SOMMAIRE

Un film antisémite est passé récemment sur les écrans berlinois, mais cela ne semble avoir dérangé personne  
Un réquisitoire incisif d'André Dufour contre Stéphane Hessel (extraits)  
Oettinger : "Je suis très satisfait"  
Japon : une bombe à retardement nucléaire ?  
La Chine nous sauve (dans l'immédiat) et nous coule (à plus ou moins long terme)  
Encore des crimes de musulmans fanatiques  
La menace nucléaire iranienne se poursuit malgré les obstacles techniques  
Inde-Iran : des liens solides qui favorisent le régime  
Et si c'était vrai ? La régulation de la démographie par l'alimentation  
Sénégal : Echec des efforts iraniens vers l'Afrique  
Les Eaux de l'Avenir ?  
"Budget de la Défense : de dangereuses contradictions"  
Gender, danger  
Les activités illicites planétaires profitent de la mondialisation  
Système d'anti-missiles israélien  
Vivre plus longtemps avec la crise  
Europe and the Iran Issue  

 

 

▪ Un film antisémite est passé récemment sur les écrans berlinois, mais cela ne semble avoir dérangé personne.

par Gunnar Schupelius

Dans les cinémas de Berlin (l’Alhambra et le KARLI) un film turc de propagande antisémite était ces derniers temps à l’affiche. Ce film s’appelle « Vallée des loups – Palestine » et relate comment un agent secret turc tue un général israélien et de nombreux autres juifs. Tout cela pour se venger du blocus d’un convoi turc à destination de Gaza par la marine israélienne. Des soldats et des politiciens juifs sont représentés sans exception dans « Vallée des loups – Palestine » sous les traits de meurtriers pathologiques qui abattent par jeu des petits enfants. Les Turcs en en revanche y apparaissent comme des combattants pour le Bien de l’humanité.

Je n’ai pas vu ce film. La raison en est qu’il y a quatre ans j’étais allé voir par hasard au cinéma KARLI aux Arcades de Neukölln le film « Vallée des loups 1ère Partie ». Ce film montrait comment des soldats américains fusillaient en Irak des gens rien que pour vendre leurs organes  à des marchands juifs venus d’Israël. Il y avait dans la salle avec nous 600 Turcs berlinois. Ma femme et moi, nous étions les seuls spectateurs d’origine allemande. Beaucoup de spectateurs applaudissaient et trépignaient de joie quand des Américains ou des Israéliens étaient abattus.

Depuis, je suis pour ainsi dire encore sous le choc et c’est la raison pour laquelle je ne peux pas aller voir „Vallée des loups – Palestine“. Cela m’est très désagréable de constater avec quelle indifférence des politiciens, des artistes et des enseignants des partis de gauche, verts, socialistes et communistes, considèrent la présentation d’un tel film à Berlin. A quel pays donc pourrions nous infliger de montrer au cinéma ses représentants sous les traits d’assassins ? A la France, à la Chine ou au Canada ? Je crois que ce n’est pas possible. Mais Israël doit accepter cette insulte. La Communauté juive de Berlin a exigé que ce film soit interdit. Non sans raisons. Car « Vallée des loups » n’est pas un film mais une incitation à la haine raciale en images, un appel à la haine. « Vallée des loups » n’est pas non plus un James Bond inversé, comme quelqu’un cherchait à m’en persuader. Cette comparaison est d’une sottise incommensurable.

« Vallée des loups » devrait être interdit conformément aux simples règles de la bienséance.  (G.S.)

 

▪ Un réquisitoire incisif d’André Dufour contre Stéphane Hessel (extraits) *

Le Jour de la haine

(…) Le monde a trouvé son nouveau prophète, sa nouvelle icône et celle-ci nous invite à passer à l’acte en boycottant les produits non pas de la Turquie qui occupe et colonise la moitié de Chypre (Etat membre de l’U.E, bravo la solidarité européenne), qui nie le génocide arménien et persécute les Kurdes jusqu’au-delà de ses frontières ; non pas les Etats africains appauvris par la kleptomanie de leurs gouvernements ; non pas du Sri Lanka, le sort des Tamouls n’étant pas une raison suffisante pour se priver de thé du five o’klock. Ce sont du reste des trop gros morceaux pour ce petit Grand Homme, c’est hors de sa portée. Non, le seul et unique pays abritant moins d’un sur mille habitants de la planète dont il appelle à boycotter les produits, et aussi les échanges culturels, c’est Israël. À croire que ce «résistant» français, se prétendant ici ou là co-auteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, s’inspire d’un précédent qu’il connaît mieux que nous pour y avoir jadis grandi : l’Allemagne nazie des années 30 qui imposait le boycott des entreprises juives comme «hors d’œuvre» de la «Endlösung», c'est-à-dire la Solution Finale.

Si les Juifs sont peut-être le «Peuple élu», Israël est le pays élu de la haine de Stéphane Hessel au point qu’il déroge à ses nobles principes dès qu’il s’agit de ce pays et uniquement contre ce pays. Cela devient chez lui une idée fixe, obsessionnelle. Par exemple, il exècre et condamne la violence (Bravo ! Bravo !, acclament les gogos) sauf celle que les terroristes palestiniens ou pro-palestiniens exercent contre Israël. Là il déclare les «comprendre» et donc «justifier». Ces Juifs sont des éternels «privilégiés» puisqu’ils sont les seuls à «mériter» les actes de terrorisme comme ils sont seuls à devoir être boycottés. Ces ingrats n’ont-ils pas l’impudence de se protéger contre les pogromistes et même de riposter de façon «disproportionnée» aux attaques des «pauvres» Palestiniens? C’est sans doute contre nature ou du moins, contre une vieille habitude bien ancrée dans les cultures tant chrétiennes ou issues du christianisme que musulmanes.

N’est-ce pas Jean-Marie Le Pen, et comment s’en étonner, qui est l’auteur de la déclaration suivante ?
«La politique d’occupation allemande était, si on la compare par exemple avec la politique d’occupation actuelle de la Palestine par les Israéliens, une politique relativement inoffensive, si l’on fait abstraction d’éléments d’exception (!) comme les incarcérations, les internements et les exécutions, ainsi que le vol d’œuvres d’art».

Eh bien, quitte à chagriner les gogos qui se pâment devant la prose de leur icône, l’auteur de ces lignes qui attachent plus d’importance aux tableaux volés (ils ont une valeur marchande) qu’aux Juifs poussés dans les chambres à gaz ou mitraillés par les Einsatzkommando (quelle est la cote d’un garçonnet juif de surcroît gazé ?) n’est autre que l’admirable et noble vieillard Stéphane Hessel.

Ainsi, drapé de haute moralité, d’un passé honorable et de nobles principes, il rêve, comme tout idéologue, d’instaurer un monde parfait, une société dans laquelle nul homme ne sera victime de l’arbitraire, de la faim, des privations, de l’absence de soins médicaux et d’instruction. Un monde où toutes les nations vivront en paix, un monde messianique, bref un monde sans Juifs, un monde «Judenrein» comme on le disait dans la langue maternelle de «l’indigné», et comme cela fut mis à exécution. (…)

                                                                                             *  Lu dans le magazine Internet « Liberty Vox »
 

 

▪ Oettinger : "Je suis très satisfait"

Sécurité nucléaire : Percée sur les tests de stress européens ?

L’Union Européenne s’est accordée sur les modalités d’un test de la sécurité nucléaire. Tandis que le Commissaire européen à l’Energie Günther Oettinger voit son vœu de sécurité comblé, les critiques pleuvent des bancs du Parlement européen. Le lobby nucléaire a-t-il imposé ses vues, surtout contre les Verts ?

C’est le 25 mai que Günther Oettinger a présenté les résultats de l’accord. Il prévoit que les 143 centrales nucléaires européennes seront examinées en fonction de leur résistance aux chutes d’avions conçues notamment par des terroristes. Une commission examinera par ailleurs la vulnérabilité aux attaques terrorises en général.  Mais les Etats membres décideront souverainement s’ils prennent en compte les résultats, notamment s’ils ferment leurs vieilles centrales. « Je suis très satisfait », a dit Oettinger. Les tests prévus ont un haut degré d’objectivité. Il veut informer l’opinion publique et les politiciens afin que ceux-ci puissent décider de l’avenir des centrales. « C’est maintenant que commence le gros travail : il faut appliquer rigoureusement les critères retenus », a dit le Commissaire. Ils comporteront trois phases : une vérification par les exploitants, un rapport des autorités nationales de régulation et un examen pratiqué par des équipes internationales d’experts. Le Groupe des Autorités Européennes de Régulation (ENSREG) s’est accordé avec Oettinger sur les critères. Dans un premier temps, la France et la Grande-Bretagne s’étaient opposées à la vérification du risque de crash aériens et d’attaque nucléaire. Oettinger l’avait exigée avait menacé alors de ne pas assumer la responsabilité des tests. Il a fini par imposer ses vues.

 

▪ Japon : une bombe à retardement nucléaire ?

Admirables Japonais : ils donnent une leçon au monde

Naturellement, la situation des réacteurs à la centrale japonaise de Fukushima Daiichi restera préoccupante, surtout pour les malheureux Japonais, et pour la région, Sibérie, Corée, Chine. Là et ailleurs, elle incite tous les gens sérieux à réfléchir sur la sécurité du nucléaire. Néanmoins, nous devons tous nous incliner devant le courage et la compétence des ingénieurs, techniciens, ouvriers, militaires et pompiers japonais qui sont parvenus à éviter le pire et à restaurer, selon toute vraisemblance, le contrôle de la centrale gravement endommagée. Grâce à eux, à leur sacrifice, un second Tchernobyl n'aura pas lieu. Après plus de trois semaines de lutte, depuis l'explosion du 11 mars,  le monde a appris le 4 avril que le danger d'un grand accident nucléaire est quasi-définitivement écarté. Il faudra des semaines pour neutraliser le danger, des mois pour interrompre le processus, des années pour fermer la centrale. Mais il ne faut plus avoir peur. On devrait se rendre compte que les écologistes sont allés trop vite en besogne dans leur propagande. Ils proposaient en France un référendum contre le nucléaire et firent machine arrière en constatant qu'ils n'auraient pas obtenu des Français une majorité en faveur de leur thèse.

Pour autant que l’on sache, les quatre unités de la centrale de Fukushima s’étaient fermées automatiquement le 11 mars. Après l’explosion le 13 mars du toit du bâtiment de l’unité 1, puis celles des autres unités les 14 et 15 mars, les radiations avaient augmenté autour de la centrale. C’est le mercredi 16 mars que le taux de risque au Japon avait semblé atteindre son pic. Il y avait eu des explosions dans sur les quatre sites de Fukushima et l’un des confinements des cœurs des réacteurs présentait des fissures. Néanmoins, les confinements des chambres de combustion ont, semble-t-il, bien tenu. Grâce à l'arrosage permanent, la température du fonds de cette chambre a baissé à 100 degrés début avril, signifiant donc que l'uranium - plutonium n'était plus en fusion au bas de la coque et ne la traversera pas pour pénétrer dans le sol. Il restait à en éliminer l'eau contaminée.  La radioactivité environnante a fortement augmenté et elle est sensible dans la capitale, Tokyo, qui compte 35 millions d’habitants, mais, selon les autorités, au-dessous du seuil du risque. Ce serait d'ailleurs impossible d’évacuer toute cette population. Le commissaire européen à l’énergie a parlé d’apocalypse, terme jugé ensuite exagéré. Car, à présent le risque majeur est évité. Tokyo peut respirer  et s'est remis au travail.

Avec quelques 25 000 morts noyés par le Tsunami, une perte économique proche de 10% de sa performance habituelle et cette centrale en voie d'extinction faisant d'une région de 30 kilomètre en périmètre une zone d'exclusion pour l'agriculture, la pêche et l'habitation humaine, le Japon a payé très cher son imprévoyance, à savoir qu'on n'avait pas imaginé le double cataclysme, celui d'un tsunami géant (12 mètres de hauteur de vague) joint à celui d'un tremblement de terre d'une amplitude supérieure à 9 sur l'échelle de Richter. Les pires pronostics envisagent un périmètre final de zone contaminée qui pourrait atteindre 200 kilomètres, jusqu'aux abords de Tokyo. Etant donné le territoire assez exigu du Japon et la densité de sa population, ce serait grave. L'industrie s'était effondrée en mars, notamment l'automobile qui souffrait d'une pénurie de composants électroniques. Renault en France en a subi le contrecoup. Les Japonais ont par ailleurs ralenti leur consommation courante et les congés prévus dans ce pays pour début mai ont été annulés, donc des centaines de vols. Enfin, le tourisme étranger vers le Japon n'existe plus. L'hôtel de luxe Shangri-La à la gare de Tokyo a momentanément fermé. 

Pas question d’en sortir 

Les gouvernements européens ont appliqué une politique de transparence, même si le gouvernement japonais a eu parfois du mal à informer. Pour se renseigner, on pouvait s’adresser aux ministères allemand et français de l’Environnement. On pouvait aussi consulter les sites en anglais de l’Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) : www.iaea.org et du Deutsches Atomforum : www.kernenergie.de.

Le nucléaire fournit 80 % du courant électrique français mais seulement 30% du courant allemand. Le parc nucléaire français « produit sans rejet de CO2 de l’électricité 40% moins chère que dans le reste de l’Europe et il garantit notre indépendance énergétique », déclarait Anne Lauvergeon, présidente du directoire d’Areva. Sauf les Verts d’Europe écologie, pratiquement toutes les forces politiques françaises sont favorables au nucléaire. Tandis que Nicolas Sarkozy déclarait à propos du nucléaire français : « Pas question d’en sortir », en rappelant que les réacteurs français ont une double coque et que nouveau réacteur européen EPR en construction à Flamanville sera encore plus sûr, capable de supporter sans broncher l'impact d'un Boeing 747, la chancelière Angela Merkel qui avait décidé en 2010 contre la résistance opiniâtre des Verts et des Socialistes SPD de prolonger l’activité des centrales allemandes, optait pour un moratoire de trois mois sur cet allongement. Les centrales les plus anciennes, à Biblis 1 en Hesse et à Neckarwestheim en Bade-Wurtemberg, seront probablement retirées du réseau. Sans la décision de l’an dernier, ces deux centrales auraient déjà été fermées. En fin de compte, la chancelière a déconnecté sept centrales allemandes. Les observateurs allemands pensent que le moratoire sera prolongé et que l’on va s’orienter vers l’abandon du nucléaire.

Ce n’est pas ce que souhaite la physicienne Angela Merkel, et elle a dû essuyer une remontrance publique de son prédécesseur Helmut Kohl (voir notre rubrique "Aktuell"), mais elle estime devoir se soumettre à son opinion publique. « Nous avons besoin d’une nouvelle analyse des risques », a déclaré Guido Westerwelle, encore vice-chancelier à ce moment-là. Le gouvernement allemand était sous pression étant donné l’imminence d’élections régionales le 27 mars en Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat. Finalement, cette option contre le nucléaire et son refus de participer à l'opération militaire en Libye ne lui a pas fait gagner des points. Le gouvernement Merkel a été battu à ces deux scrutins. Dans le «Handelsblatt » Michael Hüther, président de l’Institut de l’Industrie allemande, a écrit que le débat sur l’énergie est à nouveau ouvert. Qui va financer le photovoltaïque (dont Berlin vient de réduire les crédits) ? Qui paiera la réouverture de centrales à charbon (qui dérangent considérablement ceux qui vivent autour) ? Emboitant le pas à l’Allemagne, la Suisse a suspendu ses projets de renouvellement de centrales, en attendant d’éventuelles « normes plus strictes ».

Pour justifier sa décision de suspendre la nouvelle loi prolongeant la durée de vie des centrales, Mme Merkel s’est appuyée sur l’article 19-3 de la loi sur le nucléaire de 1980 qui autorise les autorités à exiger la suspension du fonctionnement d’un réacteur pour des raisons de sécurité. Cet argument n’a convaincu ni les juristes ni les industriels, à leur tête le numéro un allemand de la branche, E.ON (voir notre rubrique « Economie/Entreprises »), suivi par RWE qui intente un procès au gouvernement, car cet article vise un danger immédiat pour la centrale. Or, on a beau dire que l'on ne sait pas si leur système de refroidissement fonctionne dans toute situation, aucun risque immédiat ne pèse sur les centrales allemandes. Attaquée devant le parlement par la gauche qui lui reproche de n’avoir pas fait assez en matière de « sortie de l’atome », la chancelière a fait quelque peu machine arrière en déclarant qu’il n’était pas question de sortir intégralement de l’énergie nucléaire comme le lui demande une majorité de ses compatriotes. Cela conduirait, a-t-elle dit, à importer de l’électricité des pays voisins, rappelant que l’Allemagne en tant que première puissance industrielle du continent a besoin d’électricité à un prix abordable. Aux termes d’un contrat imposé en 2000 aux industriels allemands du nucléaire (et non pas en 2002, comme l’ont écrit certains journaux français) par le chancelier Gerhard Schröder et son ministre de l’Environnement Jürgen Trittin, les dernières centrales allemandes auraient dû être fermées au début des années 2020. L’an dernier Mme Merkel avait prolongé ce délai jusque vers 2036 pour éviter l’asphyxie énergétique de l’Allemagne à moyen terme, le nucléaire assurant encore 24% des besoins du pays, contre 15% seulement pour les énergies renouvelables.

Récupération en Europe

En Europe, tout de suite, l’agitation et la propagande avaient pris le dessus dans la ferme intention d’exploiter sur place cet accident lointain. Les trublions de l’anti-nucléaire, quelque peu rentrés dans leurs coquilles, sont remontés au créneau. Ils agitent comme après Tchernobyl le spectre de la mort atomique et la peur gagnait les gens de manière parfaitement injustifiée. En fait, il y a eu plus d’agitation en Europe qu’au Japon. C’est dire… Normalement, l'affaire s'étant assez bien terminée, la catastrophe japonaise ne devrait pas apporter des voix aux écologistes aux élections françaises de l’an prochain. Mais on ne peut jurer de rien.

Le député européen Daniel Cohn-Bendit cherchait à faire peur lundi matin 14 mars sur Europe 1, en évoquant l’erreur humaine « improbable mais possible ». Cohn-Bendit et sa camarade Cécile Duflot nous promettaient un monde sans risques à condition qu'on leur donne le pouvoir d'arrêter le nucléaire. Cette propagande peut impressionner les âmes simples. Ils ont proposé un référendum contre le nucléaire. La constitution française donne effectivement la possibilité d’un référendum d’initiative populaire, mais il faut pour cela aussi l’agrément du parlement et c’est donc improbable qu’il soit mis en œuvre. Mais Yvan Rioufol fit remarquer dans Le Figaro que les Français sont raisonnables et que l'attachement au nucléaire se serait majoritairement exprimé dans un tel référendum. Les Verts français ont fini par le comprendre et ont observé comme l’Assemblée Nationale le 15 mars une minute de silence en mémoire des victimes. Ils l'avaient semble-t-il oublié...

Nous parlions le dimanche 3 mars à un manifestant antinucléaire de l’association « Tchernoblaye » dont le siège se trouve curieusement dans un cinéma de Bordeaux. Ce brave homme proposait tout simplement de supprimer la Défense aérienne française (force de frappe, missiles, Rafale) et de se servir de l'argent ainsi économisé pour financer l'isolement et le photovoltaïque sur l’ensemble de l'immobilier français, y compris le logement ancien. "Ainsi on pourrait avec ces économies d’énergie renoncer au nucléaire". Bien sûr… Il fallait juste y penser... Nous lui avons dit: "Mais si Achmadinedjad ou Ben Laden attaquent la France avec des bombes A, comment nous défendrons-nous ?". "Ridicule, m'a répondu ce militant, le mollah Omar s'est enfui à mobylette". Ah bon… C'est toujours bien d'être informé des détails... 

Sarkozy au Japon

Le président français est décidément plus rapide que tous ses collègues. En imposant le 31 mars sa visite au Premier ministre japonais Naoto Kan, dépassé et fatigué, en rendant hommage aux victimes, il a marqué un point significatif en politique étrangère et industrielle. Ainsi Sarkozy a-t-il effacé quatre années de relations tièdes avec Tokyo, de la même manière que J.-Pierre Raffarin avait été aux côtés des Chinois lors de l'épidémie de sras. Dans ces pays où les symboles comptent, ce fut important. A cette occasion, Sarkozy a réitéré son refus de renoncer au nucléaire. "Le nucléaire civil est un élément essentiel de l'indépendance énergétique et de la lutte contre le gaz à effet de serre, a-t-il dit. Ce choix s'accompagne d'une grande exigence dans la sûreté de nos installations nucléaires, une exigence dont le monde entier reconnaît la rigueur".

Toujours dans l'axe de sa politique internationale, Nicolas Sarkozy a rappelé qu'à la conférence de Paris de mai 2010, la France avait ouvert le dossier de l'harmonisation internationale des normes de sécurité. En mai, tous les pays du G20, ce podium international créé à l'initiative du président français, se réunira à Paris en mai pour étudier des propositions à soumettre à l' AIEA qui planchera dessus en juin à son siège Vienne. A Tokyo, Sarkozy qui ne perd pas une occasion de vanter les produits français, a dit: "Nous sommes arrivés à un niveau de sûreté bien supérieur à celui d'il y a quarante ans", non sans évoquer les réacteurs nucléaires de troisième génération EPR qui "sont protégés par une double coque".  Anne Lauvergeon, dite "Anne-Atom", qui s'était rendue au Japon avec Nathalie Kosciusko-Morizet peu avant le président, l'avait souligné. Elle sera reconduite dans ses fonctions. Ce n'est pas au milieu du gué que l'on change de cheval. La ministre de l'Environnement accompagnait cette fois encore le président Sarkozy.

Tous les pays européens vont se livrer dans les prochains mois à une réévaluation des risques et notamment à celui de ce double danger cumulant séisme et inondation. En France, André-Claude Lacoste, président de l'Autorité de Sûreté nucléaire (ASN), prévoit de déposer un audit d'ici la fin de l'année. En attendant, la Grande-Bretagne a interrompu ses commandes. Certes, nos réacteurs ne sont pas bâtis sur des zones sismiques pareilles à celles de l’archipel japonais, pas plus qu’ils ne sont exposés à des tsunamis aussi importants. Cependant, deux ou trois centrales françaises et allemandes se trouvent dans des zones de faible sismicité, comme celles allant de Fessenheim à Tricastin, et une inondation a eu lieu en 1999 à celle de Blaye près de Bordeaux dont la digue a été entre-temps renforcée et élevée. En France, la plus menacée, Fessenheim en Alsace, est aussi la plus ancienne. C’est elle qui serait sacrifiée la première si besoin était. Mais le gouvernement s'y est opposé et les 58 réacteurs français continuent de fournir du courant. C'est certain que le futur réacteur EPR avec ses normes de sécurité renforcées fera à l'avenir des amateurs. Même s'il coûte plus cher que les réacteurs sud-coréens et autres. Ce sera une des leçons que l'on tirera à coup sûr du drame de Fukushima.

Curieusement, la catastrophe limitée de Fukushima va entraîner une révision plus approfondie du nucléaire que la catastrophe totale de Tchernobyl. Peut-être parce que celle-ci avait un caractère plus exceptionnel. Le monde entier va se poser des questions. La centrale française de Flamanville où l'EPR devait fonctionner en 2014, recevra sans doute des aménagements et pourrait voir son programme retardé avant d'entrer dans un cycle "irréversible". La Finlande dont l'électricien TVO a entrepris d'installer l'autre EPR exporté, participera parallèlement à ces études. EDF, en France, prévoit de construire un second EPR à Penly en Seine-Maritime. Le démarrage du chantier est fixé à 2017, mais il pourrait être retardé. D'aucuns assurent que la France n'a pas un besoin absolu d'un second réacteur EPR. Le débat pourrait s'ouvrir sur cette question d'autant que le groupe Suez s'est retiré du projet il y a quelques mois. 

 

▪ La Chine nous sauve (dans l’immédiat) et nous coule (à plus ou moins long terme)

 Selon le commissaire européen à l’Energie Günther Oettinger  « Pékin achète l’Union Européenne. Nous vendons notre âme ». La chine a orchestré la sortie de crise du monde, elle est devenue le moteur de l’économie mondiale. « L’an dernier, sa contribution à la croissance mondiale a été de 27% », a noté Valérie Pagnol, directrice de recherche au Crédit Suisse France, citée par « Le Figaro-Magazine » (1) achète à tour de bras des entreprises en Europe et aux Etats-Unis, mais aussi des terres minières et agricoles en Afrique et maintenant en Amérique du Sud, des infrastructures, des ports, des aérodromes. Un coup spectaculaire a été le rachat pour trente-cinq ans de l’embarcadère n° 2 du Pirée en Grèce pour 3,5 milliards d’euros par la China Ocean Shipping Company (Cosco) en décembre 2008. Pour alimenter à des prix abordables le moteur en surchauffe de l’économie chinois, Pékin sécurise ses réserves de matières premières, pétrole et gaz, minerais ; et multiplie les accords de coopération pour exploiter les richesses du sous-sol au Brésil, en Russie, au Kazakhstan. Elle a la mainmise sur le riche sous-sol minier du Congo où elle a placé 25 milliards de dollars. On parle de la « Chinafrique ». La Chine qui n’avait chez elle que 10% des surfaces agricoles mondiales pour nourrir ses 1,4 milliards de citoyens, soit 22% des la population du globe, aurait acheté plus de 30 millions d’hectares de terres arables hors de ses frontières.

La Chine cerne ainsi l’Europe et les Etats-Unis, mais elle s’implante aussi dans leur espace économique et financier. Elle entre dans le vif des banques américaines, acquérant ainsi près de 10% de Morgan Stanley, profitant de l’anémie due à la crise et à une croissance faible de l’Ouest. Non contente de copier nos trains, nos avions, nos voitures, nos produits alimentaires, de nous inonder de joujoux et de faire monter les prix des matières premières, hydrocarbures inclus, suite à la forte demande de son industrie, elle a entrepris au cours des derniers mois de racheter les dettes grecque, irlandaise, portugaise, espagnole et autres. Elle détiendrait 7% de la dette européenne, sujet tabou à Berlin comme à Paris. Après les premiers rachats du début des années 2000, les investissements chinois à l’étranger ont été multipliés par vingt. Li Keqiang, vice-premier ministre chinois, était au début de janvier 2011 à Madrid où il s’est entretenu avec Elena Salgado, ministre espagnole de l’Economie, d’une augmentation des 43 milliards d’euros de dette espagnole, soit 10%  des titres madrilènes en circulation, que détient actuellement Pékin. En 2010, son patron Wen Jaibao avait fait sa tournée d’achats en Europe en promettant son généreux soutien aux Européens déficitaires. S’ajoute que la part d’emprunts américains et d’actions de Wall Street que détient la Chine est fabuleuse.

Où s’arrêtera sa boulimie ? Nous assistons à une guerre des monnaies dont Pékin est le vainqueur. L’explosion des dettes occidentales crée un dangereux déséquilibre : tandis que le dollar perd son pouvoir de monnaie pilote qu’il détenait depuis les accords de Bretton Woods en 1944, et que l’euro tout neuf lutte pour sa survie, Pékin se sert de sa « devise populaire », le Yuan, comme d’une arme pour se hisser au statut de superpuissance. Le Yuan est à la veille de devenir une des grandes monnaies de réserve. On crie à l’impérialisme financier chinois ! Il se double d’une offensive commerciale et économique. On se souvient du rachat de Volvo Automobile par le Chinois Geely, de Cerruti par Li & Fung, du motoriste de marine français Baudouin par Weichai, et ainsi de suite. En France, des sociétés chinoises ont acheté Lanvin (Shaw-Land Wan), TCK International (Téléviseurs Thomson), Le Cabanon (Chalkis), Marionnaud (AS Watson), NFM Technologies (NHI 70% du capital), le vignoble Château Latour-Lagens (Longhai International Trading) ,  Pierre Cardin (Zhongfu sous forme de licences en Chine), Château Chenu Lafitte (un groupe d’investisseurs chinois), le Club Med (Fosun 7,1 % du capital). Près de 300 personnalités du monde des affaires et de la finance, parmi elles la ministre Christine Lagarde, se pressaient le 18 janvier au Palais Brongniart, invitées pour inaugurer l’ouverture de la succursale parisienne de la plus grande banque chinoise et même mondiale, l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC).  Le Cabanon au cœur de la Provence depuis 1947 était le premier producteur de tomates français. Chinois depuis 2004, il se contente aujourd’hui de mettre en boîtes du concentré de tomates importé de Chine. Presque seule exploitante de métaux rares pour ordinateurs, téléphones portables et automates industriels, la Chine montre ces jours-ci en frappant ces minerais rares de restrictions et de droits qu’elle peut bloquer notre production d’électronique.

Dans l’immédiat, les Chinois nous sauvent. Il leur faut investir leurs immenses excédents en devises étrangères, évaluées à 2.600 milliards de dollars, l’équivalent de toute la richesse de la France. Pour placer un tel capital, il faut bien deux à trois ans. Aussi, qu’on se rassure, n’ont-ils pas pou objectif de déstabiliser l’euro. Sans quoi leurs juteux intérêts fondraient. Ces intérêts, d’autant plus élevés que leurs débiteurs sont moins solvables, ne peuvent les inciter à tuer ces poules aux œufs d’or que nous sommes. Les commandes passées par la Chine à l’industrie allemande, notamment, soutiennent en ce sortir de crise la croissance européenne et donc la crédibilité de l’euro. Mais cela crée des dépendances, d’autant que les exportations allemandes hors d’Europe, surtout vers la Chine, ont grandi plus vite en 2009 que les ventes sur le marché européen. Les chinois n’achètent pas seulement nos entreprises, ils achètent aussi nos produits estimant qu’il ne faut plus compter sur les Etats-Unis et l’Europe pour tirer leur croissance. Ce sont eux les maîtres de la croissance. Pour le moment, Pékin n’a pas intérêt à nous couler. Après, on verra. Tout est une question de temps. Les Chinois ne sont pas pressés. Dans les contacts personnels, « ils savent se montrer accueillants, peuvent inviter quelqu’un dix fois et ne poser des questions qu’au onzième rendez-vous », relate le général Daniel Scheffer, ancien attaché de Défense en Chine. En 1974, Alain Peyrefitte publiait son livre prophétique « Quand la Chine s’éveillera ». Il a fallu attendre un quart de siècle. Mais il faudra moins de temps peut-être pour qu’elle assoie sa domination sur le monde. Car nous assistons à une accélération de l’histoire. Si la crise mondiale a réduit le rythme de croissance des Etats-Unis, de l’Europe et de la Russie, elle n’a pas freiné la Chine qui profite des faiblesses des économies occidentales consécutives à la crise.

 Selon certains analystes, la Chine est un empire qui ne vise qu’à arrondir sa sphère sur les territoires qui la jouxtent, Tibet inclus, et à récupérer Taiwan, puis les îles de la Mer de Chine, avant d’étendre son ombre sur le Sud-Est asiatique qu’elle considère comme son glacis vers le Sud. Mais rappelons-nous qu’on disait de la Russie de Staline qu’elle ne visait elle aussi qu’à agrandir son lopin en Europe centrale et orientale. Or l’Union Soviétique avait établi des bases sur tous les continents et recélait dans ses tiroirs des plans d’attaque de l’Europe occidentale. Elle avait tenté de s’assujettir l’Afghanistan pour s’approcher d’un accès aux mers chaudes. La chine n’a pas l’intention de nous attaquer, mais son action est géopolitique (elle vise même la conquête de la lune). Ce qu’elle avait baptisé « l’émergence pacifique » est en train de devenir un expansionnisme. L’esprit impérial chinois se manifeste de plus en plus. N’oublions pas qu’à l’époque de la mondialisation, les distances ont rétréci sur la planète. Les files de tankers et de cargos s’allongent sur les mers du globe et les communications se font en temps réel. Nous avons mentionné ci-dessus quelques acquisitions industrielles des Chinois. Mais ils visent aussi à s’introduire dans les trésors agroalimentaires de l’Ouest. Aussi ont-ils pris pour cible les crus du Bordelais ?

Ainsi le numéro un de l’agroalimentaire chinois, Cofco, vient-il d’acquérir le château de Viaud à Lalande-de-Pomerol en Gironde. Cette propriété viticole appartenait depuis 2001 au négociant Philippe Raoux, créateur de la Winery, un des premiers sites oenotouristiques de Gironde. Cofco, société d’Etat, est le plus grand importateur de produits alimentaires en Chine. La société a acheté également plusieurs bouteilles de vin. Récemment nous visitions les caves d’un grand vigneron de Saint Emilion. Quelle ne fut pas notre surprise de voir une photo des propriétaires encadrés par un couple de Chinois fort sympathiques, lui grand et distingué, elle jolie à souhait. Il y a fort à parier que parmi les très nombreux et nombreuses stagiaires chinois qui gagnent leur argent de poche dans les vignes bordelaises, certains sont en mission de confiance de leur gouvernement. On compte 20 000 (sources françaises) à 30 000 étudiants chinois (sources chinoises) en France. Ils ne sont certes pas tous espions, loin de là, mais ce nombre laisse de la marge pour les services secrets des héritiers de Mao. Ainsi nous a-t-on conté l’aventure d’une superbe et extraordinairement intelligente jeune Chinoise, fille de fonctionnaires du parti et mandatée par une agence de filles au pair de Pékin, qui a épousé le fils d’une riche famille de vignerons du Bordelais. Depuis, les commandes affluent de Pékin…

Et l’on s’en félicite en France ! Bonnes nouvelles pour nos exportations ! Ainsi le quotidien « La République des Pyrénées" (2) mentionne-t-il que Daniel Minvielle, président du conseil d’administration du GIE Les Vins de Madiran, se réjouit de voir que la Chine est passée en tête de ses acheteurs avec 43 398 bouteilles vendues en 2010 sur un total de 45 006 bouteilles de la marque « 1907 », c'est-à-dire presque la totalité. « Compte tenu du potentiel de développement de ce pays un accompagnement spécial sur place en Mongolie intérieure chinoise, à Pékin et Shanghai est prévu. Mais peut-être ces « étudiants », observent-ils de près les alambics ! « Qu’à cela ne tienne : ils ne pourront pas emporter le terroir ! », argue une experte française en œnologie. Certes, mais ils peuvent l’acheter ou y mettre le grappin dessus en appliquant la devise : « Tu, felix China, nube ». « Les Chinois sont des copistes. Ils peuvent copier nos produits, mais ne savent pas innover à partir de ces produits », avance un diplomate allemand. Ne nous y fions pas ! Ce serait une grave erreur que de sous-estimer leurs capacités. Arrivée depuis vingt ans seulement sur le marché, la Chine cherche, depuis, à combler son retard technologique. « En 2006, le ministre chinois de l’industrie, constatant que leur production se faisait à partir de 70% de brevets étrangers, s’est donné quinze ans pour inverser cette situation », explique un expert sinologue.

Tout est bon pour y parvenir. « En Chine, l’espionnage est presque un devoir national », estime Franck Decloquement, expert en intelligence économique, cité par le quotidien « Aujourd’hui ». (3) Les chinois sont très patriotes et le régime communiste exploite à fond ce sentiment. Les attaques informatiques sur les sociétés françaises viennent de Chine dans 15% des cas, selon la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur). Les entreprises européennes ne s’en préoccupent guère et se frottent les mains de voir les Chinois acheter leurs produits, leurs technologies. Non contents d’envoyer des oiseaux migrateurs, les Chinois s’installent maintenant sur les domaines de leurs futures victimes. Ainsi la caserne de Châteauroux dans le département de l’Indre, quittée par les militaires français suite aux réductions d’effectifs, et l’ancienne base aérienne de l’Otan accolée, 500 hectares viabilisés, avec une localisation géographique unique en Europe, à égale distance de Gibraltar et de la Pologne, va-t-elle servir de logis à une cinquantaine de « patrons » chinois qui vont y installer leurs usines d’assemblages. Les élus locaux s’en félicitent : il y a va de 4 000 créations d’emplois dont 80% pour la main d’œuvre local, avec 1500 salariés nouveaux et leurs familles en plus. Mais la France livre ainsi un site économique à un seul pays qui pourra faire venir par exemple des tissus fabriqués en Chine, les transformer en vêtements en France et coller dessus des étiquettes « made in France ». Alors que ces vêtements seront à 100 % chinois. Ouvrir en France essentiellement des « usines de montage », est une menace si un jour les produits semi-finis de Chine ne sont plus livrés. Or, on s’inquiète à l’Ouest de la surchauffe de la croissance chinoise (10,5%). Peut-être Châteauroux connaîtra-t-il le sort Prato, capitale du textile italien en Toscane, passée presque totalement sous la coupe de Chinois. (4) Etouffées par des concurrents qui vendent 5 € des robes « made in Italy » à partir de tissus importés de Chine, de nombreuses entreprises italiennes ont dû fermer boutique. Les 23 000 Chinois venus s’installer légalement en Toscane ont été suivis par 17 000 travailleurs clandestins. Alors pour les créations d’emplois en Europe, mieux vaut ne pas trop espérer… D’autant que c’est la maffia qui gère le flux des clandestins. Les arrestations se succèdent, mais on ne peut endiguer le flux. Pour l’espionnage industriel, les Chinois utilisent les procédés classiques de l’espionnage politique et militaire résumés par l’acronyme MICE : M comme money, I comme idéologie, C comme compromettre et E comme ego, c'est-à-dire la flatterie, la séduction. Les « hirondelles », ces gentilles hôtesses que les Soviétique lançaient sur les politiciens et les industriels occidentaux, ne sont pas moins nombreuses en Chine qu’elles l’étaient jadis sous Khrouchtchev et Brejnev. Les promesses de salaires mirifiques, les appels d’offres avec surenchère entre concurrents occidentaux qui s’empressent de former des Chinois à leurs méthodes, tout cela jusqu’à ce que la Chine en sache assez. Alors elle ferme le dossier. Il y a aussi les entreprises européennes invitées à s’associer à un partenaire chinois – ce qui est d’ailleurs la règle – pour s’installer en Chine. Ils lui transfèrent une partie de leur technologie. Après un certain temps, des concurrents locaux émergent qui proposent des produits identiques sous la direction du « partenaire » chinois. Passons sur les rachats d’entreprises occidentales dont des copies apparaissent peu après en Chine. Quand on ne va pas piller les ordinateurs des Occidentaux laissés dans les hôtels ou des trains chinois à grande vitesse, copie conforme et hybride de l’ICE allemand et du TGV français.

On cite parfois des cas pendables. Ainsi ce membre d’une délégation chinoise qui visitant une usine occidentale de colorants avait fait tremper sa cravate dans une cuve pour ramener un échantillon chez lui, et ces autres qui avaient des semelles de crêpe pour récupérer les copeaux le plastique qui jonchaient le sol. Le cas le plus choquant est une aventure arrivée à Schneider Electric qui fabriquait un crochet de 5 mm pour disjoncteur électrique protégé par un brevet depuis 1996. Chint, son concurrent chinois se mit à fabriquer le même crochet et attaqua en 2006 Schneider devant les tribunaux pour contrefaçon. Le tribunal de Wenzhou condamna Schneider à cesser sa production en Chine et à payer une amende de 330 millions de yuans (33 millions d’euros). Schneider finit par verser la moitié de cette amende.

                                                                                                                                                C. Cazamayou

(1) Quand la Chine rachète le monde“, par Ghislain de Montalembert et Sophie Roquelle dans „Le Figaro Magazine du 29 janvier 2011.

(2) „La Chine s’éveille au Madiran“, dans „La République/Eclair Pyrénées“ (Groupe Sud-Ouest) du 30 janvier 2011.

(3) « Espions chinois. Des méthodes de renseignement très organisées » dans le quotidien « Aujourd’hui » du 1er février 2011.

(4) Voir notamment „Les soldats de l’ombre de l’économie chinoise“ par Arnaud de La Grange, dans ‚Le Figaro“ du 28 janvier 2011, et Roger Faligot „Les Services secrets chinois, de Mao à nos jours“, Nouveau Monde Editions, 2011

 

 

 

▪ Encore des crimes de musulmans fanatiques  

Et une quasi-bavure des militaires allemands en Afghanistan 

Les bonnes âmes de la gauche européenne et le clergé protestant et catholique nous ressassent que l’islam est une religion comme les autres et que ses fidèles sont pacifiques et tolérants. On a vu récemment les clergés chrétien, juif et musulman signer en France une déclaration commune contre le débat ouvert par le gouvernement français sur la laïcité et l’islam.

Ce texte ne cherche pas vraiment à défendre la laïcité qui est une des lois fondamentales de la France et qui distingue ce pays de toutes les autres nations. Je ne suis pas sûr d’ailleurs que les religieux apprécient vraiment la laïcité. Car cette déclaration est plutôt un plaidoyer pour l’islam que pour la laïcité. Il assure devant témoins que l’islam et la laïcité font bon ménage. Or on ne compte plus les crimes et les actes de violence qui se commettent au nom de l’islam de par le monde.

 Certes, les violences se passent ailleurs, au Moyen-Orient, en Indonésie, en Afrique. Mais nous ne sommes pas à l’abri. Il y a eu chez nous aussi en Europe des attentats islamistes. Et non pas des attentats chrétiens ou juifs (ou bouddhistes). Les chrétiens peuvent-ils vraiment mettre leur main au feu pour absoudre l’islam de tout péché d’intolérance ? Certainement pas. De  plus, on cherche encore les musulmans qui manifesteraient contre des attentats et assassinats perpétrés par des islamistes. Beaucoup de Français estiment qu'en cas de grabuge la majorité des musulmans de France se rangeraient du côté de leurs coreligionnaires.

Certes, des chrétiens fondamentalistes commettent des actes pas toujours empreints de tolérance et de bonté. Mais il s’agit en général de gestes symboliques. Comme de brûler un Coran ou d’enterrer un porc là où des musulmans veulent construire une mosquée. Ou de caricaturer Mahomet comme l’ont fait des journalistes danois. Cela avait commencé au XVIIIème siècle avec Voltaire. Le philosophe des Lumières avait écrit une pièce "islamophobe" avant la lettre. En réalité, cette pièce de Voltaire était dirigée à l’époque contre l’intolérance chrétienne. Avec la République, cela a bien changé. Protestants et catholiques sont de nos jours hyper-tolérants. Et les musulmans ne le sont pas. Sauf s'ils sont en minorité.

Je ne veux pas faire d’amalgame. L’Afghanistan est théoriquement loin de l’Europe. Mais ce qui s’est passé le 1er avril dernier dans ce pays montre que ce n'est pas le cas. Des chrétiens fanatiques avaient brûlé un Coran aux Etats-Unis. Cet acte imbécile a provoqué une manifestation de musulmans dans la ville de Mazar- i - Sharif au Nord de l’Afghanistan. Pourquoi là ? En quoi cela concerne-t-il les gens de cette ville ? Allez comprendre ! Une manifestation soi-disant pacifique. Qui tourna vite à l’émeute quand les manifestants attaquèrent les bâtiments des Nations Unies et tuèrent sept étrangers, quatre gardes népalais, une Norvégienne, un Suédois et un Roumain. Ce ne sont pas les premiers humanitaires venus apporter aide et soutien en pays musulman à se faire massacrer.  Trois manifestants furent également tués parce que les gardes avaient tenté visiblement de se défendre.

Selon un témoin afghan, certains des manifestants portaient des armes à feu. Pas si pacifique, donc, la manifestation ! Trois Européens des Nations Unies avaient trouvé refuge dans une pièce fortifiée de leur bâtiment avec le chef de leur mission, un Russe. Mais les manifestants réussirent à forcer l’entrée de ce réduit. Le Russe parvint à convaincre les agresseurs qu’il était musulman. A titre de preuve, il leur récita à leur demande un verset du Coran : « Il n’y a pas d’autre Dieu qu’Allah »… Ils le tabassèrent et le laissèrent en vie, mais ils tuèrent ses trois collègues. Une collaboratrice allemande des Nations Unies et trois ou quatre autres de ses collègues s’étaient réfugiés dans une autre chambre forte dans un autre bâtiment. Les manifestants ne les trouvèrent pas. Ils n’étaient pas pour autant sauvés. Ils réussirent à appeler les militaires de l’ISAF au secours, visiblement par un texto sur un portable.

Mais ces soldats, des Allemands, ne savaient pas ce qu’était l’UNAMA, la Mission de l’ONU en Afghanistan. Il s’écoula selon eux une heure avant qu’ils soient intervenus. Selon d’autres sources, trois heures passèrent avant qu’ils soient accourus pour délivrer les survivants qui ont vécu la pire angoisse de leur vie. Peut-être y aurait-il eu moins de morts si les militaires avaient agi rapidement. Le "Wall Street Journal" a cité un diplomate selon lequel un militaire allemand aurait posé la question après avoir reçu l’appel à l’aide : « Qu’est-ce que l’UNAMA ? ».  Il y a aussi un contingent suédois à Mazar - i - Sharif. Les Suédois, eux, n’ont rien su, rien fait. Toutes proportions gardées, est-ce que cela ne rappelle pas la passivité des 400 Casques bleus hollandais à Srebenica en juillet 1995 ?

Naturellement, les imams d’Europe seront les premiers à déplorer voire à condamner ce qui s’est passé à Mazar - i - Sharif. Je préfèrerais qu’ils disent que brûler le Coran ne justifie aucun acte de violence. Qu’un Coran n’est que du carton et du papier. Que rien ne légitime les massacres. Que tout homme qui tue au nom du Coran est excommunié et ira en enfer; Le fanatisme islamique est vraiment un des très grands dangers de notre temps. Il gagne du terrain dans le monde et l’on est en droit de demander aux musulmans si cette menace ne va pas atteindre l’Europe. Surtout si les musulmans deviennent ici de plus en plus nombreux, comme l’a indiqué le ministre français de l’Intérieur. Que font-ils pour stopper sa progression ? Pour réformer leur religion et procéder à une exégèse critique de leur texte sacré ? S’ils ne font rien, faudra-t-il limiter davantage l’accès de l’Europe aux musulmans ? La question est posée. Ce n’est qu’une question.  

                                                                                                                            Philibert Leisner

 

▪ La menace nucléaire iranienne se poursuit malgré des obstacles techniques 

Téhéran continue de développer ses capacités militaires en dépit des sanctions et d'autres tentatives de l'Occident de faire obstacle au programme d'armes nucléaires iranien.

La République islamique met en garde que toute tentative d'imposer des sanctions plus sévères contre l’Iran sera considérée avec une détermination encore plus grande à faire avancer son programme nucléaire.

" Si les puissances menaçaient encore avec des sanctions, elles devraient savoir que toutes les sanctions qui ont déjà été imposées et les centaines d'autres qui seront imposées n'affecteront aucunement la volonté de l'Iran, et ne feront qu'accélérer notre progrès, " selon l'agence de presse iranienne Fars, citant le président Mahmoud Ahmadinejad. [1]

Le négociateur nucléaire iranien a averti mercredi que les prochains pourparlers à Istanbul avec l'Allemagne et les membres permanents du Conseil de Sécurité de l'ONU seraient le point de non retour en ce qui concerne l'Iran.

"(Ce) pourrait être la dernière chance pour l'Occident de reprendre les pourparlers, " a dit Ali Asghar Soltanieh. [2]

The New York Times dimanche dernier [3] suggérait que les États-Unis et Israël étaient à l'origine du virus informatique Stuxnet sur les usines nucléaires iraniennes – ce qui a incité certains officiels des services secrets israéliens à affirmer que l'Iran ne possédera pas d'armes nucléaires avant 2015.

Néanmoins, des analystes régionaux avertissent qu'être complaisant ou ne pas agir immédiatement contre Téhéran pourraient avoir des conséquences terribles. Selon eux, telles estimations des services secrets ne se substituent pas à la politique.
"
La stratégie iranienne consiste à maintenir le processus diplomatique tout en poursuivant toutes leurs activités nucléaires et en limitant le risque d'options coercitives telles que les nouvelles sanctions ou même le risque d'une action militaire, " a dit Bruno Tertrais, un principal chercheur boursier auprès de la Fondation pour la Recherche Stratégique, située à Paris. [4]

La menace iranienne ne vise pas seulement Israël et les intérêts américains dans la région mais aussi les pays arabes modérés. Téhéran a déjà montré sa force en déstabilisant la région par l'intermédiaire de son mandataire au Liban, le Hezbollah.

Même sans des armes nucléaires, les capacités de l'Iran sont considérables. Son arsenal comprend toute la gamme des missiles surface, air et mer avec des portées estimées jusqu'à 2 000 kilomètres. 

Des experts prétendent que l'effort diplomatique actuel devrait consister à empêcher l'Iran de développer la capacité de construire des armes nucléaires – y compris des matières nucléaires, des moyens de livraison et l'expertise.

" Plus de 350 sociétés et organisations iraniennes ont été impliquées dans la poursuite de la technologie nucléaire et de missiles entre 2006 et 2010,  "ont montré les documents de WikiLeaks, selon le journal norvégien Aftenposten. [5]

"Depuis des années, l'Iran s'efforce d'acquérir les pièces, l'équipement et la technologie nécessaires pour développer de telles armes, en violation des sanctions de l'ONU contre le programme nucléaire et des missiles du pays, " a ajouté l'article.

                                               Diana Gregor  diana.gregor@realite-eu.org +44 (0)20 3239 7342  - 19.01.2011

Références :

[1] “Envoy Judges World Powers' Refusal to Visit Iran's N. Sites as Naïve Move,” Fars News Agency, January 16, 2011, http://english.farsnews.com/newstext.php?nn=8910261344 ;[2] Mostafavi, Ramin: “Talks could be     West's "last chance": Iran envoy,” Reuters, January 12, 2011, http://www.reuters.com/article/idUSTRE70B1HC20110112;[3] Broad, William J.; Markoff, John & Sanger, David E: “Israel Tests on Worm Called Crucial in Iran Nuclear Delay,” he New York Times,January 15, 2011; http://www.nytimes.com/2011/01/16/world/middleeast/16stuxnet.html?_r=1&hp; [4] “Iran Warns of ‘Last Chance’ to Swap Uranium,” Global Security Newswire, January 12, 2011, http://www.globalsecuritynewswire.org/gsn/nw_20110112_1826.php[5] Arrott, Elizabeth “Iran Missile Program,” Voice of America, September 28, 2009, http://www.globalsecurity.org/wmd/library/news/iran/2009/iran-090928-voa01.htm

 

▪ Inde-Iran : des liens solides qui favorisent le régime

Le président américain Barack Obama voyage en Inde le 6 novembre 2010.Il rencontrera des officiels du gouvernement indien pour discuter d'une liste de 41 sociétés susceptibles d'avoir violé les sanctions des États-Unis et de l'UE contre l'Iran. [1] Une des sociétés spécifiée est la Société de Gaz Naturel et de Pétrole Videsh Ltd. (OVL), la deuxième plus importante société indienne en termes de production de pétrole et d'avoirs de pétrole et de gaz. OVL fait actuellement des affaires avec l'Iran et envisage d'augmenter son activité avec le champ de gaz de Farzad-B. La société souhaite que le gouvernement indien demande au président des États-Unis de l'exempter de ces sanctions. [2] Une disposition dans les sanctions permet à des pays aux ressources insuffisantes de demander une exemption pour les projets en cours. [3] L'Inde prétend manquer d'énergie et dépendre du gaz et du pétrole pour répondre à une demande domestique croissante d'énergie.  [4]

L'Inde occupera le siège asiatique en tant que membre non permanent au Conseil de Sécurité de l'ONU en janvier 2011. Le dernier mandat de l'Iran remonte à près de 20 ans, de 1991-1992. [5] Dans les deux prochaines années, l'Inde jouera un rôle plus actif dans la diplomatie internationale. Dans une conférence de presse, le ministre indien des Affaires étrangères, S M Krishna, a dit : " L'Inde sera la voix de la modération et d'un engagement constructif. " [6] Avec cette nouvelle disposition, l'Inde et ses relations avec l'Iran seront mises à l'épreuve.

Relations diplomatiques

L'Inde et l'Iran ont établi des relations profondes depuis la fin de la guerre froide. [7] Au cours de la guerre froide, l'Inde et l'Iran étaient opposés. Les améliorations considérables dans les relations entre les deux pays ont commencé dans les années 90 et se sont poursuivies après la visite en Iran, en 1993, du Premier ministre indien, Narashima Rao. Les contacts diplomatiques développés au cours des années suivantes ont entraîné la Déclaration de Téhéran de 2001, établissant les bases pour la coopération dans le secteur de la défense.[8] En janvier 2003, le président iranien Seyyed Mohammad Khatami a voyagé en Inde où les deux chefs d'État ont signé l'Accord de New Delhi, qui s'est développé à partir de la Déclaration de Téhéran, et a engagé davantage les deux États à des niveaux plus profonds y compris la coopération militaire.[9]

L'Iran joue un rôle essentiel dans la stratégie de sécurité nationale de l'Inde. Avec un consulat situé dans le port d'Abbas, au sud de l'Iran, l'Inde observe le passage régulier de 60% du pétrole mondial qui traverse le détroit d'Ormuz. [10] L'Inde a également un consulat situé dans la province Balochistan en Iran le long de la frontière du Pakistan afin de contrôler les activités du pays depuis l'Ouest. [11] En raison des relations étroites entre l'Iran et le Pakistan, il est impératif que l'Inde soutienne la position de l'Iran sur le statut du Cachemire. Le Cachemire, un territoire contesté par le Pakistan et l'Inde, est le principal sujet de tension entre les deux pays depuis au moins les 60 dernières années.

Deux principaux obstacles subsistent dans les relations entre l'Iran et l'Inde : le léger désaccord de l'Inde sur le programme nucléaire iranien ainsi que ses relations étroites avec Israël. L'Inde, État membre au sein de l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA) depuis 1957, compte parmi les 35 États au conseil de l'AIEA. Succombant à la pression occidentale, l'Inde a voté en faveur des deux résolutions contre le programme nucléaire iranien en septembre 2005 et en février 2006. [12] Dans la dernière ligne droite avant les votes, l'Inde a influencé les nations européennes pour atténuer leurs résolutions. Les experts pensent que la situation de l'Iran s'est améliorée grâce à l'ingérence de l'Inde.[13]

Les relations entre l'Iran et l'Inde sont davantage tendues en raison des relations favorables entre l'Inde et Israël. Israël est non seulement le deuxième plus grand fournisseur d'armes de l'Inde mais il forme également une partie du personnel militaire du pays. Les deux pays collaborent dans la fabrication de roquettes, de systèmes de défense et du matériel militaire haute-technologie. [14] L'Inde et Israël travaillent également ensemble dans le marché de l'espace alors que l'Inde a lancé en 2007 son espace satellite appartenant à Israël, TechSAR, ce qui a provoqué les vives protestations de l'Iran. [15] Les liens solides avec les États-Unis/Israël d'un côté et avec l'Iran de l'autre placent l'Inde dans un rôle de médiateur potentiel dans le conflit du programme nucléaire. [16]

Relations économiques

Les relations entre l'Inde et l'Iran sont profondément ancrées dans l'énergie, l'Inde étant dépendante des importations de pétrole brut de l'Iran et l'Iran comptant sur les capacités de raffinage de l'Inde. [17] L'Iran fournit actuellement à l'Inde 15% de ses besoins en pétrole brut, qui s'élèvent à plus de 2,5 millions de barils par jour. Au cours de l'exercice précédent, l'Inde a importé 21 millions de tonnes de pétrole de l'Iran. [18]  Ce besoin en pétrole brut qui s'élève à 15% devrait augmenter alors que l'économie de l'Inde prospère. [19] En contrepartie, les sociétés de raffinage indiennes fournissent à l'Iran 40% du pétrole raffiné de l'Iran qu'il est incapable de produire aujourd'hui. [20] En mai 2009, il a été rapporté que l'Inde a augmenté ses importations de pétrole brut iranien au lieu du pétrole d'Arabie Saoudite. [21]

Reliance Industries cesse son activité avec l'Iran

En mai 2009, succombant à la pression américaine, la société indienne privée de raffinage, Reliance Industries, a cessé d'acquérir le pétrole brut de l'Iran. [22] La société a également dit qu'elle ne renouvellerait aucun contrat pour importer du pétrole brut d'Iran au cours de l'exercice 2010. En janvier 2010, elle a réduit ses importations en provenance d'Iran de 83% par rapport à l'année précédente et n'a pas acquis de pétrole brut aux mois de février et mars 2010. [23] Mais, en 2009, Hindustan Petroleum Corp., une compagnie pétrolière appartenant à l'État a annoncé qu'elle triplerait la quantité de ses importations de pétrole iranien pour les exercices 2009-2010. [24]

Alors que l'Inde a dit qu'elle respecterait la dernière série de sanctions du CSNU contre l'Iran, la Résolution 1929 adoptée en juin 2010, l’Inde continue d’ encourager le dialogue plutôt que des sanctions unilatérales et s'oppose à d'autres sanctions unilatérales des États-Unis et de l'UE. [25] Les investissements des sociétés indiennes en Iran n'ont pas dépassé les 20 millions de dollars américains dans une période de 12 mois et, par conséquent, ne violent pas encore la loi américaine.

En juillet 2010, le gouvernement indien a exprimé ses inquiétudes quant aux conséquences que pourrait avoir le U.S. Comprehensive Iran Sanctions, Accountability and Divestment Act of 2010 (la loi globale de 2010 sur les sanctions contre l'Iran, la responsabilité et la cession) sur la sécurité énergétique du pays et sur les sociétés indiennes. Le Secrétaire indien du pétrole, S. Sundareshan, a demandé aux sociétés telles OVL, IndianOil, Oil India Ltd, PetroLNG et Hinduja Group ayant des investissements dans le secteur énergétique iranien de faire appel à un conseiller juridique avant de signer des contrats. [26] IOC, OVL et OIL envisagent d'investir 5,5 milliards de dollars pour développer le bloc perse et il existe un autre accord entre OVL, Hinduja Group, ONGC et Petronet pour investir 10 milliards de dollars dans South Pars. [27]

À la suite du rapport de septembre 2010 de l'AIEA, les États-Unis, l'UE et d'autres puissances ont exprimé leurs inquiétudes quant au programme nucléaire iranien. L'Inde n'en faisait pas partie. Au lieu de cela, l'Inde a tenté d'exempter une de ses sociétés en participation des sanctions de l'ONU et a soutenu une déclaration publié par les 118 membres du Mouvement des Non Alignés critiquant le rapport. [28]

Investissement indien de 5,5 milliards dans le bloc perse

En juin 2009, après qu'un champ de gaz dans la région de Farzad-B du bloc perse à la frontière saoudienne a été découvert, un consortium de compagnies pétrolières indiennes, y compris ONGC Videsh Ltd et ses partenaires Indian Oil Corp et Oil India Ltd, a proposé un plan pour produire du gaz naturel et construire une usine de liquéfaction pour convertir le gaz en GNL (gaz naturel liquéfié). Le champ de gaz devrait contenir sur place des réserves à hauteur de 6,61  trillions de mètres cubes dont 3,98 peuvent être extraits. [29] Actuellement, OVL et IOC ont chacune 40% de participation dans le bloc perse off-shore de 3 500km carrés qui a été alloué au consortium en 2002. [30]

Les trois sociétés du consortium sont listées parmi les sociétés qui violent les dispositions des sanctions américaines contre l'Iran. [31] Les conseillers juridiques du consortium maintiennent que les sanctions ne peuvent pas empêcher l'Inde de développer ses affaires en Iran, bien que sans financement adéquat il soit impossible de poursuivre le projet. L'Inde espère que les États-Unis soient cléments et exemptent le consortium des toutes dernières sanctions. 

Gazoduc de la paix entre l'Iran, le Pakistan et l'Inde

En raison de la demande croissante de l'Inde en énergie, un gazoduc a été proposé en 1994 pour livrer du gaz naturel depuis l'Iran en Inde et au Pakistan. Le projet estimé à 7,5 milliards de dollars aurait du à l'origine transporter 60 millions de mètres cubes de gaz par jour, ce qui pouvait par la suite augmenter à 150 millions de mètres cubes. [32] Dès le début, l'Inde était sceptique tant par les prix du gaz iranien que par la participation du Pakistan. En septembre 2009, l'Inde s'est retiré du projet en faveur d'un contrat nucléaire civil indo-américain. [33]

Malgré le retrait indien du projet et la pression américaine sur le Pakistan pour qu'il en fasse de même, les projets de gazoduc entre l'Iran et le Pakistan se poursuivent. Les sanctions américaines et celles de l'ONU ont retardé la construction du gazoduc. [34] [34] Il devrait être terminé en 2015. [35] [35] Il y a certaines spéculations quant à savoir si l'Inde réintégrera le projet. Aujourd'hui, l'Iran et le Pakistan restent ouverts à une future participation de l'Inde et peut-être du Bangladesh. [36]

Gazoduc souterrain

Des négociations sur un gazoduc souterrain entre l'Iran, l'Inde et le Turkménistan ont été organisées au mois de juillet dans le cadre de la 16e commission conjointe de deux jours, co-présidée par le ministre indien des Affaires étrangères, S M Krishna, et le ministre iranien des Affaires économiques, Syed Hosseini.[37] En raison de l'appréhension de l'Inde sur la participation du Pakistan, le gazoduc IPI et le retrait consécutif du projet, ce gazoduc contournera le Pakistan. Le Turkménistan a proposé de transporter du gaz vers le nord de l'Iran sous le contrôle de l'Inde et de l'Iran, tour à tour, de transporter du gaz dans les gisements du sud en Inde via la mer d'Oman. [38]

La South Asia Enterprise Private Ltd (SAGE), qui devrait développer le projet, a déclaré que la première jambe du gazoduc ira transporter 31 milliards de mètres cubes et coûtera environ 4 milliards de dollars.[39] La partie submersible du gazoduc commencera à Chabahar, ville portuaire iranienne, et livrera du gaz à Gujarat, en Inde.[40] Ce projet est un important engagement fiscal et nécessitera le soutien international. L'Italie a exprimé son intérêt à soutenir le projet.

                                                                              Diana Gregor diana.gregor@realite-eu.org - +44 (0)20 3239 7342 (05.11.10)

Références: [1] “Indian oil firms may face US sanctions for ties with Iran,” Domain-b.com, September 16, 2010, [2] Mishra, Richa: “Iran deal: OGNC Videsh wants sanction waiver,” The Hindu Business Line, October 3, 2010 [3] Ibid.[4] Ibid.[5] Baghi, Indrani: “India back on UNSC after 19 years, but permanent seat still a dream,” The Times of India, October 13, 2010, [6] Ibid,[7] “India wants Iran gas: ambassador,” Tehran Times, August 16, 2010, and: LaFranchi, Howard: “Does US road to better relations with Iran pass through India?,” July 18, 2009, [8] Fair, Christine: “Indo-Iranian Ties: Thicker than Oil,” The Middle East Review of International Affairs, March, 2007, [9] Ibid.[10] Khatinoglu, Dalga: “India approaches US, willing to keep relations with Iran,” Trend News, February 24, 2010, [11] Ibid. [12] Ibid.[13] Fair, Christine: “Indo-Iranian Ties: Thicker than Oil,” The Middle East Review of International Affairs, March, 2007, [14] Khatinoglu, Dalga: “India approaches US, willing to keep relations with Iran,” Trend News, February 24, 2010, [15] Ibid.[16] LaFranchi, Howard: “Does US road to better relations with Iran pass through India?,” July 18, 2009, [17] “India wants Iran gas: ambassador,” Tehran Times, August 16, 2010, and: LaFranchi, Howard: “Does US road to better relations with Iran pass through India?,” July 18, 2009, [18] Mishra, Richa: “Iran deal: OGNC Videsh wants sanction waiver,” The Hindu Business Line, October 3, 2010, [19] Kahn, Jeremy: “India’s Nuclear Diplomacy,” Newsweek, August 9, 2010, [20] LaFranchi, Howard: “Does US road to better relations with Iran pass through India?,” July 18, 2009, [21] Verma, Nidhi: “India buys more Iran, less Saudi crude oil in’08/09,” Reuters, May 7, 2009, [22] Pachymuthu, Luke and Verma, Nidhi: “Reliance not renewing Iran crude import deal – sources,” Reuters, April 1, 2010, [23] Ibid., [24] Kahn, Jeremy: “India’s Nuclear Diplomacy,” Newsweek, August 9, 2010, [25] Nelson, Dean: “US warns India not to break Iran sanctions,” Telegraph, July 13, 2010, [26] “Oil PSUs to seek legal opinion on impact of sanctions on Iran,” Manorama online, July 22, 2010, [27] Ibid., [28] Pant, Harsh V.: “Delhi’s Tehran Conundrum,” The Wall Street Journal, September 20, 2010, [29] “OVL, IOC, OIL to invest $5bn in Iran gas field,” June 25, 2009, The Times of India, [30] Ibid., [31] “Indian oil firms may face US sanctions for ties with Iran,” September 16, 2010, [32] Majumdar, Bappa and Verma, Nidhi: “Iranian president tries to seal India pipeline,” Reuters, April 29, 2008, [33] Bhardwa, Privanka: “The Iran-Pakistan-India Pipeline…Delayed (Again),” Energy Tribune, April 7, 2009, [34] Sethuraman, Dinakar:“Pakistan Gas Import Plans Delayed by Floods, Iran Sanctions: Chart of Day,” Bloomberg, August 22, 2010 [35] Hafezi, Parisa: “Iran approves ‘peace pipeline’ deal with Pakistan,” Reuters, June 13, 2010, [36] “India mulls importing gas from Iran via sea: Report,” The Times of India, September 9, 2010, [37] Prashar, Sachini: “Costly underwater pipeline back on India-Iran talks table,” The Times of India, July 11, 2010 [38] “India, Iran discuss underwater gas line bypassing Pak,” The Times of India, June 8, 2010, [39] “India, Iran discuss building underwater gas pipeline,” Financial, May 25, 2010, [40] “India, Iran Mull Underwater Gas Pipeline,” Energy Tribune, May 27, 2010.

 

▪ Le Sénégal : Échec des efforts iraniens avec l’Afrique

WikiLeaks détaille la contrebande d'armes mondiale par l'Iran vers les groupes terroristes

Le Sénégal rompt les relations diplomatiques avec l'Iran en raison des fournitures d'armes iraniennes aux rebelles accusés d'avoir tué trois soldats sénégalais au début de cette semaine.[1]

Cette initiative pourrait être un considérable échec pour les efforts de la République islamique d'entretenir des liens avec les nations africaines alors qu'elle cherche à rompre son isolement diplomatique et économique.

Les activités de l'Iran en Afrique ont soulevé des inquiétudes en Occident et sont perçues par certains comme un test de l'influence américaine. [2] 

L'Iran expédie des armes en violation des sanctions de l'ONU 

Ces dernières années, le Sénégal a été perçu comme " le passage de l'Iran en Afrique ". [3] Mais en décembre, Le Sénégal a rappelé son ambassadeur en Iran, en disant qu'il n'était pas satisfait des explications données par Téhéran au sujet de la saisie de roquettes et autres explosifs cachés dans des conteneurs de matériaux de construction au Nigéria en octobre. [4] L'expédition d'armes était censée être accompagnée par des membres des Forces Qods [5] – la branche principale grâce à laquelle l'Iran soutient des groupes terroristes à l'étranger. 

Cette semaine, le ministère des Affaires étrangères a associé des armes fournies par l'Iran à une attaque au sud de la région de Casamance qui a causé la mort de trois soldats sénégalais. 

" Le Sénégal est indigné de constater que des armes iraniennes sont responsables de la mort de soldats sénégalais. Par conséquent, le Sénégal a décidé de durcir ses relations diplomatiques avec la République islamique d'Iran, dès aujourd'hui, " selon une annonce du ministère des Affaires étrangères à la télévision officielle en début de cette semaine. [6]

Le Nigéria a rapporté l'incident le mois dernier à l'ONU, l'Iran étant interdit d'expédier des armes à l'étranger.[7] 

Quelques jours plus tard, le Nigéria a également saisi près de 130 kilogrammes d'héroïne cachés dans des pièces auto expédiées en provenance de l'Iran. [8] 

La Gambie a rompu ses relations avec la République islamique en raison du chargement d'armes de l'année dernière, ordonnant aux diplomates iraniens de quitter le pays. [9] 

"Ce qui est arrivé est manifestement un grand signal d'alarme, " a dit Gala Riania, un expert du Proche-Orient à IHS Global Insight, un groupe de recherche basé à Lexington, dans le Massachusetts. " Cela va sans aucun doute rendre les pays d'Afrique de l'Ouest beaucoup plus prudents à l'égard de l'Iran." [10]

L'Iran cherche à briser l'isolement

L'isolement politique et économique, de plus en plus important en raison de son programme d'armement nucléaire apparent, a incité l'Iran à poursuivre des relations étroites en Afrique, pour tenter de bloquer les actions diplomatiques à son encontre par l'ONU et s'implanter dans de nouveaux marchés.[11] 

" A la suite des sanctions, leurs liquidités et l'accès aux marchés financiers sont limités, " a dit Sanam Vakil, un professeur subalterne de politique iranienne et du Proche-Orient au sein de l’université des études internationales avancées Johns Hopkins à Baltimore. " Leur économie est mise à trop rude épreuve. Ils n'ont pas autant de ressources pour investir à l'étranger. " [12]

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, qui a dit n'avoir vu " aucune limite ni restriction " à la coopération de l'Iran avec l'Afrique. Il s'est rendu en Afrique au moins trois fois cette année, promettant de développer le commerce et d'investir dans des projets de développement. [13]

Mais, conformément à des sources iraniennes, vingt pays d'Afrique ont récemment menacé de fermer leurs ambassades à Téhéran suite à ce qu'ils appellent l'échec de Mahmoud Ahmadinejad à respecter les promesses qu'il avait faites au cours de ses voyages sur le continent. [14]

L'Iran porte son attention sur les pays à fortes populations musulmanes et accuse sans arrêt les " puissances colonialistes " de la pauvreté en Afrique. 

" Nous ne souhaitons pas dépouiller l'Afrique comme les autres occidentaux et colonialistes, et nous aspirons à des relations économiques bilatérales profitables des deux côtés, " a dit à Téhéran en novembre, l'ancien ministre iranien des Affaires étrangères, Manouchehr Mottaki. [15] 

Mais certains des principaux officiels africains ont attaqué Mahmoud Ahmadinejad en raison de sa réputation en matière des droits de l'homme. " Il a construit sa réputation de belliciste, piétinant les droits de l'homme, un exécuteur des voix dissonantes et un chef à la légitimité douteuse, " a déclaré le mouvement du Zimbabwe pour le changement diplomatique au cours de la visite de Mahmoud Ahmadinejad au pays l'année dernière.
[16]

"Grand test de l'influence américaine"

Les efforts de l'Iran en Afrique son un " grand test " de l'influence des États-Unis, a dit Alex Vines, un analyste de l'Afrique à Chatham House, le groupe de recherche basé à Londres. " Pour les États-Unis, d'autres pouvoirs émergeants en Afrique ne seraient pas si préoccupants, mais l'Iran est en quelque sorte programmé pour préoccuper les diplomates américains, " a-t-il dit. " Ce qui distingue l'Iran de la Turquie ou même de la Chine.” [17]

Et au moins un législateur principal du parti républicain a averti les Africains de s'éloigner de l'Iran s'ils souhaitent une autre aide des États-Unis.
" Les gouvernements africains qui établissent des relations étroites avec l'Iran sont des gouvernements avec lesquels nous souhaitons faire des affaires, " a dit Ed Royce, le républicain haut-placé pour le sous-comité du Congrès sur la prolifération nucléaire.
[18]

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Références 
[1] "Senegal severs ties with Iran over rebel weapons", Reuters, Feb 23, 2011,http://af.reuters.com/article/topNews/idAFJOE71M01A20110223 ; [2] "Iranian Weapons Shipment Hinders Expansion of African Ties Amid Isolation", Bloomberg, Feb 2, 2011, http://www.bloomberg.com/news/2011-02-01/iranian-weapons-shipment-hinders-expansion-of-african-ties-amid-isolation.html;[3]" Agriculture Minister Describes Senegal as Iran's Gate to Africa", IRIB, June 20, 2010, http://english.irib.ir/news/political/item/62427-agriculture-minister-describes-senegal-as-irans-gate-to-africa ; [4] "Senegal severs ties with Iran over rebel weapons", Reuters, Feb 23, 2011,http://af.reuters.com/article/topNews/idAFJOE71M01A20110223 ;
[5] "Iran says arms seized in Nigeria were for Gambia", Reuters,
Feb 9, 2011,http://af.reuters.com/article/topNews/idAFJOE71809H20110209 ; [6] "Senegal severs ties with Iran over rebel weapons", Reuters, Feb 23, 2011,http://af.reuters.com/article/topNews/idAFJOE71M01A20110223 ; [7] "Trial begins in Nigeria over seized Iranian arms shipment containing artillery rockets, arms", Canadian Press, Feb 16, 2011, http://www.google.com/hostednews/canadianpress/
article/ALeqM5j2qBXK4fx3LfIx2GvItaFxDOwDzQ?docId=5969458
; [8] "Nigeria seizes $9.9 million heroin shipment from Iran", Reuters,
Nov 19, 2010,http://www.reuters.com/article/idUSTRE6AI3FR20101119; [9] "Gambia cuts ties with Iran and orders diplomats to go", BBC, November 23, 2010, http://www.bbc.co.uk/news/world-africa-11819143 ; [10] "Iranian Weapons Shipment Hinders Expansion of African Ties Amid Isolation", Bloomberg, Feb 2, 2011, http://www.bloomberg.com/news/2011-02-01/iranian-w
eapons-shipment-hinders-expansion-of-african-ties-amid-isolation.html ;
[11] "Increasingly Isolated, Iran Looks Toward Africa", RFE/RL,
July 07, 2010http://www.rferl.org/content/Increasingly_Isolated_Iran_Look
s_Toward_Africa/2093755.html
; [12] "Iranian Weapons Shipment Hinders Expansion of African Ties Amid Isolation", Bloomberg,
Feb 2, 2011, http://www.bloomberg.com/news/2011-02-01/iranian-weapons-
shipment-hinders-expansion-of-african-ties-amid-isolation.html ; [13] Ibid. ; [14] "Senegal threatens to cut ties", Ayande News, Dec. 19, 2010,
http://www.ayandenews.com/news/22126/ ; [15] "Iranian Weapons Shipment Hinders Expansion of African Ties Amid Isolation", Bloomberg, Feb 2, 2011, http://www.bloomberg.com/news/2011-02-01/iranian-weapons-shipment-hinders-expansion-of-african-ties-amid-isolation.html ; [16] "Iran president on controversial visit to Zimbabwe", Reuters, Apr. 22, 2010, http://www.zimbio.com/Zimbabwe/articles/HJxQ9sMOMwt/Iran+president+controversial+visit+Zimbabwe ; [17] "Iranian Weapons Shipment Hinders Expansion of African Ties Amid Isolation", Bloomberg, Feb 2, 2011, http://www.bloomberg.com/news/2011-02-01/iranian-weapons-shipment-hinders-expansion-of-african-ties-amid-isolation.html ; [18] ibid

 

▪ Et si c’était vrai ?

La régulation de la démographie par l’alimentation

Cauchemar ou science fiction ? D’aucuns réfléchissent à réduire par d’autres moyens la population mondiale. L’avortement ne dépeuple que les pays industrialisés et développés afin qu’ils soient submergés par des populations de pays pauvres. Mais ceux-ci sont entrés aussi dans le collimateur, car, pour être vraiment efficace, il fallait trouver en ces temps de mondialisation une solution plus sûre et plus sournoise à l’échelon planétaire. Notre ami Alexis Arette nous indique ci-dessous que l’industrie agro-alimentaire américaine y songe.

On sait que les théories de Malthus (1766- 1834) qui prônait la diminution des populations pour éviter la misère des pauvres, a été reprise en la déformant, par le capitalisme qui refuse tout partage.

Là ou Malthus  préconisait l’instruction, pour que les gens puissent raisonner leur sexualité, l’Empire financier gouverné aujourd’hui par David Rockefeller, a instauré la contraception mécanique ou chimique, et le meurtre prénatal par le biais des conseillers du « Planning familial ». La légalisation de l’avortement à déjà fait plus de victimes en France, que n’en fit la grande guerre, favorisant du coup l’afflux des populations étrangères, qui, selon le plan Mondialiste, doivent casser les cultures nationales par le métissage, et l’introduction de croyances incompatibles avec nos traditions.

           Or l’Agriculture vient de s’inscrire dans le plan « Malthusien ».Les informations que l’on peut trouver sur le Net laissent penser que l’organisation Mondialiste, vient de mettre au point un nouveau moyen de contraception par la stérilisation alimentaire. Même si l’information doit être prise avec précaution, un Chrétien ne doit jamais oublier que, selon la parole du Christ : « Le monde gît au pouvoir du Mauvais »,  et que ses serviteurs sont nombreux.

            De quoi s’agit-il ? Une des branches de l’Empire Rockefeller « L’Optimum OperationTrust » avait estimé qu’un investissement de 220 milliards de dollars serait nécessaire en 40 ans, pour faire baisser la natalité de moitié. Cela ne suffisait pas pour obtenir les résultats recherchés, car l’«Idéal » selon la secte, eut été de passer de 6 milliards d’êtres humains à 300 millions ! Sans préjudice de certains moyens expérimentés (vaccins sélectifs, dissémination de virus, armes climatiques et sismiques), c’est dans le but  d’obtenir des résultats par des moyens moins violents, que les milliardaires américains David Rockefeller, Georges Soros, Bill Gates et Waren Buffet, semblent avoir obtenu que le ministère de l’Agriculture entre dans leurs plans. Ainsi est subventionnée la compagnie de recherches Californienne « Epictète », dont le Président M. Hein vient aurait déclaré : « Nous avons une serre pleine de plants de maïs qui produisent des anticorps contre les spermatozoïdes ».

            Nourrir les hommes de façon à tuer l’espèce, çà, il fallait y penser !

            Hein a explique que ces anticorps  avaient été prélevés sur des femmes atteintes

de stérilité, et les généticiens ayant isolé les gênes responsables, les auraient introduits dans le maïs O.G.M, qui constituerait ainsi un contraceptif dissimulé. Mais en visant les hommes, les apprentis sorciers devraient savoir que le maïs étant une base importante de l’alimentation animale, ce sont des espèces entières qui pourraient être frappées de stérilité !

            On commence à comprendre pourquoi, il y a quelques années, les milliardaires américains ont subventionné la fameuse « Arche verte, »  sorte de caverne d’Ali-Baba creusée dans l’Antarctique, pour y entreposer  toutes les semences naturelles du monde. Ainsi quand la destruction programmée de l’humanité aurait atteint le point estimé souhaitable par les « Maîtres du monde », serait-il possible de détruire les espèces polluées et de repartir sur des bases saines...

            Oppenheimer, horrifié lorsque la bombe qu’il avait aidé à construire, génocida Hiroshima, déclara : « Nous avons fait le travail du Diable ! »

             Face au formidable appareil des Etats meurtriers, je me demande qui aujourd’hui osera, et trouvera les moyens de réagir, pour accomplir le travail de Dieu !

                                                                                                                             Alexis Arette, 19 Mars 2011.

 

 

▪ "Les Eaux de l'Avenir"?

"Des Eaux sans Frontières"

Chacun sait que l'eau abonde à la surface de notre planète qui, vue d'en haut, apparaît toute bleue,  mais que 97% est salée et impropre a un usage direct. Les eaux souterraines, en revanche, sont tout à la fois douces et abondantes.

L'accès à l’eau douce se pose différemment selon qu'il s'agit des eaux de surface ou  des eaux souterraines. Elles ont en commun l'ignorance des frontières. Elles diffèrent par la difficulté de leur accès,  de leur répartition et du coût de leur "service".

LES EAUX DOUCES DE SURFACE ont toujours préoccupé les hommes.

Les fleuves drainent les eaux d'un "bassin versant". Ruisseaux, rivières, lacs marais et zones humides s'y déversent.

Qu'ils marquent ou traversent  les frontières, les grands cours d’eau sont des facteurs de tensions liées tant aux limites qu’ils assignent aux Etats qu’aux besoins de cette  ressource. Pour chacun, l'eau est  tout à la fois vitale et stratégique.  Elle se raréfie avec l'augmentation des besoins mais elle se renouvelle. Une logique de leur partage est  cependant une des conditions de la Paix.
 
LES EAUX SOUTERRAINES sont de préoccupation plus récente.

Leur exploitation n'a été longtemps qu'empirique et objet d'erreurs peu compatibles avec les soucis actuels d'équité et de "durabilité".

Plus abondantes que les eaux douces  de surface, elles représenteraient autour de 80 %  des eaux douces de la planète. Ce n'est pas rien !

De quoi se rassurer si l'on ne savait leurs limites  et leurs difficultés d'accès car il en est de deux sortes, situées  a des profondeurs différentes :

1-Les nappes phréatiques sont  les plus accessibles.

Situées à une profondeur -  de la  centaine de mètres - on les atteint  par des puits (phréatique vient de phreor, phreatos qui, en grec, signifie puits), - mais de ce fait  elles sont les plus exploitées et les plus vulnérables à toutes sortes de pollutions et contaminations
Elles sont renouvelables par le jeu des nuages,  de la pluie, et du cycle de l'eau et donc totalement dépendantes du régime des précipitations qui varient amplement d'une région à une autre. On les trouve surtout dans les pays tempérés.
Ce sont des nappes „libres" déjà très compromises en maints endroits de la planète: surexploitées et polluées.
        
2-Les eaux profondes, dont certaines sont  fossiles, sont "captives".

Elles sont très abondantes mais ne se renouvellent qu'à l'échelle de quelques millénaires. Plus profondes, de l'ordre de mille mètres,  elles sont comprises entre des couches géologiques anciennes imperméables.
 

On en recense plus de 200, partout dans le monde ou les plus intéressantes se situent sous les régions arides, là ou les précipitations sont rares et intermittentes. Citons en Afrique les aquifères du Sahara septentrional, les aquifères de cis Jordanie, si convoitées par les pays voisins, mais encore l'aquifère Guarani, commun a l'Argentine, l'Uruguay, le Paraguay  et le brésil. En Amérique du Nord, de vastes aquifères sont communs aux USA et au Canada… etc. Ces eaux sont "interstitielles“; logées dans des aquifères – sables, graviers ou roches poreuses ou fracturées- Leur composition varie à l’ infini avec la nature de ces terrains et leur solubilité dans l'eau.  Il n'y a pas d'eau pure dans la nature ! Leur accessibilité relève des techniques de forage. Si abondantes soient elles leur avenir est lié à une gestion tout à la fois rationnelle et concertée car, tous ces aquifères sont transfrontaliers, ouvrant la porte a d'interminables discussions ou s’affrontent, comme toujours le droit et la force.

Des rapports de FORCE  existent partout dans le monde et comportent des risques de conflits entre ceux qui détiennent  les sources et ceux qui disposent de forces militaires propres a faire respecter leurs besoins. Citons seulement les cas trop connus de la Palestine avec Israël ou celui de la Turquie  ou naissent le Tigre et l'Euphrate avec les pays d'aval (Syrie, Irak) ou encore  le partage des eaux du Nil.

La LOI demeure notre seule espérance: L'ONU par le PHI ( Programme Hydrologique International )de l'UNESCO s'efforce depuis 10 ans d'établir des règles  de droit:
-le 28 juillet 2010,  l'Assemblée Générale des Nations unies  a inscrit  le " "droit à l'eau" comme partie intégrante  des droits de l'homme ;
-une Conférence Internationale sur la gestion des  aquifères transfrontaliers s'est tenue à Paris  du 6 au 8 Décembre 2010.   Elle fait suite à une résolution sur "les lois des aquifères transfrontaliers de Décembre 2008 (A/RES/63/124).  Dans ce qui est une  première étape, cette conférence a permis de recenser les aquifères mondiaux  et les structures de concertation qui vont les gérer. Réunissant des équipes pluridisciplinaires  (géologues, hydrogéologues, ingénieurs, économistes, hydrauliciens , diplomates…), l'objectif est de régler pacifiquement une répartition  équitable de la ressource en définissant  en outre les conditions d'utilisation qui en assurent la durabilité.

Sachant que  70 % de l'eau douce est utilisée par l'agriculture pour nourrir une population qui atteindra les 9 milliards d'individus à la fin du siècle, c'est bien une révolution   qu'il s'agit de mener. Sereinement si possible. Les méthodes de culture, le choix des végétaux en fonction du terrain et du climat, les méthodes d'irrigation qui restent encore très gaspilleuses sont l'objet de recherches pour une gestion concertée  des aquifères transfrontaliers.  Ces contraintes devront évidemment concerner aussi les autres secteurs d'utilisateurs de l'eau : les industriels et les particuliers qui devront aussi changer de comportements. Le "service de l'eau" dont les installations parfois vétustes et accusent des fuites allant jusqu'à 50 % doit aussi être revu et corrigé. Ne nous dissimulons pas que tout cela aura un coût  auquel il faut ajouter celui du traitement des eaux usées avant rejet dans la nature ou réutilisations diverses en pleine évolution technologique. Il faut espérer  qu'une volonté politique visant un  plus long terme que ses échéances électorales naîtra un jour .Ce n'est qu'ainsi que le partage de l'eau pourrait devenir un terrain d'entente entre les nations et cesser de ne faire l'objet que de vœux pieux.

Reste le coût de ces programmes de gestion et de répartition:
Parmi les  nombreux plans de financement des infrastructures nécessaires, tant à l'adduction qu'a l'assainissement, désormais indissociables, celui du Panel Camdessus (2002)   paraissait des plus prometteurs car il émanait d'un groupe aussi compétent en matière financières qu'inspiré de considérations humanitaires. (1). Faute d'un plan concret de financement accepté par les pouvoirs politiques, Il est encore dans la salle d'attente des grands projets, tandis qu'à l'autre bout de la chaîne, on meurt de soif, de faim, de maladies hydriques, que l'on migre au péril de sa vie ou que l'on se bat pour un verre d'eau pourrie. Seules des ONG - elles sont nombreuses mais éparpillées - s'activent sur le terrain. Avec des moyens dérisoires sans rapport avec les dimensions d'un problème mondial qui nous concerne tous et que risquent d'aggraver des changements climatiques annoncés, encore truffés de beaucoup  d'incertitudes.

Plus que l'"AVENIR DE L' EAU", c'est l' "EAU DE l’AVENIR " qui se trouve  au sein de ces "EAUX SANS FRONTIÈRES"  à condition qu’il  s'inscrive au programme de politiques  a long terme.  Nous avons l'eau sous nos pieds. Qui pourra supporter le poids technique et financier  de son accès pour tous ? Chacun aurait-il sa réponse ?
 

Sans oublier qu'il existe - pour l'eau -  d'autres sources, pour d'autres usages  et sous d'autres formes: solides ( les glaces ) ou gazeuses ( brumes et nuages, "ces merveilleux nuages") les eux de dessalement des eaux salées , encore  sous-exploitées. Telles sont ces eaux de l'avenir qu'il faudra bien savoir partager si l'on veut qu'elles soient aussi et enfin les eaux de la Paix.


        Professeur Claude Nicoletis,  Administrateur de "Eau Sans Frontières Internationale"(association de rotariens) .  Contact : claude@nicoletis.org, www.eau-sans-frontieres.org
(
1) Ed Robert Laffont – Paris 2004    
       
               

 

Budget de la Défense : "De dangereuses contradictions »

Ci-après, l’Association de soutien à l’armée française, ASAF, déplore la réduction de l’effort financier en faveur de la Défense. Cette prise de position traduit un certain état d’esprit à l’intérieur de l’armée française.

La crise économique, que traverse aujourd’hui la France, est d’autant plus grave qu’elle se produit dans un pays lourdement endetté - 1 500 milliards de dette -, conséquence directe de plus 30 ans de déficit budgétaire quasi continu. Les intérêts de la dette, dont notre pays doit s’acquitter chaque année, étaient l’an dernier de 40 milliards €,  soit 25% de plus que le budget total consacré aux armées.

Pourtant, pendant ces décennies de déficit budgétaire, la part du budget que l’Etat a consacré à la Défense a été divisée par deux passant de plus de 3% dans les années 70 à moins de 1,6% du PIB aujourd’hui. Dans ces conditions doit-on au nom d’une pseudo répartition des efforts  ponctionner encore 3,5 milliards d’euros sur les armées, au risque de remettre en question la cohérence et l’équilibre de notre outil militaire ?

Le livre blanc remis en cause 

Le livre blanc paru en 2008 analysait la situation stratégique sous tous ses aspects et fixait des contrats opérationnels à nos forces. La loi de programmation militaire et les déclarations formelles du Président de la République, chef des armées, faites  le 16 juin 2008, attribuaient les ressources financières nécessaires pour permettre de les remplir..

Comment les armées peuvent-elles le faire si les ressources qui leur sont consacrées changent tous les ans ? Croit-on qu’un système d’hommes et d’équipements aussi complexe qu’une armée puisse changer de format et d’organisation au rythme des déclarations politiques ? Sait-on qu’un programme militaire se déroule sur 30 ans et parfois davantage entre l’expression des besoins d’un matériel et son emploi dans les forces ?

Comment l’industriel peut-il organiser la production à des prix compétitifs si le nombre d’exemplaires de ces matériels est régulièrement remis en question?

Peut-on croire, contrairement aux apparences, que l’Europe de la Défense se fera sous la pression des coupes budgétaires, alors que chaque pays va au contraire chercher à préserver dans l’urgence et au mieux ses intérêts nationaux ?

La célébration du 70ème anniversaire des combats de 1940 aurait dû marteler et graver dans l’esprit des dirigeants politiques européens  ce premier enseignement: une défense solide ne s’improvise pas ; elle exige du courage, des efforts et de la continuité.

La question cruciale des effectifs

L’effectif total des armées françaises sera en 2015 de 220 000 soldats, marins et aviateurs. L’armée de terre ne dispose déjà plus que de 20 régiments d’infanterie soit 20 000 fantassins ! (99% des régiments d’infanterie ont été dissous en un siècle). Or les conflits que nous devons et devrons probablement conduire hors du territoire national dans les prochaines années nécessitent des effectifs importants parce qu’ils s’inscrivent dans la durée et imposent de contrôler des espaces très vastes souvent en même temps que des zones très urbanisées. C’est vrai pour la lutte contre les islamistes afghans comme pour celle contre les pirates de l’Océan indien. Celle qui s’annonce contre les membres d’Al Qaïda qui sèment la terreur dans les confins sahéliens, ne modifie pas cette perspective.

Mais il faut aussi évoquer, en toute franchise et sans tabou, l’hypothèse d’opérations de sécurisation dans lesquelles les armées pourraient être engagées en appui des forces de sécurité intérieure dans certaines parties du territoire national.

Une telle perspective, de moins en moins improbable, devrait inciter nos responsables à s’intéresser davantage aux effectifs de certaines unités et à s’interroger sur la pertinence du processus qui conduit à la création de déserts militaires sur notre territoire. Car si l’armée, dit-on, n’est pas chargée de l’aménagement du territoire,  elle doit garantir son intégrité et celle-ci pourrait bien passer par un déploiement plus équilibré de ses forces. Serait-il déjà trop tard pour qu’une ou deux unités fortes de 1000 militaires stationnent dans chacun de nos départements ?

Enfin, au moment où la classe politique, tous partis politiques confondus, soutient la création du service civique pour renforcer la solidarité nationale, est-il raisonnable de diminuer encore le nombre de Français servant au sein des armées alors qu’on sait que cette institution constitue également un remarquable creuset d’intégration notamment pour les jeunes issus de l’immigration.

Des équipements à renouveler et à préparer

Mais simultanément, il faut que nos armées renouvellent très rapidement certains de leurs matériels majeurs : hélicoptères de manœuvre, avions de transport, ravitailleurs, drones, frégates multi missions et sous marins nucléaires d’attaque, armements et protections individuels des combattants, sans oublier les équipements qui garantissent la cohérence de l’ensemble de ces systèmes.

Il faut également donner à notre industrie d’armement les ressources indispensables au développement des moyens qui permettront à notre pays de faire face aux menaces que représente l’émergence de certaines puissances à l’horizon de 5 à 15 ans et dont les budgets militaires ne cessent de croître..

Enfin, la réduction excessive des budgets de fonctionnement conduit un nombre croissant de jeunes engagés à ne pas renouveler leur contrat estimant à juste titre de ne pas disposer des conditions de vie et surtout d’entraînement satisfaisantes, c'est-à-dire de ne pas avoir les moyens d’exercer leur métier de manière professionnelle. Cette situation critique constitue une menace mortelle pour notre armée d’autant qu'elle touche un nombre croissant de cadres. Le rapport annuel sur le moral en témoigne. Il est urgent que cet aspect soit bien pris en compte.

Quelle stratégie ?

En décidant, dans l’urgence, une réduction des crédits militaires pour les 3 ans à venir après avoir lancé il y a moins de 2 ans une réorganisation considérable de ses forces armées qui est en cours, l’Etat a agi à contretemps. Le renforcement de la cohésion nationale autant que le développement des capacités militaires des puissances émergentes devraient inciter la France et plus généralement les Européens à ne pas désarmer. Ce sont nos enfants qui paieront demain les conséquences de ces choix égoïstes, souvent à courte vue, comme ce fut le cas il y a 70 ans. 

(Une analyse de l’ASAF, www.asafrance.fr)

 

 

▪ Gender, danger

Qui connaît le « gender » ? Personne ne connaît ce mouvement rampant comme une sale maladie qui gangrène les législations et sape les fondements de nos sociétés fondées sur la différenciation entre hommes et femmes. Je dois ma vigilance actuelle à l’ancien évêque de Bayonne qui m’en avait longuement parlé et je n’ai jamais oublié son inquiétude face à ce truc qu’on ne sait même pas comment qualifier, mouvement, idéologie ? J’ai trouvé en vrac une association Gender « lieu de réflexion, de recherche, mais également lieu d’influence auprès des pouvoirs publics autour de la question du genre » puis, plus inquiétant,  le réseau « Genre en action » lancé en 2003 par le Ministère des Affaires Etrangères et quand mon fils m’a dit qu’un copain de Sciences-Po Paris était obligé de suivre des cours de « genre », je suis allée voir : une chaire d’enseignement  vient de se mettre en place «  et aucun élève ne pourra désormais sortir de la grande école sans avoir entendu un enseignement sur le genre » !!!

Pour vous le faire en gros, l’hétérosexualité sert la domination de l’homme. Il faut y mettre fin en supprimant les concepts d’homme et de femme et imposer un nouveau genre fondé sur les orientations sexuelles et non sur l’identité sexuelle. On refuse donc les rôles sociaux attribués culturellement aux hommes et aux femmes. Présenté dans un vocabulaire abscons, vous croyez qu’il s’agit simplement de défendre l’égalité hommes-femmes, le Ministère et son réseau en rajoutent une couche en aidant les pays pauvres  parce que « la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes est une condition préalable au développement durable », tu parles Charles. A l’arrivée, un lobbying de fou pour déconstruire le couple, la famille et la reproduction. La famille devient polymorphe (bi, pluri, homo, monoparentalité…), la filiation se décline : biologique, intentionnelle, juridique, sociale. Enfin, la reproduction doit évoluer et favoriser les techniques permettant une reproduction asexuée (adoption monoparentale, mères porteuses, utérus artificiel…).

C’est aujourd’hui et c’est chez nous, partout.

 

Je pense aux hommes

Comme chaque année, j’ai eu une brusque poussée d’urticaire le 8 mars, journée de la femme. Je n’aime pas du tout être stigmatisée femme comme s’il s’agissait d’une maladie honteuse dont il faudrait guérir. Je n’ai pas envie de guérir d’être femme, je trouve ça bien trop chouette parce qu’on est toutes plus intelligentes, plus sensibles, vachement plus dégourdies et intuitives, bosseuses, courageuses, adroites que nos camarades masculins (parfaitement !). Je ne veux pas être l’égale de l’homme parce que ce serait moins bien qu’être une femme. La vie d’une femme est passionnante, remplie de mille possibles mais je ne veux pas d’un modèle hégémonique de « libération » qui passe obligatoirement par la case vie professionnelle et liberté sexuelle. Je ne veux pas de ces discours égalitaires qui nous retirent notre spécificité et en profitent pour nous taxer : primes d’assurance, contrats santé et puis quoi encore ? C’est parfaitement inique mais comment bouger quand on a réclamé à tout prix (et surtout à n’importe quel prix) l’égalité ? Je ne comprends pas cet égalitarisme idéologique (le genre, toujours) qui, dans une société qui clame la différence à cor et à cris, ne reconnait pas la plus fondamentale, celle des sexes. Je ne veux pas « lutter contre les stéréotypes » car ils sont l’expression d’une réalité physiologique et hormonale qui nous fait différentes des hommes et c’est ça qui est bon ! Je veux qu’on donne aux femmes les mêmes outils qu’aux hommes mais qu’ensuite on les laisse choisir, y compris de s’occuper de leurs enfants et, y compris, oh shocking, dans les pays de culture musulmane, de se voiler. Je demande la même chose pour mes amis les hommes. Je veux des petites filles déguisées en princesses et des petits-fils qui rêvent d’être pompiers. Dans mon journal féminin branchouille, ça panique sec quand les petites filles jouent à Cendrillon et rêvent du prince charmant !! Why not si elles peuvent aussi se voir en Marie Curie ? Je nous veux hommes et femmes égaux mais différents.

                                                                                                                       Marie-Pascale Ollivier

 

 

▪ Les activités illicites planétaires profitent de la mondialisation

  La mondialisation a profité aux échanges commerciaux internationaux et elle en est en même temps le résultat. Il existe un marché mondial des biens et services qui transgresse les frontières. Un peu partout au nom du libéralisme, les douanes sont tombées. Ces échanges ont été facilités par l’existence de routes maritimes, aériennes et terrestres de plus en plus fréquentées, avec des déplacements de plus en plus rapides d’un continent à l’autre, d’un point de la planète à un autre. Mais à côté de l’import-export légal et identifiable, des activités invisibles et destructrices se sont développées sur les mêmes routes et avec les mêmes moyens. Elles totalisent des chiffres d’affaires non moins importants. Ce sont notamment les trafics de drogue et d’armes, les migrations clandestines organisées par des passeurs d’hommes. Sur certaines régions côtières stratégiques, des pirates s’interposent et tentent d’arraisonner les navires affectés aux transports légaux. Ils sont les vampires des la mondialisation.

Des routes Sud-Nord

   Ces activités illicites suivent presque toutes des routes menant du sud vers le nord. De rares exceptions, comme l’Australie qui est également une cible, apportent une indication supplémentaire : les transports illégaux qu’ils soient matériels (drogue, armes) ou humains (migrants) vont des pays pauvres vers les pays riches. On peut donc dire que le trafic de la drogue est l’arme des pauvres pour détruire des groupes de population des pays riches, en particulier parmi les jeunes. Il est fort peu probable que les agriculteurs afghans ou boliviens qui tirent quelques 80% de leurs revenus de la culture du pavot en soient conscients. Mais les grandes mafias implantées dans des métropoles et plaques tournantes du trafic savent qu’elles vendent la mort et qu’elles doivent renouveler constamment leur clientèle.

Des bénéfices sur toute la chaîne

 Les pistes partent d’Amérique latine et centrale, d’Afrique qui sert plus fréquemment de relais et du Moyen-Orient où deux centres de production de la drogue dominent : le Liban et le Triangle d’or, Afghanistan, Pakistan, Inde du Nord. Les routes transportant les drogues dures comme l’héroïne sont nettement plus courtes que celles par où transitent des drogues moins agressives, cocaïne et surtout cannabis. Cela tient aussi à ce que les drogues dures sont moins demandées, plus chères et plus meurtrières, encore que leur consommation augmente. Le trafic d’armes est souvent pratiqué par les mêmes mafias que celui de la drogue. Pourquoi ne pas utiliser en effet les structures existantes pour un double usage, encore que les armes et munitions soient plus difficiles à transporter que la « poudre » ? Le transport de la drogue se fait d’abord en grandes quantités pour être dispersé ensuite par de nombreux dealers. Cette « industrie » fait vivre des millions de personnes aux deux bouts de la chaîne et en cours de route. Les armes ne sortent pas toutes d’ateliers artisanaux comme au Pakistan. La désagrégation d’armées de grandes et moyennes puissances a inondé d’armes de toutes sortes les zones de conflits.

Les trafics humains : pirates et passeurs

C’est à cause à la fois de la diffusion des armes et suite à l’intensification des échanges maritimes que la piraterie a connu une forte recrudescence après deux à trois siècles de quasi-disparition, mais elle reste encore localisée et côtière, à cela près que des vedettes plus rapides et des bénéfices accrus permettent au pirates de s’aventurer de plus en plus loin des côtes, comme on l’a vu au large de la Somalie. Ce n’est que depuis peu que les puissances du Nord réagissent, la France plaçant par exemple des militaires sur ses navires de pêche dans l’Océan indien. Ce sont aussi les transports maritimes qui poussent à la migration du Sud vers le Nord, de la misère vers l’Eldorado européen et américain. Dans tous les cas, sauf exceptions, surtout pour les armes, les activités illicites utilisent pour leurs transports des navires de petites dimensions, rapides et difficilement repérables. C’est encore plus vrai pour les flux migratoires illégaux dont les passeurs prennent souvent de gros risques, en convoyant un maximum de « clients » sur des esquifs fragiles, la vie de leurs passagers ne comptant pas à leurs yeux du moment qu’ils ont payé le passage.

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L’Union Européenne commence à coordonner sa protection contre les trafics venant d’autres continents et en particulier contre l’immigration clandestine, en investissant dans des programmes d’investissement dans les pays pauvres et en concluant des accords anti-migration avec des Etats d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne. Mais jusqu’ici ces efforts sont peu efficaces. L’Europe a perdu sa suprématie dans le monde et elle change de visage. Aux siècles derniers, les riches colonisaient les pauvres. Aujourd’hui les pauvres envahissent les pays riches.

 

Le système de défense antimissile israélien 

Au cours des dernières années, Israël a été la cible de milliers d'attaques de roquettes du Hezbollah et du Hamas, tous les deux soutenus par l'Iran, au nord et au sud du pays. Avec l'aide des États-Unis, Israël a travaillé sur trois niveaux de défense antimissile pour défendre sa population contre des attaques futures : le système de défense Dôme de Fer (Iron Dome), la Fronde et la Flèche de David (Sling and Arrow).

Andrew J. Shapiro, Secrétaire d'état adjoint pour les affaires militaires et politiques a dit, " Notre soutien au Dôme de Fer et aux efforts similaires donnent à Israël les capacités et la confiance dont il a besoin pour prendre des décisions difficiles pour une paix globale. " [1]

Le système de défense Dôme de Fer est destiné à contrer des roquettes et des obus d'artillerie à courte portée en provenance de la Bande de Gaza et du Liban. [2] Les systèmes ont réussi leurs derniers tests qui ont impliqué la destruction de multiples cibles entrantes en coordination avec d'autres systèmes de l'armée de l'air.[3] Les deux premiers groupes seront déployés d'ici novembre.[4] Le système utilise un radar perfectionné pour identifier les roquettes entrantes, les intercepter et les détruire loin de leurs cibles. [5] C'est le seul système anti-roquettes de ce type au monde. [6] Un groupe de Dôme de Fer peut protéger une ville israélienne de taille moyenne contre les roquettes mais n'est pas suffisant pour protéger les plus grandes régions métropolitaines telles que Beer Shéva, Haïfa et Tel-Aviv. [7] Le système permet de prendre des décisions en quelques secondes et de cette façon peut exclure l'interception des roquettes kassam et des Katyoushas qui tombent en général sur des régions inhabitées.[8]

Le premier déploiement du Dôme de Fer, prévu en novembre 2010, se fera le long de la frontière de la Bande de Gaza, contrôlée par le Hamas et soutenu par l'Iran, où les roquettes ont été tirées presque tous les jours sur Israël avec un déploiement ultérieur le long de la frontière libanaise où le Hezbollah possède un stock de plus de 40 000 roquettes à tirer sur Israël. [9]

La Fronde de David est destinée à contrer des roquettes à longue et moyenne portée et des armes ayant des portées à hauteur de 210 kilomètres. Un accord entre Israël et les États-Unis sur un programme de développement conjoint, cogéré et cofinancé destiné à remplir les conditions opérationnelles des deux pays, a été signé en août 2010. [10]

Dans une interview datée du 7 août, le lieutenant général Henry Obering, directeur de l'Agence de Défense Antimissile (MDA) du Département américain de la Défense, a décrit le système de défense la Fronde de David comme " un système à réaction extrêmement rapide " visant à intercepter un certain nombre de différentes menaces : … des roquettes à très courte portée que vous verrez sortir de Gaza et des roquettes à plus longues portées qui ont été tirées du Liban, jusqu'aux missiles balistiques à courte portée qui peuvent être lancés d'une distance de plusieurs centaines de kilomètres. " [11]

La Flèche, un intercepteur de missiles anti-balistiques qui a été déployé il y a plusieurs années. Il est destiné à intercepter et à détruire les missiles dans la haute atmosphère. Le 26 juillet 2010, le ministère de la Défense israélien et le Département américain de la Défense ont signé un accord pour développer un intercepteur Flèche-3 à haute altitude et pour l'intégrer aux systèmes de défense anti-missiles israéliens. Cela donnera à Israël la capacité de répondre à des menaces de missiles balistiques à une portée maximum et d'intercepter des armes de destruction massive à l'extérieur de l'atmosphère terrestre. Ce système est conçu pour protéger contre les missiles lancés par l'Iran contre Israël. [12]

La Flèche israélienne est une arme plus avancée que les Patriots PAC-2 qui sont des systèmes de défense de point local avec une courte portée de 40 kilomètres seulement. La Flèche est issue d'une collaboration entre Boeing et l'IAI qui produit des intercepteurs de missiles mobiles et dont le radar de contrôle de tir est semi-mobile, ceux qui le rendent résistant aux attaques préventives. (13]. Par ailleurs, les États-Unis collaborent avec Israël pour mettre à niveau son système Patriot de défense anti-missiles et antiaérien qui fut déployé pour la première fois au cours de la guerre du Golfe. Des systèmes de radar avancés ont été également placés pour donner à Israël une alerte précoce sur les missiles entrants. [14]

 [1] Shapiro, Andrew J., “The Obama Administration's Approach to U.S.-Israel Security Cooperation: Preserving Israel's Qualitative Military Edge,” Remarks at the Brookings Saban Center for Middle East Policy, U.S. Department of State Web site, Washington, DC, July 16, 2010, http://www.state.gov/t/pm/rls/rm/144753.htm  ; [2] Associated Press and Jerusalem Post Staff , “Iron Dome System Passes Final Tests”, The Jerusalem Post, July 19,2010, http://www.jpost.com/Israel/Article.aspx?id=181936  ; [3] Ibid. ; [4] Ibid ; [5], “Iron Dome: Defense System Against Short Range Artillery Rockets”, Rafael Advanced Defense System, LTD Web site, accessed Sept. 20, 2010, http://www.rafael.co.il/marketing/SIP_STORAGE/FILES/6/946.pdf  ; [6] Associated Press and Jerusalem Post Staff , “Iron Dome System Passes Final Tests”, The Jerusalem Post, July 19,2010, http://www.jpost.com/Israel/Article.aspx?id=181936  ; [7] Mitnick, Joshua, “Israel’s Iron dome Missile Defense System Not a Silver Bullet,” Christian Science Monitor, July 20, 2010 http://www.csmonitor.com/layout/set/print/content/view/print/315128 ; [8] Ibid. ;  [9] Associated Press and Jerusalem Post Staff, “Iron Dome System Passes Final Tests”, The Jerusalem Post,. July 19,2010, http://www.jpost.com/Israel/Article.aspx?id=181936 ; [10] Opall-Rome, Barbara, “U.S.-Israel to develop David’s Sling Missile Defense, Defense News, August 7, 2010, http://www.defensenews.com/story.php?i=3664531 ; [11] Ibid. ; [12], “State of Israel and the United States Sign Upper-Tier Missile Defense Agreement”, U.S. Department of Defense Missile Defense Agency Web site, July 26, 2010, http://www.mda.mil/news/10news0009.html ; [13] Ibid.; [14] Shapiro, Andrew J., “The Obama Administration's Approach to U.S.-Israel Security Cooperation: Preserving Israel's Qualitative Military Edge,” Remarks at the Brookings Saban Center for Middle East Policy, U.S. Department of State Web site, Washington, DC, July 16, 2010, http://www.state.gov/t/pm/rls/rm/144753.htm

Contacts: Jennifer Laszlo Mizrahi: +1 202-857-6644, jenniferm@theisraelproject.org  ; Laura Kam: +972-2-6236427, laurak@theisraelproject.org  ; www.theisraelproject.org/fr

 

Vivre plus longtemps avec la crise

Ceux que la crise financière déprime peuvent se consoler en constatant ses effets positifs : pendant les récessions, l’espérance de vie augmente, comme l’ont constaté des sociologues américains. Certes, les gens gagnent moins d’argent, mais ils ont aussi moins de stress que dans les phases d’expansion. Ils fument moins et boivent moins d’alcool. Le dérapage économique fait du bien aussi au climat mondial. Selon l’Autorité Internationale de l’Energie IEA, les émanations d’oxyde de carbone auront diminué dans le monde de 2,6 % en 2009, baisse jamais atteinte au cours des dernières 40 années. La crise est mauvaise pour le porte-monnaie, mais elle est bonne pour la santé et la nature.

 

▪ Europe and the Iran Issue

Hans-Georg Wieck

The Iran Problem - Today

Iran’s Nuclear weapon ambitions constitute Europe’s foremost concern about the Mullah regime in Tehran where it is in power since February 1979. A knock-out strike from Israeli soil looms over the horizon with far reaching consequences in the Near and Middle East. Experts and governments differ in their assessment of the time span still needed for Iran – if it decided to go ahead to obtain a nuclear weapon capability. Governments and experts as well do not differ in the assessment of the goals that the regime hopes to achieve by way of acquiring the status of a nuclear weapon state without adverse consequences.

The International Atomic Energy Agency, key European countries such as Great Britain, France and Germany – as well as the United States and up to a degree the Russian Federation - have not spared any feasible effort to bridge the gap between the efforts on the part of the world community to ensure Iran’s right under the Nuclear Non-Proliferation-Treaty from 1968 – ratified also by Iran - for the peaceful use of nuclear energy and the credible renunciation of the country’s anticipated ambition for nuclear weapons of their own; that means of a country with a great civilization. Die disparities between the position of the two sides could be bridged, if the most sensitive aspects of the Iranian program were to be outsourced – such as higher levels of enrichments. Also, lack of transparency and the hostile language against Israel chosen time and again by the Iranian President Ahmadimejad constitute the source of deep concerns outside Iran regarding the final goals of today’s Iran.

In December 2010 another round of talks took place between the “P5 (Veto Powers of the UN Security Council) plus 1” (Germany) trying to find common language with the Iranian negotiator – Ambassador at the IAEO - Ali Asghar Soltanieh for – for the agenda of meaningful negotiations. In June 2008 the international group of countries engaged in this issue in the first instances offered negotiations on economic cooperation including support for the construction of nuclear power plants of a specific type provided Iran would prove to IAEO (International Atomic Energy Agency) that it is no engaged in the development of nuclear weapons. It was supposed to stop, at least interrupt its nuclear enrichment activities.

Even, the United States undertook initiatives that would meet some Iranian ambitions and Iranian preoccupations about US objectives in the region. There are unconfirmed reports about confidential talks on bilateral issues resulting from the down fall of the late Shah in 1979 and dealing also with issues and cooperation regarding Iraq and Afghanistan among others on drug trafficking.

Also, contacts between Iran and Israel have been reported.

Iran is faced with the results of another round of international consultations on additional sanctions. This forth series of sanctions since 2006, was adopted by the Security Council including all Permanent Members of this prestigious international body on June 9, 2010. The sanctions are directed against the Iranian nuclear program as well as against the Revolutionary Guards; however the oil business is only affected in a marginal manner. The adoption of additional economically and financially more important sanctions by the European Union and the USA tells us, that the substantive content of the UN Resolutions adopted until now, remains to be rather limited. That means, Iran continues to count - on good grounds I presume - on the readiness of China, Russia and other countries to compensate for the further reduction of traditional financial and economic ties of the country with the economies of the Euro-Atlantic zone. This meets with the desire of Iran to root the country’s economy more firmly with the upcoming economic, financial and industrial giants of Asia and South America and downgrade the cooperation with and technical dependence on Western countries. In the past, such aspirations lacked substance and credibility. In view of the rising economic powers in Asia and South America that may no longer be the case. Also the demand of the regions, enjoying high rates of growth such as China and India for oil and gas is rising more than anything else. So the market and the resources of Iran may get lost for the West for good without stopping the country from advancing its efforts for a nuclear weapons capability and for simultaneous economic advancement. Authoritarian states are experienced in exploiting in their publics the negative psychological impact of hostile actions of the Western world against them, in this case against the state of Iran as such - all the more that the nuclear program of the Mullah regime in itself is not controversial within the Iranian electorate. The internal conflict between the ruling Mullah class on the one hand and the electorate and middle classes in particular on the other hand is about legality of the regime itself, the rule of law and modern society. The United States and Great Britain are conceived by the Mullah regime as enemies of Iran, however the American way of life and the European civilizations are extremely popular throughout the country. The “Green Movement” in the country – relating to the Muslim use of green as the colour symbolizing the Muslim belief – has gained enormously in strength on the occasion of last year’s presidential election. Politically the centre rooted “Green Movement” in Iran constitutes the political alternative to the current rigid and conservative Shiite rule. The ruling Mullah class continues to suppress the opposition by brutal means. Iran is now – second only to China - the country with the largest number of executed death sentences per annum. In 2009 the number rose to more than 300 victims.

By and large the country is also suspicious of Russian interests in the region. Iran is suspicious even more of Sunnites and about the interests of the Arab nations and of course of Israel, although Persians, Jews, Armenians as well as Sunnite Arabs have lived peacefully together for centuries on Persian soil.

In this regard, the Iranian perception of a Persian nuclear weapon can be conceived as part of the power play in the region – in particular in the effort to lead a political Anti-Israel coalition. Following the collapse of the Saddam Hussein-Regime and a weakening of the Iraqi political system Iran claims a leading regional role and therefore wants to keep - according to their rational - the nuclear weapon option credible all the more that Pakistan - a dominantly Shiite country – is a nuclear power already. However, the rivalry between Shiite Iran and the Sunnite ruled Arab states foremost Saudi Arabia and the Emirates cannot be put into doubt. There are Arab voices -as Wikileak shows - that are in favour of a mortal strike against the Iranian nuclear installations by the USA.

It appears that the decision on additional European and US-American sanctions that are supposed to impose unacceptable cost on the Iranian economy and government are motivated up to a degree by domestic policy considerations of the Western countries and their public. They have to be seen also in connection with efforts to strengthen the international solidarity against Iranian nuclear weapons ambitions and activities, which include also the development of far reaching ballistic missiles. The pending issues on the Iranian nuclear program, the military build up, the support for the militant goals of Hizbollah and Hamas and finally the hostile language about the right for Israel to exist make the Iran of today a threat to peace in the Near and Middle East.

Iran and the Conflicts of the Region

Before discussing a more credible and effective set up of Western policies towards Iran than the ones now in place, consideration and attention has to be given to the question, in what way Iran relates to the other issues and other forces of the region:

A weakened Iraq is in the interest of Iran; however, nowadays a possibly independent Iraqi Kurdistan would constitute an immanent threat for the cohesion of Iran itself, all the more that the Kurdish minority in Iran does in fact enjoy certain economic liberties.

Iran tries to strengthen the Shiite political movements in Iraq and their political impact within the country.

The political and religious rival to Iran in the region is Sunnite dominated Saudi-Arabia, the guardian of the holy Shrines in Mecca - every year the goal of millions of pilgrims from all over the world. However, the Saudi kingdom’s credibility in the region has suffered due to their close alliance with the United States. Recently the USA and Saudi Arabia concluded another major military modernisation program for the Saudi Armed Forces. Tehran tries to out-manoeuvre Saudi Arabia as the principal protector of the Palestine interests in the conflict with Israel. It continues to actively support Hezbollah and Hamas in Lebanon and in Palestine held territory. It preaches hatred against Israel. For hundreds of years the Jewish minority in Persia was safe – so this hatred is artificially imposed on Persia.

Iran seeks to protect Shiite minorities in war stricken Afghanistan (Hazara), and to provide support to Shiites in Iraq. It tries to improve relations and cooperation with India and to tie Pakistan to the gas pipeline-project between Iran and India – across the territory of Pakistan.

The Iran-Russia record is ambiguous in many respects: Russia reduced Persia’s influence in the Caucasian region. It established - in cooperation with Great Britain - zones of interest in Iran prior to World War I and during WW II. It required the strategic involvement of the USA in the region in order to have the Soviet Union quit Persian soil after WW II. Between 1995 and 2010 Russia constructed two nuclear power plants in Bushir that had been built originally by Germany in the seventies. They could not be completed in the early eighties because of the break down of mutually trusted relations and cooperation in the aftermath of the Iranian Revolution in 1979.

Relations with Turkey are handled on both sides in accordance with strategic interests. Turkey and Brazil opposed the most recent UN-Security Council Resolution on Iran

What needs to be done in Europe?

Given this international strategic and regional set up it is fair to state that a great deal is at stake when it comes to decisions on war and peace in the region, a region torn by conflict in every corner with a varying composition of friends and foes.

In such circumstances: What should be the political, guidelines and the action plan for the European Union:

1. Europe recognizes the importance of Iran – irrespective of the nature of the ruling system - for the welfare and stability in the region – on the basis of the existing international legal system, among others with regard to non proliferation of weapons of mass destruction and delivery systems of particular ranges.

2. The ambiguity of Iran on the ultimate goals of its nuclear programme and the destructive position on the solution of the Israel-Palestinian conflict on the basis of a Two-States-settlement constitute major obstacles for the development of mutual trust and political stability in the region. There is a risk of war with incalculable consequences.

3. Therefore there is no alternative to negotiated settlements of the various conflicts at stake. The region has to be looked at as a whole with a number of related and unrelated conflicts. Therefore the answer has to be given in the light of the overall situation and its various areas of conflict.

Consequently, the European Union should set up a High Level Group of Politicians and Experts for the regular policy review of the regional situation between the Hindukush Region and the Mediterranean Area. The High Level Group would be tasked to assess the development of the various conflicts and their interrelationship. The Group would be charged with the task of reviewing the Union’s policies and of developing initiatives under changing circumstances, considering among others varying regional compositions for political and other initiatives. This aspect – to include countries from the region into the consultation process - would be important in order to activate regional interests in the context of the common cause.

Initiatives could include recommendations in the diplomatic, the political, the economic and the security fields.

The objective would be to inter-relate the policy of the European Union and of its member states with regard to the region and to bring about a cohesive, credible and effective policy that could have – over time - an impact on the course of events in the region.

4. Correspondingly, public and non-public conferences need to be organized for the conflictual region at large in order to bring about a higher level of understanding in our part of the world for the complexities of the interrelated problems and for each one of the conflicts. This has to be done because we observe a declining degree of understanding and support for the positions held by the European Union and its member states.

It would be important to include the United States into these talks – because of their weight in any conflict and every solution, all the more that the US and Iran look back to a long and protracted relationship on nuclear issues and cooperation. In the sixties, the USA and Iran concluded a treaty on “Nuclear Energy for Peace” The USA helped to establish a Research Reactor in Tehran, and negotiations started for the construction of Nuclear Power Plants envisaging as well a complete nuclear fuel cycle.

5. The strategy of the European Union towards Iran in particular

should be two-fold:

On the one hand – in defence of the international legal system – a violation of the Nuclear Non-Proliferation regime and the verbal as well as the factual denial of the existence of the state of Israel – cannot serve as basis for fruitful and reliable relations with Iran. Therefore the regime of sanctions is unavoidable for the time being, although its impact may be limited because of many loopholes and circumventions.

On the other hand – the readiness for negotiations and economic as well as scientific and technological cooperation on the basis of the existing international legal system - has to be repeated time and again. The issues at stake should also be discussed with various sectors of the Iranian society. Such conferences could be set up – in the beginning – with limited participation and may be without the public. Participants may be from the official and the non-governmental part of society. In this regard, isolation should be lifted. Right now, the former Iranian Ambassador to Germany and Iranian Negotiator for the Nuclear Talks with the “5 plus 1”-Group, Hossein Moussavi, lives in the USA as a guest professor at Princeton University. This is a perfect example of the kind of contacts needed right now – in order to break the ice.

The objective would be to develop understanding for the European Union position, for the position of the international community, but also for the complexities of the Iranian preoccupations about the role of Western countries in the Middle East. Over time, understanding could be improved – may be on the Iran issues, may be on other regional issues.

At one time, changes in political positions with international implications may occur on the Iranian side: Then, we will be in need of experienced people for European and US Affairs in Iran and in Europe as well as in the USA for Iran. The network has to be nit now. It should not only comprise Iranians in exile. The experience in East-West-relations during the Cold War tells us, that it is highly desirable and in the end useful to develop such informal links with people from all walks of life, including the official ones across the Great Divide in times of tension. This series of contacts could break the monopoly of the official line on how to read the world of today. Let us recall the significance of the Final Helsinki Act dated August 1975 for the eventual ending of the Cold War in 1990.

Such an approach would mean as well, that speakers from academic and other sectors of our society and from our political system would also have to speak on conferences in Iran – closed ones as well as public ones.

That means: We have to be prepared for the worst course of events. At the same time we have to strife for a better course of events. However, in this regard, the initiative is with us! We must not miss the opportunities of the day. An example in this regard was set in Manama, Bahrain in December 2010 on the occasion of a Security Forum, where US Secretary of State, Híllary Clinton spoke – to be followed the next day by the Iranian Foreign Minister. The Iranian Foreign Minister had also attended the Munich based annual International Security Conference. This is one small step towards our goal to bring about transparency into the suspected hidden workshops of the Iranian nuclear program and thus achieving the inclusiveness of Iran into the international dialogue.

Obviously, official conferences do not suffice; there needs to be the inclusion of civil society that has many faces, also in Iran. Can it be included – may be step by step in a process of confidence building? There may be setbacks and small achievements only in the beginning.

Given the high risk of war that any conflict situation in the Near and Middle East carries with it at all times, we must not miss the bus to break or circumvent the seemingly unavoidable road to war – without submitting any country or people to the will or blackmailing of another, an offensive power. (Berlin, December 2010)

 

 

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