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Henri
Conze.
Ancien délégué Général pour l’Armement, Henri Conze a connu une vie professionnelle très variée : énergie nucléaire, programmes d’armement, relations internationales, coopération, exportation, stratégie, politique industrielle, etc. Cette diversité lui a permis de rencontrer de nombreux responsables politiques et économiques des pays de l’Union Européenne, en premier lieu d’Allemagne, des Etats-Unis et d’autres régions du monde et de nouer des liens personnels étroits avec certains d ‘entre eux. Ces expériences le conduisent à réagir à la crise actuelle et aux multiples défis rencontrés en 2008 par la Société française et l’Europe, à l’aube de l’ère nouvelle de l’information et de la communication. La couverture de son livre est volontairement ambiguë : nous promet-il un retour dans la forêt ou bien un monde totalement électrique ? Ni l’un ni l’autre bien entendu. Il nous dit que nous sommes à la veille d’un changement sans précédent dont nous ne vivons que les premiers balbutiements. La peinture de l’avenir qu’il donne relève presque de la science fiction et de la politique fiction, mais pourtant toutes les prémisses en sont déjà là. Seulement la plupart de nos contemporains ne savent pas les voir : « Oculos habent et non videunt ».
Cela dit, le discours de Conze est très concret. Une idée qui lui tient à cœur est que seule l’industrie crée des richesses (p. 63). C’est même pour lui une valeur fondamentale. Les services dépendent de nos jours encore de l’industrie. Pourtant on nous a bassinés avec l’idée que nous sommes entrés dans une civilisation du tertiaire et que l’emploi industriel recule. Affirmer le contraire peu paraître paradoxal. Cependant, nous sommes aujourd’hui en présence d’industries qui ne fabriquent pas seulement des objets, mais mettent des forces en mouvement, changent des comportements et des relations de puissance ou tissent des réseaux de communication, nouent des contacts. Bien entendu, nous assistons à une diminution du nombre des emplois dans l’industrie suite à l’automation. Comment concilier la nécessaire création d’emplois et la diminution du besoin d’emploi humain. En créant des emplois d'un type nouveau. Conze a opté pour une société de la science et du savoir où l’on préparera les futurs chercheurs et ingénieurs dans des cités des sciences comme il en existe déjà en France à Toulouse (p.74 il fait l’éloge de Toulouse) et ailleurs. Il déplore dans ce contexte qu’il y ait eu en France un ralentissement de l’effort de recherche à partir de 1990 qui a eu des répercussions regrettables sur notre puissance industrielle. Il souligne très justement qu’on a célébré cette année en France mai 1968, mais qu’on n’a pas célébré mai 1958 qui vit le coup d’envoi des « trente glorieuses ».
Cette période faste s’est achevée à la fin du mandat de Giscard d’Estaing. Le dernier budget équilibré de la France date de 1981. Mais Conze n’est pas pessimiste. Il estime que « l’équipe de France » de l’industrie et de la recherche peut reprendre son souffle. Il a dans ce contexte une belle phrase: « Une des grandes règles de l’humanité est : si rien n’est jamais définitivement acquis, rien n’est jamais définitivement perdu ». Si nous ne faisons pas cet effort, des fonds américains, chinois, hindous prendront le contrôle de l’industrie européenne. Pour notre défense et expansion, l’auteur ne mise pas seulement sur l’équipe de France, mais sur la « Françallemagne ». D'où cette très intéressante préface de l'ami allemand, Norbert Prill. Il est fortement question dans ce livre de la coopération franco-allemande. C’est clair que nous n’y arriverons pas seuls. L’ennui c’et qu’il y a « les vieux démons français » qui risquent de contrecarrer « l’attachement des Allemands à leurs règles traditionnelles ». Conze semble estimer que la solution n’est pas l’Europe des 27, mais une Europe entraînée par une micro-union européenne franco-allemande. C’est l’Europe que Nicolas Sarkozy a réunie avec ses quatre principales puissances économiques membres du G7 pour solutionner récemment la crise financière et bancaire. Elle peut être différente dans d'autres domaines.
Conze n’a pas tort par les temps qui courent de croire à l’économie industrielle, c’est à dire à l’économie réelle, et au rôle de guide de l’Etat, un Etat qu’il veut volontariste et voyant loin. Il faut admettre que l’ultralibéralisme à l’américaine et aussi à l’allemande en a pris un léger coup ces derniers temps et que les décisions qui ont été adoptées et les interrogations posées corroborent sa vision des choses. L’économie réelle a selon lui de l’avenir à condition de ce concentrer sur les secteurs porteurs, qui dont la biotechnologie, les nanotechnologies, les grands calculateurs, les sciences de la vie (p. 78, 84, 97). L’Europe s’est un peu laissée dépasser mais elle peut rattraper son retard justement en sachant tirer son épingle du jeu dans la crise actuelle. Car elle a des ressources (p. 97). Et pour finir, si l’on en doutait, il suffit de se rappeler cette affirmation de ce penseur français à savoir que nous disposons de milliers d’années de réserves d’énergie et que là n’est pas le problème. Dommage qu’Henri Conze ne parle pas plus souvent de tout cela à des publics jeunes pour les orienter dans le bon sens et aussi moins jeunes pour leur redonner confiance.
(Le livre peut être commandé sur le site hci@wanadoo.fr ou acheté directement à la Librairie Marissal, 42 rue Rambuteau, 75003 Paris, tél. 033.(0)1.42.74.37.4, mail : marissal.buecher@wanadoo.fr)
Bernard
Storch.
«… Durant toute une partie de mon enfance, j’ai cru que ma mère m’avait abandonné. J’en ai voulu à la terre entière. Ce n’est pas d’avoir été placé à l’Assistance Publique dont j’ai le plus souffert, non. C’était de ne pas savoir. Ni qui j’étais, ni d’où je venais. De vivre au quotidien cette absence et ce vide. De connaître l’injustice d’être rejeté, insulté, humilié…»
Ainsi parle Bernard dans ce témoignage émouvant, où il décrit jour après jour l’enfance du petit Bernd qu’il était, dans cette France rurale de l’après guerre où il ne faisait pas toujours bon vivre pour un « petit Prussien » comme lui…
Né le 31 mars 1944 à Weissenfels (ex-Allemagne de l’Est), d’une mère allemande et d’un père français, Bernard Storch est arrivé en France en 1947 pour y être remis à l’Assistance publique. Après un demi siècle de recherches, il sait enfin, aujourd’hui, qui il est.
Remis peu après la guerre par sa mère allemande aux autorités françaises pour être confié à son père français et vivre mieux sous sa tutelle que dans l’Allemagne détruite et affamée, Bernard ne sera jamais remis à son père. Il apprend seulement à sa majorité qu’il est né en Allemagne. En 1978, il se lance à la recherche de sa mère en RDA avec les difficultés que l’on devine. Il retrouve sa trace par miracle et intuition.
Elle est décédée quatre ans auparavant, mais son demi-frère allemand lui griffonne sur un papier le nom de son père et lui donne une photo de ses parents qu’il voit ainsi pour la première fois. Il ne retrouvera pas son père français, décédé lui aussi. Mais il retrouve la famille de celui-ci au cours de l’été 2006 aidé par son ami Daniel Rouxel, membre comme lui de l’association franco-allemande des enfants de la guerre « Cœurs sans Frontières ».
Bernard, alias Bernd, l’enfant soi-disant trouvé, le solitaire, jette à présent des ponts entre ces deux familles allemande et française dont un homme et une femme s’étaient aimés jadis. Une vraie tribu franco-allemande est née de sa persévérance.
Vous pouvez commander ce livre chez l’auteur : bernard.storch@free.fr, ainsi qu’à la librairie Marissal, 42, rue Rambuteau, F-75003 Paris. (15€ + port) ou encore par e-mail à « Eurbag Magazine » picaper@t-online.de
Marcel Elola « J’étais à Berlin », DvG 2005. Ce témoin relate les extraordinaires aventures d’un gamin de Paris dans l’enfer de Berlin. Réquisitionné comme STO à 20 ans, le petit Marcel, garçon boucher parisien, vit des aventures inattendues et cocasses, tragiques et héroïques, entre le danger de mort et le système D. Dans Berlin écrasé par les bombes anglo-américaines, il observe les pontes nazis et l’appareil de répression au ras du bitume et montre qu’on ne peut pas empêcher les hommes (et les femmes) de fraterniser et de s’entraider. Son récit débouche sur une mise en accusation de la guerre et de ceux qui incitent les peuples à la haine et sur un hymne au travail consolateur. D’autres témoignages complètent et confirment le récit d’Elola dans ce livre qui se lit d’une traite. (A commander chez l’auteur, M. Elola, Le Carlton, 28 rue Wilson, 03200 Vichy, ou à la librairie allemande Marissal, 42, rue Rambuteau, 75003 Paris).
Le livre de Marcel Elola a été traduit en allemand sous le titre « Ich war in Berlin »
Anne de la Bachellerie « La Corde de piano » DvG 2005. Le titre fait allusion à la corde de piano avec laquelle les SS étranglèrent en avril 1945 l’Amiral Wilhelm Canaris, ancien chef du contre-espionnage allemand, l’Abwehr. L’Amiral avait soutenu les adversaires d’Hitler. Dans la France occupée et maréchaliste de 1942 dont elle trace une fresque au vitriol, l’auteur, la séduisante Anne, aujourd’hui vieille dame passionnée et à la plume inspirée, fille de la bonne société catholique de Bordeaux, s’était éprise à 17 ans de Hans, un marin allemand. Pour ses beaux-parents de Hambourg, la « petite Française » qui a épousé son héros sur un navire, est un vrai rayon de soleil. Anne travaille désormais à la Base sous-marine allemande de Bordeaux comme secrétaire interprète. Son amie allemande Magdalena l’introduit dans le milieu des officiers allemands dont beaucoup ne pardonnent pas à Hitler de mener leur pays à sa perte. De ces « patriotes germaniques » émerge la figure du « petit amiral » Canaris auquel Anne offre ses services pour lutter contre la Gestapo. Prise entre deux feux, la Gestapo d’une part, les maquisards FTP de l’autre, Anne doit fuir en Allemagne en août 1944 dans des conditions inouïes. Elle s’immerge alors au cœur du Reich dans le corps des infirmières de la Croix Rouge Internationale et assiste, parmi les blessés et les malades, aux derniers soubresauts du Léviathan. Sauvée d’un peloton d’exécution britannique, elle est condamnée comme collaboratrice par des Français qui ignorent tout de l’Allemagne antihitlérienne. Une grande aventure humaine, un témoignage historique d’une très grande qualité littéraire (à la librairie allemande Marissal à Paris, à la librairie Mollat à Bordeaux, ou chez M. Jean-Baptiste Chauvet, 182, Avenue Pasteur, 33185 Le Haillan).
Ménagère d’un poil plus que cinquante ans, Marie-Pascale Ollivier est diplômée de Sciences-Po, « maître » en Droit des Affaires mais son plan de carrière, c’était d’avoir une famille et d’élever ses enfants. Elle a donc géré consciencieusement sa PME de quatre enfants, agacée par le manque d’intérêt suscité par son « métier » de mère de famille.
Les enfants ont grandi, l’agacement avec et depuis un moment, entre l’épluchage des carottes et le repassage, ça mijotait dur sous le crâne ! Ce n’est pas parce qu’on est à la maison, qu’on a vidé sa tête que diable !
Quelques concours de circonstances plus tard, le quotidien béarnais L’Eclair Pyrénées lui ouvrait ses colonnes pour un billet hebdomadaire qu’elle mitonnera en même temps que son repas, au coin de la cuisinière. « Debout dans ma cuisine » naît en septembre 1997. Démarre alors en parallèle une carrière ( ?) de journaliste qui la mène d’une collaboration à l’hebdomadaire L’Express, en passant par l’Eclair bien sûr, la radio et quelques autres, à Signé Pyrénées Atlantiques pour lequel elle rédige des éditoriaux que vous trouverez dans cet ouvrage.
Etre journaliste étant beaucoup plus porteur que mère au foyer, elle savoure sa victoire contre l’indifférence bien décidée à continuer à « épingler » gentiment tout ce qui fait notre vie et notre époque : quelle époque !
Ce livre peut-être commandé à l'auteur par e-mail : mariepascale.ollivier@wanadoo.fr
Pierre Astruc. "Un Lozérien sur le Danube". Avec les souvenirs de la baronne Hildur von Hammerstein sur les vingt-cinq prisonniers français de ses parents, DvG 2006.
Après plusieurs mois de drôle de guerre, un jeune agriculteur lozérien, Pierre Astruc, est capturé par la Wehrmacht quelque part dans l’Est de la France. Il est soigné de sa blessure, traité correctement, mais il est captif et ne se doute pas encore qu’il en a pris pour cinq ans. Par chance, il est affecté comme travailleur dans une ferme autrichienne sur les bords du Danube. Il s’entend bien avec ses patrons qui sont d’honnêtes gens, pas nazis pour un sou et catholiques comme lui. Fils de l’instituteur de son village, Astruc est un homme instruit. Il apprend l’allemand et même le patois autrichien. Il observe, calmement, posément, sans se laisser perturber par les évènements dramatiques qu’il vit. C’est peut-être aujourd’hui le secret de sa longévité et de l’acuité intellectuelle qu’il a conservée.
Quarante-deux ans après, il est retourné en Autriche dans le village où il avait trimé pendant cinq ans. Ses anciens patrons étaient décédés bien entendu mais il a été accueilli les bras ouverts par la famille et d’autres personnes qui se souvenaient de lui. Le journaliste écrivain Jean-Paul Picaper qui a consacré sa carrière à expliquer l’Allemagne, son histoire et sa réalité actuelle, aux Français, a recueilli tel quel le récit de Pierre Astruc. Il y ajoute une analyse documentée du plan diabolique d’Adolf Hitler qui avait prévu déjà avant la guerre de faire travailler toute la population de l’Europe au service du « Reich millénaire » qu’il croyait pouvoir édifier. Pierre Astruc fut l’un de ces esclaves, mais il eut de la chance et il s’en est en somme bien tiré.
Chez le baron de Hammerstein, loin de l’endroit où était retenu Pierre Astruc, vingt-cinq prisonniers français maintenaient l’exploitation en vie. Eux non plus ne furent pas traités comme l’auraient souhaité les nazis. Et les bonnes relations ont continué après la guerre. Comme quoi, un bienfait n’est jamais perdu.
Jean-Paul et Monique Picaper. "Passion Animaux". DvG. Collection « à vol d’oiseau ». Juillet 2007. 325 pages, illustrations en couleurs.
Un livre franco-allemand,
certes, mais à vocation européenne puisque les auteurs nous annoncent qu’ils
traiteront d’autres régions d’Europe dans d’autres ouvrages de la série dans la
perspective de la reconstitution de la nature sur notre continent avec sa faune
ancestrale. C’est une entreprise ambitieuse et considérable au service de la
vie. Ce premier ouvrage qui se suffit à lui-même, est à la hauteur de cette
ambition. On y a apprend énormément de choses sur deux régions d’Europe que les
auteurs nous invitent à visiter avec un programme « animalier » et pittoresque.
Rapprocher « à vol d’oiseau » deux régions touristiques du continent européen en comparant les animaux qu’elles hébergent, tel est en effet le sens de cette collection qui sera systématiquement traduite en allemand. Le choix des animaux ne se veut pas exhaustif mais sélectif’, les textes retiennent en particulier ceux d'entre eux que des zoologues et amis des bêtes ont entrepris de sauver de l’extinction et, parmi eux, les plus anciens, dont les silhouettes figurent aux parois sacrées de Lascaux et des Eyzies, bison et aurochs, loup et cheval primitif, élan et renne, rhinocéros et ours, mais aussi la loutre et surtout le chien, premier ami de l’homme depuis des temps immémoriaux.
Certains sont les ancêtres ou les cousins des bêtes qui habitent nos fermes, car c’est en Europe et sur le pourtour de la Méditerranée que furent domestiquées treize des quatorze espèces de grands animaux domestiques connues aujourd’hui – le lama excepté. Des entretiens avec des zoologues et paléontologues, avec des gestionnaires de grands et petits zoos, avec des guides animaliers des vastes parcs de deux régions privilégiées par la nature, la Lozère (le Gévaudan) et le Brandebourg-Berlin (la Prusse), jalonnent cette randonnée dans un monde qui serait perdu pour nos enfants et petits-enfants…
…si, précisément, l’industrie et la science qui ont mis son existence en danger, ne trouvaient pas les ressources et les parades susceptibles de sauver tout ce qui peut encore l’être. Et ce qui reste, est encore beaucoup, mais diminue chaque jour.
De nos jours, la fréquentation des zoos et des parcs animaliers est plus importante, statistiquement parlant, que celle des salles de concert, théâtres, et même depuis quelques années cinémas. Les animaux ne connaissent pas de frontières et leurs amis non plus...
Ce livre peut être acheté dans les Parcs animaliers de Lozère, chez Chaptal et Raynal à Mende, à la Plume d’Or à Saint Chély, à l’Office du tourisme d’Aumont et à Papyrus à Marvejols, ainsi qu’à la libraire La Machine à Lire à Bordeaux et à la Librairie Marissal à Paris et naturellement commandé par e-mail à « Eurbag Magazine » eurbag@yahoo.fr (20 €, port incl.). On le trouve aussi au parc animalier de la Schorfheide au Nord de Berlin.
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● Journées du livre de Saint sauveur de Peyre 2009 : le public était au rendez-vous
Les Journées du livre des 7 et 8 août derniers ont confirmé avec un plus d'affluence la progression de cette manifestation culturelle. Pour cette cinquième année, une quinzaine d'auteurs présentaient leurs livres, souvent consacrés à des sujets tournant autour de la région, et trois "orfèvres" des arts plastiques, Françoise Buire avec ses icônes, la Sarroise Monika Bugs avec ses extensions à la plume de décalques de bas-reliefs médiévaux ainsi que Ghislaine Lafarge-Laville, relieuse d'art de livres anciens et modernes installée dans la commune, donnaient une coulisse colorée et palpable à ces deux journées. Entre 80 et 120 auditeurs lors des conférences de Françoise Buire le vendredi sur les icônes orthodoxes, de Jean-François Deloustal le samedi sur l'histoire de la Terre de Peyre à laquelle il a consacré une thèse de doctorat, et enfin au concert de Philippe Vialard, le vendredi soir, longuement ovationné avec ses musiciens virtuoses.
Le monde rural, ses peines et ses joies, était également présent par les ouvrages d'Emond Bordes et d'André Gardies, mais aussi par l'intervention de trois experts de la "maison écologique" adaptée à notre environnement naturel, en l'occurrence Benoit Ayral qui installe des panneaux capteurs solaires, Jean Dumycz qui a fait sa maison en bois et David Paillerets qui utilise la paille comme matériel isolant. Ils furent au coeur d'un débat animé, avec un public très demandeur d'informations. Venue dans son costume ancien et chaperonnée par Cécile Orliac, Béatrice Granier de Saint-Laurent de Muret, élue pastourelle 2009 de Lozère, semblait sortie d'un de ces romans du terroir, à moins qu'elle ne fût l'émanation de vers de Léon Bourrier venu déclamer les thèmes essentiels de la vie et des fleurs de sa terre : "J'ai découvert la cache et compris le langage/ D'une belle fleurette au coin d'un jolis bois"...
Ce forum de l'écriture, de la peinture et du chant avait cette fois aussi une note internationale avec la présence de John Lee, archiviste de la ville de San Francisco (USA) et de son épouse française Martine , de Johanna Brunne, de Pierre Desnos et de Hans-Harald von Linstow, venu relater la mort de son père, un Résistant antinazi exécuté en 1944 sur ordre d'Hitler. Cette époque tragique hante toujours l'inconscient collectif. Fils d'un prisonnier français et d'une Allemande, Bernard Storch vint rapporter comment les autorités de l'après-guerre lui avaient volé son identité familiale. La guerre, surtout la Première Guerre qui a dépeuplé nos villages, est très présente dans l'oeuvre de Danielle Massardi et dans celle de Françoise Vielzeuf-Balez. Mais d'autres drames historiques étaient au programme, ceux du juif albinos inventé par Jean-Claude Dana, ou celui de "l'auberge rouge" dont les circonstances furent remises à plat par Jean-Marie Codoul (alias Jean Sagnière). (MP)
"L'icône, c'est La Présence"
La première page du "Livre des jours" en Terre de Peyre avait été ouverte par Françoise Buire, iconographe reconnue depuis plus de quarante ans. Par des mots simples, mais riches en émotion, Françoise a su envelopper l'auditoire de ce premier art sacré chrétien: l'Icône. La salle était captivée. Ecoutée dans un silence quasi-religieux propre à son sujet, comme priante, l'artiste précisa avec passion "qu'il n'y a pas d'inspiration personnelle" dans son art. C'est la différence importante entre l'art religieux, personnalisé, et l'art sacré, royaume de l'anonyme et de l'oubli de soi. "Les icônes ne sont jamais signées", insista l'iconographe. Et pour cause, "leur auteur se met au service de la tradition de ses pères". Au cours du débat animé qui suivit son fascinant exposé, Françoise Buire qui réside dans le haut-lieu de Vézelay, révéla que la véritable réalisation d'une icône "c'était avant tout une offrande, une prière... car l'icône c'est La Présence". Nul doute que sa présence à elle, habitée par une grande spiritualité à l'instar de sa peinture sacrée, restera un moment fort de ces Journées du livre 2009.
Valérie Trocellier

Monika Bugs. Dalles médiévales et frottages contemporains en dialogue (Editions LEGAT Verlag, Tübingen, 2007). Contact avec l’auteur : Monika.Bugs@t-online.de
Chapeau bas devant Monika Bugs. Il ne faut pas être du métier pour ressentir un grand respect et une admiration particulière pour la passion d’une petite femme sympathique qui nous présente une œuvre précieuse qu’elle a réalisée avec l’amour du détail, avec un savoir-faire et une précision extraordinaires, dans un livre qui mérite d’être lu et regardé à maintes reprises. Toutes les feuilles des dalles reproduites par la technique de frottage de la basilique Saint-Rémi de Reims me plaisent tellement que je les afficherais volontiers une à une au mur de mon logis. Ce sont des reliefs médiévaux qui sont de surcroît accompagnés d’une interprétation scientifique. Ce livre est titré et rédigé en allemand et en français, raison pour laquelle nous publions cette présentation dans les deux langues.
Etant enfants nous avons, certes, tous frotté des pièces de monnaie avec une mine de crayon pour reproduire ces monnaies sur papier et jouer avec elles. C’est justement cette idée qui est venue à l’esprit de Monika Bugs quand elle a découvert les vestiges d’une abbaye détruite conservés sur des dalles en losanges. Là-dessus sont présentés des récits de la Bible en bas-reliefs avec des incrustations de plomb qui forment des murs entiers. La découverte de ces restes d’un édifice abbatial tombé en ruine dans les caves duquel sont emmagasinées aujourd‘hui des bouteilles de champagne, fut une vraie surprise pour l’historienne d’art Monika Bugs, à la fois romaniste et archéologue, alors qu’elle cherchait, en flânant dans la ville de Reims, la célèbre cathédrale qui figure au patrimoine mondial de l’Unesco.
Obsédée par l’idée de sauver ces dalles pour elle-même et dans l’intérêt de tous, elle est revenue régulièrement sur les lieux pour réaliser son projet d’artiste, en équilibre instable avec papier et crayon sur une échelle. Pour réaliser ce vrai travail de fourmi, elle se remémorait à titre d’encouragement les paroles de Sénèque :
Ce n’est pas parce que c’est inaccessible qu’on
ne l’ose pas,
mais c’est parce qu’on ne l’ose pas que c’est inaccessible.
Donc elle l’osa, son projet. Et elle profita de l’occasion du 5e Salon du livre en août 2009 initié par Monique et Jean-Paul Picaper à Saint-Sauveur-de-Peyre en Lozère pour y présenter son œuvre riche d’explications compétentes et accompagnée de textes en allemand et français, qui donne un accès facile aux illustrations bibliques visibles en arrière-plan. Il faut absolument lire son livre ! Il a déjà rencontré maint écho favorable, entre autres aussi pour une exposition des originaux encadrés de ses frottages. Quel chef d’oeuvre!
Si l’on n’a pas la chance d’aller de sitôt à Reims, Monika Bugs invite ses lecteurs et ses admirateurs à un pèlerinage historique sur ces traces culturelles de l’histoire biblique conservées par miracle et remises en évidence par ses soins. N’oubliez pas de mettre son ouvrage sur la liste des vœux lors d’un anniversaire ou à tout autre occasion. C’est un témoignage de ce que la France et l’Allemagne peuvent faire ensemble en deux langues. Ce superbe ouvrage est un trésor d’une valeur inestimable pour la culture et l’art des deux pays. Il saura éveiller votre enthousiasme.
Johanna Brunne
Monika Bugs. Botschaft der Steine / Message des pierres. Mittelalterliche Steintafeln und zeitgenössische Frottagen im Dialog / Dalles médiévales et frottages contemporaines en dialogue. Erschienen im LEGAT Verlag, Tübingen, 2007- Kontakt: Monika.Bugs@t-online.de
Vor Monika Bugs ziehe ich den Hut. Man muss nicht vom Fach sein, um Hochachtung und Ehrfurcht zu empfinden vor dieser Passion einer zierlichen Frau, die mit Liebe zum Detail, hohem Sachverstand und Akribie eine wertvolle Arbeit in Buchform vorlegt, deren Ergebnisse man immer und immer wieder bewundern möchte. Blatt für Blatt einer in Frottagetechnik reproduzierten Steintafel aus der Basilika Saint-Remi von Reims würde ich mir an die Wand hängen, so sehr sprechen die obendrein wissenschaftlich interpretierten mittelalterlichen Reliefs an.
Haben wir nicht alle als Kinder mal Münzen mit der Mine eines Bleistiftrückens abgerubbelt? Und eben diese Idee hatte Monika Bugs, als sie auf die geretteten Zeitzeugen einer zerstörten Abtei in Form von rautenförmigen Steinplatten stieß, auf denen Geschichten aus der Bibel in Reliefs mit Blei-Inkrustationen dargestellt sind und ganze Wände bilden. Diese Relikte eines zerstörten Sakralbaus, in dessen Kellern heute Champagner gelagert wird, waren eine Zufallsentdeckung der Kunsthistorikerin, Romanistin und Archäologin, als sie bei einer Durchfahrt durch Reims eigentlich die berühmtere Kathedrale suchte, die zum Unesco-Kulturerbe gehört.
Einmal besessen von der Idee, diese Platten nicht nur für sich selbst zu erhalten, kehrte sie immer wieder und wieder an den Ort der Entdeckung zurück und verwirklichte ihr Projekt. Auf dem enorm mühsamen Weg hielt sie sich an Seneca:
Nicht weil es unerreichbar ist, wagen wir es nicht, sondern weil wir es nicht wagen, ist es unerreichbar.
Ce n’est pas parce que c’est inaccessible qu’on ne l’ose pas, mais c’est parce qu’on ne l’ose pas que c’est inaccessible.
Auf dem von Monique und Jean-Paul Picaper ins Leben gerufenen Buchsalon, der zum 5. Mal im August 2009 in Saint-Sauveur-de-Peyre (Lozère/Mittelfrankreich), stattfand, präsentierte die bemerkenswerte Künstlerin Monika Bugs ihr mit fundierten deutsch-französischen Texten angereichertes Druckwerk, das die Abbildungen mit dem biblischen Hintergrund noch verständlicher macht. Sehenswert und lesenswert! Sie fand gehöriges Echo, weil sie auch Originale ihrer Frottagen gerahmt ausgestellt hatte. Was für ein wunderbares Kunstwerk ist da entstanden!
Wenn man selbst nicht so schnell nach Reims kommt, nimmt Monika Bugs den Leser und Betrachter auf eine kulturhistorische Pilgerreise mit, bei der man sich sehr anschaulich in biblische Geschichte vertiefen kann. Weihnachten ist vorbei, aber zum Geburtstag oder anderen Gelegenheiten sollte man dieses Buch auf den Wunschzettel setzen. Es ist ein Zeugnis gemeinsamer Unternehmen zwischen Frankreich und Deutschland und von unschätzbarem Niveau für Kultur und Kunst. Es sollte ein vielfaches Echo finden. (JB)
Journées du Livre de Saint Sauveur de Peyre 2008
Malgré la
date tardive de la manifestation par rapport aux années précédentes, c’est un
public nombreux qui a investi deux jours durant la belle salle du Foyer rural de
Saint Sauveur de Peyre pour suivre en direct, dans une ambiance chaleureuse et
décontractée, cette quatrième édition des Journées du Livre.
Michel Dalla Via, fils d’un soldat américain débarqué avec l’armée US sur
les plages de Normandie en juin 44, ouvrit le débat en nous racontant sa vie et
ses recherches pour essayer, à partir de très peu d’éléments, de retrouver aux
Etats-Unis son père biologique. John Lee, conservateur de la ville de San
Francisco, marié à une française, et qui parle très bien notre langue, l’épaule
dans ce travail de fourmi. Avec l’aide d’ « enfants nés du débarquement »,
Michel a fondé une Association d’utilité publique « Nés de la Libération
». www.nesdelaliberation.fr /
u.s.a.d.france@nesdelaliberation.fr
Puis une « païse », Françoise Vielzeuf-Balez, nous présenta ses deux
romans : « L’Attrape-secrets » et « Heureusement ». Avec le
premier, elle a voulu se libérer d’une page de l’Histoire qui la hante depuis
toujours : l’Holocauste. Et c’est avec une petite juive, Marie, déportée à
Auschwitz qu’elle va effectuer ce voyage intérieur pour essayer de neutraliser
cette obsession. La petite survivra à l’enfer des camps de la mort et tentera,
sa vie durant, de se reconstruire. Un livre fort, qui se lit d’une traite, un
peu comme si le fait de faire une pause sur le chemin de la lecture pouvait
mettre en danger la vie de Marie. Fille de paysans cévenols, Françoise est très
attachée à sa terre et à ses ancêtres. C’est leur vie au quotidien qu’elle nous
fait partager dans son deuxième livre à une époque où le respect des valeurs
avait encore un sens. Avec une plume sûre et alerte elle nous entraine sur la
trace des siens et ce sont des moments intenses de la vie d’autrefois, plus
vrais que nature, auxquels nous sommes conviés. (fvielzeufbalez.site.voila.fr/)
Une autre cévenole, Danièle Nicolas, membre de l’école poétique de Mende,
charma le public sur ces deux journées par sa sincérité et sa diction gestuelle
toute en finesse. Des textes de grands auteurs, tel Jacques Prévert (son
préféré) mais aussi de sa plume, tel « Ernestine » dédié à sa grand-mère,
enchantèrent et émurent grands et petits. Pour conclure sa prestation, elle
donna la parole à deux fillettes, ravies de faire leurs premiers pas sur les
planches, avec à la bouche de si belles paroles.
La soirée fut animée par les troubadours de l’Aubrac, Bernard Martinet et
Jean-Norbert Abadie.
C’est Henri Conze, ancien délégué Général pour l’Armement, ingénieur
polytechnicien, natif et résident estival de Chambon le Château dans notre
département, qui ouvrit la deuxième journée en nous expliquant à travers son
livre « Plaidoyer pour une ère nouvelle », les avatars de la France et de
l’Europe dans un début de XXIème siècle qui impose une profonde mutation
technologique et psychologique. Il estime que « l’équipe de France » de
l’industrie et de la recherche peut reprendre son souffle. Et elle doit le faire
car la menace d’une prise de contrôle de l’industrie européenne par des fonds
américains, hindous, chinois, est réelle. Une autre idée forte est la
coopération franco-allemande, indispensable, car l’Europe ne peut pas exister
sans la France pas plus qu’elle ne le peut exister sans l’Allemagne. Il a été
longuement question aussi du rôle indispensable de l’Etat. Et des industries
d’avenir. La biotechnologie, les énergies renouvelables, telles les éoliennes
qui ne sont pas LA solution car, certes, le vent est gratuit. Mais lorsqu’il ne
souffle pas, elles s’arrêtent de tourner.
L’après-midi, devant une salle comble, il fut question des ancêtres du Gévaudan,
les Celtes. Anne-Marie Romero, journaliste spécialisée en archéologie,
s’étendit sur la découverte de Bibracte la capitale gauloise des Eduens
apportant énormément d’indications sur ces ancêtres plus civilisés que César
avait bien voulu nous le faire croire (villes avec canalisations, nombreux
ateliers de forgerons, etc.). Cette civilisation du fer était également
implantée sur le site de l’actuel Javols. Faute d’écriture et parce qu’ils
construisaient surtout en bois, il ne reste que peu de choses de l’oppidum
gaulois qui dominait la vallée du Triboulin. En revanche, il y a encore beaucoup
à découvrir dans la cité gallo-romaine construite en contrebas après la conquête
des Gaules. C’est ce que nous a expliqué, avec beaucoup de clarté et de
précision, Alain Trintignac, responsable des fouilles à Javols et
ambassadeur de l’archéologie au Conseil régional de Lozère à Mende. Le détail de
ces recherches minutieuses retint toute l’attention du public. L’espace
muséologique de Javols mérite une visite pour « réviser » cette belle
prestation.
Alberto Pimpinelli, mathématicien et professeur de physique à
l’Université de Clermont Ferrand, futur attaché scientifique au Consulat de
France à Houston(Texas), nous exposa « La preuve par les pierres » (titre
de son livre). Sous forme de dialogue entre deux scientifiques qui déchiffrent
sur fond de guerre en Irak des tablettes gravées, son livre découvre la clé
astrale des monuments des premières grandes civilisations de l’humanité (les
dieux de Sumer et d’Egypte, les dolmens de Bretagne et les pierres levées de
Stonehenge en Grande Bretagne).
C’est sur de magnifiques images de la cité des Papes que s‘achevèrent ces deux
journées intenses. Gonzage Zeno, cinéaste, descendant d’une famille qui
donna à Venise un de ses doges, nous présenta son film « Avignon, la deuxième
Rome ». La ville fut pendant un siècle le centre de la Chrétienté et reste
aujourd’hui, à l’ombre du colossal Palais des Papes, le centre mondial du
théâtre.
Autour de ces débats, les auteurs et participants fidèles de la première heure
étaient là : Léon Bourrier, Jean-Claude Dana, Marcel Elola, Ghislaine Laville,
Bernard Storch, Mme Chastel, etc. et l’exposition photos-poésies « La
tête dans les Nuages » de Michel Guiral et Monique Picaper
connut un beau succès. Les organisateurs remercient tous ceux qui ont participé
à la réussite de cette manifestation, le Conseil Général , la Municipalité et le
Foyer rural de Saint Sauveur de Peyre pour leur soutien et leur donnent
rendez-vous l’année prochaine.
Journées du livre de Saint Sauveur de Peyre 2007
Déplacer l’archiduc Otto de Habsbourg, c’est comme faire bouger une montagne. Pourtant, ce chef d’une « tribu », comme il dit, de 7 enfants et de 22 petits-enfants, était venu le 17 août dernier aux Journées du livre de Saint Sauveur de Peyre porter la bonne parole de l’Europe. Otto de Habsbourg a dédicacé dans une salle comble le livre « Le Nouveau défi européen » qu’il a écrit avec Jean-Paul Picaper : quelques 600 pages de questions réponses sur le passé, le présent et surtout l’avenir de notre continent parues chez Fayard.
Malgré une maladie qui l’a terrassé et qu’il a vaincue, l’héritier actuel du trône d’Autriche Hongrie porte allègrement ses 95 printemps. Accompagné de son petit fils Baltasar de Casanova, un sympathique Catalan, il continue, muni de son bâton de pèlerin, ses pérégrinations au service de l’Union Européenne dont il fut député à Bruxelles et Strasbourg pendant vingt ans, tout en étant l’avocat des pays du Centre et de l’Est de l’Europe en son titre de président de l’Union paneuropéenne. Il était sur la bonne voie à Saint Sauveur par où passe le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle que tous les petits Habsbourg, tradition familiale et noblesse obligent, doivent accomplir au sortir de l’âge tendre.
Dire « Habsbourg », c’est dire « Europe » ou, du moins, une très grande partie de l’Europe. En fait, cet empire sur lequel, sous son ancêtre Charles Quint, « le soleil ne se couchait jamais », allait il y a cinq siècles de l’Amérique latine à la Mer Noire en traversant le Danube. Et ajoutons : le Rhône et la Saône, car la doctrine de libéralisme politique des Habsbourg était née jadis au cœur de la Bourgogne, autour du symbole mythique de la Toison d’Or, qui sera tirée à Dijon le 30 novembre prochain d’un sommeil de 400 ans, telle la Belle au Bois dormant. A la différence du rationalisme et du centralisme français, l’empire des Habsbourg se fondait sur la décentralisation, la tolérance et l’autogestion locale avec comme trait d’union l’amour paternel de l’Empereur. Aussi bien Otto de Habsbourg parle-t-il sept langues vivantes dont le hongrois, plus le latin, et possède quatre nationalités. Son très beau français il le doit à sa mère, l’impératrice Zitta qui était une Bourbon - Parme.
Il aurait pu être président de Hongrie ou roi d’Espagne, fonctions auxquelles il a préféré sa mission d’unificateur impartial de l’Europe. Depuis longtemps, les Habsbourg sont réconciliés avec la France, avec laquelle le père d’Otto, Charles 1er, dernier empereur, détrôné en 1918, avait tenté mais en vain de conclure la paix en 1917, raison pour laquelle il a été béatifié par Jean Paul II. Très continental, son fils Otto évoqué l’Angleterre et les Etats-Unis avec une ironie bienveillante. Sa bête noire est Vladimir Poutine, un « fonctionnaire sauvage », selon lui, un buveur d’eau de surcroît, à la différence de son prédécesseur Eltsine que Habsbourg a connu et appréciait. Car l’homme, un des derniers monstres sacrés de notre temps, a fréquenté les grands de ce monde, qu’ils s’appellent De Gaule, Churchill, Roosevelt, etc., sauf Hitler qu’il refusa de rencontrer et qui tenta de l’assassiner. Avec son frère Charles louis, il a sauvé en 1940 à Bordeaux de nombreux juifs et adversaires autrichiens des nazis. L’Autriche ne lui a pas toujours rendu son dévouement, mais enfin la réconciliation sous conditions a eu lieu. Pour l’avenir, Habsbourg adhère à l’idée de son ex-compatriote hongrois Nicolas Sarode de créer une Union méditerranéenne avec l’Europe et le Maghreb dont la Turquie ferait également partie mais dans le cadre d’une « relation privilégiée » et non avec le statut de membre de l’U. Il estime aussi qu’il faut se concilier l’amitié des musulmans modérés avec lesquels nous partageons quelques valeurs chrétiennes.
Plusieurs auteurs ont "planché" à ces journées du livre organisées par les Editions DiversGens avec le soutien du maire de Saint Sauveur Michel Guiral et du Conseiller général Alain Astruc, sous la houlette du Foyer Rural de Saint Sauveur. Parmi eux, on a écouté notamment Christian Laborie, romancier des « drailles », puis les confessions de Bernard Storch « Une semaine pour renaître », et de son ami Jacques Payen, qui ont relaté leurs souvenirs émouvants d’« enfant de la guerre », Jean-Claude Dana, critique d’une judaïté dont il fait partie, Catherine Gravil qui a interviewé des intellectuels sur Dieu, et François Giraud qui fait confiance à la musulmane « Fatima » (titre de son roman) pour surmonter l’islamisme militant, sans oublier les jolis poèmes de Léon Bourrier chantés par Philippe Viala, plus le métier de la reliure représenté par Ghislaine Laville. Mais l’autre « clou » du Salon fut le 18 août le débat des gérants et zootechniciens des parcs animaliers de Lozère Alexis Amarger (la Maison de l’aurochs du Giraldes), Alain Gstalter (les Bisons de Ste Eulalie en Margeride), Sylvain Macchi et Audrey Prucca (Les loups du Gévaudan à Ste Lucie).
Devant une assistance nombreuse et passionnée qui mêlait touristes et autochtones, le débat dura deux heures et demi au cours desquelles on apprit que la connaissance du bétail domestique passait par celle de son cousin sauvage le bison et de son arrière grand-père l’aurochs, celle du chien par celle de son ancêtre le loup et celle du cheval par l’étude de son arrière grand-oncle le Przewalski, rendu à la nature au Villaret sur le Causse Méjean. Quand il fallut se séparer, non sans avoir évoqué la défense des troupeaux contre les prédateurs et les problèmes de la réintroduction de l’ours dans les Pyrénées, il s’avéra qu’on aurait pu encore discuter des heures de l’organisation des parcs, de l’intelligence animale, de la génétique, des comportements animaux et humains, du respect dû à nos frères prétendus « inférieurs » et de la question de savoir si « les animaux ont une âme.
Deux enfants de la guerre racontent...
L’un, Bernard, a trouvé ses racines, l’autre, Jacques, les cherche encore. Tous deux ont confessé le drame de leur vie, le drame d’être né « enfant de l’ennemi », devant un public nombreux et ému qui était venu les écouter au Salon du livre de Saint Sauveur de Peyre en Lozère. Cette manifestation culturelle que nos lecteurs connaissent déjà, s’est déroulée cette année pour la deuxième fois les 17 et 18 août, avec un succès largement salué par les médias du Languedoc-Roussillon. Dans ce pittoresque et tranquille village d’altitude, les Journées du livre sont devenues un « must ».
Alors que les autres auteurs sollicités parlaient de leurs personnages (comme Christian Laborie, François Giraud, Jean-Claude Dana et d’autres), de leurs animaux (car un des clous du Salon fut le grand débat des experts en zoologie sur les espèces protégées), ou encore de l’Europe et du monde (comme l’archiduc Otto de Habsbourg, longuement applaudi), Bernard et Jacques ont parlé d’eux-mêmes.
Aucun égocentrisme, aucune petitesse, bref rien de déviant dans leurs témoignages à la différence d’autres enfants de la guerre que la souffrance a déséquilibrés et qui ont une blessure qui les marginalise ou des complexes à surmonter par une auto-affirmation excessive. Aucun repli sur soi-même non plus chez Bernard et Jacques dont le besoin de communiquer est évident. Leurs destins furent exceptionnels mais ils sont exemplaires et ils le savent. Après des départs difficiles, ces deux hommes ont réussi leur vie en empruntant les voies normales de la société et de la morale. En des termes plus philosophiques, on pourrait dire qu’étant partis du divergent, ils sont parvenus au convergent.
Leur prestation fut suivie avec beaucoup d’attention par le public à St Sauveur et les questions fusaient encore au terme du débat. Autant dire qu’on s’est arraché le livre de Mémoires de Bernard Storch – en attendant celui de Jacques Payen. N’est-ce point curieux que des spectateurs, auditeurs, lecteurs puissent s’identifier à ce point à des hommes (ou femmes) qui eurent un destin aussi différent du leur ? C’est pourtant généralement le cas des enfants de la guerre. Ils touchent visiblement une fibre qui ne demande qu’à vibrer dans le cœur de la plupart d’entre nous.
Pour Bernard Storch, la situation était pire au départ que pour Jacques Payen, puisqu’il ne connaissait ni son père ni sa mère. Et pourtant, c’est lui qui a réussi à retrouver la piste de ces derniers alors que Jacques qui eut une mère, lui, tâtonne encore. Sa mère, Bernard s’en souvenait en rêve dans sa tendre enfance, des rêves qui tournaient souvent au cauchemar. Né en 1944, il dut attendre 1978 pour l’identifier en ex-RDA. Mais elle était morte quatre avant, minée par la détresse. Il lui fallut encore attendre près de trente ans pour retrouver la trace de son défunt père français. Donnons-lui la parole «… Durant toute une partie de mon enfance, j’ai cru que ma mère m’avait abandonné. J’en ai voulu à la terre entière. Ce n’est pas d’avoir été placé à l’Assistance Publique dont j’ai le plus souffert, non. C’était de ne pas savoir. Ni qui j’étais, ni d’où je venais. De vivre au quotidien cette absence et ce vide. De connaître l’injustice d’être rejeté, insulté, humilié…»
Ainsi parle-t-il dans ce livre émouvant mais précis où il décrit jour après jour l’enfance du petit Bernd qu’il était, dans cette France rurale de l’après guerre où il ne faisait pas toujours bon vivre pour un « petit Prussien » comme lui…Né le 31 mars 1944 à Weissenfels (ex-Allemagne de l’Est), d’une mère allemande et d’un père français, Bernard Storch est arrivé en France en 1947. Remis peu après la guerre par sa mère allemande aux autorités françaises pour être confié à son père français et vivre mieux sous sa tutelle que dans l’Allemagne détruite et affamée, Bernard ne sera jamais remis à son père. Il apprend seulement à sa majorité qu’il est né en Allemagne. En 1978, il se lance à la recherche de sa mère en RDA avec les difficultés que l’on devine. Il retrouve sa trace par miracle et intuition.
Elle est décédée quatre ans auparavant, mais son demi-frère allemand lui griffonne sur un papier le nom de son père et lui donne une photo de ses parents qu’il voit ainsi pour la première fois. Il ne retrouvera pas son père français, décédé lui aussi. Mais il retrouve la famille de celui-ci au cours de l’été 2006 aidé par son ami Daniel Rouxel, membre comme lui de l’association franco-allemande des enfants de la guerre « Cœurs sans Frontières ». Bernard, alias Bernd, l’enfant soi-disant trouvé, le solitaire, jette à présent avec son épouse Nicole des ponts entre ces deux familles allemande et française dont un homme et une femme s’étaient aimés jadis. Une vraie tribu franco-allemande est née de sa persévérance. Bernard Storch est un homme vrai, un homme sincère qui a connu des hauts et des bas dans sa vie et qui s’en est tiré à la force du poignet. On ne lui fait pas prendre des vessies pour des lanternes. La justesse de ses jugements en impose.
Comme lui, Jacques, s’est fait lui-même, avec une immense énergie, affrontant les dangers de la vie militaire, dans la marine d’abord puis dans les commandos parachutistes. Il a vécu la vie courageuse d’un homme authentique qui s’est assumé tel quel, avec modestie et bravoure, une vie récompensée elle aussi par l’affection de son épouse Nafissa et de ses enfants. Mais il y a toujours pour lui ce vide au départ, le « vide d’avant » des enfants de la guerre. Il eut, lui, une mère, souvent absente, évanescente, réticente comme tant d’autres à lui avouer le secret de sa vie. Il lui fallut trouver dans un de ces greniers où les enfants aiment aller fouiller, une lettre d’un certain Erich qui figurait sur une photo en uniforme de la Luftwaffe. Un bien bel homme, un héros autour duquel l’imagination du jeune homme pouvait broder ! Cette révélation fortuite fut néanmoins un choc terrible pour le jeune garçon dont la mère ne put ou ne sut pas atténuer l’effet. Elle ne voulut pas lui parler, l’écouter, lui répondre. C’était un temps où les adultes se réfugiaient encore dans le mutisme vis-à-vis des jeunes, à plus forte raison s’il y avait un secret de famille à cacher. La mère de Jacques avait pu échapper au destin des femmes tondues, protégée par son père, ancien « poilu », et en fuyant son village, mais elle avait gardé cette blessure au cœur. Témoin ce magazine français des années soixante qui représentait des pilotes de la Luftwaffe dans lequel elle a encore encadré deux noms. Jacques l’a retrouvé plus tard.
Lequel des deux fut-il son père ? Probablement, l’homme dont la photo est sur le médaillon que lui a légué sa mère (voir notre rubrique « Recherches ») et qui n’est pas « Erich ». Car le test génétique n’a pas été concluant dans le cas d’« Erich », cet ancien as de l’armée de l’air allemande hautement décoré, dans lequel Jacques Payen avait mis tous ses espoirs. Après cet échec d’une longue enquête dans laquelle le « commissaire Hasard » avait été pour beaucoup, il faut à présent repartir à zéro, avec des indices ténus.
En relatant sa vie et sa recherche, Jacques, très ému, a arraché des larmes au public. Il a su faire passer le courant de la tribune à la salle avec un don étonnant de l’expression parlée. Ce fut un grand moment de sincère communion.
Eine preussisch-provenzalische Freundschaft
Wie Eduard Koschwitz aus Königsberg und Frédéric Mistral aus Maillane zu Weggefährten wurden.
Im Januar 2006 rief mich ein Bekannter an, den ich seit einem Vierteljahrhundert nicht mehr getroffen hatte. Er meldete sich im Telefon mit „Burkhard Schmidt“, ich erinnerte mich dann, dass ich einen Inhaber dieses Namens und Vornamens gekannt hatte, Burkhard Schmidt aus Lemgo, der mich im Namen der amerikanischen wertkonservativen Organisation « Western Goals » einige Male während des kalten Krieges mit dem Wunsch besucht hatte, das ich deren gute Ziele journalistisch unterstütze. Er war ein faszinierender Mensch, ein mit internationalen Preisen gekrönter Architekt, der große Bauprojekte verwirklicht hatte und ein Humanist war, der sich für Kunst, Musik, Religionsgeschichte, Geschichte und Politik interessierte. Er hatte weltweite Kontakte und war Mitglied eines karitativen Vereins, « Die Sankt-Georg-Ritter ».
Sein Anliegen war außergewöhnlich. Er erklärte mir, dass er im Besitz von Originalschriften des provenzalischen Schriftstellers Frédéric Mistral war, die aus dem Nachlass eines « ostpreußischen Gelehrten » stammten. Dieser Gelehrte sei der Professor Eduard Koschwitz gewesen, seinerzeit Rektor der Universität Königsberg. Schmidt, der ein Büchernarr und ein Sammler alter Schriften und Dokumente war, besaß viele Schriften und Fotos von Koschwitz. Ich machte mich über Prof. Koschwitz sachkundig. Er war 1851 in Breslau geboren worden und starb 1904 in Königsberg, wo er tatsächlich Rektor gewesen war. Seine Laufbahn hatte ihn zunächst 1895 von Königsberg zur Uni Greifswald, wo er 1896 Rektor wurde, und anlässlich seiner Ernennung eine Rede über die Bewegung der « Felibres » in Frankreich hielt. Dort blieb er nur bis 1894 und gründete dann in Marburg Fremdsprachenkurse. Es ging eine Weile gut, aber er hatte ein methodisches Zerwürfnis mit einem Kollegen, der die Sprachen als praktische Werkzeuge betrachtete, während der hochgebildete Koschwitz die Geschichte und Hintergründe des Vokabulars beleuchten wollte. Als er es nicht mehr aushalten konnte und seine Gesundheit darunter litt, ließ er sich 1901 wieder nach Königsberg versetzen, wo er bei geschwächter Gesundheit schon 1904 verstarb.
Kein Wunder, dass Koschwitz gesamter Nachlass in Königsberg blieb, wo er auch beerdigt wurde. Woher hatte Schmidt jedoch Koschwitz Texte? Sein Großvater hätte die zentrale Apotheke in Königsberg geführt, berichtete er mir. Das Material käme von ihm. Wie der Königsberger Apotheker zum Besitz von Koschwitz Schriften gekommen war, wusste er nicht. Jedenfalls hatten er und seine Mutter Ostpreußen einige Zeit vor der großen Flucht von 1945 mit der Bahn verlassen können. Sie hatten einige Habseligkeiten, auch vom seligen Großvater, mitnehmen können. Seitdem habe er das bei sich aufbewahrt. Ich nahm Burkhard Schmidts Informationen ernst, zumal er hinzufügte: « Ich könnte diese Schriften von Mistral im Auktionshaus Sotheby’s in London zu einem guten Preis verkaufen, aber ich will Frankreich, genauer gesagt Südfrankreich, damit ein Geschenk machen. Sicherlich gibt es dort eine Mistral-Stiftung. Helfen Sie mir, ich kann nicht genug Französisch ». Ich fragte, warum er Südfrankreich denn so zugeneigt war. « Mein Vater, erklärte er, hat im Krieg als Besatzer in Frankreich bei einer französischen Familien in Toulouse gewohnt. Er konnte einigermaßen französisch und es entwickelte sich eine enge Freundschaft zwischen ihm und seinen Gastgebern. Der Kontakt zu dieser Familie hat nach Kriegsende noch Jahrzehnte bestanden ».
Ich nahm per Telefon und Brief Kontakt mit dem Mistral-Museum in der provenzalischen Kleinstadt Maillane, wo der Dichter gelebt hatte. [1] Mit den Leuten dort wurde vereinbart, dass wir auf der Buchausstellung, die wir jährlich im August im südfranzösischen Dorf Saint Sauveur de Peyre (Département Lozère) veranstalten, den Leuten aus Maillane den Nachlass feierlich aushändigen würden. Die Museumsverwalterin, Brigitte Pitra, und der Bürgermeister von Maillane, Jacques Demarle, nahmen das Angebot begeistert an. Ich sagte, dass Herr Burkhard Schmidt selbst diese Gabe aushändigen würde und sich freute kommen zu dürfen. Dennoch hörte ich von ihm zwei Monate lang nichts mehr von ihm. Am 17. April 2006 schrieb ich ihm, ob er denn seinen Vorschlag vergessen hatte. Am 24. April informierte mich Ulla Schmidt, seine Frau, dass er gerade an galoppierendem Krebs verstorben war. Wir beschlossen gemeinsam diesen letzten Willen des Verstorbenen auszuführen. Sie suchte ein paar Tage nach den Koschwitz-Dokumenten. Sie fand sie in einer Kiste und ließ sie mir nach Berlin durch einen Freund bringen. Es erwies sich, dass das Material recht wertvoll war. Es waren viele Schriften und Publikationen von Koschwitz dabei aber auch von Mistral, auch Briefe und Postkarten des Dichters, auch signierte Fotos. Darunter befanden sich handschriftliche Notizen des Dichters zu seinen Lektüren des Entwurfes seines Hauptwerks « Mireille » (« Mirèo » aus Provenzalisch), als er es vor Freunden vorgetragen hatte, um zu testen, ob dieses Epos ein Publikumserfolg sein würde. Das wurde es auch und ist es bis heute geblieben. Der Musiker Charles Gounod hat es sogar 1863 vertont. Mireille ist die Geschichte einer reichen Bauerntochter, die sich in einen armen Korbflechter verliebt und auf der Suche nach göttlicher Unterstützung auf Wanderschaft geht. Das Werk knüpft an den Mythos der Johanna von Orleans, schöpft aber aus dem Schatzkästlein provenzalischer Erzähler. Über « Mireille » hatte Koschwitz ein Buch geschrieben.
Im Juli 2006 fuhr ich mit meiner Frau nach Maillane, um die Details der Feier zu regeln und um Mistrals Nachwirken vor Ort zu betrachten. Maillane ist nicht weit entfernt von Arles und Saint Rémy de Provence, der Stadt der Maler, wo Van Gogh lebte und malte. Jacques Demarle führte uns durch das in ein Museum verwandelte Wohnhaus des Dichters und zeigte uns sein Grab im Friedhof der Gemeinde. Dort steht es, einem antiken Kleintempel ähnlich. Mistral hatte es selbst nach dem Modell des Grabes der Königin Jeanne entworfen, wurde mir erklärt und anhand von Fotos bestätigt. Etwas weiter weg schaut das majestätische Grab seiner Pariser Mätresse wie von ihr selbst gewünscht auf Mistrals Grabstätte, die er mit seiner erst 1876 angeheiratet Frau, Louise Rivière, teilt. Mistral war in im September 1830 in Maillane als Sohn betuchten Gutsverweser geboren worden. Er studierte Jura und ließ sich dann wieder in Maillane nieder, wo er in dem Haus, das er erst mit seiner Mutter bewohnte, dem Haus der Eidechse seine wichtigsten Werke verfasste. Über der Tür steht eine Sonnenuhr und die Verse in provenzalischer Sprache: « Frohe Eidechse, trink die Sonne, die Stunden gehen zu schnell vorbei und morgen regnet es vielleicht ». Ein paar Meter weiter steht das größere Haus, das er mit seiner Frau später bewohnte und wo sein Leben und Schaffen mit ihrer Hilfe nach seinem Ableben im März 1914 archiviert und ausgestellt wurde.
Herr Demarle zeigte uns im Saferaum des Museums Briefe vom deutschen Professor Koschwitz, die Mistral aufbewahrt hatte. Ein Schriftvergleich zeigte, dass Burkhard Schmidts Dokumente authentisch waren. Natürlich war das Museum an dem Nachlass aus Ostpreußen außerordentlich interessiert. Als er nach Saint Sauveur de Peyre zu der Buchausstellung kam, hatte sich Bürgermeister Demarle von einem provenzalischer Dichter und Kenner dieser Regionalsprache und Literatur, René Moucadel, begleiten lassen. Beide kamen Mitte August 2006 ins Zentralmassiv mit ihren Ehefrauen ; sie erhielten die Fundstücke, die wir unter Vitrinen fürs Publikum ausgestellt hatten, aus der Hand des dortigen Bürgermeisters Michel Guiral ; ich erzählte den Gästen die Geschichte von Burkhard Schmidt und von Eduard Koschwitz ; René Moucadel hielt eine Rede in provenzalischer Sprache, die viele Anwesende halbwegs verstanden, denn der Dialekt im Zentralmassiv (Region Languedoc-Roussillon) unterscheidet sich nicht wesentlich vom Provenzalischen (Région Paca-Rhône-Alpes). Wir erhielten Literaturmedaillen und Bücher aus der Provence. Abends gab ein bekannter Sänger ein Konzert in okzitanischer Sprache. Zuhörer waren in großer Zahl gekommen.
Die Akten von Koschwitz aus Königsberg befinden sich jetzt in Maillane. Bürgermeister Jacques Demarle hat sie mitgenommen und den Gelehrten dort zum Studium vorgelegt, und im Januar 2008 starb er noch nicht einmal 60 Jahre alt an Krebs. Es ist, als ob ein Fluch auf den Verwaltern der Dokumente lastete. Koschwitz hatte nicht lange gelebt, Burkhard Schmidt und Jacques Demarle auch nicht. Eine große Überraschung für mich war festzustellen, dass Prof, Koschwitz sich für den Pariser Slang interessiert hatte. Er hatte darüber eine Studie verfasst. Aus dem Material ging hervor, dass Koschwitz unbekannte Texte der französischen Literatur aus dem Mittelalter entdeckt und ediert hatte, darunter den « Chanson von der Reise von karl dem Großen nach Jerusalem ». Diese Texte und Bücher waren in den Dokumenten enthalten. Aus Briefen und Fotos ging hervor, dass er außerdem mit Mistral eine gemeinsame Leidenschaft für die Arbeiten eines Pariser Abtes, der Pfarrer Rousselot, entwickelt hatte, der sich in den Kopf gesetzt hatte, einen Apparat zu bauen, der Menschen aufgrund ihrer Sprechweise identifizieren würde. Etwas, was heute mithilfe der Computer möglich gemacht wird. Koschwitz hatte oft diesen französischen Priester getroffen, der ihn auch in Deutschland besucht hatte. Es wurde auch klar, dass Mistral Koschwitz seinen 1904 erhaltenen Nobelpreis für Literatur verdankte. Koschwitz hatte befreundete dänische und schwedische Sprachwissenschaftler und auch den luxemburgischen Romanisten Nikolaus Welter, der Mistral in Maillane besuchte, als Unterstützer für seinen französischen Freund gewonnen.
Es war das erste Mal, dass ein Vertreter einer « nichtnationalen » Sprache diese höchste Belletristikauszeichnung erhielt. Die Schwedische Akademie zeichnete Mistral « mit Bezug auf die frische Ursprünglichkeit, das Geistreiche und Künstlerische in seiner Dichtung, die Natur und Volksseele seiner Heimat getreu widerspiegelt, sowie auf seine bedeutungsvolle Wirksamkeit als provenzalischer Philologe ». Mistral hatte 1854 die Felibre-Bewegung gegründet zur Belebung und zum Erhalt der provenzalischen Sprache und Literatur und wurde bald deren Gallionsfigur. Er schrieb ein sehr umfangreiches Werk und publizierte in 20 Jahren ein Wörterbuch seiner Elternsprache. Manche haben ihn den « provenzalischen Goethe » genannt. Einige französische Schriftsteller wurden blass vor Neid und französische Politiker regten sich wegen dieser ausländischen Förderung einer - zumindest kulturell - separatistischen Kultur im Südosten ihres Staatsgebildes.
Waren die gekreuzten Schicksale von Koschwitz und Mistral, dieser Männer, die alles trennte, aber die Liebe zur romanischen Literatur und Sprachwissenschaft vereinte, nur Zufall? Hatte Koschwitz nur aus wissenschaftlicher Begeisterung und Freundschaft Mistral zum Nobelpreis verholfen, oder hatte er einen politischen Auftrag ausgeführt? In dem mir anvertrauten Material von Koschwitz befanden sich offizielle preußische Diplome und Orden, die der Kaiser Wilhelm selbst unterzeichnet hatte. Die freundschaftlichen Kontakte zu Mistral hatten sich zu einer Zeit entwickelt, als die deutsche und die französische Nation einander wie Streithähne anschauten und von dem nächsten bewaffneten Konflikt mit dem « Erzfeind » träumten. Nichts davon ist in der Korrespondenz mit Koschwitz zu spüren. Bis zu seinem Tod 1914 schrieb Mistral freundliche, neutrale Briefe an die deutschen Freunde. Aber Koschwitz wusste schon, welcher Geist in Frankreich wehte. Er hatte eine psychologische Studie mit dem Titel « Die Franzosen während und nach dem Krieg von 1870-71 » geschrieben. Mag sein, dass er ohne sein Zutun missbraucht worden ist, aber er hat einen Dichter unterstützt, der am Anfang seiner Laufbahn durch und durch separatistische Thesen für die Provence vertreten hatte. Später beschränkte sich Mistrals Autonomiebewegung auf Sprache und Kultur. Er übersetzte selbst sein Werk ins Französisch und machte gegenüber Paris Zugeständnisse. Aber die Aufteilung Frankreichs in separaten Provinzen, die ein strategisches Ziel der Habsburger und der Hohenzollern gewesen war, stand wohl doch im Hintergrund dieser wahren und uneigennützigen Freundschaft zwischen zwei großen Geistern in Deutschland und Frankreich. JPP
[1] Maison du Lézard, Avenue Lamartine. F-13910 Maillane. Tel. 0033.(0)4.90 95 74 06, Fax 0033(0)4.90 90 53 84 .