SOMMAIRE

La Norvège exemplaire
La gendermania
Le mariage gay reste interdit en France
Pourquoi les medias français refusent-ils d'en parler ?
Le signe de la croix
Les clivages parmi les chrétiens catholiques
Nous sommes tous des Chrétiens d'Orient
Toute vérité est-elle démontrable ?
L'âge du Mal
La princesse d'Arabie saoudite : les chiites ont introduit des coutumes païennes dans l'islam
Mus'ab Hassan Youssef, fils du chef du Hamas en Cisjordanie : le dieu de l'Islam souffre d'un dédoublement de personnalité
Le prédicateur saoudien Mohammed Musa Al-Carif justifie le mariage de fillettes en Arabie Saoudite
Des auteurs progressistes du Golfe persique : les groupes musulmans d'Europe exploitent l'ouverture d'esprit des Européens
Le Vatican a "modernisé" la liste des péchés

 

 

▪ La Norvège exemplaire...

Est-ce le prélude à une prise de conscience réaliste de l'Europe ? La France et l’Allemagne suivront-elles cet exemple ? Sans doute pas, hélas ! ... Pas de mosquée saoudienne en Norvège, tant qu'il n'y a pas de liberté religieuse en Arabie Saoudite !

Le gouvernement saoudien et de riches donateurs privés d'Arabie Saoudite, voulaient financer des mosquées en Norvège à hauteur de dizaines de millions d'euros. Légalement, ils en ont le droit;  conformément à la loi norvégienne il est permis aux pays étrangers de soutenir financièrement les communautés religieuses, mais vu l'importance de ces sommes, le gouvernement doit approuver le financement.

Or, le ministère des Affaires étrangères vient non seulement de refuser d'approuver ce financement, mais il a également répondu au Centre islamique Tawfiiq, qu'il serait " paradoxal et contre nature d'accepter le financement venant d'un pays qui  n'accepte pas la liberté religieuse." Le ministre norvégien des Affaires étrangères Jonas Gahr Støre a déclaré au journal VG: " Nous aurions pu simplement dire non, le ministère n'approuve pas, mais nous avons profité de l'occasion pour ajouter que l'approbation serait paradoxale, tant que vouloir établir une communauté chrétienne en Arabie saoudite sera considéré comme un crime ".

Encore une nouvelle qui nous parvient par le net. Elle est pourtant transmise par toutes les agences de presse, mais probablement sur une fréquence que le service audiovisuel national français ne reçoit pas......

 

▪ La gendermania

Savez-vous ce qu’est le « gender » ?  A cela près qu’il s’agit d’un anglicisme, « on n’a pris conscience que depuis peu de ce mouvement rampant qui gangrène les législations et sape les fondements de nos sociétés fondées sur la différenciation entre hommes et femmes », constate Marie-Pascale Ollivier, journaliste. Cette nouvelle doctrine du « gender » est le plus terrible poison répandu dans nos sociétés. Elle va beaucoup plus loin que le marxisme qui ne s’en prenait qu’aux structures de la propriété et du travail. Elle cherche à inculquer à la jeunesse une vision de l’homme et de la femme déconnectée des réalités. C’est le plus fort programme de destruction de notre société qui nous ait été donné et il pourrait être beaucoup plus virulent que le marxisme.

On ne sait même pas comment qualifier ce néologisme : mouvement, idéologie, attrape-nigauds ? On trouve sur Internet une association gender (1), « lieu de réflexion, de recherche, mais également lieu d’influence auprès des pouvoirs publics autour de la question du genre », puis, plus inquiétant,  le réseau « Genre en action » lancé en 2003 par le Ministère des Affaires Etrangères. A Sciences-Po Paris, une chaire d’enseignement  s’est mise en place en 2011 « et aucun élève ne pourra désormais sortir de la grande école sans avoir entendu un enseignement sur le genre » ». Inscrite officiellement dans les nouveaux programmes de SVT de Première (S, L et ES), la doctrine du gender fera désormais partie de l’enseignement obligatoire des lycées français à partir de la rentrée 2011. (Eurbag Magazin)

 

Le gender nie la complémentarité naturelle entre les sexes

 

S’il fallait désigner un seul nom pour illustrer la doctrine du gender, ce serait assurément celui de la philosophe américaine Judith Butler qui viendrait immédiatement à l’esprit. L’ouvrage qu’elle a publié aux Etats-Unis en 1990 – Gender Trouble : Feminism and the subversion of Identity – demeure le modèle incontournable des programmes universitaires anglo-saxons sur la question (2). De l’autre côté de l’Atlantique, aucun campus digne de ce nom n’est dépourvu de son département de gender studies. Toutefois, cette théorie n’aurait pu acquérir l’influence qu’elle exerce aujourd’hui sur la scène internationale sans la tenue en 1995 de la Conférence des Nations-Unies de Pékin sur la femme qui en a fait le cadre porteur d’une société nouvelle où les comportements sexuels seraient enfin débarrassés de leurs « archaïsmes moraux et religieux », comprenez chrétiens. 

 

Derrière le concept de gender se cache en effet une idéologie qui nie la différence sexuelle et la complémentarité naturelle entre l’homme et la femme. Le mot sexe qui renvoie trop à une détermination objective et naturelle est remplacé par celui de genreféminin et masculin sont des constructions socioculturelles purement arbitraires qu’il est possible de défaire.

 

Le gender qui fait déjà l’objet d’un enseignement obligatoire à Science-Po sera également au menu des cours de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) dans toutes les classes de première à partir de la prochaine rentrée. Le ministère de l’Education l’a en effet inclus dans le module « Féminin/Masculin » au programme de cette matière et plus particulièrement dans les nouveaux chapitres « Devenir homme ou femme » et « Vivre sa sexualité », qui prendront place après la partie consacrée à la « Maîtrise de la procréation » (Bulletin officiel spécial n. 9 du 30 septembre 2010, Thème 3-A).

 

Avertie la semaine dernière par le lycée saint Joseph de Draguignan (Dominicaines du Saint-Esprit) qui venait de recevoir les tout nouveaux manuels de SVT des classes de 1ere L et ES issus de cette réforme (Nathan, Bordas et Belin), la commission bioéthique du diocèse de Fréjus-Toulon a pu mesurer la gravité des changements opérés par le ministère de l’Education nationale par rapport aux précédents programmes. De même, la direction diocésaine de l’enseignement catholique a été immédiatement alertée.

 

Défaire la « matrice hétérosexuelle » de la société

 

D’une manière générale, les chapitres en question sont une attaque en règle contre la loi morale naturelle, rejetant toute signification anthropologique et éthique à la différence naturelle des sexes. « Dans ce nivelage, la différence corporelle, appelée sexe, est minimisée, tandis que la dimension purement culturelle, appelée genre, est soulignée au maximum et considérée comme primordiale (…) Selon cette perspective anthropologique, la nature humaine n’aurait pas en elle-même des caractéristiques qui s’imposeraient de manière absolue : chaque personne pourrait se déterminer selon son bon vouloir, dès lors qu’elle serait libre de toute prédétermination liée à sa constitution essentielle" (3).

 

Pour le gender en effet, l’homme et la femme n’ont pas de dynamisme naturel qui les pousserait l’un vers l’autre, seuls les conditionnements sociaux rendraient compte de cette soi-disant inclination. A l’appui de cette thèse, Nathan cite ce texte hautement contestable : « Les sociétés forgent des modèles et des normes associés au féminin et au masculin. Dès le plus jeune âge, chacun va inconsciemment être imprégné par un schéma identitaire auquel il doit se conformer pour être accepté et reconnu par le groupe social. Ces attitudes sont tellement intériorisées que nous reproduisons les stéréotypes sans nous en rendre compte » (p.190). Le gender promeut une anthropologie alternative refusant que la différence sexuelle inscrite dans le corps possède naturellement un caractère identifiant pour la personne.

 

Bordas fait lui aussi découler la prédominance de l’hétérosexualité du contexte culturel et social dans lequel nous baignons : « « Si dans un groupe social il existe une très forte valorisation du couple hétérosexuel et une forte homophobie, la probabilité est grande que la majorité des jeunes apprennent des scénarios hétérosexuels » (p. 182).

 

Pour illustrer leur démonstration, les manuels citent l’existence dans d’autres espaces culturels de « troisièmes genres », « ni homme ni femme », comme les Hijras en Inde (Belin, p. 145) ou les Mahu en Polynésie (Bordas, p. 176).

 

Une fois inculqué aux élèves que la différence des rôles assignés à l’homme et à la femme dans une société donnée est produite par la culture, il est loisible de s’affranchir du modèle hétérosexuel et de relativiser l’inclination naturelle vers l’autre sexe. Ne s’agit-il pas de dissocier la société de sa matrice hétérosexuelle comme le préconise Judith Butler ?

 

Le gender dissocie identité sexuelle et orientation sexuelle

 

Conséquence logique du raisonnement, l’orientation sexuelle est clairement déconnectée de l’identité sexuelle, l’homosexualité ou la transsexualité relevant de la liberté souveraine des individus. L’hétérosexualité n’a en aucun cas le privilège de l’universalité : « Je peux être un homme et être attiré par les femmes. Mais je peux aussi me sentir 100% homme viril et être attiré par les hommes. Et je peux être une femme attirée par les hommes ou une femme attirée par les femmes » (Belin, p. 133).

 

Bordas fait état d’« une étude récente qui montre bien l’influence du contexte culturel et social : à Hambourg en 1970, dans les années de la révolution sexuelle, 18% des adolescents avaient des activités homosexuelles alors qu’en 1990, avec le SIDA et les changements culturels, ils n’étaient plus que 2% » (p. 182). L’homosexualité serait donc élue d’autant plus facilement que la société l’accueillera « sans discrimination » (Nathan, p. 181).

 

Les bases biologiques du plaisir sexuel

 

D’une manière générale, c’est la sexualité humaine qui est totalement « désacralisée » au fil des pages. La masturbation, martèle Belin, jadis encouragée dans l’Antiquité, n’est devenue un « péché » qu’avec « l’avènement du monothéisme en Occident ». Heureusement, depuis les années 70 elle est à nouveau considérée « comme une activité sexuelle normale » (p. 139). Le même éditeur fait d’ailleurs de cette pratique un critère de puberté ou indicateur de maturité sexuelle (p. 132).

 

Mais surtout, les nouveaux programmes font dépendre l’activité sexuelle de l’activation du « système de récompense » présent dans le cortex cérébral des primates hominoïdes (chimpanzé, bonobo, homme). Contrairement aux autres mammifères (mouton, rat,…) dont le comportement sexuel est contrôlé essentiellement par les hormones, la sexualité humaine est la résultante d’un circuit de récompense commandé par des aires cérébrales selon le schéma suivant : désir – action – satisfaction.

 

L’évolution chez l’animal a abouti à une diminution de la dépendance hormonale au profit d’un contrôle cérébral devenu prépondérant chez l’homme. Pour Nathan, « le système de récompense fournit la motivation à notre comportement dans l’attente d’une gratification. Le comportement sexuel est ainsi guidé par la recherche du plaisir attendu » (p. 195). Son collègue Belin cite les propos d’un chercheur en neurosciences et sexologie : « Au cours de l’évolution, l’influence des hormones et des phéromones diminue tandis que l’influence de la cognition et du système de récompense cérébral augmente. Libérées des contraintes hormonales, les activités sexuelles peuvent exister dans de nombreuses situations qui n’ont plus aucun rapport avec la reproduction. Les récompenses cérébrales, perçues comme sensations érotiques intenses, deviendraient le principal facteur à l’origine des activités sexuelles » (p. 137). Pour ce chercheur, le système de récompense présent dans notre cerveau permet un comportement érotique essentiellement fondé sur « la maximalisation du plaisir ».

 

Dissocier sexualité et procréation

 

Ce modèle d’explication induit deux conséquences majeures sur le plan anthropologique.

 

Premièrement, le cortex cérébral étant le support des fonctions cognitives de l’être humain (Nathan, p. 197), elles-mêmes modelées par le contexte culturel et éducatif de la société, l’idéologie du gender est « validée » sur le plan scientifique dans un raccourci saisissant. Nous adoptons certains comportements stéréotypés parce que notre cerveau a été stimulé depuis la plus petite enfance par des messages véhiculés par la société. Scientifiquement, l’hétérosexualité n’est pas une réalité fondatrice des relations humaines mais la conséquence de l’imprégnation du milieu social sur la composante cognitive de notre cortex.

 

Les primates hominoïdes et singulièrement l’homme ayant dissocié leur comportement sexuel de la fonction de reproduction, la « maitrise technique de la procréation » est en quelque sorte un « produit culturel » qui s’inscrit nécessairement dans le cadre explicatif de la théorie de l’évolution. La procréation doit être radicalement désolidarisée de la sexualité. Les droits à la contraception, à l’avortement et à la procréation artificielle sont bien les nouveaux impératifs catégoriques de la (r)évolution culturelle en cours, ceux qui permettront aux individus d’exercer un pouvoir effectif sur leurs corps sans lequel il n’y a pas de remise en cause possible des « valeurs traditionnelles ». N’est-ce pas les « féministes du gender » qui ont forgé dans les années 90 le concept de « santé reproductive » ? Aussi les trois manuels que nous avons pu étudier insistent-ils tous sur l’IVG médicamenteuse et la contraception d’urgence –  dont la nouvelle pilule du lendemain EllaOne occupe déjà une place de choix –, qui sont autant de moyens de contrôler chimiquement la fonction de reproduction (cf. Nathan, p. 178). 

 

On l’a compris, le gender est particulièrement difficile à contrer intellectuellement. Vous aurez beau accumuler des arguments fondés sur la nature et la raison, vos adversaires vous rétorqueront qu’ils ne sont que la résultante de facteurs culturels, et qu’ils vous semblent d’autant plus évidents qu’ils ont une position hégémonique dans la société.

 

Le langage de l’amour vrai

 

Experte en humanité, l’Eglise a pris la mesure depuis la Conférence de Pékin de la désintégration de l’ordre éthique et politique véhiculé par cette doctrine. Dans un document remarquable signé par celui qui n’était encore que le cardinal Ratzinger, elle nous rappelle que « le masculin et le féminin se révèlent comme faisant ontologiquement partie de la création (4)", qu’il existe des « valeurs masculines » et un « génie féminin » sur lesquels s’appuyer pour bâtir la civilisation de l’amour.

 

Au cours de sa magnifique allocution du 13 mai devant les membres de l’Institut Jean-Paul II pour les études sur le mariage et la famille, Benoît XVI a proposé de « conjuguer la théologie du corps avec celle de l’amour » pour redécouvrir la beauté, la bonté et la vérité de la sexualité conjugale. Le Pape a en effet rappelé qu’il y a dans le corps de l’homme et de la femme « un langage qu'ils n'ont pas créé, un eros enraciné dans leur nature, qui les invite à se recevoir mutuellement par le Créateur, pour pouvoir ainsi se donner. (…). La véritable fascination de la sexualité naît de la grandeur de cet horizon qui s'ouvre : la beauté intégrale, l'univers de l'autre personne et du « nous » qui naît dans l'union, la promesse de communion qui se cache, la fécondité nouvelle, le chemin que l'amour ouvre vers Dieu, source de l'amour. L'union en une seule chair se fait alors union de toute la vie, jusqu’à ce que l'homme et la femme deviennent également un seul esprit (…). Dans cette lumière, la vertu de la chasteté reçoit un nouveau sens. Ce n'est pas un « non » aux plaisirs et à la joie de la vie, mais le grand « oui » à l'amour comme communication profonde entre les personnes, qui exige temps et respect, comme chemin parcouru ensemble vers la plénitude et comme amour qui devient capable d'engendrer la vie et d'accueillir généreusement la vie nouvelle naissante ». Un discours à dix mille lieues de l’idéologie du gender, mais surtout capable de reproposer de manière convaincante aux jeunes qui nous sont confiés le dessein originel de Dieu et la vocation à laquelle ils sont appelés à répondre pour réaliser leur vraie nature d’homme ou de femme.

 

Vers une objection de conscience ?

 

Les promoteurs du gender n’ont jamais caché vouloir faire de la subversion de l’éducation un axe essentiel de leur combat. Rien de tel pour formater les consciences des jeunes de tout un pays que de contrôler les programmes et les manuels scolaires. L’importance des changements opérés dans les classes de 1ère est telle qu’on peut parler sans exagérer d’une « zapatérisation » des programmes de l’Education nationale. Or, si l’on regarde de l’autre côté des Pyrénées, on s’aperçoit que des dizaines de milliers de familles catholiques avec le soutien appuyé de la Conférence épiscopale espagnole et le concours de juristes compétents se sont d’ores et déjà organisées pour contester les cours obligatoires sur le gender du gouvernement Zapatero, voire retirer leurs enfants en posant un acte d’objection de conscience. Allons-nous devoir en arriver là en France ?

 

                                                                                                                               
             Pierre-Olivier Arduin (juin-juillet 2011)

 

(1) Gender, danger“, par Marie-Pascale Ollivier, dans „Eurbag Magazine“ (www.eurbag.eu), n° 29/2ème trimestre 2011, rubrique „Nouveaux risques“. Cette journaliste écrit notamment : « Présenté dans un vocabulaire abscons, vous croyez qu’avec Gender il s’agit simplement de défendre l’égalité hommes-femmes. Le Ministère et son réseau en rajoutent une couche en aidant les pays pauvres parce que « la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes est une condition préalable au développement durable ». Tu parles Charles ! A l’arrivée, c’est un lobbying de fou pour déconstruire le couple, la famille et la reproduction. La famille devient polymorphe (bi, pluri, homo, monoparentalité…), la filiation se décline : biologique, intentionnelle, juridique, sociale. Enfin, la reproduction doit évoluer et favoriser les techniques permettant une reproduction asexuée (adoption monoparentale, mères porteuses, utérus artificiel…) ».

(2) Judith Butler, Trouble dans le genre. Pour un féminisme de la subversion, La Découverte, Paris, 2005. Cf. aussi du même auteur, Défaire le genre, Editions Amsterdam, Paris, 2006.

(3) Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde, 31 mai 2004.

(4) Congrégation pour la doctrine de la foi, Lettre aux évêques de l’Eglise catholique sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde, 31 mai 2004. Citons également le discours de Benoît XVI aux participants du congrès international « Femme et homme, l’humanum dans son intégralité », 9 février 2008.

 

 

▪ Le mariage gay reste interdit en France

 Une déclaration de la députée UMP Brigitte Barèges, avait provoqué un tollé devant la commission des lois de l’Assemblée Nationale. Cette députée maire de Montauban (Tarn-et-Garonne) avait dit : « Et pourquoi pas des unions avec des animaux ? Ou la polygamie ? ». La Commission examinait une proposition de loi socialiste pour « ouvrir le mariage aux couples de même sexe ». La députée s’est excusée ensuite et déclaré que l’on « ne pouvait pas la suspecter d’être homophobe ». Probablement a-t-elle été menacée d’un procès et de prison par le puissant lobby des homosexuels. Il est vrai que la première partie de son propos était vraiment diffamatoire. La seconde l’était moins. Il y a fort à parier qu’au train où vont les choses, la polygamie sera autorisée en France et en Europe d’ici une dizaine d’années.

Toujours est-il que l’UMP a pour cette fois tenu bon. Lors du vote à l’Assemblée Nationale le 14 juin, la proposition de loi socialiste a été rejetée par 293 vois contre 222. Mais on peut tabler sur un ralliement de la majorité actuelle à cette loi d’ici peu d’années, de la même manière qu’elle s’était ralliée au PACS qui a été voté. Visiblement, le PACS n’était qu’une étape vers le mariage. Pour Christophe Girard, maire-adjoint de Paris, chargé des questions culturelles, la lutte pour le mariage gay est comme la lutte contre la peine de mort à l’époque de François Mitterrand. On peut juger cette comparaison choquante, au moins aussi choquante que la réflexion de Mme Barèges, car ce n’est pas la mort si les couples homosexuels doivent se contenter du PACS.

Le Conseil constitutionnel a statué au début de l’année pour le maintien des articles 75 e 144 du Code civil qui excluent le mariage entre personnes du même sexe et des groupements catholiques notamment estiment qu’il faudrait inscrire dans la constitution que le mariage est réservé à un homme avec une femme. La France n’est pas obligée d’imiter l’Amérique du président Obama qui a déclaré que la loi votée sous Bill Clinton en 1996 n’accordant le mariage qu’à des « personnes de sexe opposé » était « inconstitutionnelle ». Il ne semble pas toutefois que ce soit lui qui ait envoyé Lady Gaga en émissaire pour dire que la France devait accepter le mariage des homosexuels. Ce n’était que l’opinion personnelle de cette artiste. Mais les gays ne pouvaient trouver meilleure avocate de leur cause…

 

▪ Le signe de la croix

AN, le Dieu créateur des Sumériens, le plus ancien peuple connu, avait une croix étoilée pour emblème. La croix ansée des Egyptiens était aussi leur symbole de Vie. Suivant Soustelle, Quetzalcóatl, le Dieu Sauveur des anciens Mexicains, les Nahuatl, apparut, porteur d’une croix, et les Codex Mayas, ont montré que la croix de ce peuple portait à chaque branche un arbre de vie. Mais c’est bien sûr avec le Christianisme que la croix devait s’affirmer universelle, comme étant le signe du « Plus » que l’homme devait acquérir à la suite du Dieu Crucifié. Placée au croisement des routes, elle rappelait à l’homme le sens de son cheminement terrestre et de ses épreuves.
En France, les progrès de l’indifférence religieuse, ces dernières années laissèrent tomber de vétusté bien des calvaires. Mais peu furent l’objet de destructions volontaires. Avec l’Islamisme, nous sommes actuellement entrés dans une autre époque. C’est ainsi que l’association Maghrébine « Paris-Beurs-Cité » vient d’adresser à la mairie de Paris une demande, afin que soient supprimées des devantures pharmaceutiques, les enseignes traditionnelles en forme de croix.
Le motif en est, je cite, que « ce symbole religieux ostentatoire, vestige d’une époque révolue, » serait « susceptible de heurter la susceptibilité des croyants non chrétiens, mais aussi des personnes non, ou antireligieuses » et « contreviennent gravement au principe républicain de laïcité. Alors que la crise économique accroît les risques d’affrontement intercommunautaires, une enseigne à forte connotation religieuse, pourrait être ressentie par certains, comme une forme de discrimination, voire comme une provocation » !
Ce qui est curieux, c’est qu’en même temps, une commune béarnaise ayant abattu la croix centrale du village, se refuse à la restaurer avec les mêmes arguments : Suivant la municipalité, la croix serait une provocation pour les croyants d’autres religions et les non croyants ! Bref, Islamisme et Laïcisme, même combat contre les Chrétiens ! Bien entendu, on ne les tue pas encore comme à Bagdad, ou comme sous Robespierre.
A Paris, la chargée municipale des cultes, a répondu aux Islamistes que leur demande serait examinée avec la plus grande attention, et que le maire était « pleinement conscient du caractère néfaste de certains anachronismes » !
Ce n’est qu’un début, car rien n’est plus anachronique aujourd’hui qu’un clocher. Quand à l’arithmétique, il est évident que le signe « Plus » en forme de croix est en soi une provocation !
Mais c’est déjà vrai qu’en France, grâce à l’efficacité de nos élus, en ce qui concerne nos revenus et nos libertés, c’est le signe « Moins » qui prévaut...
                                                                                  Alexis Arette

 

▪ Les clivages parmi les chrétiens catholiques

Le magazine de gauche Marianne qu’on ne peut taxer de complaisances envers l’Eglise catholique, a publié dans ses éditions de septembre 2010 une étude sur l’évolution sociopolitique des catholiques français. Comme on le sait, le discours sécuritaire prononcé par Nicolas Sarkozy à Grenoble avait par sa fermeté provoqué les protestations des catholiques de gauche. Le principal porte-parole de cette fronde anti-Sarkozy était un enseignant quadragénaire, dénommé Eric, militant du Réseau éducation sans frontières (RESF) qui héberge chez lui des sans – papiers pour les soustraire aux poursuites administratives. Il dénonçait une « stigmatisation des étrangers ».

Mais en réalité, selon un sondage Ifop réalisé en 2009, ces catholiques de gauche qui donnent de la voix ne représentent qu’une cinquième des chrétiens fidèles à Rome. Majoritairement de droite, les catholiques ont voté à 39% pour Nicolas Sarkozy et parmi eux beaucoup le soutiennent encore. Le chef de l’Etat ne s’est pas rendu en 2010 sans raisons à Rome où il a rencontré le Souverain Pontife pour la deuxième fois pendant son mandat. Et Marianne de citer une mère au foyer catholique qui déclare : « Il n’y da déjà pas assez de boulot pour les Français, alors on ne peut pas continuer à laisser entrer tout le monde ». Cette personne se dit « préoccupée par les musulmans et leur manque de respect pour les traditions françaises ».

L’autre grande ligne de fracture qui divise le peuple catholique s’exprime sur la morale sexuelle, poursuit notre confrère. Ici, le clivage droite gauche a explosé. Hostiles à une immigration débridée, nombre de catholiques de droite acceptent la sexualité avant le mariage pour leurs enfants et les autorisent à avoir recours aux moyens anticonceptionnels « pour ne pas gâcher leur jeunesse ». Certains catholiques de gauche, en revanche, n’admettent pas qu’on « déconnecte le sexe de la procréation ». Pour eux « l’acte d’amour a d’abord pour but de donner la vie ». Ils sont aussi hostiles à la multiplication des rapports sexuels fréquente chez els jeunes de notre temps. D’aucuns estiment que l’avortement est opportun quand la mère n’a pas les moyens d’élever l’enfant, d’autres déplorent la « banalisation » de l’avortement et ne veulent pas qu’il soit autorisé même en cas de viol (« Pourquoi le petit devrait-il payer pour le crime du père ? »).

Le célibat des prêtres déclenche aussi des querelles. Cette controverse ancienne est revenue sur l’avant-scène à la faveur des affaires de pédophilie et ne se résume pas à un affrontement générationnel opposant traditionalistes à libéraux, anciens à modernes. Nombre de catholiques estiment que les prêtres devraient avoir el choix : « Que ceux qui se sentent capables d’assumer le célibat le fassent, mais qu’on ne prive pas les autres de ce qu’il y a de plus beau dans la vie : l’amour entre un homme et une femme ». Ce débat sur le célibat des prêtres illustrerait un autre clivage qui oppose les villes aux campagnes. Et de citer Asson, petit village des Pyrénées atlantiques, qui s’est mobilisé pour défendre son curé menacé de révocation pour avoir vécu avec une femme. Les paroissiens le savaient depuis 23 ans. Défroqué le 23 avril 2007, Léon Laclau, s’est marié l’année suivant à la mairie devant ses ex-ouailles, ravies mais déçues d’avoir perdu un  aussi « bon prêtre ».

Nombre de catholiques estiment que le pape apporte des repères indispensables dans une société déboussolée en étant intraitables sur l’avortement et la contraception. Mais d’autres critiquent le refus du divorce par l’église et le refus de donner la communion aux divorcés, interdit que ceux-ci d’ailleurs ne respectent pas. Mais les catholiques sont unis que le fait qu’ils seraient mal considérés dans la société contemporaine, surtout depuis el scandale des prêtres pédophiles. Nombre d’entre eux se défendent en soulignant que les médias font deux poids deux mesures et tapent sur les prêtres en fermant les yeux sur les errements des membres de l’Education nationale. Beaucoup ne se reconnaissent pas dans la façon dont les médias parlent de l’église catholique. Celle-ci subit un déficit d’image tandis que les médias sont plus bienveillants à l’égard des autres religions, notamment face au bouddhisme, attirés par son exotisme, en ignorant ses mauvais côtés, et naturellement aussi par lâcheté face à l’islam.

Côme, un étudiant qui a fondé l’Observatoire de la christianophobie, recense les actes anti-catho : « Quatre-vingt seize pour cent des profanations, dit-il, concernent des tombes catholiques. Pourtant on en parle beaucoup moins que des 4% des tombes juives ou musulmanes. Et quand les médias daignent en rendre compte, ils évacuent tout de suite la dimension anticatho et font comme si c'étaient des actes de simple délinquante commis par des ados. Quand il s’agit de tombe juives ou musulmanes on crie tout de suite à l’antisémitisme ou à l’islamophobie ». De ce fait, beaucoup de catholiques se considèrent dans la société actuelle comme des anti-conformistes, les derniers vrais rebelles, résistants conter les dérives de la société moderne.

 

Nous sommes tous des chrétiens d’Orient

Au milieu de l’ambiance méthode Coué du début d’une année et des vœux qui l’accompagnent, je crains de ne pas être d’humeur primesautière et d’être même carrément de mauvais poil. Et pas seulement d’ailleurs, car ma mauvaise humeur s’accompagne d’inquiétude et de peur. Sommes-nous à ce point parvenus à une inconscience et un aveuglement généralisés pour ne pas réaliser que le Moyen-Orient, c’est tout proche et que ce qu’il se passe là-bas devrait nous parvenir d’ici quelques temps ? Je cherche en vain quelqu’un qui m’expliquerait que la période est grave et qu’il serait temps de savoir qui nous sommes, nous Français, pour savoir ce qu’on peut accepter et ce qu’on doit refuser sur notre sol. L’Egypte va-t-elle se retrouver en état de guerre civile ? C’est possible, tant les islamistes créent des tensions insoutenable afin de pousser la communauté chrétienne à se défendre et qui se défend finit par le faire avec des armes. On m’objectera que nous, chrétiens, nous n’avons qu’à tendre l’autre joue. Or, Jésus s’est beaucoup mis en colère, entre autres contre les marchands du temple. Je suis écœurée par une idéologie dominante guimauve qui, sous prétexte de laïcité et de tolérance, finit par admettre n’importe quoi et veut croire que « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil ». Non, il existe de vrais méchants qui, même s’ils sont une infime minorité, souhaitent détruire l’Occident et ses valeurs et on leur ouvre une autoroute. Je réalise soudain l’énorme et coupable erreur que fut le refus de ne pas faire mention, dans la Constitution Européenne, de l’héritage chrétien de l’Europe. Cela n’a rien à voir avec le fait de pratiquer ou non une religion mais reconnait notre appartenance à une civilisation et à une société pétries de valeurs d’origine chrétiennes. D’autant que ce n’est pas parce qu’on affirme des valeurs que l’on refuse celles des autres. Mais comment se faire respecter si on  n’existe plus? Pratiquants ou non, gardons à l’esprit que sans liberté religieuse, il n’y a pas de liberté tout court, pour personne. 

                                                                                                                                    Marie-Pascale Ollivier

 

▪ Toute vérité est-elle démontrable ?

A première vue, la réponse est oui, parce que si une chose est admise comme étant une vérité, elle doit être convaincante, donc démontrable. Si une chose n’est pas démontrable, ce n’est pas une vérité, mais une croyance ou une conviction.

Ce qui est démontrable, la vérité, doit pouvoir se situer en dehors de l’homme qui l’admet comme étant une vérité, sinon ce serait une intime conviction, une idée attachée à sa personnalité, à son imagination, à ses sentiments. La vérité est objective, la conviction est subjective.

Pourquoi ? Parce qu’une vérité démontrable – et être démontrable est la caractéristique de la vérité – doit pouvoir s’imposer à tous les gens doués de raison, à la différence de la conviction qui peut différer de personne à personne, de groupe à groupe.

Cela suppose évidemment que « la raison soit la chose au monde la plus répandue », selon le mot de Descartes. L’auteur du « Discours de la méthode » est allé si loin qu’il a pensé pouvoir démontrer par la raison l’existence de Dieu comme la suprême vérité, un Dieu qui s’imposerait donc à tous les hommes puisque ceux-ci sont, selon lui, doués de raison. Dieu a donné aux hommes « le pouvoir de discerner le vrai du faux », écrit-il, et si l’homme se trompe, c’est qu’il n’est pas parfait comme Dieu, il est sujet à l’erreur, mais en fin de compte, il doit voir cette vérité universelle et démontrable.

Seulement, nous avons vu par ailleurs, d’une part, que tous les hommes ne sont pas raisonnables et ne peuvent donc tous être convaincus par des arguments logiques ou des preuves matérielles. De ce fait, vérité et conviction interfèrent, se superposent. Ce qui a fait dire à Pascal, au XVIIème siècle encore, « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà ». Chaque peuple aurait alors sa vérité, les Français au Nord, les Espagnols au Sud de ces montagnes. La vérité serait peut-être dépendante de la culture nationale et non pas de démonstrations logiques et pertinentes. Pour Gottfried Wilhelm Leibniz qui a vécu à l’intersection du XVIIème et du XVIIIème siècle, il y a deux sortes de vérités : les « vérités de raison » et le « vérités de fait ». Les premières qu’il dit « nécessaires » (nous dirions incontournables) sont celles de la logique, de l’arithmétique et de la géométrie. Elles ont leur fondement dans le principe de contradiction : si l’on peut démontrer que le contraire est impossible, ce sont des vérités éternelles qui vont jusqu’à Dieu. Les secondes qu’il dit « contingentes » (nous dirions soumises à des conditions) sont indémontrables par la logique pure, mais elle relèvent des faits naturels. On les connaît par l’expérience. On sait que dans la nature « rien n’arrive sans qu’il n’y ait une raison déterminante », donc de cause à effet. On pourrait dire que Leibniz distingue déjà l’abstraction de l’empirisme, le raisonnement pur du pragmatisme.

Pour un esprit pragmatique, par ailleurs, une autre critique s’impose. Qu’est-ce que la vérité ? En quoi peut-on distinguer la vérité de la réalité ? On emploie souvent dans le langage courant le mot vérité au sens de conviction. Ce que les sciences de la nature nous démontrent, c’est la réalité des faits et leur cohérence, quelle cause produit quel effet, quel symptôme indique quelle maladie, ou pourquoi les astres et leurs satellites gravitent sans se heurter en obéissant à la gravité. Dire le contraire serait nier la réalité. Ou bien dans les médias : les journalistes doivent rendre compte de la réalité à leurs lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs. Ils décrivent les agissements des uns et des autres, ce qui s’est passé. Cette vérité là qui est plutôt de la réalité, c’est le pragmatisme.

Pour Platon ou Descartes, les idées correspondent encore à des réalités. Ainsi Descartes nous dira que l’idée de Dieu suppose la réalité de Dieu. Pour les pragmatiques, les idées sont vraies si elles ont des conséquences. Pour le créateur du pragmatisme Charles Pierce on ne connaît la réalité que par l’action et pas par la pensée. Mais revenons aux téléspectateurs qui voient le film de l’action du jour au Journal télévisé. Ils peuvent alors d’en faire une idée, une opinion, porter même un jugement de valeur morale qui sera leur vérité. La vérité est peut-être quelque chose de plus, un degré plus élevé dans la hiérarchie que la réalité, chose que les pragmatiques et empiristes n’admettraient peut-être pas. Il y a toujours quelque chose de solennel qui s’attache au terme « vérité ». Elle possède une qualité morale, voire métaphysique.

Ainsi, un témoin jure devant le tribunal de « dire la vérité, toute la vérité ». Dans ce cas, on entre dans la morale, car le témoin jure de ne pas mentir, c'est-à-dire de ne pas faire des déclarations contraires à ce qu’il sait ou servant à masquer les faits. S’il y a eu une enquête policière ayant pou but de « faire la vérité »,  ou s’il a assisté à un crime ou un délit qu’il doit relater en détails, la vérité coïncidera ici avec la réalité. La démonstration ici ne servira pas à démontrer que la vérité est vraie ou réelle, mais à démontrer la culpabilité de l’inculpé ou au contraire à l’innocenter. Quand on relate la réalité des faits devant un tribunal, cette réalité devient la vérité. La vérité c’est parler vrai. Il n’y a de vérité que dans le discours, la parole. La réalité en revanche existe même si on n’en parle pas.

Nous arrivons donc à un point où nous disons que la vérité n’est pas seulement démontrable puisqu’elle est du domaine de la parole. Elle peut être révélée. Pour les religions révélées, christianisme, islam, judaïsme, Dieu ou son représentant, son fils ou un prophète, son émanation en tout cas a dit : « Voilà ce que je suis, crois en moi, car je suis la vérité ». Pour les religions, en un certain sens, cette vérité est d’autant plus vraie qu’elle n’est pas démontrable. Dieu étant supérieur à l’homme et très différent de lui puisqu’il est parfait, sa vérité échappe à l’entendement humain et doit lui échapper. Nous sommes dans le domaine de la foi. A cela près que les Evangiles sont remplies de démonstrations et de paraboles par lesquelles le Christ explique aux hommes, leur fait entendre la Vérité de son Père éternel. Mais on peut dire quand même que la vérité religieuse ne serait pas crédible si elle pouvait être démontrée par la logique humaine. D’ailleurs tout ce que dit le Christ est assez paradoxal.

L’époque est révolue au cours de laquelle les théologiens du Moyen Âge démontraient par le raisonnement logique l’existence de Dieu.  Le théologien Saint Anselme de Cantorbery qui vécut au XIème siècle est considéré comme le premier à avoir formulé une preuve logique de l’existence de Dieu. Il « donne un intellect à la foi », comme il l’a écrit. Son idée est que tout ce qui peut se penser doit être aussi dans la réalité, y compris ce qu’il y a de plus grand, c'est-à-dire Dieu. On peut répliquer que l’homme peut imaginer n’importe quoi et que ce n’est pas automatiquement une réalité. Mais ce saint homme peut quand même convaincre parce que l’homme est une partie du monde et qu’il ne peut pas imaginer des choses qui ne soient pas de ce monde.

On pourrait dire que l’un des derniers à avoir tenté de démontrer par la logique, par la raison l’existence de Dieu et donc d’en faire une vérité qui ne soit pas seulement une foi, une conviction ou croyance, a été Descartes au XVIIème siècle. Il dit qu’il trouve en lui l’idée d’un être infiniment parfait de la même manière qu’il pourra trouver dans sa tête une figure ou un nombre. S’agit-il d’une « essence » distincte des choses réelles ou cette idée abstraite de Dieu suppose-t-elle son existence ? Si l’on sépare comme il le fait l’essence et l’existence, on peut dire que « Dieu n’existe pas actuellement ». C’est une façon de voir les choses. Mais l’essence ne peut se concevoir sans l’existence. Par exemple, je conçois « un triangle rectiligne » et je puis le dessiner, il existe vraiment. Je vois une montagne avec une vallée. L’essence de la montagne ne peut se concevoir sans la vallée à côté. Donc tout ce qui nous apparaît comme essence doit avoir quelque part à quelque moment une existence. D’autant qu’on ne peut concevoir quelque chose d’absurde comme un cheval ailé par exemple qui ne correspondrait ni à l’essence ni à l’existence du cheval.  Donc l’essence de Dieu qui apparait dans mon esprit correspond au Dieu existant. Pour Descartes, c’est l’idée d’infiniment grand et de parfait qui le caractérise. Descartes est mort en 1650. Ses réflexions métaphysiques datent de 1641.

Immanuel Kant est né en 1724, et sa Critique de la raison pure est écrite en 1787. C’est donc une autre époque, un siècle le sépare de Descartes. Celui-ci est un lointain précurseur des Lumières parce qu’il a établi le primat de la Raison, mais il n’en fait pas encore partie. Il n’a pas encore leur liberté de tout remettre en question.  Kant estime qu’en disant par exemple « Dieu est tout-puissant » ou « Dieu est existant », on ne démontre rien. Ce sont deux choses juxtaposées, Dieu d’une part, la toute-puissance ou l’existence de l’autre, et le verbe « est » est ici une affirmation gratuite. On écrit « est » mais c’est comme si on disait « et ». Dieu « et » l’existence. On peut concevoir une chose défectueuse au départ ou un Dieu parfait d’emblée, mais ce la ne veut pas dire que cette chose existe ou que ce Dieu existe. C’est une « simple possibilité », mais non pas une vérité démontrée et encore moins une réalité, explique-t-il dans sa « Critique de la raison pure » (parue en 1787). Ce n’est pas comme si je disais « la craie est blanche » ou « la lampe éclaire », car là, diraitt Kant, le concept de craie et de blancheur et celui de lampe et d’éclairage sont « un », une seule et même chose. Là, la vérité a sa place dans l’énoncé de l’observation. « Es ist richtig ». « C’est exact ». « Aber ist es wahr ? », « Mais est-ce vrai ? ». Martin Heidegger nous dira bien plus tard, au XXème siècle, que pour être vraie, il faut pouvoir prouver que cette chose exacte a « son lieu », « sa place » dans l’être humain. L’homme doit donc accepter que la craie soit blanche, que cela ait un sens pour lui.

Kant nous  dit qu’on ne peut pas affirmer l’existence de Dieu par un lien logique, comme le verbe « être ». Mais il ne va pas jusqu’à l’athéisme, la négation de la foi. Ce serait trop dangereux et inconcevable à son époque. La « mort de Dieu » n’interviendra qu’un siècle plus tard surtout chez Karl Marx et Friedrich Nietzsche. Alors que Marx attaque surtout la religion et l’église et écrit en 1844 dans sa critique de Hegel que l’homme fuit dans la religion une réalité sociale injuste qui le fait souffrir, mais sans se soucier de savoir si Dieu existe ou non, Nietzsche va plus loin encore en 882. Pour lui, l’époque est révolue où l’on croyait en Dieu, où tout s’expliquait par la foi et la religion. Il dit « Dieu est mort ». C’est naturellement un jeu de mots parce que Dieu ne peut pas mourir étant donné qu’il n’a pas d’existence terrestre et que la mort est une chose humaine. Mais il veut dire par là que la civilisation future évoluera en toute liberté sans avoir recours à Dieu. Nietzsche était fils de pasteur et toute sa jeunesse avait été imprégnée sans doute de religion. D’où sa révolte contre l’idée de Dieu. Vivre sans Dieu, c’est pour lui la liberté. Tout le monde n’est certainement pas d’accord. Car il reste en fin de compte la « vérité-foi » et la « vérité-réalité ».

 

▪ L’âge du Mal

L’hypothèse du XVIIIème siècle, à savoir que l’homme est naturellement bon et que la civilisation, la technique, mais aussi l’Eglise et l’Etat l’ont perverti, idée du Rousseauisme notamment qui survit aujourd’hui dans la philosophie des Verts, n’est vraiment plus d’actualité. On avait déjà vu en 1793 à quoi pouvait mener chez leurs disciples révolutionnaires l’admiration des philosophes. Mais après le XXème siècle, il est moins possible encore de croire à la bonté naturelle, au Bien absolu sur Terre parmi les Humains. Avec Hitler et Staline, la prédiction de Nietzsche sur la mort de Dieu et donc sur la fin de la morale s’est réalisée. Une résistante allemande à Hitler dont l’époux, le pasteur Klaus Bonhoeffer, fut exécuté par les nazis, relatait une conversation qu’elle avait eue dans les années 1960 avec un ancien détenu polonais d’Auschwitz venu témoigner devant un tribunal allemand contre ses anciens tortionnaires. Ils regardaient ensemble des enfants jouer dans un bac à sable quand le Polonais lui dit :

-Quand j’ai vu qu’ils liquidaient les enfants à Auschwitz avec des injections, je n’ai plus pu croire en Dieu.

-Je peux le comprendre, répondit Mme Bonhoeffer, mais quand le juge vous a demandé si vous vouliez jurer selon la formule laïque ou religieuse, vous avez répondu « religieuse ».

- Oui, dit l’homme. Pour des choses aussi importantes, je veux encore parler de Dieu. Il n’y a pas de Dieu. Mais « pas de Dieu » n’existe pas non plus.

Le président Sarkozy avait déclaré un jour que le XXème siècle s’est caractérisé par l’absence de Dieu. Qu’Il se soit absenté ne voulait pas dire qu’Il n’existait pas. Mais on peut comprendre qu’à certains moments, il ait eu envie de détourner les yeux des hommes, si du moins il observe tous leurs actes.

A la question « Dieu est-il mort à Auschwitz ? », le journaliste écrivain franco-allemand Peter Scholl-Latour répondit : « Non mais le diable s’y est montré, le sheitan, celui que les Arabes chassent trois fois par jour à coups de cailloux ». A Auschwitz, les détenus n’avaient pas de pierres pour chasser le Malin. Mais Klaus von Stauffenberg, dans l’armée, en avait une, et il la lui a lancée. Cette pierre pèsera lourd dans l’Histoire.

Les jeunes de la « Rose Blanche » autour de Sophie Scholl et les opposants chrétiens au nazisme dont beaucoup ont donné leur vie, avaient saisi le caractère démoniaque de celui qui se faisait appeler « Führer ». Avant d’être condamné à mort et exécuté, l’un des conjurés, le conseiller d’ambassade Hans-Bernd von Haeften, parvint à jeter, entre deux rugissements du président du tribunal, Freisler, qu’il considérait Hitler comme « l’artisan du mal ». L’action des conjurés antihitlériens était une mission religieuse. L’écrivain américain Norma Miler déclarait en juillet 2007, avant sa mort : « Hitler fur la réponse du diable à la naissance de Jésus ». Pour ce grand romancier, Hitler était une créature du démon. On peut en dire autant de Staline, de Pol Pot, de Mao sans doute et de tous ceux qui, importants ou subalternes, furent infectés par le Mal.

Un Mal visible à l’œil nu, mais généralement trop tard pour qu’on puisse le combattre. Ronald Reagan avait qualifié l’Union soviétique d’« Empire du Mal ». En tout cas, l’Empire du Mensonge. (J.-P. P.)

Un drôle de paroissien…

              M Duquesne est un journaliste heureux en ceci qu’on le prend pour un théologien contestataire, et que, comme tout écrit scandaleux, ses livres se vendent bien. C’est ainsi, qu’en contestant la réalité de l’Evangile, en réduisant le rôle de la Vierge Marie, et en niant l’existence du Diable, il s’est fait une renommée de « novateur ». Et l’Eglise qui ne condamne plus personne ne l’a même pas déclaré hérétique...

              Certes, Monseigneur Podvin, porte-parole des évêques de France a traité abruptement  ses écrits de « vieilles fadaises modernistes », mais c’est surtout le théologien Christian Gouyaud qui a démonté le raisonnement de Monsieur Duquesne qui, lorsqu’un passage de l’Ecriture contredit ce qu’il pense, suppose que le passage a été « ajouté », et qui, lorsque les faits paraissent irréfutables, assure que ce sont en fait des symboles qu’il faut interpréter, et que lui en possède les clés. Cela lui permet d’assurer après quelques contorsions, que le Diable n’existe pas.

              Ainsi Duquesne aurait raison contre la tradition universelle. Les plus vieux textes connus sont ceux de Sumer, et il est déjà fait mention des lieux infernaux et de ses horribles créatures. Chez les Babyloniens, Nergal sera le Dieu de la guerre et des enfers. Avant que la Bible Hébraïque ose en faire mention, la Bible Cananéenne, exhumée a Ras-Shamra retrace le combat féroce du Dieu B’Al, révolté contre son Père, El. Dans les écrits Egyptiens, c’est le Dieu mauvais Seth qui tue le Dieu bon, Osiris, que son fils vengera. Chez les Iraniens,  le texte est très semblable à celui de la « Genèse », à ceci près que ce n’est pas un « serpent » qui tente nos premiers parent, mais l’Esprit mauvais nommé Angra-Mainyu, et plus tard Ahriman. Pluton est le Dieu romain des enfers, il correspond à Hadès chez les Grecs. Chez les musulmans,  Satan prend le nom d’Iblis, et chez les Germano-Scandinaves celui de Loki.

              Mais admirez la façon dont Duquesne argumente sur l’inexistence du « Mauvais ». Il dit que si la croyance en Satan a rendu quelques services, il est possible d’y renoncer sans de réels dommages ! Bref, en supprimant le mauvais on supprime les maux.

              Duquesne ne voit-il donc pas qu’en soutenant cela, il inverse les rôles ? Jusqu’ici le Mal était tenu comme l’effet du Mauvais. Mais si le mal existe sans qu’existe le mauvais qui donc est l’auteur du Mal ? L’homme ? Dieu ?

               Le Christ a bien dit : « Je voyais Satan tomber comme l’éclair... ! ». La foi, c’est de croire à la parole du Christ. Monsieur Duquesne n’y croit pas... Il fait donc le jeu du « Malin » dont on a dit que la plus grande perversité consiste à faire croire qu’il n’existe pas. Autrefois, on appelait ce genre de paroissien, « un possédé ! »

                                                                                       Alexis Arette

 

 

 

▪ La princesse d´Arabie saoudite : les chiites ont introduit des coutumes païennes dans l´islam

Dans le contexte des tensions entre l´Arabie saoudite et l´Iran d´une part, entre sunnites et chiites au Moyen-Orient de l´autre, la princesse d´Arabie saoudite Basma bint Saoud bin Abdel-Aziz a écrit un article paru dans le quotidien saoudien Al-Madina, où elle condamne les rites pratiqués par les chiites le jour de l´Ashura, les qualifiant de "païens". Extraits : [1]

"Les rites chiites font partie des rites païens les plus laids et les plus primitifs qui soient"

"Allah, bénis notre maître Mahomet, sa famille et tous ses Compagnons. C´est ce que nous [musulmans récitons] après chaque prière, chaque [citation de la] Sunna, et chaque [exécution] d´un commandement [religieux]. Toutefois, au cours des derniers siècles, des musulmans ont agi année après année en contradiction avec [ces paroles].

Les sunnites marquent la Jour de l´Achoura en jeûnant, conformément aux enseignements de leur Prophète. Ils [marquent] le mois saint [de Muharram] en jeûnant, bénéficiant du mérite et intériorisant la leçon [de ce mois]. En revanche, nos frères de certaines autres communautés islamiques [les chiites, marquent la Journée de l´Achoura en] courant de façon hystérique tout en hurlant et en criant, comme s´ils ne savaient pas qu´Allah [nous] a instruit de parler bas, même en priant...

Nous, musulmans, considérons le martyre d´Hussein [fils d´Ali], puisse-t-il reposer en paix, comme un récit qui contient une leçon pour nous et pour toutes les générations - passées, présentes et futures. Mais son histoire et ses enseignements, et ceux de son grand-père le Prophète [Mahomet] et de toute sa famille, n´ont rien à voir avec les agissements de certains [musulmans] que nous voyons à la télévision, dans la presse et dans des images nauséabondes qui circulent sur Internet, ni avec [le comportement de ces musulmans] le Jour [de l´Ashura], qui est censé être une journée d´humilité, de calme, de réflexion, de jeûne, de devoirs, où l´on retire la leçon de l´injustice et de l´agression subies par [Hussein et sa famille] à la fin de leurs vies...

Ces disciples [chiites] descendent dans la rue par milliers et martyrisent [leur propre chair] avec des chaînes et des bâtons. Ils versent leur propre sang au nom d´[Hussein] – martyr de l´islam, petit-fils du Prophète et maître de la Jeunesse du Paradis - dont l´enseignement ne mentionne pas ces pratiques méprisables d´[auto-]flagellation. [En fait, ces coutumes] font partie des rites païens les plus laids et les plus primitifs que le Prophète ait interdits.

Grâce au bon sens dont Dieu nous a dotés, à notre lecture de la Sunna et de l´histoire de la famille du Prophète, nous savons que ces rites sont des coutumes païennes qui ont été introduites dans l´islam, telle une épée qui divise nos rangs, nos enseignements, notre identité et nos croyances... afin que nous cessions d´être une nation, ce que notre Prophète nous a ordonné d´être, et ne puissions vivre en paix, quand la paix est au cœur de l´islam..."

"Alors même que notre Prophète est maudit et attaqué [par les Occidentaux], [les chiites] sont occupés à se lamenter du sort de son petit-fils"

"Notre penchant naturel ne nous amène-t-il pas à suivre les enseignements du Prophète, du Coran et de la Sunna, [plutôt que] ceux qui ont trahi la foi, divinisé Ali et ses fils et maudit les compagnons du Prophète ?...

Alors même que notre Prophète est maudit et attaqué [par les Occidentaux], et que des films l´insultant sont diffusés, nos frères de certains autres écoles [islamiques, en référence aux chiites] sont occupés à se lamenter du sort de son petit-fils. Ils ont oublié que le Prophète est le centre !

Les dernières volontés d´Hussein étaient que [nous] respections tous les enseignements de son grand-père. Les ennemis de l´islam [en référence aux chiites] ont été semés parmi nous il y a des siècles ; ils ont divisé nos rangs, autorisé ce qui est interdit - et tout cela au nom de la famille du Prophète.

[Le Prophète] Muhammad bin Abdallah et sa famille sont innocents de tout le sang qui a été versé en leur nom, de toutes les innovations interdites qui ont été attribuées à leurs enseignements. N´est-il pas temps de se réveiller et de se repentir ?

Unissons-nous pour défendre notre Prophète face à l´ennemi [non-musulman]. Soutenons-le en paroles, en actions, en pensée et en suivant sa Sunna. Évitons de faire le jeu de ceux qui souhaitent nous diviser et nous affaiblir pour taire notre voix et nous empêcher de nous unir en une force qui tiendra en respect le monde entier, quand nul ne respecte plus notre avis, notre religion et notre Prophète."
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[1] Al-Madina (Arabie saoudite), le 4 janvier 2010 – Source www.memri.org/french. Pour écrire: memri@memrieurope.org.


"Eurbag Magazine" est épris de rationalité. Nous ne sommes pas prophètes. L'avenir ne nous appartient pas. Pourtant nous risquons ici un pari: la mise à jour et la modernisation de l'islam ne viendra pas des Etats et cultures arabes qui s'en sont avérées incapables, ni de la Turquie qui connaît une rechute dans l'ère antérieure à Atatürk, mais de l'Iran. Les jours du régime des mollahs de Téhéran sont désormais comptés. Malgré la répression sanglante, les manifestants sont opiniâtres et font preuve d'une grande maturité politique née de la souffrance. Ils ont connu la dictature islamiste, ils ne sont pas devenus athées, mais démocrates. L'Iran avec son grand passé historique est l'Etat-clé de sa région et sera bientôt une grande démocratie musulmane. L'Iran est la grande chance de l'Europe, il parle une langue européenne, le farsi, et dispose d'une élite intellectuelle jeune, nombreuse et bien formée, avec dans ses rangs beaucoup de jeunes femmes. C'est seulement désolant que l'Europe n'ait pas le droit d'aider les rebelles qui se battent là-bas pour leur liberté.

 

 

Mus´ab Hassan Youssef, fils du chef du Hamas en Cisjordanie : Le Dieu de l´islam souffre d´un dédoublement de personnalité
 

Ci-dessous des extraits d´une interview de Mus´ab Hassan Youssef, fils du cheikh Hassan Youssef, dirigeant du Hamas en Cisjordanie. Mus´ab Hassan Youssef s´est converti au christianisme et a récemment révélé qu´il avait collaboré avec Israël. L´entrevue a été diffusée sur la BBC en arabe le 12 mars 2010.

Mus´ab Hassan Youssef : J´ai dit et je continue à dire que je n´ai pas de problème avec le Hamas ou les musulmans. J´ai un problème avec le Dieu de l´islam et avec le prophète de l´islam. En ce qui concerne... Des conflits continus m´ont poussé à réfléchir à la direction que je voulais donner à ma vie. Bien sûr, les tortures infligées par le Hamas à son peuple en prison, sa bêtise et son inadéquation politique m´ont poussé à prendre la parole. [...]

Interviewer : Vous voulez dire que c´est votre opinion sur ce que vous appelez "l´islam du Hamas" qui vous a amené à collaborer avec les Israéliens?

Mus´ab Hassan Yousuf : Qui a dit il qu´il y a un islam du Hamas et un islam d´Al-Qaïda ?

Interviewer : C´est ce que vous dites, plus ou moins.

Mus´ab Hassan Yousuf : Non, je ne dis pas cela. Ce que je veux dire, c´est que l´islam est l´islam et le Coran est le Coran. Le Coran souffre d´un dédoublement de personnalité, et le Dieu de l´islam souffre d´un dédoublement de personnalité. Tous les musulmans qui suivent le Dieu de l´islam interprètent l´islam comme ils l´entendent, mais cela n´ôte rien au caractère terroriste et meurtrier de l´islam, qui incite, par le Coran, à tuer et se faire exploser. [...]

Interviewer : Où le Coran appelle-t-il au terrorisme?

Mus´ab Hassan Yousuf : Sourate Al-Tawba, versets 5 et 29. Le problème est que les musulmans ne comprennent pas leur propre religion. J´appelle les musulmans à lire leur Coran et à le comprendre avant de dire que l´islam est une religion de paix et de compassion.

Interviewer : Je vous ai demandé...

Mus´ab Hassan Youssef : Le Dieu de l´islam appelle à tuer les non-musulmans. Le Dieu de l´islam appelle à me tuer aujourd´hui.

Interviewer : Mais êtes-vous d´accord pour dire que l´islam reconnaît les autres religions, loue Jésus, reconnaît le judaïsme et ainsi de suite ? L´admettez-vous ou non ?

Mus´ab Hassan Youssef : Il existe plusieurs points de vue non fiables de plusieurs penseurs islamiques, mais leur autorité ne se substitue pas à celle du Dieu de l´islam, qui a dit : ´Tuez les gens du Livre, où que vous les trouvez."

Interviewer : Comment pouvez-vous dire cela ? Le Coran appelle-t-il à tuer les gens du Livre ?

Mus´ab Hassan Youssef : Il dit : "Tuez les polythéistes partout où vous les trouverez." Lisez la sourate.

Interviewer : Mais les gens du Livre ne sont pas des polythéistes ! [...]

Mus´ab Hassan Yousuf : Si vous voulez discuter avec moi –  nous allons discuter. Mahomet, le prophète de l´islam, est-il le modèle suprême des musulmans?

Interviewer : Qu´en pensez-vous?

Mus´ab Hassan Yousuf : Mahomet a-t-il, ou non, tué les Juifs de Khaybar ? Répondez-moi. Pourquoi déformer les faits ? Les musulmans doivent être honnêtes avec eux-mêmes et avec le reste du monde. Mahomet – l´exemple suprême pour les musulmans –  a tué les Juifs de Khaybar, de Qureiza et de Nadhir. Il a tué leurs enfants et capturé leurs femmes. Tel est l´exemple suprême des musulmans.

Interviewer : Donc, votre problème est lié à l´histoire, non au présent.

Mus´ab Hassan Youssef : J´ai un problème avec ce faux prophète, Mahomet, et avec le Dieu de l´islam. [...]

Les musulmans ne sont pas des terroristes par nature. Ils font parmi des meilleures nations du monde, à mon avis. Toutefois, si les musulmans continuent de couvrir les terroristes, à glorifier et honorer les terroristes qui se font exploser, tuant des enfants, ils continueront d´être des complices. Mon père est un complice. [...]

Israël a agi avec violence, a tué des innocents. Il a tué avec ou sans raison, mais des erreurs peuvent survenir. Tous les pays commettent des erreurs, pas seulement Israël. La différence entre Israël et le Hamas...

Interviewer : Quand Israël tue des innocents, c´est une erreur, mais pas quand ce sont les autres qui tuent des innocents ?

Mus´ab Hassan Yousuf : Tuer est une erreur –  indépendamment de l´identité du tueur –  mais le Hamas n´a ni principes, ni lois, ni limites, tandis que Israël est soumis à la loi et à la constitution. S´il un Israélien se montre raciste, il sera jugé. Donnez-moi un exemple d´un responsable du Hamas qui a été poursuivi. [...]

À mon avis, si l´islam était correctement appliqué, cela signifierait la destruction du monde arabe et musulman, en entier, parce que chaque musulman deviendrait un Ben Laden. [...]

Les chrétiens ont été persécutés pendant quatorze siècles – non par les musulmans, mais par le Dieu de l´islam. Cette persécution a débuté dans le Coran avec le comportement du prophète de l´islam.

                                                                      (Memri – Middle East Media research Institute, Dépêche n° 154)

 

 

Le prédicateur saoudien Mohammed Musa Al-Charif justifie le mariage de fillettes en Arabie saoudite

Ci-dessous des extraits d´une interview du prédicateur saoudien Muhammad Musa Al-Charif, diffusée sur Al-Daleel le 19 février 2010.

Interviewer : On est surpris d´entendre, au sein d´une réunion mondaine, un vieil homme se vanter d´avoir épousé une jeune fille et de l´avoir reçue en cadeau par le père de celle-ci, ou qu´une affaire a été conclue sur le dos de cette pauvre fille, par des parents qui ne se soucient pas de l´innocence de son enfance ou de son humanité, ou qui on été poussés par la pauvreté à payer le vieil homme de leur fille.

Dans l´émission d´aujourd´hui, je demanderai à mon invité, le Dr Al-Charif, si les parents ou la société ont le droit de marier une jeune fille de 10 ou 12 ans. La loi, dans le monde civilisé, considère ces mariages comme un délit. Comment sont-ils perçus par notre loi religieuse ?

Mohammed Musa Al-Charif : Cette question a pris des proportions démesurées, et il y a confusion quant à ses fondements. Nous disons que cette fille est mineure, mais les dictionnaires ne définissent pas une fille comme mineure si elle est pubère. Aïsha a dit que lorsqu´une fille atteint l´âge de neuf ans, elle devient femme. Soyons pratiques. Mettons tout cela de côté.

Quel est le pourcentage de tels mariages en Arabie Saoudite ? L´Arabie saoudite compte 20 millions de personnes. La moitié est constituée de femmes - soit 10 millions. Selon les statistiques les plus extrêmes que j´ai lues, 3000 jeunes filles de moins de 13 ans ont été mariées à des hommes de plus de 20 ans leurs aînés. Cela fait 3000 sur 10 millions, plus ou moins. Qu´est-ce que ce chiffre signifie ?

Interviewer : Mais ne croyez-vous pas que 3000, c´est...

Mohammed Musa Al-Sharif : Permettez-moi... 3000 sur 10 millions constituent-ils un phénomène social ?

Interviewer : Mais même ces 3000 jeunes filles ont des droits.

Mohammed Musa Al-Charif : Incontestablement.

Interviewer : Nous devons prendre en compte l´aspect humain (de ces mariages), même s’ils ne concernent que trois filles. [...]

Mohammed Musa Al-Sharif : Dans de nombreux journaux, il a été suggéré que l´âge minimal pour se marier devrait être de 18 ans. Pourquoi 18 ans ? Ils disent que l´Arabie saoudite s´est engagée à respecter quelque chose qu´on appelle le Traité des Droits de l´homme, qui fixe l´âge minimal du mariage à 18 ans. Ceci est, bien entendu, inacceptable.

Interviewer : Pourquoi donc ?

Mohammed Musa Al-Sharif : J´ai lu que le porte-parole officiel du gouvernement américain a déclaré que les Etats-Unis sont préoccupés par le mariage des filles en Arabie saoudite. C´est tout à fait amusant. Le taux de prostitution infantile dans les sociétés américaine et occidentale est énorme. C´est bien connu.

Deuxièmement, tous les enfants morts à cause des Américains en Palestine et en Irak... Ces gens n’ont pas honte de se dire préoccupés par l´Arabie saoudite, alors qu´ils ont causé la mort de centaines de milliers d´enfants en Palestine et en Irak. C´est vraiment un raisonnement tordu.

Imaginons le cas d´une jeune fille de treize ans... ou disons quatorze ans : son père constate qu´elle est physiquement développée, a atteint la puberté et a une certaine compréhension (des choses de la vie). Rien dans la loi islamique ne l´empêche de la marier. [...]

Interviewer : Seriez-vous prêt à marier votre fille de 10 ans à un octogénaire ?

Mohammed Musa Al-Charif : Non, mon frère, je ne le serais pas, mais il y a une différence entre le droit islamique et sa pratique. Je ne serais pas heureux de la marier, mais je ne l´interdirais pas. [...]

Supposons que le gouvernement écoute ces gens - que Dieu nous en préserve - et fixe l´âge minimal du mariage à 18 ans. Plusieurs filles bien sont, à l´âge de 13 ou 14 ans, développées et prêtes au mariage. Il y a des centaines de milliers de filles comme ça dans notre société. Et elles ne seraient pas mariées, devant attendre trois ou quatre ans pour avoir 18 ans. C´est une injustice à l´égard d´un secteur important de la société, comparé aux quelques dizaines, ou centaines de filles qui seraient lésées à cause de la cupidité de leurs pères. [...]

Nous nous sommes engagés à respecter les traités internationaux tant qu´ils ne violent pas la loi islamique. S´ils enfreignent la loi islamique, nous devons les rejeter, parce qu´ils ne valent pas l´encre avec laquelle ils sont écrits. Avec tout le respect qu´on leur doit, ces traités internationaux sont sans valeur. [...]

Qui se trouve à l´origine des Droits de l´homme et des traités internationaux ? Les athées, les chrétiens, les impudiques, avec tout le respect qu´on leur doit.

 

Des auteurs progressistes du Golfe persique : les groupes musulmans d’Europe exploitent l’ouverture d’esprit des Européens

Deux articles parus dans la presse du Golfe ont évoqué l´attitude des musulmans européens à l’égard de l’Occident. Le 2 décembre 2008, Dhiya Al-Mousawi, un religieux chiite libéral de Bahreïn, publie dans Awan, quotidien libéral koweïtien, un article sur les attentats de Bombay dont certains des auteurs étaient des musulmans naturalisés britanniques. Le deuxième article, de Khalil ’Ali Haidar, journaliste progressiste koweïtien, a été publié le 5 octobre 2008 dans Al-’Ittihad, quotidien des Emirats arabes unis.

Ces deux auteurs critiquent les groupes musulmans d’Europe pour le mal qu’ils font à l’Occident tout en profitant de ses libertés et services. Haidar évoque un problème général, critiquant tous les mouvements et partis islamiques d’Europe, accusés d´encourager l’extrémisme islamique et  de contrôler la vie des musulmans européens. Au lieu de chercher à réduire l’écart entre l’Orient et l’Occident, ils ont délibérément favorisé l´isolement, le repli et, à terme, le terrorisme djihadiste contre l’Occident, estime-t-il.

Voici quelques extraits des articles de Al-Mousawi et Haidar :

Les musulmans européens crachent dans le puit d´où ils puisent leur eau

Dans un article intitulé « Quand le terroriste est britannique de naissance », Al-Mousawi écrit : « ...Il est triste que, dans les pays occidentaux, il y ait des milliers de musulmans qui obtiennent la citoyenneté pour eux-mêmes et leurs familles après avoir été expulsés de leur pays d’origine. [L’Occident] leur accorde l’asile et leur fournit le toit, du travail et l’assurance santé - [et pourtant] ce sont les premiers à se retourner contre leur nouvelle patrie. Pire, certains n’ont aucune problème à commettre un attentat suicide sur la place publique, au sein même des pays qui leur ont accordé leur protection, à eux et à leurs familles … Il est curieux de voir certains imams maudire et insulter l’Occident dans les prêches qu’ils font dans des [mosquées] occidentales, et appeler de leurs vœux la destruction des pays [occidentaux], alors même qu’ils sont placés sous la protection de la police de ces pays... » [1]

Les islamistes ont pris le contrôle de la vie des musulmans d’Occident

Dans la même veine, Al-Haidar écrit : « Le problème de l’Europe et des États-Unis, ce ne sont ni les Arabes ni les musulmans. Ce sont les islamistes, partis ou groupes, qui ont pris le contrôle de la vie politique, religieuse, sociale et culturelle, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des pays islamiques et arabes. [Ces partis et groupes] exercent une influence sur les minorités musulmanes des pays occidentaux... Leur action a consisté à imposer des restrictions à la première génération [d’immigrants], à endoctriner la deuxième génération et à excommunier des syndicats, des organisations et des mosquées.

Depuis de nombreuses années - en fait, depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale -, les pays occidentaux accueillent des Arabes et des musulmans et [leur] laissent une très grande liberté de prêche et marge de manoeuvre. Ils les ont traités avec une extraordinaire bienveillance. Avec le temps, les musulmans se sont renforcés et ils ont resserré leur emprise sur le cœur même de ces sociétés.

La présence d’islamistes [dans les pays européens], avec tous leurs différents partis, groupes et écoles de pensée, a constitué un banc d’essai des relations entre la minorité musulmane, placée sous l’influence de l’endoctrinement [des différents] partis, et ces sociétés démocratiques. Depuis de nombreuses années, les islamistes et tout particulièrement les Frères musulmans, se plaignent des [politiques] oppressives des régimes arabes, du gel des libertés, de la surveillance, etc. Les écrits de [Abu A’la] Al-Mawdoudi, [2] [initialement publiés en langue urdu], sont de plus en plus populaires dans le monde arabe, corrompant la jeunesse et faussant sa vision du monde. [Al-Mawdoudi] a proclamé à la face du monde, et tout particulièrement à l´attention de [ses] adversaires européens libéraux, l’avènement d’un nouvel ordre social qui serait en tout point supérieur à la démocratie occidentale - qu’il s’agisse de liberté, de souplesse, de tolérance religieuse, etc. - et qui serait mis en place sous la conduite d’une jeunesse musulmane non contaminée par la saleté de la civilisation occidentale et ses [valeurs] matérialistes. »

Les islamistes ont favorisé la marginalisation et le terrorisme

« L’idéologie des Frères musulmans, du parti Al-Tahrir, [3] et d’autres groupes islamiques égyptiens, pakistanais et autres, a propulsé les Arabes et les musulmans d’Europe dans l’obscurité et la confusion. Avec leurs livres, leurs films et leurs idées séparatistes extrémistes, ils ont ouvert la voie à la prolifération de différentes formes d’extrémisme et, de là, au terrorisme déclaré.

Les attaques incessantes contre la civilisation occidentale, contre les lois humaines et les études orientales, ainsi que contre [ce qu’ils considèrent comme] une invasion culturelle et des complots de l´Occident - ont rendu difficile pour [les musulmans] l’intégration au nouvel environnement vers lequel ils ont émigré tout en le haïssant. [Pourtant, son intégration], au moins en ce qui concerne ses intérêts matériels ou les objectifs de son parti [n’a jamais été entravée]. »

Aucune culture du renouveau et de l’innovation

« Le mouvement islamique n’a pas adopté l’idée de renouveau et d’innovation ; il n´a pas su voir le côté positif de la société occidentale ou étudier la littérature, la culture et l’art occidentaux afin de se créer un modèle moderne de culture, de littérature et d’art associant des [éléments] occidentaux et islamiques. Même les leaders des Frères musulmans, et d’autres qui sont fiers de la civilisation islamique et se proclament héritiers des civilisations de Bagdad et d’Andalousie - [même ceux-là], au cours du demi-siècle [qu´a duré leur séjour] à Paris, à Londres ou en Allemagne, n’ont pas produit [la moindre] idée nouvelle, et encore moins des [créations] artistiques ou culturelles notables...

Il est vrai qu’ils ont créé des maisons d’édition visant à diffuser les livres et publications de leurs partis ; ils n’ont jamais cessé de perfectionner leurs armes médiatiques que sont la presse, la télévision et d’autres supports ; ils ont développé leurs propres banques et institutions financières [en précisant qu’elles sont] ‘islamiques : pas d’intérêts’ ; ils ont créé des écoles privées, qui n’ont servi qu’à isoler davantage les petits musulmans de leur environnement européen, et ils ont ainsi renforcé le contrôle des partis islamiques sur leur [vie] - et ce n’est là qu’une liste partielle. Mais ce qu’ils n’ont pas fait, c’est agir pour créer un pont entre l’Orient et l’Occident comme l’ont fait, par exemple, les poètes de la diaspora [musulmane]. Ils n’ont jamais non plus cherché à semer les graines de la modernisation, de la démocratie et de la créativité - culturelle, artistique et littéraire - dans les mondes arabe et islamique.

La plupart des articles sur [les musulmans d’Europe], que les médias publient avec beaucoup d’enthousiasme, portent sur les querelles entre mosquées, les crimes d’honneur familiaux, ou le discours religieux extrémiste. Pas une seule de leurs associations n’a jamais patronné le moindre programme culturel utile, et aucun de leurs partis n’a jamais traduit une encyclopédie ou organisé un groupe d’étude s’intéressant à un aspect donné de la culture, de l’éducation ou des liens entre l’Orient et l’Occident. Aucun de ces cercles n’a jamais non plus investi le moindre effort [dans un projet] - pas même pour reconsidérer les écrits des partis islamiques et les moderniser en en supprimant les idées extrémistes et l’idéologie des accusations d’hérésie. »

Abus de tolérance

« La tolérance des Occidentaux envers les musulmans en Europe et aux États-Unis pour ce qui est de la liberté religieuse en général, et leur respect des conversions à l’islam, notamment de la part de juifs et de chrétiens, n’ont servi de modèle à aucun parti islamique : ils n’ont pas appris la tolérance religieuse ; ils n´ont pas été poussés à reconnaître que le choix de la religion est une affaire personnelle ; ils n’ont pas non plus été incités à protéger les non-musulmans dans le monde arabo-islamique. Au contraire, ils sont devenus de plus en plus agressifs, parce qu’ils ont compris que l’Occident cédait à leurs exigences et les traitait avec tolérance. Ils ont donc gagné du terrain et de la popularité, tandis que leur arrogance ne connaissait plus de limites...

La littérature, les publications et les sermons des islamistes, même en plein cœur de l’Europe, conservent pour l’essentiel la structure conceptuelle des anciens écrits [musulmans], puisqu’ils continuent à considérer tous les apports de la civilisation comme des déchets, toutes les prodigieuses innovations technologiques comme des avancées purement matérielles, et la vie et les valeurs de l’Occident comme décadentes et dégradantes. »

Le lien à la violence et au terrorisme

« On a souvent dit que les groupes islamiques modérés n’ont rien à voir avec la violence et le terrorisme. Mais c’est une illusion. Toutes les idées des groupes terroristes cadrent avec l’idéologie des Frères musulmans, du [parti] Al-Tahrir, de Al-Jama’a Al-Islamiyya au Pakistan, et d’autres encore. Des concepts comme l’idolâtrie, la loi de Dieu, l’instauration de la charia et d’autres encore, qui ont acquis de nouvelles connotations fondamentalistes liées aux nouveaux partis dirigeants, n’ont pas été inventés par Al-Qaida ou le Fath Al-Islam. Les notions d’isolement cognitif, d’invalidité des lois humaines et du service de Dieu, la dévalorisation des valeurs de patrie et de citoyenneté ainsi que toutes les facettes du réalisme politique, ou encore les proclamations telle la devise des Frères musulmans ‘la mort pour Allah est notre plus haute aspiration’ et beaucoup d’autres - tout cela n’a pas été inventé par Al-Zarqawi, ben Laden, ou [Sheikh Abu Muhammad] Al-Maqdisi…

Que peut-on attendre d’un jeune qui se trouve confronté à l’idée [suivante, que l’on trouve] dans un livre fréquemment étudié par les Frères musulmans : ‘Nous vivons aujourd’hui dans une jahiliya [l’ère pré-islamique du culte des idoles], similaire à l’idolâtrie du temps de [Mahomet], et même pire. Nous sommes entourés par l’idolâtrie. Les réalisations et les croyances des hommes, les traditions et coutumes des peuples, leurs sources traditionnelles, leurs arts et leur littérature, leurs lois et règlements, et même la plupart de ce que nous considérons comme des aspects de la culture islamique, les autorités islamiques, la pensée et la philosophie islamiques - toutes ces choses sont des produits de l’idolâtrie.

Il ne s’agit là que d’un passage du livre de Sayyed Qutb, Jalons. Ce livre a été traduit dans toutes les langues des pays islamiques : turc, perse, urdu, malais, indonésien, et d’autres encore, comme des centaines d’autres livres des Frères musulmans. Ces livres endoctrinent des milliers de jeunes du monde musulman et attirent [beaucoup d’entre eux] vers des organisations terroristes extrémistes.

Ce passage, qui est lu [et relu] par les islamistes depuis plus de 40 ans, n’est-il pas la principale raison du sentiment croissant de marginalisation des musulmans de leur propre société et de la société européenne, américaine ou australienne vers laquelle ils ont émigré ?

Il ne fait aucun doute que ce sont ces idées, ces textes et ces doctrines - dont certains [nous] paraissent ‘modérés’ et sans danger, [une fois] qu’ils ont empoisonné notre âme - qui ont façonné les idées de beaucoup de musulmans, hommes et femmes, à travers le monde, et ont fait naître une génération de terroristes djihadistes.

C’est ce [phénomène] qui a précipité la rupture entre les islamistes et les sociétés occidentales en Amérique et en Europe. » [4]

                                                                                                                                          Memri Europe – Dépêche 2309

 [1] Awan (Koweït), 2 décembre 2008. [2] Sayyid Abul A’la Mawdoudi (1903-1979)(1903-09-25), également connu sous les noms de Mawlana (Maulana) ou du cheikh Sayyid Abul A’la Mawdudi, était un journaliste, théologien et philosophe politique sunnite pakistanais, et un penseur islamiste majeur. C’était également un personnage politique dans sa patrie du Pakistan, où il a fondé le parti revivaliste Jamaat-e-Islami. [3] Hizb Al-Tahrir (Parti de la libération) est un groupe islamique radical dont l’objectif est de rallier les musulmans en appelant à l’instauration d’un nouveau califat. [4] Al-Ittihad (Emirats arabes unis), 5 octobre 2008.
 

 

 

Le Vatican a « modernisé » la liste des péchés

Le registre des péchés mortels datait du Moyen Âge. C’est pourquoi le Vatican a décidé de le mettre à la page. Là où jadis la jalousie, l’avarice, la colère, la luxure, la gourmandise et la paresse étaient en tête de liste, on relève aujourd’hui le trafic de drogue, la consommation de drogue, le gaspillage d’argent public et privé et la pédophilie. Cette réforme a été publiée bien avant lez scandale qui atteint actuellement l'église catholique.

 

               

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