants de la tradition salafie, Nasir ud-Dîn Al-Albani, considérait que le port du hijab qui ne couvre pas la faceétait la vraie position del’islam, même si, pour sa propre épouse, il avait opté pour le port du niqab"[xii], souligne-t-il toutefois.

            Pour Abdennour Bidar, philosophe et auteur de nombreux articles sur l´islam moderne,[xiii] "[le voile intégral] est une innovation dont le caractère islamique est plus que discutable et dans laquelle de très nombreux musulmans ne se reconnaissent pas."[xiv] Avant tout, le niqab exprime, pour Abdennour Bidar, "un traditionalisme contemporain, c´est-à-dire une forme d´attachement à la tradition de dissimulation du corps féminin dans l´espace public, mais qui aurait acquis une virulence tout à fait nouvelle, inquiétante parce que violemment radicalisée, sans commune mesure avec les usages anciens plutôt modérés en la matière."[xv] 

            Dounia Bouzar, anthropologue et chercheure associée à l´Observatoire du fait religieux, dénonce le laxisme face au port du "drap noir", qui dessert l´image de l´islam : "Le laxisme et la diabolisation sont les deux faces d´une même pièce : tout accepter ´au nom de l´islam´ revient à avoir une bien piètre considération pour cette religion. (…) Accepter le drap noir ne serait pas un signe de respect de l´islam, ce serait au contraire perpétuer les stéréotypes datant de la période coloniale."[xvi] Elle précise : "Cette hésitation à distinguer ce qui relève de l´islam de ce qui relève du dysfonctionnement d´une personne part, a priori, d´un bon sentiment : respecter les musulmans qui ont d´autres traditions. Mais à mieux y regarder, elle est aussi le produit de représentations négatives."[xvii]

Fouad Alaoui, président de l’UOIF (Union des organisations islamiques  de France), résume : "Selon l’immense majorité des écoles juridiques musulmanes, le port du voile intégral n’est pas une prescription religieuse. On ne peut nier, cependant, qu’une minorité prône cette pratique."[xviii]

2.      Le voile intégral à l´épreuve des valeurs de la République

Principes

Selon Dalil Boubakeur, le port du niqab s´oppose aux principes la République française : "Il faut le marteler : la République intègre les individus et refuse le communautarisme. N’excluant nullement le droit à la différence, la société française manifeste ses réticences lorsque des signes de démarcation trop ostensibles semblent prendre des significations heurtant la laïcité ou le sentiment du ´vivre-ensemble´.[xix]

            Face aux diverses enquêtes en France, qui révèlent le faible pourcentage de femmes revêtant le voile intégral (entre 400 et 2000 femmes), Sihem Habchi, présidente de l´association Ni putes ni soumises, parle de principe : "Le port du voile intégral est une question de principe, pas de chiffres, et, lorsqu’on cède sur les principes, c’est le modèle social qui est remis en question. L’alternative est claire : c’est la République ou la burqa."[xx]

            Les déclarations d´Abdelwahad Meddeb vont dans le même sens : "Il n´est pas question de négocier sur les principes de la Cité républicaine. Donc, pas de discussion sur la burqa, c´est une abomination wahhabite dont nous ne voulons pas."[xxi]

Espace public

Abdennour Bidar fait valoir que l´espace publique se partage et que la liberté des uns ne doit pas heurter celle des autres : "l’espace dans lequel s’exprime cette liberté lui impose de prendre en compte la revendication de liberté d’autres consciences individuelles. C’est tout le problème de ce que j’ai appelé la ´partageabilité de l’espace public´. (…) ses occupants remplissent, les uns vis-à-vis des autres, un certain nombre de devoirs, et ne peuvent se cantonner dans une logique d’affirmation de leurs droits et libertés individuels. C’est une des conditions du ´vivre ensemble´. Un argument très important que l’on peut opposer au port de la burqa est donc que le milieu culturel environnant ne saurait accepter une pratique que la majorité perçoit comme manifestant une certaine violence symbolique."[xxii]

 Il évoque en outre le refus de communiquer transmis par le port du voile : "Dans notre tradition culturelle, cette partie du corps a toujours été le miroir de l’âme. En ne me donnant pas à voir son visage, l’autre oppose une fin de non-recevoir à l’exigence de communication inhérente à l’espace public. À ce titre, je suis fondé à considérer son comportement comme une violence symbolique qui m’est infligée."[xxiii]

Leila Barbès, écrivain et professeur de sociologie des religions à l’université catholique de Lille, parle aussi de "violence symbolique" : "[Le voile intégral] est l´expression d´un acte de condescendance à l´égard de la femme, une autorisation de sortie. Tel qu´il est défendu par les courants qui le préconisent, salafistes et tabligh, le voile intégral instaure une escalade dans la violence symbolique."[xxiv]

            Leila Barbès fait valoir que le port du niqab traduit en outre un mépris de l´environnement social : "Les partisans [du voile intégral] recourent à des avis de juristes marginaux qui recommandent le voilement du visage pour les femmes qui vivent dans un environnement immoral. Voilà qui nous renseigne sur la perception que ces courants sectaires ont de la société française : une société corrompue par le dérèglement des mœurs."[xxv]     

Considérations sécuritaires

Quand la sécurité est en jeu, les penseurs musulmans de langue française sont unanimes : "quand il s’agit d’identifier la personne – comme on l’a vu au Canada – ou de la sécurité, on ne doit alors même pas se demander si l’interprétation de l’islam est la bonne : au nom même des préceptes musulmans qu’elle défendrait, cette femme est tenue de montrer son visage, d’être identifiée ou de garantir la sécurité collective. Cela ne se discute pas",[xxvi] affirme Tariq Ramadan.

Abdelwahab Meddeb insiste sur la nécessité de pouvoir identifier les personnes revêtues du voile intégral : "Il faut être d´une fermeté sans faille. Il est inadmissible qu´une femme ne soit pas identifiable."[xxvii] ; "Il faut leur rendre la vie juridiquement impossible. Je serais instituteur, jamais je ne remettrais à la sortie de l´école un enfant à une femme en burqa." [xxviii]

Le CFCM rapporte le consensus existant sur ce point : "Tous, y compris ceux qui défendent le port du voile intégral, s´accordent à dire que les femmes qui le portent doivent accepter de dévoiler leur visage lorsque la sécurité l´exige."[xxix]

Faut-il une loi ? Avis partagés

Si Abdelwahab Meddeb est pour rendre la vie "juridiquement impossible" aux femmes en niqab, la promulgation d´une loi ne fait pas l´unanimité parmi les intellectuels franco-musulmans ici considérés. Certains estiment que la législation existante est suffisante et qu´une loi anti-niqab pourrait avoir un effet contre-productif, isolant davantage les femmes ainsi revêtues et entraînant un mouvement de solidarité à l´égard des "victimes" de la loi.

Pour le secrétaire général du CFCM Anouar Kbibech, "légiférer sur cette question serait totalement contre-productif parce que cela ferait évoluer des positions peut-être radicales vers encore plus de radicalisation. Nous constatons déjà une telle évolution : une certaine solidarité est en train de se manifester de la part de ceux qui ne sont pas forcément favorables au port du voile intégral à l’égard des femmes et des jeunes filles qui le portent."[xxx] Haydar Demiryurek, le vice-président du CFCM chargé des régions, ajoute : "Le fait de légiférer sur le port du voile intégral aura pour conséquence de rendre le phénomène moins visible. La femme voilée n’apparaîtra pas sur la place publique mais nous ne sommes pas persuadés que cela fasse reculer le phénomène."[xxxi]

Fouad Alaoui du CFCM justifie ainsi cette position : "Notre seule arme est la pédagogie et l’éducation, que nous utilisons depuis toujours."[xxxii] "Un directeur d’école remettrait-il un enfant à un homme cagoulé se présentant comme le père de celui-ci ? Non. A-t-on besoin de faire une loi pour lui interdire de venir chercher son enfant ? Non. Les textes existants permettent de trouver des solutions à cette problématique, comme à d’autres."[xxxiii]  

Tariq Ramadan se déclare contre une loi, bien qu´estimant que le voile intégral est "contraire à la dignité humaine" : "oui, ces femmes font l’objet de pressions, de la part des hommes, mais aussi du contexte socioculturel dans lequel elles vivent, lié à la ghettoïsation sociale. (…) Loin de représenter un facteur d’émancipation pour ces femmes, une loi qui s’ajouterait à ces pressions les conduirait à un double isolement. Cette pratique constitue-t-elle une atteinte au droit des femmes ? Oui. Restreint-elle la liberté des femmes ? Oui. Est-elle contraire à la dignité humaine ? Oui."[xxxiv]

D´autres, favorables à une loi, souhaiteraient la voir assortie d´un travail pédagogique sur le terrain. Hassen Chalghoumi, président de l´association des musulmans de Drancy en Seine-Saint-Denis à Paris, dont les propos publics ont font débat en France, déclare : "Oui, je suis pour l’interdiction par la loi de la burqa, qui n’a pas sa place en France, pays où les femmes votent depuis 1945. Mais elle doit être assortie d’un travail pédagogique, comme ce qui s’est fait pour le voile à l’école en 2004."[xxxv]

 3.      Liberté de la femme

 L´illusion du libre choix

La question de la liberté de la femme est souvent posée en rapport avec le port de la burqa. Abdelwahab Meddeb est catégorique : "Quant à la dignité de la femme et au principe d’égalité, qui sont tout aussi intangibles que la liberté, incontestablement le port de la burqa les malmène."[xxxvi]

A ce sujet, les propos tenus sur le hijab par Barack Obama, dans son discours de 2009 au Caire, ont suscité les critiques des penseurs franco-musulmans : "Oui, nous assistons à l´émergence de microsociétés dans lesquelles la collectivité prime sur l´individu. Sur un point au moins, le pertinent discours d´Obama au Caire m´a paru fautif. Admettons, bien que cela me soit difficile, que la femme doit avoir la liberté de se voiler. Mais il aurait dû ajouter qu´elle doit avoir la liberté de se dévoiler,"[xxxvii] estime Meddeb.

Il n´est pas le seul à ciller ; Silhem Habchi s´insurge : "Quand je pense que M. Obama a tendu la main aux intégristes au Caire en pensant les acheter avec le voile. Il n’a pas dit un mot sur les libertés fondamentales au Caire (…). Pas un mot pour toutes ces femmes qui sont en train de se battre de par le monde afin de poser le débat dans leur pays !"[xxxviii]

            Leila Barbès démontre pour sa part que ce "libre choix", évoqué par Obama et tant d´autres, n´est que l´illusion d´un libre choix : "Dans le fond, peu importe que le voile intégral soit une prescription religieuse ou un fait de coutume. La seule chose qu´il importe de retenir est qu´il s´impose avec d´autant plus de facilité qu´on le relie à des conceptions religieuses. C´est là où la question de savoir si ces femmes le portent volontairement ou non n´a plus de sens. J´avais déjà expliqué dans mon livre, Le Voile démystifié[xxxix], que dès lors qu´on pose le voile comme une obligation divine, la question du libre choix ne se pose plus dans la mesure où toutes les musulmanes sont exposées à ce discours de propagande. Comment prétendre qu´il s´agit d´un libre choix lorsqu´on explique à ces femmes que c´est la religion qui l´exige ? Ces femmes se voilent intégralement pour se conformer à une contrainte, une attente, le désir d´un mari ou d´un groupe. Le voile intégral n´est pas un vêtement, il est la traduction publique d´un statut de recluse."[xl]

Voile intégral et dépersonnalisation  

Cette sociologue insiste sur la dépersonnalisation qu´implique le port du voile intégral : "Ce qui est violent dans le voile intégral, davantage que l´acte de défiguration de la féminité, c´est la négation de la femme comme être social, comme individu unique, avec sa faculté de s´affirmer, à jouir d´une parole publique, à faire des choix propres, à circuler librement. Le voile intégral est une affaire d´hommes, dont les femmes sont les otages. Il est urgent de protéger ces citoyennes musulmanes, soumises à la tutelle des hommes, comme il faut protéger toutes celles qui font l´objet de pressions, au quotidien, parce qu´elles résistent."[xli] Elle analyse : "Quelle ironie que le voile intégral en vienne à représenter l´emblème de la pureté alors que sa justification s´appuie sur la croyance que le corps de la femme est obscène, ´awra´, y compris son visage et ses mains. On l´aura compris, le voile intégral est le symbole d´un ordre moral qui refuse toute négociation, tout compromis avec une société jugée mécréante et dépravée."[xlii]

Cette analyse est partagée par Silhem Habchi, qui voit dans le voile un outil de ségrégation "revendiquée par la victime" : "Selon certaines féministes, le voile était un outil d’émancipation. ´Cela te permet de sortir´, nous assuraient-elles. Peut-on associer les mots ´espace de liberté´ et ´voile´ ? Le voile offre-t-il plus de liberté aux femmes ou est-il simplement une chaîne reliée à un système machiste qui garde un moyen de contrôle ? Qui contrôle qui ? (…) Symbole de la société machiste et de l’exclusion assumée et revendiquée, le voile est un marqueur pour scinder la population française. L’avènement de la ségrégation a lieu quand les victimes intègrent l’oppression et revendiquent leurs chaînes."[xliii]

            Aux féministes pro-niqab, Silhem Habchi rappelle : "Au moment de la révolution iranienne, les féministes islamiques ont pensé qu’elles pouvaient y arriver (à se faire entendre) en annexant ce corps parce qu’il les empêchait d’être les égales des hommes et d’être regardées sur le plan de la pensée et de l’intellect. Comme on a pu le constater, cela n’a pas eu les résultats escomptés : le voile et la burqa ne favorisent pas le partage du pouvoir et des décisions."[xliv] Et de ramener la burqa à la sphère française : "Elle apparaît comme le point culminant de l´évolution en France d’une vision archaïque du rôle des femmes, confinées à la sphère sexuelle, loin du champ économique et social."[xlv]

Repli identitaire et "pathologie religieuse"

Abdennour Bidar estime que la montée de l´islam radical ne suffit pas à expliquer le phénomène du voile intégral : "la critique des interminables retards de l´intégration et la mise en lumière inquiète de l´influence de l´islam radical ne suffis pas, (…) nous sommes confrontés à des démarches personnelles, ou tout au moins qui se disent et se vivent comme telles (…)."[xlvi]

Ilanalyse les causes socio-psychologiques qui peuvent pousser une femme, souvent convertie à l´islam, à revêtir le niqab : "C´est le ´cri´ d´une subjectivité, le ´je suis´, ´j´existe´ d´une conscience. Il faut en effet entendre aussi, et avant tout, la burqa comme un désir personnel d´exister. Un désir pathologiquement exprimé, peut-être, (…)."[xlvii] Il relève le piège d´une telle approche : "Un désir contradictoire aussi, parce que l´enfermement dans cette tombe vestimentaire produit objectivement le résultat contraire de celui qui est visé : au lieu d´offrir à l´individu un moyen d´existence sociale, il le retire de la société de ses semblables."[xlviii]

          Comparant "les jeunes errants, (…), gotiques grimés (…), bobos aux looks de branchitude hyper étudiés"[xlix] à la tenue vestimentaire de la femme "burquée", Abdennour Bidar estime en outre que tous servent de "refuge possible à un mal-être ressenti vis-à-vis d´un système social qui, derrière un discours et des pratiques de tolérance généralisée, dissimule contradictoirement une uniformité et une uniformisation redoutables des consciences, des attitudes, des discours." [l] Et de déplorer : "Même les hommes politiques, Barack Obama en tête, semblent avoir sacrifié l´être au paraître, à travers un art de communiquer qui consacre lui aussi la pure image."[li]

Tariq Ramadan apporte également une explication psychologique au port du voile intégral, mais seulement pour tenter de démontrer l´inutilité d´une loi : "c’est la dimension psychologique du retour du fait religieux qu’il faut prendre en compte. Ces femmes n’entrent pas seulement en religion ; elles sortent d’un passé, ce qui peut faire entrer dans l’excès ou dans ce qui va vous couper de ce passé. Elles estiment avoir été trop loin dans l’exposition de leur corps ; elles tendent désormais à la disparition du physique en pensant qu’elles vont vivre le spirituel. Cette dimension psychologique est importante. Le psychologique ne se touche pas par la loi mais par l’éducatif, par l’accompagnement."[lii]

4.      Dimension politique du voile intégral et "grignotage salafiste"

Samir Amghar, chercheur à l’École des hautes études en sciences sociales, spécialiste du salafisme, affirme :"Le développement du port du voile intégral en France est intimement lié à celui du salafisme. Ce mouvement est chez nous d’implantation récente, apparu seulement au début des années 90, sous l’effet de la prédication de quelques jeunes issus de l’immigration musulmane qui étaient partis étudier le Coran et les sciences religieuses dans les universités islamiques d’Arabie saoudite, de Jordanie ou du Yémen, mais aussi de militants appartenant à l’aile salafiste du Front islamique du salut, le parti islamiste algérien (…) Beaucoup des salafis actuels étaient proches des Frères musulmans dans les années 90, écoutaient Tariq Ramadan, dans la pensée duquel ils se reconnaissaient (…) Les salafistes sont une minorité dans la minorité musulmane, mais une minorité très active."[liii]

Dounia Bouzar attire l´attention sur la "stratégie" des islamistes radicaux, tels les salafistes, auxquels le débat sur le voile intégral confère une certaine légitimité religieuse au sein de l´islam : "Ouvrir un débat pour limiter la liberté religieuse reviendrait à les considérer comme un courant musulman et non pas comme une simple secte. Toute leur stratégie consiste justement à faire passer leurs discours totalitaires comme s´ils étaient de simples commandements religieux."[liv]

            Dalil Boubakeur partage cette méfiance et encourage le soutien d´un islam modéré : "Il faut, d’abord, s’assurer que les fondamentalistes ne sont pas derrière ce phénomène et, s’ils le sont, prendre des mesures, non pas contre la burqa, mais visant à empêcher cet islam invasif de progresser davantage. Il faut, ensuite, consulter l’islam modéré, le soutenir, car la force de résistance au niveau local est très importante."[lv]

Abdelwahab Meddeb parle de "stratégie de grignotage" salafiste, faisant valoir le danger de diaboliser le voile intégral pour mieux légitimer le hijab : "Nous estimons aussi qu’avec la burqa, nous nous confrontons à une stratégie du grignotage. Au-delà des cas isolés et singuliers, au-delà des converties zélées, il ne faut jamais perdre de vue que des islamistes, mais aussi de pieux salafistes, appliquent les recommandations du Conseil européen de la fetwa – dirigé par le prédicateur al-Qardhâwî (…). Dans cette instance, (…) les militants sont exhortés à agir avec agilité et dans la légalité afin de gagner en Europe des parcelles de visibilité en faveur de la loi islamique. C’est donc le dispositif juridique séculier qui est visé par l’affaire de la burqa. C’est comme si l’instrumentation de sa radicalité rendait plus digne, plus acceptable le hijab. Ne tombons pas dans ce piège."[lvi]  

CETTE COLLECTE D’ARGUMENTS A ETE REALISEE PAR L’INSTITUT MEMRI-EUROPE (VOIR DESCRIPTIF DE MEMRI SOUS NOTRE RUBRIQUE « ECONOMIE »). POUR CEUX ET CELLES QUI DESIRENT ALLER PLUS LOIN DANS LA REFLEXION, NOUS INDIQUONS CI-DESSOUS LES SOURCES.   

[i] Le Monde.fr, 21 avril 2010, "Voile intégral : le gouvernement prépare une loi d´interdiction générale ; [ii]Brève Courrier International, 29/01/2010, "La justice contre l´interdiction du voile intégral", "Le tribunal administratif du Caire a suspendu, le 27 janvier, une décision du Conseil suprême d´Al-Azhar qui interdisait le port du niqab dans les établissements dépendant de cette institution, rapporte Elaph" ; [iii]Le Point (France), 28 janvier 2010, N°1949 "Il faut rendre la vie juridiquement impossible aux porteuses de burqa" ; [iv]Contre-Prêches (Seuil, Paris, 2006). Voir le rapport du MEMRI sur le sujet : http://www2.memri.org/bin/articles.cgi?Page=archives&Area=ia&ID=IA31507 ; [v] Le Point (France), 28 janvier 2010, N°1949 «Il faut rendre la vie juridiquement impossible aux porteuses de burqa» ; [vi]Le Point (France), 17 septembre 2009, N°1930 Meddeb : "Pas de discussion sur la burqa", ;[vii]Le Point (France), 28 janvier 2010, N°1949, "Il faut rendre la vie juridiquement impossible aux porteuses de burqa" ; [viii] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 28 octobre 2009, Audition de M. Dalil Boubakeur ;[ix] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile  intégral sur le territoire national, 28 octobre 2009, Audition de M. Dalil Boubakeur ; [x] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 28 octobre 2009, Audition de M. Dalil Boubakeur ; [xi] Mission d’information de l´Assemblée Nationale Française sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 2 décembre 2009, Audition de M. Tariq Ramadan ;[xii] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 2 décembre 2009, Audition de M. Tariq Ramadan; [xiii] Voir le rapport du MEMRI sur Adennour Bidar Enquêtes et analyses - No. 350 : "Le penseur réformiste Abdennour Bidar défend un islam individuel et interpelle les candidats à la présidence", 1er mai 2007 ; URL: ; [xiv]Le Monde (France), 29 juin 2009, Aucune justification religieuse à la burqa, par Abdennour Bidar, ;[xv]  Le Monde (France), 29 juin 2009, Aucune justification religieuse à la burqa, par Abdennour Bidar, ;[xvi] Le Monde (France), 22 juin 2009, La burqa, un signe sectaire et non religieux, par Dounia Bouzar,;[xvii] Le Monde (France), 22 juin 2009, La burqa, un signe sectaire et non religieux, par Dounia Bouzar ;[xviii] Mission d’information de l´Assemblé nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 14 octobre 2009, Audition de Fouad Alaoui du CFCM,;[xix] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 28 octobre 2009, Audition de M. Dalil Boubakeur ;[xx] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 9 septembre 2009, Audition de Mme Sihem Habchi;[xxi] Le Point (France), 17 septembre 2009, N°1930, Meddeb :«Pas de discussion sur la burqa», ;[xxii]Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 8 juillet 2009, Audition de M Abdennour Bidar, ;[xxiii]Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 8 juillet 2009, Audition de M Abdennour Bidar ; [xxiv] Rue 89 (France), 9 octobre 2009, "Interdire la burqa" : ce que Leïla Babès a dit aux députés, Par Leïla Babès,;[xxv] Rue 89 (France), 9 octobre 2009, "Interdire la burqa" : ce que Leïla Babès a dit aux députés, Par Leïla Babès, ;[xxvi] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 2 décembre 2009, Audition de M. Tariq Ramadan;[xxvii]Le Point (France), 28 janvier 2010, N°1949 «Il faut rendre la vie juridiquement impossible aux porteuses de burqa»;[xxviii]Le Point (France), 28 janvier 2010, ;[xxix]Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 14 octobre 2009, Audition de Mohammed Moussaoui du;[xxxi] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 14 octobre 2009, Audition de Haydar Demiryurek du CFCM,;[xxxii] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 14 octobre 2009, Audition de Fouad Alaoui du CFCM,;[xxxiii] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 14 octobre 2009, Audition de Fouad Alaoui du CFCM, ;[xxxiv] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 2 décembre 2009, Audition de Tariq Ramadan, ;[xxxv] Le Parisien (France), 22 janvier 2010, "Seine-Saint-Denis : l´imam qui dit non à la burqa",; xvi] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 4 novembre 2009, Audition d´Abdelwahab Meddeb, ;[xxxvii] Le Point (France), 17 septembre 2009, N°1930 Meddeb : "Pas de discussion sur la burqa", ;[xxxviii] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 9 septembre 2009, Audition de Mme Sihem Habchi, ;[xxxix] Le voile démystifié (Bayard, 2004) ;[xl] Rue 89 (France), 9 octobre 2009, "Interdire la burqa : ce que Leïla Babès a dit aux députés", par Leïla Babès,;[xli] Rue 89 (France), 9 octobre 2009, "Interdire la burqa : ce que Leïla Babès a dit aux députés", par Leïla Babès,;[xlii] Rue 89 (France), 9 octobre 2009, "Interdire la burqa : ce que Leïla Babès a dit aux députés", par Leïla Babès ;[xliii] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 9 septembre 2009, Audition de Mme Sihem Habchi,;[xliv] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 9 septembre 2009, Audition de Mme Sihem Habchi,;[xlv] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 9 septembre 2009, Audition de Mme Sihem Habchi, ;[xlvi]Le Monde (France), 23 janvier 2010, La burqa, symptôme d´un malaise, par Abdennour Bidar, ;[xlvii]Le Monde (France), 23 janvier 2010, La burqa, symptôme d´un malaise, par Abdennour Bidar, ;[xlviii]Le Monde (France), 23 janvier 2010, La burqa, symptôme d´un malaise, par Abdennour Bidar ;[xlix]Le Monde (France), 23 janvier 2010, La burqa, symptôme d´un malaise, par Abdennour Bidar ;[l]Le Monde (France), 23 janvier 2010, La burqa, symptôme d´un malaise, par Abdennour Bidar;[li] Le Monde (France), 23 janvier 2010, La burqa, symptôme d´un malaise, par Abdennour Bidar. ;[lii] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 2 décembre 2009, Audition de M. Tariq Ramadan ;[liii] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 4 novembre 2009, Audition de Samir Amghar ; [liv] Le Monde (France), 22 juin 2009, La burqa, un signe sectaire et non religieux, par Dounia Bouzar; [lv] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 28 octobre 2009, Audition de M. Dalil Boubakeur ;[lvi] Mission d’information de l´Assemblée nationale sur la pratique du port du voile intégral sur le territoire national, 4 novembre 2009, Audition d´Abdelwahab Meddeb.

 

 

 

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