Macropolitique

L'évènement de l'automne 2011 :

 

Tous les peuples ont pu le lire. Certes, la mort de Kadhafi, le retrait des troupes américaines d'Irak, le tremblement de terre de Van en Turquie et le sauvetage de l'euro, y compris les contre-vérités concernant la dette grecque dont tout le monde sait qu'elle ne sera jamais épongée, sont des évènements importants, mais vu d'Europe, la condamnation de Julia Tymochenko nous paraît être un évènement gravissime contraire à la justice et aux droits de l'homme. Ce jugement pervers relève d’une quasi-diabolique hypocrisie. L’ancienne Premier ministre ukrainienne a été condamnée le 11 octobre dernier à sept ans de prison selon l’article 365 du Code pénal de son pays qui date de la période soviétique, pour avoir prétendument « outrepassé sciemment ses droits et compétences » et « causé un dommage considérable à son pays » en signant au cours de la crise du gaz de l’hiver 2009 un accord favorable à la firme russe Gazprom. Elle avait été poussée par la communauté européenne à signer cet accord léonin afin de mettre fin à un conflit. Il fallait aussi qu’elle assure vaille que vaille l’approvisionnement en gaz de ses concitoyens. Le pire est que ce verdict intervient contre celle qui tentait d’émanciper son pays de la tutelle russe dont le principal garant est l’actuel président ukrainien Viktor Ianoukovitch, l'homme de Moscou. On aurait aimé que Gerhard Schröder dont l’excellente relation avec Gazprom est bien connue, ait fait quelque chose pour cette malheureuse politicienne. On notera que le bébé de Nicolas Sarkozy et de Carla Bruni-Sarkozy né le 19 octobre 2011 a reçu le prénom en apparence très italien de Giulia. Sans commentaire des heureux parents, mais peut-être pas par hasard (il faut se souvenir que Nicolas Sarkozy a sauvé la Géorgie de la destruction par la Russie et qu'il s'est rendu le 6 octobre dernier à Erevan en Arménie non loin de l'Ukraine...).

 

La crise européenne de 2011:

Les évolutions politiques et sociétales des derniers mois ont clairement illustré l’accablante actualité des discussions ayant eu lieu au cours du 13ème Dialogue Franco-allemand de la Fondation ASKO de Sarrebrück à l’Académie européenne  d’Otzenhausen.  Les rejets provoqués par la crise financière et économique globale et les turbulences dans la zone Euro qui sont entre autres à imputer aussi à celle-ci mettent l’Union européenne et ses Etats membres sous une énorme pression. Même pendant les discussions sur le plan de sauvetage de l’Euro au cours des dernières semaines, des voix se sont élevées dans toute l’Europe mettant en garde contre l’approfondissement de l’intégration européenne et réclamant un retour plus profond vers les intérêts nationaux. On aurait tort de ne pas écouter ces voix discordantes. C'est clair que le discours dominical européen dans le cadre des sacro-saintes institutions existantes est à bout de souffle. L'Europe va devoir radicalement tourner la page et faire peau neuve. Se doter même d'une nouvelle ossature. Le projet européen est encore une fois à la croisée des chemins – le développement futur est seulement difficile à prédire. Dans un même temps, les analyses et contributions optimistes sur le rôle actuel et futur de la Pologne au sein de l’UE se sont révélées être, pendant les premiers mois de la Présidence polonaise du Conseil de l’UE et eu égard aux élections parlementaires le 9 octobre, comme réalistes et intelligentes. Le 14ème Dialogue Franco-Allemand aura lieu les 10 et 11 mai 2012 à l’Académie Européenne d’Otzenhausen. Georg Walter, Responsable Relations franco-allemandes. Adresse : ASKO EUROPA-STIFTUNG, Pestelstraße 2, D-66119 Saarbrücken - Tel: (0049) (0)681 92674-13, Fax: (0049) (0)681 92674-99, e-mail: b.hamm@asko-europa-stiftung.de, www.asko-europa-stiftung.de

   →  Allemagne

Les Verts perdent en Allemagne de plus en plus de terrain. Le Parti des Pirates est de mieux en mieux vu par les électeurs après son succès exceptionnel de Berlin : selon un sondage electoral Forsa réalisé le 19 octobre dernier pour le magazine « Stern » et pour la chaîne de télévision RTL, ce nouveau parti protestataire avait gagné deux points en une semaine et s’adjugeait désormais 10 % des électeurs. Inversement, le SPD et les Verts reculaient. Les sociaux-démocrates descendaient à 26 % des intentions de vote et les Verts à 16 %. Ils n’étaient jamais descendus aussi bas depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011. (voir sous notre rubrique "France-Allemagne" l'évolution des partis en Allemagne et les raisons du recul des Verts).

En avril dernier, l’annonce des résultats économiques allemands aurait été un coup de chance pour le gouvernement de Berlin si le drame du Japon ne lui avait pas ravi la vedette dans les médias. Un an seulement après la crise mondiale, la reprise allemande bat tous les records et, pour une fois, elle n’est pas due seulement à l’exportation, mais aussi à la demande intérieure. Mais le recul de la conjoncture mondiale a donné un avertissement à l'Allemagne comme à la France au second et au troisième trimestres de 2011. Mme Merkel et ses ministres de l'Economie et des Finances, Philipp Rösler et Wolfgang Schäuble, savent depuis l'année 2009 au cours de laquelle le PIB allemand avait reculé davantage que celui de la France, que la brillante économie de leur comporte quelques fragilités, dues notamment  au surpoids des exportations dans son PIB (lesquelles sont généralement un atout tant que la demande étrangère est forte, mais une récession, un recul par exemple de la croissance chinoise et surtout européenne, peuvent endommager les ventes allemandes à l'exportation). Cela dit avec bientôt 6% de chômage, près de 140 milliards d'euros d'excédents commerciaux et une croissance proche de 3% cette année, l'Allemagne remporte la palme en pleine crise. L'an prochain, son PIB devrait descendre en croissance à 0, 9% mais sans incidences sur l'emploi.  (voir nos rubriques Economie et Wirtschaft).

 

→ Les Allemands sont heureux et satisfaits de leur mode de vie, a constaté en septembre dernier « L’Atlas du bonheur 2011 » : quatre G sont la mesure de leur bonheur : Geld (argent), Geselligkeit (sociabilité), Gesundheit (santé) et Genetik (génétique). Ce dernier facteur semble devoir être compris comme l’espérance de vie en fonction de l’héritage familial. Les autres facteurs choisis par l’économiste Bernd Raffelhüschen et la démoscope Renate Köchjer, directrice de l’Institut d’Allensbach, sont clairs. Le bonheur est plus intense chez les vingt à trente ans qui ne sont pas encore soumis à de fortes pressions et charges. Il diminue ensuite sous l’effet de la profession, des enfants, des responsabilités, pour augmenter à la retraite. Les Allemands de l’Ouest sont plus heureux que les Allemands de l’Est, mais cette différence qui était considérable après la réunification de 1990, s’est très fortement atténuée. La crise de 2008/2009 n’a guère entamé la satisfaction des Allemands, d’autant qu’il n’y a eu en Allemagne que très peu de licenciements. La santé est de loin le facteur de bonheur le plus important. Viennent ensuite le mariage et le couple. Puis ce sont les rencontres avec les amis, et puis le sport régulier, l’appartement ou la maison que l’on possède ou dans lesquels on vit en sécurité. Les plus grands obstacles au bonheur sont la mort d’un partenaire dans le couple et le chômage. L’isolement social et le divorce en sont également. Le contenu du travail, le climat au bureau ou dans l’atelier et le lieu où l’on travaille sont également importants. On se plaint sinon du stress, du petit salaire et des obstacles à la promotion. « Mais la moitié seulement des personnes interrogées se sent surchargée de travail, l’autre moitié se plaint au contraire de n’avoir pas assez à faire », a constaté Renate Köcher. D’ailleurs une grande partie de ceux qui disent se sentir bien, travaille plus que les horaires hebdomadaire usuels de 30 à 40 heures. La reprise économique de 2010 et du début de 2011 a dopé le sentiment de bien-être.

 

→ Les Allemands sont de plus en plus riches : en 2010, leur fortune en numéraire a atteint en 2010, avec 60 123 euros par habitant, un nouveau record. C’est le Global Wealth Report du Groupe Allianz qui l’a constaté. Et encore n’a-t-il pas tenu compte des biens immobiliers, s’en tenant aux actions et obligations, aux assurances et aux comptes bancaires. L’Allemagne se classe au 17ème rang des 50 pays les plus riches, suivie par les Américains et les Japonais (avant Fukushima). Des pays il est vrai très endettés, mais même dans des pays perclus de dettes comme la Belgique et l’Italie, les citoyens ont plus d’argent que l’Etat. On sera peut-être étonné que la fortune des Français soit avec 63 774 euros par habitant supérieure à celle des Allemands, mais les Français sont connus pour être des spécialistes du bas de laine. Non moins étonnant est le fait que les habitants des pays émergents Bric (Brésil, Russie, Inde, Chine) ne possèdent que 7% de la fortune mondiale tandis que les Américains et les Japonais en détiennent plus de la moitié. Les Chinois dont le gouvernement veut dominer le monde, sont encore terriblement pauvres. Cela remet un peu les pendules à l’heure.


→ Avec la relance de la croissance en Allemagne, en 2010 et au début de 2009, la demande de main-d’œuvre a progressé chez nos voisins comme jamais auparavant. Le nombre des offres d’emploi est passé à un niveau record. Le travail à temps partiel est évidemment très demandé, mais également dans la construction, le commerce, la gastronomie et dans la santé, on cherche des collaborateurs. De nombreuses firmes réclament à cor et à cris des spécialistes, a fait savoir fin avril la Centrale fédérale du travail (BA). Puis en mai la BA a publié des chiffres de l’emploi dont il ressort que les économistes tablent sur la baisse du chômage cette année au-dessous du seuil psychologiquement important des trois millions de demandeurs d’emploi.  D’ores et déjà, on peut dire que dans les Länder du Sud et du Sud-Ouest, il n’y a plus de chômage. Et ces chiffres positifs se sont maintenus depuis malgré le tassement de la croissance depuis le second semestre 2011. C’est une victoire à retardement de Gerhard Schröder. Son Agenda 2010 avait lancé les réformes du marché de l’emploi et lui avait attiré la vindicte de son parti. Il avait pris la fuite en avant en appelant les citoyens aux urnes et avait perdu ce scrutin. A titre de consolation, le quotidien économique « Handelsblatt » lui cite ce mot de Henry Ford : « Nos échecs réussissent souvent mieux que nos succès ». Le chômage des jeunes s'établit à seulement 12% alors qu'il est autour de 20% en France et proche de 40 % en Espagne. Il est vrai que l'Allemagne avait été pendant la crise le seul pays d'Europe où le chômage des jeunes avait diminué. Seulement, le rythme de la croissance semble s’atténuer légèrement mais le gouvernement allemand gage quand même qu'elle sera encore supérieure à 3% cette année.

Le 25 mars 2011, le „Handelsblatt“ écrivait : La fermeture de sept centrales nucléaires, une politique pacifiste en Libye, une politique sociale expansionniste et un sauvetage de l’euro par pure nostalgie : l’Allemagne est actuellement gouvernée à gauche. Parmi les industriels et dans le milieu des affaires, on est de plus en plus furieux contre la chancelière. Est-elle encore conservatrice ? Pourtant, on ne cesse de dire que l’Allemagne est gouvernée par une coalition conservatrice-libérale. Mais est-ce que c’est vrai ? La rédaction du « Handelsblatt » a analysé toutes l’essentiel des promesses électorales et de leur mise en œuvre. Le résultat : dans presque tous les secteurs de la politique, le gouvernement Merkel a fait le contraire de ce qu’il avait annoncé. Les largesses sociales ont augmenté au lieu de diminuer ; les centrales nucléaires dont l’existence devait être prolongée, ont été stoppées ; l’Allemagne s’est isolée, elle n’est plus ancrée aux côtés du camp occidental ; et l’on ne peut pas dire que les impôts aient été diminués, ni les dettes. (On lira dans ce contexte l'interview que l'ancien chancelier Helmut Kohl a donnée à la revue Internationale Politik le 27 août 2011)

 

→ La décision du gouvernement allemand, prise le 21 mai dans le cloître bavarois d’Andechs avec le parti frère CSU en présence de la chancelière et proclamée officiellement par celle-ci moins d'une semaine plus tard au nom de la coalition gouvernementale, d’abandonner complètement l’énergie nucléaire à l’horizon 2022 met d’accord les partis politiques à Berlin, mais divise l’industrie allemande. C’est une preuve de plus que l’Etat, le gouvernement et pas toujours le marché décident en Allemagne aussi des grandes orientations de l’économie. Il n’y a donc pas de dirigisme d’Etat qu’en France. La suite : Les profiteurs des branches produisant des énergies renouvelables vont obtenir des investissements par milliards. Les perdants dans les groupes énergétiques vont assister à la dévalorisation de leurs patrimoines. Et tous devront payer plus cher le courant électrique. Il est évident qu’il y aura en Allemagne un déficit d’électricité avec des conséquences sévères pour l’économie. L’Allemagne devra acheter du courant à ses voisins. La Pologne, la Tchéquie et la France peuvent s’en réjouir. Cela améliorera leur balance commerciale. Cette décision de Mme Merkel n'est pas dictée par des considération économique ou technologiques, mais exclusivement politiques. Elle tient compte de l'ambiance dans une population allemande tabassée par la propagande anti-nucléaire depuis des décennies et surtout de l'option de la chancelière en faveur d'une coalition gouvernementale avec les Verts, les Grünen, en 2013 (et pour commencer à Berlin à l'automne prochain). Si l'on ajoute que l'Allemagne se replie sur elle-même, sauf en matière d'exportations, qu'elle supprime le service militaire et réduit les effectifs de son armée pour revenir au modèle Défense du territoire, ce qui rendra les projections hors frontières plus difficiles, tous les obstacles pour un gouvernement "noir et vert" sont levés. Les raisons techniques avancées font illusion. Comme l'a dit Nicolas Sarkozy, "l'Allemagne craint-elle un tsunami en Bavière? "

 
→ A peine le gouvernement des Verts (les Grünen) était-il installé à la tête du Land de Bade-Wurtemberg après sa victoire du 27 mars dernier obtenue de justesse qu’on a pu voir de quel bois se chauffait Winfried Kretschmann, leur nouveau ministre président. « Moins de voitures, c’est naturellement mieux que davantage », a-t-il déclaré. Or, le Land de Bade-Wurtemberg, chef-lieu Stuttgart, est une des capitales mondiales de l’automobile, le lieu même où ce moyen de locomotion a été inventé. Quelques 200 000 emplois en dépendent dans cet Etat fédéral du Sud-Ouest de l’Allemagne, sans compter les milliers de fournisseurs et de sous-traitants. Immédiatement, il a été pris à partie par Nils Schmidt, son adjoint social-démocrate, qui a précisé que cette formule ne correspondait pas à l’idée que son parti se fait de l’automobile. L’affaire est d’autant plus sérieuse que les solutions données par Kretschmann au problème des transports sont assez floues : « marcher, aller à vélo, en auto, en train ». Les salariés de Mercedes ont eu l’impression qu’ils se moquait d’eux. Néanmoins, la gare Stuttgart 21 que les Verts avaient combattue, sera sans doute construite. Une fois au pouvoir, il faut bien faire avec les réalités.
 

Des parachutes de plus en plus nombreux pour sauver la monnaie européenne et l’endettement massif sapaient dès le début de l'été peu à peu la confiance des Allemands dans l'euro. Tel est le constat de l’institut d’opinion Ipsos de Mannheim qui a réalisé un sondage sérieux à la demande de la Fédération des banques allemandes et de l’hebdomadaire « Zeit ». Les Allemands ne sont plus que 55 % (57 % selon les sondages) à penser que l’euro sera à long terme une monnaie efficace. En 2008, avant la crise et les dettes, 78% des Allemands en étaient pourtant encore convaincus. Les Français, eux, tiennent à raison de 67 % à conserver la monnaie unique, même si 82 % d'entre eux estiment qu'elle a entraîné un renchérissement des prix. Ils tiennent à l'Europe et pensent que, stratégiquement, l'argent européen en est le meilleur ciment.

 

Thilo Sarrazin qui avait le premier soulevé le problème de l’immigration en Allemagne et écrit son livre "L’Allemagne s'auto-détruit" (Deutschland schafft sich ab) qui s’est vendu à un million et demi d’exemplaires (autre chose que le petit traité de 30 pages de Stéphane Hessel), est le vainqueur incontestable d’un conflit que le président du parti social-démocrate SPD, Sigmar Gabriel, avait engagé contre lui. Gabriel avait demandé l’exclusion de Sarrazin des rangs de son parti. Mais les deux tiers des membres du SPD estiment que celui-ci ne doit pas être évincé du SPD et la commission d’arbitrage chargée de se prononcer sur son cas a conclu qu’il pourrait conserver sa carte d’adhérent. Pour expliquer sa non-exclusion, la direction du parti a déclaré qu’il avait renié ses thèses, ce qui n’est absolument pas le cas. Sarrazin a simplement déclaré qu’il n’était pas pour une immigration sélective et qu’il ne prêchait pas en faveur du darwinisme social, ce qu’il n’avait d’ailleurs jamais fait. Comme l’a déclaré Klaus von Dohnanyi, ancien maire de Hambourg, qui l’a défendu devant la commission, « le SPD a besoin de non-conformistes comme lui ». Sans doute les arbitres ont-ils pensé qu’ils risquaient, en excluant Sarrazin, de perdre des voix aux municipales de Berlin le 18 septembre prochain, d’autant que ce dernier a été pendant de longues années sénateur aux Finances de la capitale. (voir notre article sur le cas Sarrazin dans Eurbag France-Allemagne)

L’ancien ministre allemand de l’Economie puis de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, poussé à la démission par une affaire de plagiat concernant sa thèse de doctorat, est en train de se refaire une vertu aux Etats-Unis. Avec sa famille, il s’est installé dans le Connecticut, près de Greenwich, à une heure de route de New York, où il a acheté une luxueuse propriété pour 3 millions de dollars. Il a été coopté comme conseiller au CSIS (Center for Strategic and International Studies) un think-tank célèbre, où il doit diriger une nouvelle initiative de dialogue transatlantique. Le baron zu Guttenberg prépare ainsi à plus ou moins long terme son retour dans la politique. Et la perte de son portefeuille ministériel ne l'a visiblement pas plongé dans le besoin. Nombre de ces compatriotes sont de plus en plus tentés de voir en lui un agent américain… Pourtant, il n’a pas perdu son soutien populaire. Selon un sondage TNS Emnid, trois jours après sa démission 71% des Allemands voulaient qu’il revienne à son poste et 25 % seulement s’y opposaient. Sur Facebook, 560 000 bloggers contre seulement 48 000 voulaient aussi son comeback. Et cela n'a guère changé depuis. Plus de 70% des lecteurs du site t-online misaient sur son retour. « Les portes de la politique lui restent ouvertes », a déclaré Mme Merkel au journal « Stuttgarter Nachrichten ». La chancelière avait maintenu qu’ « il aurait pu être un bon ministre de la Défense », un poste où « il avait fait ses preuves ». La divergence entre l’opinion publique d’une part et les médias, l’opposition et le monde universitaire de l’autre ne peut être plus flagrante. Après la journaliste Eva Herman qui avait été blackboulée à la télévision publique pour s’être prononcée pour une politique nataliste (accusée pour lors d’imiter le IIIème Reich), puis après Thilo Sarrazin, devenu la bête noire des médias et de la gauche pour avoir critiqué l’immigration musulmane pléthorique, le cas Guttenberg révèle que la population allemande ne partage plus le point de vue de la classe politique et des "opinion leaders" dans les médias. Malheureusement, les Français qui se prétendent bien à tort individualistes, n'ont visiblement pas autant d'esprit critique que les Allemands. On l'avait bien vu quand au début de l'été 2010 ils approuvaient majoritairement la réforme des retraites pour approuver en majorité trois mois plus tard le mouvement de protestation de la gauche contre cette même réforme. Comme la feuille au vent.

→ Le service militaire a été supprimé en Allemagne. II sera possible d'accomplir un service civil volontaire de trois à six mois. Le gouvernement allemand avait pris cette décision le 19 mai dernier et le Bundestag l'a votée. En novembre 2009, on avait recensé 250 000 soldats dans la Bundeswehr, dont 60 000 appelés. Leur nombre baisserait à 180 000 voire à 163 000. De plus, une commission d'études a proposé de réduire de moitié, de 3 500 à 1700 le nombre des collaborateurs du Ministère de la Défense. On rapatrierait aussi à Berlin les éléments du ministère restés à Bonn. Cette décision est un pas vers l’armée de métier. Les libéraux du FDP associés au gouvernement Merkel voulaient depuis longtemps supprimer la conscription. Finalement, le ministre de la Défense, Karl Theodor zu Guttenberg s'était rangé à leur point de vue et son successeur Thomas de Maizière a entériné cette décision.  La suppression du service militaire permettrait une économie de plus de 200 millions d'euros au gouvernement.

Les sociaux-démocrates SPD et les Verts qui gouvernent depuis mai 2010 la Rhénanie-du-Nord-Westphalie avec le soutien indirect des néo-communistes de Die Linke, ont été eux aussi confondus de gaspillage par les comptables publics par la Cour des comptes. On parle beaucoup de rappeler les électeurs aux urnes dans ce Land. On a beaucoup dit que l’élection à la présidence de la CDU de Rhénanie-Westphalie et à la vice-présidence fédérale de la CDU du protégé de Mme Merkel, Norbert Röttgen, actuel ministre fédéral de l'Environnement, de la Protection de la nature et de la Sécurité nucléaire et ancien coordinateur du groupe CDU/CSU au Bundestag depuis 2005, était le prélude à sa désignation comme dauphin potentiel de la chancelière. Röttgen, né en 1965, a certainement cette ambition. Il succède à Jürgen Rüttgers qui a été battu aux élections régionales. Originaire de Meckenheim près de Bonn, c’est un Rhénan, certes, mais il a été parachuté de Berlin pour vaincre un candidat régional. Entre-temps, le ministre de la Défense, Karl-Theodor zu Guttenberg, membre de la CSU bavaroise, a perdu son titre de « Kronprinz ». Son fauteuil ministériel passait pour un siège éjectable, mais ce n'est cela qui l'a propulsé hors du cercle des dirigeants (voir  notre article sur sa démission dans la rubrique France-Allemagne ci-après). Une autre possible chancelière aurait été aussi Ursula von der Leyen, l’actuelle ministre du Travail. Née en 1958 à Bruxelles, Mme von der Leyen, mère de sept enfants, est la fille de Ernst Albrecht qui fut ministre président CDU de Basse-Saxe. Mais elle pourrait aussi se replier sur le poste qu’occupa son père. Ce qui ne l’empêcherait pas d’être « chancelisable ». Mme Merkel lui avait proposé le poste de présidente de la République fédérale en juin 2010 alors que Christian Wulff hésitait encore à poser sa candidature. Tout cela relève de la spéculation car l’Allemand moyen voit les choses autrement. Un sondage de l’institut Forsa à l’automne 2010 avait donné à la question de savoir qui pourrait remplacer Mme Merkel si celle-ci quittait son poste, 13 % de voix à Mme von der Leyen, 11 % à Norbert Röttgen et 51% des voix à zu Guttenberg. Mais Guttenberg, c'est fini.

Mme Merkel avait effrayé ses partisans en se retirant dans sa coquille soi-disant pour ne pas stimuler les adversaires de son parti. Les politologues avaient parlé d'une "démobilisation asymétrique". Cela n'a servi à rien. Elle est donc sortie de son wagon-lit et, depuis la mi-octobre 2010, elle parle à nouveau haut et fort.  Son discours au congrès CDU de l'automne dernier avait obtenu dix minutes de "standing ovations". Elle a condamné les manifestations écologistes de Stuttgart contre l'extension de la gare de cette ville, étant donné que depuis la réunification de l'Europe, il manque des lignes à grande vitesse entre l'Ouest et l'Est du continent. Elle a également, comme on le sait, affirmé que la constitution s'applique en Allemagne et non pas la charia. Après avoir fait mine de condamner Thilo Sarrazin pour son livre "L'Allemagne s'auto-détruit" (Deutschland schafft sich ab), elle avait fait machine arrière et décerné un prix à l'auteur danois des caricatures anti-Mahomet. Et effectivement, s'étant ralliée aux valeurs traditionnelles de la démocratie chrétienne CDU, la chancelière a remonté dans les sondages. Si l'affaire Guttenberg n'était pas intervenue, elle aurait eu de bonnes chances de remporter ce printemps les régionales de Bade-Wurtemberg, malgré le drame de Fukushima.

Contrairement à ce qu’écrivaient l'an dernier, des mois durant, les gazettes en s’inspirant notamment du « Spiegel » qui voue une haine aussi viscérale à la chancelière que jadis envers son prédécesseur Helmut Kohl, Mme Merkel n’a aucune intention de démissionner. Alors qu’elle  une confortable majorité au Bundestag, elle ne commettra pas la sottise de Dominique de Villepin qui avait conseillé à Jacques Chirac en 1997 de convoquer le corps électoral, ce qui fit perdre à leur parti sa majorité à l’Assemblée nationale et permit cinq ans de gouvernement socialiste avec toutes les erreurs qui ont affaibli la France (la loi sur les 35 heures notamment). Néanmoins, il peut arriver qu’un chef de gouvernement jette l’éponge pour des raisons personnelles. Cela ne semble pas être non plus le cas d’Angela Merkel qui a encore une mission de politique intérieure et de politique étrangère à achever. Toutefois, qui lui succèderait ? Sa capacité de choix rapide en matière de personnes – par exemple plus succéder à Horst Köhler à la présidence de la République fédérale ou encore pour remplacer par le journaliste Steffen Seibert son porte-parole Ulrich Wilhelm - a attiré l’attention sur sa ministre du Travail et ancienne ministre de la Famille Ursula von der Leyen. La chancelière l’avait pressentie dans un premier temps pour assumer la présidence de la République. Mais Christian Wulff a fini par accepter ce poste en juin 2010. Si elle parvient d’ici 2013 à assurer la maintenance de l’euro en limitant la casse et à éponger quelque peu la dette publique grâce à la relance de l'économie, si le chômage allemand reste à son très bas niveau autour de 7%, c'est à dire au quasi-plein emploi, ayant ainsi achevé ses principales tâches, Mme Merkel pourrait confier à cette mère de sept enfants la direction de la campagne électorale de 2013. On supputait que Mme von der Leyen relaierait Mme Merkel à la tête du parti chrétien-démocrate CDU. Or il n'en a rien été. On disait que Mme Merkel voulait se consacrer désormais à sa passion, la politique étrangère. On a parlé même parlé d'elle comme présidente de l’Union Européenne. Bien plus tard, pourquoi pas ? Mais encore faudrait-il pour lors instaurer une présidence bicéphale, car le duo Sarkozy-Merkel est la clé de l’Europe.

La nouvelle avait été une vraie sensation : l'ancien ministre président du Schleswig-Holstein Uwe Barschel aurait été assassiné le 11 octobre 1987 par les services secrets israéliens Mossad. Un agent du Mossad retraité réfugié aux Etats-Unis, Victor Ostrovsky a décrit dans un livre la procédure qui avait servi à l'élimination physique du dirigeant allemand et un professeur suisse de toxicologie et de chimie, Hans Brandenberger confirme que cette description est en tout point conforme au constat d'autopsie du cadavre de Barschel à l'époque. On lui avait administré dans sa chambre de l'hôtel "Beau Rivage" à Genève dans du vin une dose mortelle de barbituriques, du cyclobarbital; à quoi ses meurtriers avaient ajouté un autre poison introduit par voie rectale. Ils l'avaient ensuite placé tout habillé dans sa baignoire. Curieusement, un photographe du magazine "Stern" avait été averti que le corps de Barschel se trouvait là et avait pris des clichés avant l'arrivée de la police. Comme il est rare qu'un désespéré s'introduise un poison par voie rectale et se plonge ensuite tout habillé dans l'eau de son bain, le procureur chargé de l'enquête, Heinrich Wille, avait l'intime conviction qu'il ne s'agissait pas d'un suicide. A présent, Wille partage l'avis très documenté du professeur Brandenberger : Barschel a bien été assassiné - par le Mossad. Mais pourquoi ? Il aurait su qu'Israël livrait des armes à l'Afrique du Sud et à l'Iran à l'époque et aurait menacé de le révéler. Il faut croire que le Mossad a agi trop précipitamment et a pris un énorme risque. Dans les décennies qui ont suivi bien des gens ont tenté de conforter la thèse du suicide, visiblement pour disculper les services israéliens. Entre-temps, Israël a opposé un démenti formel à ces allégations. Non, le Mossad n'a pas tué Barschel.

  Visiblement le ministère allemand des Finances travaille avec des „fuites“ calculées.  Ainsi celle parue dans le magazine „Focus“ au cours de l’été selon laquelle l’option d’un report de l’âge de la retraite de 67 ans actuellement à 69 ans aurait été envisagée à titre de „simple hypothèse de travail“ parmi d’autres alternatives. Les fonctionnaires du ministères auraient réfléchi aux moyens de combler le déficit qu’on laissera aux prochaines générations. On peut le faire en augmentant les impôts et les cotisations ou en obligeant les gens à travailler davantage. Suite à la crise, les finances publiques ont perdu de leur solidité. Le déficit qui sera transmis aux jeunes générations qui se situait en 2008 dans un fourchette allant de zéro à 2,4% du PIB a grimpé entre-temps à 0, 9%-3,8%. Il faut donc dès aujourd’hui réfléchir à des mesures appropriées pour le combler. Cela consistera aussi à réduire le chômage, pour accueillir davantage de travailleurs immigrés et aussi, donc, en un allongement de la vie active.

France

 

Deux mots sur les primaires socialistes: ce serait intéressant de savoir combien elles ont coûté aux contribuables. Ce sont en effet les contribuables qui remplissent les caisses des partis. A ce propos, ne pourrait-on pas revoir le montant des sommes allouées aux partis à la baisse et faire ainsi des économies? Par ailleurs, le clivage droite/gauche a de plus en plus tendance à disparaître au profit de celui mondialisation (les réalistes)/"démondialisation"(les utopistes). Peut-être que ce sera l'enjeu de prochaines élections, si l'actualité n'impose pas d'autres sujets.(Gilles Dubois)

(voir notre analyse dans France-Allemagne: ces primaires étaient-elles inconstitutionnelles?)

 

Il y avait eu 67 ans le 21 avril dernier que le Général de Gaulle signait l’ordonnance historique donnant le droit de vote aux femmes. La France était en retard sur l’Allemagne où les femmes avaient obtenu le droit de vote le 30 novembre 1918, suite à la proclamation de la République et à la destitution du dernier empereur. Pour l’UMP, cette date du 21 avril 1944, qui a profondément modifié la société française et modernisé notre démocratie, est une avancée majeure qu’il convient de célébrer. Sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, communiquent Jean-François Copé, Secrétaire général du parti, et Nadine Morano, secrétaire générale aux Elections, le Gouvernement et la majorité parlementaire ont contribué à améliorer le droit des femmes avec l’instauration de la parité dans les conseils d’administration, la mise en place d’une sanction financière pour les entreprises ne respectant pas l’égalité salariale, la loi réprimant les violences contre les femmes, ou la loi d’interdiction du port de la burqa dans l’espace public, considérée à juste titre comme une prison textile des femmes. Il reste encore beaucoup de travail à accomplir pour une vraie égalité homme-femme, en particulier dans le domaine professionnel. A compétences et niveau de poste équivalents, les femmes gagnent en moyenne 18,9 % de moins que les hommes et elles restent encore trop peu nombreuses à accéder aux postes de responsabilité. Cela a été un des thèmes principaux de la Convention sur la justice sociale organisée par l’UMP le 31 mai 2011.

   49% des Français et 65% des sympathisants du Parti Socialiste souhaitaient début juillet que Dominique Strauss-Kahn revienne dans la course à la présidence en 2012. En septembre, 80% des Français et plus de 60% des sympathisants socialistes souhaitaient qu'il ne participe pas aux primaires de la gauche et qu'il se taise d'ici là. D'aucuns ont même regretté ouvertement son retour au bercail alors que sa "com" bien organisée et bien payée organisait chaque minute de son retour comme s'il s'était agi du retour du fils prodigue. "Le premier pas d'Armstrong sur la lune n'a pas eu autant de retentissement", fit observer un député. Après que la plaignante de New York ait été confondue comme menteuse et escroc par le procureur américain et avec force détails dans le « New York Times », voire comme prostituée occasionnelle selon la « New York Post », l'ancien ministre de Lionel Jospin avait été relaxé des accusations faute de preuves qu'il y ait eu agression sexuelle sans être totalement innocenté. Il avait pu quitter en effet le territoire américain et rentrer à Paris. Comme les Français le savent, la plaignante peut devenir accusée et l’accusé être relaxé. Son poste au FMI est occupé par Christine Lagarde qui le visait déjà avant l’affaire du 14 mai 2011 au Sofitel de New York. La défection forcée de DSK avait provoqué une kyrielle de candidatures tant à gauche qu’à droite, étant donné que Nicolas Sarkozy avait à nouveau des chances d’être reconduit dans ses fonctions. Des vérités pas bonnes pour le PS ont été révélées par l’affaire de New York, à savoir que l'ex-candidat président de la gauche était outrageusement porté sur les femmes, et que son épouse Anne Sinclair et lui étaient immensément riches. Cela n'avait pas été peut-être pas la meilleure idée de leur part d’aller fêter dans un restaurant italien de New York la remise en liberté provisoire de DSK avec un menu à 600 euros encore que les riches qui n'osent s'afficher au lieu de jouer hypocritement les pauvres méritent des félicitations. Seulement, le PS prétend être le parti des pauvres et des opprimés… Et l'on a tant parlé du Fouquet's et du yacht de Bolloré à propos de Sarkozy! (voir les articles dans la rubrique Frankreich-Deutschland et dans la rubrique France-Allemagne).

→ L’équipe de Jean-Louis Borloo essaye de nouer des contacts avec les libéraux allemands du FDP. Pourtant le programme économique des centristes est à des années lumière de celui du FDP et des Réformateurs français qui sont depuis longtemps en contact. S’ajoute que les amis allemands ont beaucoup de mal à s'y retrouver dans le système politique français dont la complexité semble augmenter un peu chaque jour. Peut-être Rama Yade qui vient de rallier Borloo et va lu servir de porte-parole, pourra-t-elle les aider ? Elle a fait des séjours en Allemagne, a appris l’allemand et, paraît-il, considère l’hymne allemand « Unité, Droit et Liberté » exécuté sur une musique de Joseph Haydn, comme sa mélodie favorite… Il est vrai que la musique rapproche les peuples…

→ La France est à la croisée des chemins et ouvre un débat sur les problèmes politiques réels. « En Lybie, ce sont des musulmans que la France a aidés, par les armes, à se libérer d'un dictateur fou. En Côte d'Ivoire ce sont encore des musulmans, ultra majoritaires dans le camp du Président Ouattara, que la France a aidés, toujours par les armes à se libérer d'un autre dictateur fou. - Et la pensée unique française veut faire passer le Président Sarkozy pour un ennemi de l'Islam, tout cela parce qu'il pose parallèlement de vraies questions, et propose de vraies réponses, concernant les difficultés de l'Islam en France ? Jamais la France n'a autant fait dans le monde, au péril de la vie de ses soldats, pour des populations musulmanes. - Quel est donc ce procès imbécile fait au Président Sarkozy ? », écrit Pierre Conze à « Eurbag Magazine ».

→ Il y a eu 67 ans le 21 avril dernier que le Général de Gaulle signait l’ordonnance historique donnant le droit de vote aux femmes. La France était en retard sur l’Allemagne où les femmes avaient obtenu le droit de vote le 30 novembre 1918, suite à la proclamation de la République et à la destitution du dernier empereur. Pour l’UMP, cette date du 21 avril 1944, qui a profondément modifié la société française et modernisé notre démocratie, est une des avancées majeures apportée par notre famille politique qu’il convient de célébrer. Sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, communiquent Jean-François Copé, Secrétaire général du parti, et Nadine Morano, secrétaire générale aux Elections, le Gouvernement et la majorité parlementaire ont contribué à améliorer le droit des femmes avec l’instauration de la parité dans les conseils d’administration, la mise en place d’une sanction financière pour les entreprises ne respectant pas l’égalité salariale, la loi réprimant les violences contre les femmes, ou la loi d’interdiction du port de la burqa dans l’espace public, considérée à juste titre comme une prison textile des femmes. Il reste encore beaucoup de travail à accomplir pour une vraie égalité homme-femme, en particulier dans le domaine professionnel. A compétences et niveau de poste équivalents, les femmes gagnent en moyenne 18,9 % de moins que les hommes et elles restent encore trop peu nombreuses à accéder aux postes de responsabilité. L’UMP ouvre donc le 31 mai prochain une Convention sur la justice sociale dont un des objectifs sera de remettre en avant cette question.

→ Un verdict rendu par un tribunal allemand pourrait influer sur les accusations portées par deux anciennes salariées contre le secrétaire d’Etat français démissionnaire Georges Tron et également peut-être dans l’affaire Dominique Strauss-Kahn à New York. L’animateur suisse de la télévision allemande Jörg Kachelmann, 52 ans, a été relaxé par le tribunal de Mannheim de l’accusation de viol que formulait contre lui son ancienne compagne. Les juges ont estimé qu’il n’y avait pas de preuves de sa culpabilité attestant qu’après une dispute, il avait menacé d’un couteau et violé sa compagne en février 2010 et lui ont accordé le bénéfice du doute. (voir notre rubrique « Allemagne-France »)

L’égalité entre les femmes et les hommes, valeur commune à tous les Etats européens, a été érigée en droit fondamental par le Traité de Lisbonne. Pour la période 2010-2015, la Commission européenne a lancé une stratégie pour l’égalité entre les sexes., visant à promouvoir son respect dans toutes les politiques et activités de l’Union, comme notamment l’accès à l’emploi, la promotion et la formation professionnelles, les conditions de travail et les rémunérations, la protection de la maternité et le congé parental. La sous représentation des femmes est encore manifeste dans les grandes entreprises où les hommes comptent pour près de 90% des membres des conseils d'administration ! Pour lutter contre ces inégalités, la Commission européenne a appelé les entreprises à signer la déclaration d'engagement « Davantage de femmes dans les conseils d'administration, une promesse pour l'Europe ». Selon un sondage de la Commission, 43% des personnes interrogées jugent que les politiques européennes consacrées aux droits des femmes sont insuffisantes.    

Nicolas Sarkozy veut prouver qu’il peut faire bouger le monde et que sa politique étrangère a été une série de succès. C'était son pari au G8 et au G20, cette année. C'est lui qui a été le plus réactif des leaders de la zone euro dans la crise alors que Mme Merkel traînait les pieds et que l'Europe de Bruxelles était inexistante. C’est aussi ce qui a dicté sa politique à l'OTAN après le retour de la France dans le commandement intégré en 2009. Ce qui demeure l’une des plus fortes initiatives de politique internationale du quinquennat. Enfin, conseillé par Alain Juppé, il a pris l'inititative de rallier l'Europe puis la communauté internationale à une offensive contre le colonel Kadhafi. Cette décision avait semé le doute au départ, mais elle a tourné au succès pour la diplomatie et l'armée françaises. De la même manière que la démarche de Sarkozy il y a deux ans pour sauver  la Géorgie de l'anéantissement. Il avait à l'époque ignoré les avertissements de l'Allemagne et les hésitations des Etats-Unis peu désireux de se mesurer aux Russes. Les deux autres thèmes de sa campagne électorale seront la sécurité et l'emploi. Le président l'avait donné à entendre le 10 février lors de son entretien télévisé avec dix citoyens français sur la première chaîne de télévision. Il n'avait pas manqué d'énumérer au cours de cet entretien les nombreuses réformes qu'il a réalisées, y compris la réforme des retraites dont il a relevé l'âge d'accessibilité de 60 à 62 ans, en réalité à 67 ans, âge auquel les Français percevront la totalité de leur retraite, toutes cotisations payées. C'est l'objectif européen. L'Allemagne et l'Espagne vont imposer cet âge limite de la vie active à toute l'Europe. Il répond aux réalité démographiques et à l'allongement de la durée de la vie et du délai de maintien en bonne santé. Nicolas Sarkozy avait également énuméré les décisions qu'il est en train de prendre en matière d'emploi. Pour lui, c'est l'abaissement de la durée de vie active à 60 ans, sous Mitterrand, et l'introduction des 35 heures hebdomadaires règlementaires qui ont tué l'économie française. Il y a fort à parier que cette dernière mesure unique au monde sera un des thèmes de la campagne électorale de 2012. Adoptée sous Lionel Jospin en 2002 et mise en oeuvre par Martine Aubry, elle avait été préparée par Dominique Strauss-Kahn.

La Française Isabelle Adenot présidera en 2012 l’Organisation des pharmaciens de l’Union Européenne (ZAEU). Elle a été élue par l’assemblée générale de cet organisme. Adenot va succéder le 1er janvier prochain à Heinz-Günter Wolf, président de l’Association fédérale des fédérations de pharmaciens allemands. Le Polonais Piotr Bohater a été élu vice-président de l’Organisation.

→ Les Verts avaient pris un peu de recul par rapport à Mme Joly. Reste qu'ils l'ont élue comme leur candidate à la présidence de la République. Un choix singulier d'une femme mal aimée en France et peu appréciée dans son propre pays, la Norvège. Elle n'a pas manqué lors d'un récent voyage au Japon de dénigrer le Premier ministre François Fillon après des Japonais qui venaient de le recevoir, rompant ainsi la solidarité française en matière de politique étrangère. Et elle reste accrochée à l'abandon du nucléaire comme condition préalable à une coalition gouvernementale avec le socialiste François Hollande. Ce qui rend un gouvernement de gauche à Paris en 2012 plus qu'hypothétique étant donné la situation économique très tendue. Nicolas Hulot était plus apte à représenter les Verts dans la course à la présidence. Cela dit, Hulot est un singulier personnage et on peut comprendre les réticences de certains Verts. Rappelons que le film catastrophe de Nicolas Hulot « Le syndrome du Titanic » ait fait un flop : 249 629 entrées. Ce chiffre paraît important, mais il est très loin d’avoir couvert les coûts de fabrication et de tournage. Il paraît que Hulot lui-même n’en serait pas très fier. Une biographie – « Sain Nicolas », écrit par Bérengère Bote, Editions du Moment, on appréciera le jeu de mots… d’autant que ce n’est pas d’un autre Nicolas qu’il s’agit – avait égratigné l’icône de l’écologie militante. Homme à femmes qui a trouvé enfin la partenaire en Florence Lasserre, l’homme d’Ushuaïa (ni de Neandertal ni de Cro-Magnon donc) vit fort bien de l’écologie, à raison de revenus s’élevant à 100 000 euros par mois. Il rejoint tous ceux qui vivent plus ou moins richement depuis une trentaine d’années du sauvetage de la planète et n’en est pas à un paradoxe près, comme celui de se faire financer par des grands groupes pollueurs tout en tenant un discours écolo sain et propre. Sa femme déclare : « Il rencontre des scientifiques, il brasse des idées. Moi, je les applique au quotidien. Et honnêtement, de ce point de vue-là, ce n’est pas un bon élève. Ce n’est pas lui, par exemple, qui va faire du compost. Il a du mal à trier son verre ».

(Voir notre rubrique "Récits": "Le 14 juillet 1914 d'Eva Joly")

→ Jean-Luc Mélenchon, candidat du Parti de Gauche et du Parti Communiste aux présidentielles de 2012, n’a pas pu à la différence de ses prédécesseurs, encenser l’Union soviétique, « patrie des travailleurs », étant donné que celle-ci a sombré dans son échec économique et  son déficit de liberté. Comme il ne reste pas grand-chose du grand empire post-stalinien, il a dû se recentrer sur Cuba en disant : « Dans le contexte de l’Amérique du Sud, je ne suis pas d’accord pour qualifier Cuba de dictature et je salue la contribution de Cuba socialiste à la lutte de peuples ». Le problème est quand même que Fidel et Raoul Castro ont eux-mêmes avoué que le « modèle » cubain était un échec. « Les peuples » ont vraiment bon dos pour ceux qui s’arrogent de parler en leur nom… Mélanchon est très apprécié dans la jeunesse française de gauche. Quand il parle, on a l'impression que les vieux poncifs communistes qui ont précipité une partie du monde dans le malheur, sont à la fois des panacées et des nouveautés. Un outsider...mais un sympathique prestidigitateur.

Des années durant, on nous a rebattus les oreilles avec la „mort des forêts ». C’était un thème récurrent de la propagande écologiste dans les années 70 et 80. Or, les forêts d’Europe ne se portent pas mal. Elles prospèrent même. Leur surface s’accroît de 0,8 millions d’hectares chaque année et elles représentent aujourd’hui avec 1,02 milliards d’hectares de bois un quart de la surface forestière mondiale. Les arbres sont des armes efficaces contre le dioxyde de carbone dont ils absorbent chaque année quelques 870 millions de tonnes, ce qui correspond à environ 10% des émissions de gaz à effet de serre des pays d’Europe en 2008.

  Chaque année, l’espérance de vie des Français a encore augmenté de deux mois et l’on meurt de plus en plus tard en moyenne en Europe occidentale. Les âges officiels de la fin de vie active datent maintenant de Mathusalem. La France a mis en place un droit au travail des seniors mais cela ne suffit pas. D’autant qu’il s’avère que leur expérience professionnelle fait défaut à présent à l’économie. S'ajoute que le rapport du Comité d’Orientation des Retraites (COR) a fait savoir que le trou pour la Caisse nationale d’assurance – vieillesse aura été en 2009 de 8 milliards d’euros et, pour les régimes complémentaires de 1,4 milliards. En 2013, le déficit cumulé du régime de base pourrait dépasser les 50 milliard d’euros. Et pourtant, les syndicats et les partis de gauche ont manifesté tout l'automne contre l'allongement de la durée de la vie active et promettent en cas d'élection de la gauche en 2012 d'abroger la réforme de Nicolas Sarkozy. Quelle chimère !

 
→ Les Polonais construisent deux centrales nucléaires comportant au total quatre réacteurs. C’est tout à fait normal, étant donné qu’ils n’ont pas jusqu’ici un seul réacteur et que leur économie se développe bien. Ils produiraient chacun 3000 mégawatts et coûteraient neuf milliards d’euros l’unité. Leur mise en route est prévue pour 2020. A moyen terme, ils produiraient 15% du courant électrique polonais. La vice-ministre de l’Economie, Ewa Kossak, défend ce projet mordicus, assurant que toutes les précautions écologiques ont été prises et que la population soutient cette initiative. Le problème n’est pas en Pologne, mais en Allemagne où le chef du parti social-démocrate berlinois (SPD) Michael Müller s’est insurgé contre le projet polonais. Le ministère polonais étudie en effet pour l’implantation des centrales une dizaine de sites dont l’un n’est qu’à 85 kilomètres de Berlin. Müller a demandé à Angela Merkel d’intervenir auprès du gouvernement de Varsovie pour empêcher la construction de ces centrales, tout au moins à une si faible distance de Berlin. Les Verts font naturellement chorus. D'autant que les Hongrois qui ont déjà quatre réacteurs proches de la frontière occidentale, vont en construire quatre autres. Le but est de fournir à bon prix du courant à l'Allemagne. Ces réacteurs contrairement à ceux du Japon ne sont pas dans une zone sismique.(Voir les réactions de Mme Merkel à la catastrophe nucléaire japonaise dans la rubrique Nouveaux risques).

 

→ Selon l'AIEA et l'OCDE, les réserves mondiales d'uranium suffiraient à assurer l'approvisionnement des centrales pendant cent ans encore. Mais, sauf en Allemagne, le nombre de centrales augmente fortement. Peut-on tabler d'ici là sur l'utilisation industrielle de la fusion nucléaire, quand la fission ne sera plus possible, faute de combustible ? Actuellement, suite au drame de Fukushima, l'uranium se dévalue à nouveau. Mais pour combien de temps? Une fois l'examen européen des centrales achevé, le nucléaire n'aura-t-il pas à nouveau le vent en poupe ? 

 

Selon l’Autorité de sûreté nucléaire, „la qualité radiologique des eaux de consommation est satisfaisante dans l’Hexagone“. Strictement contrôlée, l’eau du robinet est tout aussi bonne à boire que les eaux en bouteille. Elle est à 98,65% dans notre pays conforme aux normes européennes et elle coûte 100 fois moins cher que les eaux minérales vendues en magasin, à quoi s’ajoute que ces dernières sont généralement contenues dans des plastiques dont l’effet sur l’organisme humain n’est pas parfaitement connu. La qualité physico-chimique de l’eau française se serait considérablement améliorée ces dernières années et les risques de maladies infectieuses qu’elle pourrait véhiculer sont pratiquement égaux à zéro.

 

Rouler vite et intensément à vélo serait plus sain que rouler longtemps à un rythme lent. C’est le résultat d’une étude danoise qui affirme que les hommes qui roulent vite vivent 5,3 ans de plus et ceux qui roulent à une vitesse moyenne vivent 2,9 ans de plus que ceux qui roulent lentement. Ces chiffres seraient de respectivement 3,9 ans et 2,2 % chez les femmes. « Notre étude démontre que la plus grande partie des activités physiques quotidiennes durant les loisirs devraient être plus intenses », a déclaré Peter Schnohr, chercheur à la clinique universitaire Biepebjerg de Copenhague. Une étude antérieure avait montré qu’il en allait de même pour la marche. Il faut de toute manière que les adultes pratiquent 30 minutes de sport à rythme modéré chaque jour pour rester en bonne santé.

 

Bilan décennal 2011 des catastrophes naturelles dans le monde : 1,2 million de victimes et plus de 1000 milliards de dollars de dommages.

 

 

 

 

 

Economie


→ La Grande Bretagne n’a pas adopté l’euro – il n’est accepté sur son territoire qu’à titre de deuxième monnaie. Nul doute que cela dérange certains de nos voisins insulaires et qu’une majorité de Britanniques n’aime pas l’euro, mais qu’ils n’échappent pas à son influence. D’où l’étrange initiative de l’entrepreneur britannique et député Lord Simon Wolfson. Ce bienfaiteur de l’Europe s’est creusé la cervelle sur la meilleure manière pour les Européens de se défaire de leur monnaie. Il a mis au concours la meilleure procédure d’élimination de la monnaie commune. Le gagnant se verra attribuer 250 000 livres britanniques soit 286 000 euros. Lordd Wolfson a communique que le concours sera organisé par le think tank conservateur londonien « Policy Exchange » et portera le nom « Wolfson Economic Prize ». Il a lancé un appel à participer à des économistes connus mondialement. Ces experts doivent imaginer la meilleure manière de transformer l’euro en monnaies nationales plus stables. Lord Wolfson est persuadé que ces monnaies seront plus stables que l’euro. Or là est sans doute le talon d’Achille de ses réflexions. Si des pays quittaient l’euro, ce serait plus dévaluer et devenir ainsi plus compétitifs par rapport à l’Allemagne.

→ Un vent de panique a soufflé tout l'été avec des brèves accalmies sur toutes les places boursières. La valse des cotations a dicté des déclarations politiques rassurantes, tant du côté américain qu’allemand, français, britannique et italien pour éviter une folie planétaire totalement déconnectée de l’économie réelle. A cela près que la croissance mondiale donne des signes d’essoufflement et, en Euramérique, des signes de stagnation. La dégradation de la note AAA américaine devenue AA+ ternit à la fois l’image d’une économie que l’on croyait invulnérable et l’auréole d’un président dans lequel on a avait mis tant d’espérances. L’incroyable sectarisme dont a témoigné la droite de la droite américaine, à l’enseigne anodine de la Tea Party, n’est pas pour rien non plus, à côte du verdict de Moody & Poor’s, dans cette chute de la Maison USA. Cela dit, l’opinion publique prend de moins en moins au sérieux les humeurs de la Bourse. Le jeu de manipulations des financiers mondiaux et de leurs ordinateurs qui pensent visiblement plus vite qu’eux-mêmes est de plus en plus considéré comme un phénomène à part. Bien sots sont ceux qui mettent leur argent dans ce monopoly qui vient de détruire quelques 400 milliards de dollars tirés de la poche de particuliers joueurs. Depuis la crise américaine des subprimes en 2007, la finance mondiale est soumise à des variations de cette amplitude immédiatement stabilisées par l’intervention des banques centrales. Peut-être n’est-ce qu’une pompe utilisée pour alléger la bourse des particuliers.


→ Le remboursement des intérêts de la dette sera en 2012 en France le premier poste de dépenses de l’Etat (hors pensions) devant l’Education nationale. Selon le projet de budget actuel 48,8 milliards y seront consacrés contre 45,5 milliards pour l’enseignement. En cause une augmentation du montant global de la dette suite aux aides à la zone euro (85,5 % du PIB en 2011 et 87,4% en 2012). Le gouvernement espère réduire cette dette à 84,1% en 2015. A cette date le déficit public devra être ramené à 1% du PIB (contre 5,7% l’an prochain).


→ L'EFSA (Agence Européenne de la Sécurité Alimentaire) a décidé de ne pas imposer un «feu rouge » pour indiquer le degré de comestibilité des aliments. Des associations de consommateurs et l’association Foodwatch le lui demandaient. Le vert aurait voulu dire qu’on pouvait consommer sans restriction ; le rouge: stop, trop de sucre ou de graisses, mieux vaut ne pas consommer. L'Agence s'est prononcée pour les indications quantitatives bien lisibles, imprimées d’ordinaire sur l’emballage qui disent combien l’aliment comporte de matières grasses, de grammes de sucre, etc. Le choix d’un feu vert ou rouge a été en fin de compte considéré comme trop autoritaire pour le consommateur. D'ailleurs, ce n'est pas si l’on consomme une fois du chocolat que l’on deviendra obèse. Tout est question de dosage et de choix personnel. C’est en tout cas un pas de moins vers la dictature écologique.
 

 

→ Une terrible sècheresse sévit à la corne de l’Afrique. Près de 12 millions de personnes sont toujours en danger de mort, la « pire sècheresse depuis 60 ans », selon le Secours catholique. Dans les années 70, l’ingénieur français Georges Mougin avait eu l’idée de transporter des icebergs depuis l’Antarctique jusqu’en Afrique. Par manque de technologies adaptées son projet n’avait pas vu le jour. Mais en 2009, Dassault-Systèmes a repris ses recherches avec comme projet de remorquer un iceberg de 7 millions de tonnes de l’Arctique jusqu’aux côtes du Sahel. Enveloppé dans une bâche isolante il perdrait 38 % de sa masse et ne pèserait plus à son arrivée que 4,34 millions de tonnes. Le transport prendrait quelques 140 jours et coûterait environ 2 millions d’euros. Avec la somme totale de 14 millions d’euros, 30 millions de tonnes d’icebergs seraient apportées, ce qui permettrait de faire boire 1 million de personnes pendant un an.

 

→ La coopération économique franco-allemande a fait un pas en avant lors du rapprochement de Renault et de Daimler intervenu à la mi-septembre de cette année. Dieter Zetsche et Carlos Ghosn ont annoncé la bonne nouvelle à Francfort en marge du Salon de l’automobile IAA. Le partenaire japonais de Renault dont l’automobiliste français possède 44%, Nissan, sera associé à ce partenariat. Infiniti, la marque de luxe de Nissan, deviendra une voiture compacte germano-japonaise avec Mercedes-Benz. Il est question de rapprocher aussi les modèles Espace et Laguna de Renault des Mercedes. S’ajoute que des nouveaux moteurs Renault-Nissan iront équiper les voitures Daimler de la classe B en complément d’un moteur électrique. « Il n’y a plus de tabous » a précisé Zetsche. L’alliance pourrait même aller beaucoup plus loin.


→ En revanche, l’alliance Volkswagen-Suzuki bat de l’aile. A peu près au même moment, une semaine après le report de la fusion VW-Porsche, la société japonaise a demandé la dissolution du partenariat conclu avec l’Allemand. L’accord entre eux qui datait de décembre 2009 est donc remis en question. Le groupe japonais avait voulu profiter du savoir-faire de VW dans le moteur diesel et le moteur électrique. Ce dernier était entré à hauteur de 19,9% dans le capital de Suzuki et Suzuki détenait 1,5% du capital de Volkswagen. Pour les Allemands, l’alliance avec le Japonais était un billet d’entrée sur le marché indien. Mais les Japonais ont eu l’impression que les Allemands piétinaient leurs plates bandes. « Suzuki a signé l’accord afin d’être à égalité », expliquait le président de la firme japonaise, Osamu Suzuki dans le quotidien « Nikkei » en juillet dernier. A 81 ans, le vieil homme est resté très jaloux de son indépendance.

 

La firme Siemens serait, au moins en partie, responsable du retrait de l'Allemagne du nucléaire. Son nouveau PDG, Peter Löscher, est Autrichien. Or, l'Autriche a formellement renoncé aux centrales nucléaires. Siemens a réduit, puis complètement arrêté la coopération avec Areva. Le bruit court que Siemens s'engagera néanmoins dans l'industrie nucléaire mais aves les Russes et qu’il formera ainsi un nouveau concurrent pour Areva. D’aucuns pensent en Allemagne que Siemens et Areva auraient pu former ensemble un duo industriel à l'exemple d'EADS qui réussit très bien sur le marché mondial des avions commerciaux et militaires depuis sa création. Siemens aurait eu ainsi de grandes chances de conclure des nombreux contrats à l'étranger à l’instar d’EADS. Peut-être, le fardeau du nucléaire est trop lourd pour une seule entreprise et un seul pays ? Objectivement, la brusque sortie du nucléaire du gouvernement Merkel après Fukushima paraît exagérée. La révolution au sein du FDP, qui a évincé de la direction tous ceux qui avaient opté pour la prolongation de la durée de fonctionnement des centrales nucléaires il y a seulement 2-3 mois, est très parlante et significative.

 

Tandis que la fin de la prime à la casse serait en France une des causes principales de l’affaissement de la croissance, donc par un recul du marché automobile, les voitures de Mercedes-Benz enregistrent en Allemagne un record : 2,6 milliards d’euros de ventes au second trimestre 2011. Ce résultat a surpris jusqu’aux analystes chevronnés de la branche. Mais moins encore que le succès étonnant de Volkswagen tandis que BMW se maintenait à l’étiage des bénéfices. Renault a enregistré de bonnes ventes de sa filiale roumaine Dacia dont les coûts sont inférieurs aux coûts français.

 

Volkswagen est l’entreprise allemande qui a créé le plus d’emplois. Les derniers chiffres publiés montrent que VW a dépassé Siemens et la Deutsche Post – et qu’elle continue à embaucher. Même si, du jour au lendemain, Volkswagen n’avait plus de commandes, les usines de Wolfsburg continueraient à tourner à plein régime tant les carnets de commandes sont pleins. Mais des commandes affluent chaque jour. VW est un mythe allemand, une entreprise de rêve. 

 

La sortie du nucléaire a été vite décidée par Angela Merkel. La chancelière a pris de court le parlement et les industriels de vitesse, qui auraient dû être consultés tous les deux. Mais Mme Merkel, docteur en physique, n’a pas pris le temps non plus de faire ses calculs. Le quotidien économique allemand „Handelsblatt“ les a faits à sa place. Après consultation de nombreux experts du secteur énergétique, y compris dans les énergies alternatives, les spécialistes de ce journal qui ont analysé toutes les données disponibles, arrivent à la conclusion que le volume d’investissements requis pour mettre l’éolien, le voltaïque et le gaz bio à niveau coûtera la bagatelle de 250 milliards d’euros. Ce sera le programme industriel le plus cher depuis la réunification allemande qui a coûté à peu près le double de cette somme. Sans compter naturellement les achats de courant électrique à l’étranger ainsi que de gaz et de pétrole russes, car la construction de ces nouvelles installations prendra des décennies. Après l’Allemagne, l’Italie, la Suisse, la Belgique tournent le dos à l’énergie nucléaire. L’Autriche l’a déjà abandonnée. Quelle aubaine pour la France et pour des pays comme la Pologne, la Slovaquie, la Tchéquie qui pourront fournir ces voisins en courant électrique ! Et pour La Russie qui pourra vendre son gaz au prix fort à l’Allemagne ! Mais à la différence de l’Allemagne de Merkel, une trentaine de pays dans le monde misent sur la construction de nouvelles centrales nucléaires de préférence aux énergies alternatives. D’autant que les besoins en courant électrique dans le monde vont doubler d’ici 2030. Ainsi le directeur de l’Agence nucléaire saoudienne, Abdoul Ghani Maliban, a-t-il fait savoir qui allait installer dans les vingt prochaines années 16 nouvelles centrales pour un montant de 60 milliards d’euros. Outre la production d’énergie, elles serviront à la désalinisation de l’eau de mer. Le China ajoutera 34 nouvelles centrales aux 13 déjà existantes. Le Premier ministre indien Manmohan Singh s’est promis d’augmenter ces capacités nucléaires d’ici 2020 de 5 000 à 20 000 mégawatts. Les Etats-Unis qui ont déjà 104 des 443 en activité dans le monde, ont projeté 20 nouvelles centrales dans les vingt prochaines années. Le Canada construit un nouveau réacteur avec l’aide de la France. Cette dernière va ajouter douze nouvelles centrales à ses 58 déjà en service. L’Espagne en aura deux de plus que ses huit actuelles. La Belgique ajoutera un réacteur à ses sept et la Suède en ajoutera trois à ses dix. La Finlande qui en a quatre en aura un de plus. La Biélorussie, l’Ukraine, la Hongrie construiront aussi des réacteurs nucléaires. La Roumanie en aura quatre après deux actuellement, la Pologne construit son premier, la Turquie en aura deux et la Slovénie et la Slovaquie garderont les leurs. Pour ne pas parler du Pakistan, de l’Iran, de l’Afrique du sud, du Brésil, du Chili, de l’Argentine, du Mexique, de la Corée du Sud, de la Corée du Nord et de Taiwan. Quant à la Russie, si riche en combustibles fossiles, elle va faire passer son courant nucléaire de 16% du total maintenant à 33 % en 2030.

 

→ Un de nos auteurs a recommandé à la France de sortir de la zone euro dominée par l'Allemagne pour entrer dans une zone Sterling avec la Grande-Bretagne (voir notre rubrique "Stratégie"). Or, selon un sondage Ifop/France Soir, en mars 2011, 72% des Français ne veulent pas abandonner l’euro. Ils sont ainsi 10% de plus qu’il y a dix ans à témoigner leur attachement à la monnaie unique. Etonnamment, les 39-45 ans sont plus favorables à un retour au franc que les plus de 65 ans. Rejoignent-ils les plus de 60% des Allemands en moyenne et plus de 80% des Allemands diplômés qui étaient favorables au maintien de l’euro à la fin de l’année 2010 ? Non, car entre-temps, le soutien de l'euro dans la population allemande est tombé à 53 % seulement. Il était en 2008, avant la crise, de 78 %.  Reste que la monnaie européenne n'est pas à l'agonie, loin de là, n’en déplaise aux mauvais prophètes qui annoncent son déclin, car l’Europe a toujours été un acte de foi et de volonté politique. Pourquoi les Français âgés sont-ils plus favorables encore à l’euro que la génération qui les suit ? Pour deux raisons visiblement. Ils ont davantage d’économies et ne voudraient pas les voir fondre. Ils se souviennent des guerres en Europe et de la guerre des monnaies qui avait suivi pour le plus grand dam de nos économies. Son opposition à l'euro et à l'Europe est le talon d'Achille de la nouvelle star de la politique française, Marine Le Pen, la présidente du FN.

 

L’ambassadeur d’Allemagne à Paris, Reinhard Schaefers, et son épouse, étaient ravis à l’issue du 49ème Salon aéronautique du Bourget, fin juin : quelques 700 commandes d’Airbus engrangées en moins d’une semaine, ce fut un vrai succès pour la coopération franco-allemande qui fonctionne dans les domaines où elle est effective, en grand dam de ceux qui en doutent. Et ce, contre 126 commandes seulement pour Boeing. Louis Gallois, le PDG d’EADS, a dressé lui aussi un bilan positif : « Notre A320 enfonce la concurrence. Sa nouvelle motorisation permet d’économiser jusqu’à 15% de carburant. Quand le pétrole est à 120 dollars… ». Il y a eu cette fameuse journée du 22 juin au cours de laquelle Airbus a récolté 286 commandes fermes dont un contrat historique pour 180 A320- 150 NEO et 30 A320 classiques d’une valeur totale de 16,2 milliards. Le record de 400 Airbus vendus en 2010 a été pulvérisé.  Mais l’Airbus n’était pas seul dans le ciel du Bourget. Nous sommes allés faire un tour chez Dassault Aviation (voir notre reportage dans la rubrique Economie/entreprises). On peut regretter toutefois qu’en matière d’avions de combats, comme pour les TGV français et les ICE allemands, l’Europe se concurrence elle-même. Car l’Eurofighter d’EADS-BAE Systems – Finmeccanica et le Rafale de Dassault Aviation se livrent une rude bataille notamment en Inde.

 

→ Mais on verra un jour la fin de la domination occidentale dans l'industrie – y compris dans l’industrie aéronautique. Au Salon de l’aviation du Bourget, la Chine représentée par son entreprise nationale d’aéronautique a donné à comprendre qu’elle avait l’intention désormais de faire de la concurrence à Airbus et à Boeing. Un gros acheteur ne veut plus être simplement acheteur, mais producteur, fournisseur et champion du monde. On a présenté le premier prototype d’un avion de ligne chinois.

 

 → Le budget fédéral allemand de 2011 fait état de dépenses fédérales de 305,8 milliards d’euros, 1,6 milliard de moins que prévu ; les recettes ont été révisées à la hausse de 7,5 milliards à 257,4 milliards grâce à de meilleures rentrées fiscales. Le déficit fédéral ne s’établirait donc plus qu’à 48,4 milliards en 2011 contre 57,5 milliards prévus lors du début des débats parlementaires en septembre. La reprise se poursuit en Allemagne. Le nombre des chômeurs est descendu l'an dernier au-dessous de trois millions. C'est la première fois depuis 1991. En 2010, la croissance du PIB a été de 3,6 % et pour 2011 elle sera de 2,2 %. Le ministre de l'Economie Rainer Brüderle a parlé d'un "deuxième miracle économique". "La sortie allemande de la crise est une sortie du chômage. Notre croissance est une croissance de l'emploi", a-t-il dit. Dommage que Paris lui ait battu froid alors que c'est un vrai francophile. Au lieu de licencier leur personnel, les entreprises allemandes l'avaient mis au travail à temps partiel. A présent, les commandes étant revenues, il a suffi de remettre les salariés au travail à plein temps, et même avec des heures supplémentaires. Le taux de chômage allemand était monté à 8,5% dans la crise (contre 10% en Franc), soit 3,568 millions de sans emploi. Il avait commencé à reculer en mars 2010 (il est le plus haut à Berlin, 14,3%, à l’Est en Saxe-Anhalt, 14%, et le plus bas en Bavière, 5,4%, et en Bade-Wurtemberg, 5,4%).  

 

→ L’ambiance dans l’industrie et les services allemands est au beau fixe : « l’indice climatique » de l’institut Ifo de Munich a battu en janvier dernier son propre record avec 110,3 points, résultat d’une amélioration constante au long des derniers huit mois. C’est le meilleur chiffre depuis la réunification du pays en 1990. « C’est surtout dans l’industrie qu’on a fait un grand pas en avant », déclare l’expert de la conjoncture de cet institut, Klaus Abberger. Les exportations sont à la hausse, stables dans les grands pays européens et en Asie tandis que les Etats-Unis récupèrent. Machines et usines travaillent à un régime supérieur à la moyenne annuelle. Les perspectives d’embauche sont bonnes. « On demande des ingénieurs, mais aussi des ouvriers qualifiés », constate Abberger. Le chômage va continuer à diminuer en 2011.

 

  Le ministre des Finances Wolfgang Schäuble déclarait fin octobre 2010 à des journalistes de la « Bild »-Zeitung qui l’interrogeaient à sa sortie d’un séjour en clinique que le gouvernement allemand a « la tâche gigantesque de veiller à ce que le sentiment de justice ne souffre pas trop » (s’agissant d’augmentations de salaires), étant donné que « dans l’économie mondialisée qui est la nôtre l’injustice règne ». « Les différences entre les gens qui se trouvent du côté ensoleillé et de l’autre s’élargissent. Je ne peux pas expliquer à quelqu’un qui est réduit au RMI (Hartz IV en Allemagne, ndlr) pourquoi il y a de l’autre côté une richesse incommensurable". 

 

Selon une étude de la Fondation Friedrich Ebert, proche du parti social-démocrate SPD, 6,5 millions de personnes (4% des Allemands de l’Ouest et 20% des Allemands de l’Est) appartiennent aux milieux défavorisés. Il s’agit là de gens qui vivent au minimum vital ou au-dessous et ne survivent que grâce à des subsides publics. Ces gens là ont perdu tout espoir de gravir les barreaux de l’échelle sociale. On notera que le nombre des pauvres en France s’élève à 8 millions de personnes selon les données de l’Insee, soit 13 % de la population. Ils sont donc plus nombreux en chiffre relatif aussi qu’en Allemagne, 8% des citoyens allemands contre 13% de Français, la France comptant 65 millions d’habitant et l’Allemagne 82. S’ajoute que le taux allemand de pauvreté n’est atteint que suite au retard pris par l’ex-RDA après 40 ans d’économie socialiste planifiée qu’il faudra encore une décennie pour combler.

 

Eurostar, filiale de la SNCF et des Chemins de fer britanniques, vont acheter des ICE de Siemens réputés plus luxueux que les TGV d'Alstom jusqu'alors utilisés exclusivement par Eurostar. La Deutsche Bahn pourrait ainsi faire rouler ses trains Siemens entre l'Allemagne et Londres à partir des Jeux Olympiques de 2012. Dans leurs trains, les Allemands et les Français ont inscrit les différences de mentalité de leurs deux pays. Les Français se sont attachés au record en faisant des TGV ultrarapides ; les Allemands ont fabriqué des ICE vastes, spacieux et confortables qui arrivent moins vite à bon port que les trains français, mais avec des passagers moins fatigués et avec moins de promiscuité. Maintenant, les Français le payent.

« Les élus n’évoquent jamais le gouffre financier de l’immigration : Elle aurait représenté en 2008, 36 milliards d’euros, soit 70% de notre déficit. Car nous avons bon an mal an dans les 200 000 visiteurs, venus principalement d’Afrique, et autant, dit-on, de clandestins. Entre le 1er janvier 2009 et me 31 juillet de la même année, le gouvernement avait accordé 104 000 titres de « long séjour » (c’est combien d’années un long séjour ?), et il a naturalisé 64 744 étrangers. Tout cela en sept mois ! Faites le bilan en fin d’année. Et il paraît que, lorsque Mme Aubry sera au pouvoir, elle fera encore mieux dans le genre humanitaire ». (Alexis Arette)

→ Nicolas Sarkozy avait été élu entre autres sur le slogan : « Travailler plus pour gagner plus ». Il répète aujourd’hui que « le problème de la France est qu’on ne travaille pas assez » et critique les 35 heures comme "un carcan“, disant qu’« aucun autre pays ne l’a fait ». Mais le temps de travail annuel a baissé dans tous les pays industrialisés dans les mêmes proportions ou à peu près qu’en France. Simplement sous des formes différentes. Ainsi en Allemagne comme en France est-il tombé de 135 heures de 1992 à 2006, en Allemagne principalement par la hausse du travail à temps partiel, en France à cause des 35 heures. C’est ce qui découle d'une enquête de l’Insee selon laquelle le temps de travail a diminué dans les 69 dernières années de 25% environ dans les dix principaux pays développés. Ainsi a-t-il diminué aux USA de 2 010 heures en 1950 à 1 785 heures en 2007 ; au Japon de 2 080 à 1 784 heures ; en Espagne de 2 050 à 1 775 heures ; en Grande-Bretagne de 2 110 à 1 607 heures ; en Suède de 2 020 à 1 601 heures ; en Italie de 2 179 à 1 566 heures ; en France de 2 230 à 1 559 heures ; en Allemagne de 2 370 à 1 432 heures et aux Pays-Bas de 2 500 à 1413 heures.
 

→ Selon les chiffres publiés le 28 janvier, la Pologne a enregistré une croissance de 1,7% en 2009 et de plus de 2% en 2010, seul des 27 Etats membres de l'Union européenne à avoir augmenté son activité économique sur cette année marquée par la crise mondiale. Le produit intérieur brut de a cru de 1,7% en 2009, selon l'estimation préliminaire de l'office national des statistiques. En 2008, la Pologne avait connu une croissance de 5%.

 

"Berlin a malheureusement encore beaucoup de chemin à faire pour être au top. En comparaison avec 50 autres grandes villes allemandes la capitale a certes quelques très bonnes notes. Mais si l’on regarde les choses dans leur dure réalité, il n’y a pas tellement de raisons d’être fiers pour les Berlinois : pour la création d’emploi, nous arrivons bons derniers et pour ce qui est du pourcentage de chômeurs, nous sommes troisièmes en commençant par la queue. 80 % des entreprises interrogées critiquent la manière dont le Sénat gère ses finances. Berlin arrive au total 44ème sur 50. Il n’y a que le tourisme à être prospère. C’est bien, mais ce n’est pas cela qui nous remplira le ventre", écrit notre ami Gunnar Schupelius. Notons que des élections municipales ont lieu cette année dans le Land de Berlin. Nous avions vu le dimanche soir 20 mars sur la chaîne ARTE un reportage sur Berlin que l'on peut qualifier de catastrophe. Nous n'avons rien contre les soins à donner aux handicapés mentaux ou psychomoteurs, bien au contraire, mais mettre une handicapée mentale au centre d'un reportage sur cette ville, cela il fallait le faire ! Le reste de l'émission était insipide, brouillon et confus, banal pour ne pas dire plat. Les minorités débiles et oisives sont-elles en train de s'accaparer la capitale allemande ? Au bout de vingt minutes, nous avons été obligés de zapper vers un film français. Ce Berlin d'ARTE n'est pas celui que nous connaissons bien.

 

newsletter@alternatives-paloises.com a lancé le message suivant: „Sans que nous nous en rendions compte, notre région au pied des Pyrénées est menacée d’une marginalisation extrêmement dangereuse. Demain, Toulouse et Bayonne seront à une heure de LGV (Ligne à grande vitesse) de Bordeaux. Pendant ce temps, si nous ne "prenons pas le train des GPSO en marche", Pau restera à 2 heures de Bordeaux et Tarbes à 3 heures ! Il y a "péril en la demeure" si nous n'obtenons pas une nouvelle voie LGV pour desservir le Béarn et la Bigorre, territoire de près de 600.000 habitants qui reçoit plusieurs millions de touristes et pèlerins par an. Le péril : que nos forces vives, notre activité industrielle, notre vie culturelle, nos enseignements supérieurs soient demain irrésistiblement aspirés par la côte basque, la région toulousaine ou plus encore par celle de Bordeaux au coeur du nouveau dispositif de RFF! - Pourquoi Bayonne et Toulouse et pas nous ? Pourquoi Mont-de-Marsan et pas Tarbes ? Pourquoi Dax et pas Pau ? Qu'en est-il de la solidarité territoriale qu'il appartient à RFF et au gouvernement d'appliquer ? Défendons cette "LGV des Pyrénées" qui depuis Mont-de-Marsan permettra d'irriguer notre territoire ! A vous de donner votre avis : Est-il normal que les gares de Dax, Bayonne et Hendaye soient raccordées à la grande vitesse et non celles de Pau et Tarbes ? ».

 

 

 

 

International

 

 

→ Après le terrible séisme de plus de 7 sur l'échelle de Richter qui a dévasté la région de Van à l'Est de la Turquie, Israël a offert son aide à Ankara. Cela peu après que le président turc Tayyip Erdogan ait menacé de guerre l'Etat hébreu.

 

 Le groupe Bosch fait une donation d’un million d’euros pour aider les victimes du tremblement de terre et du tsunami, qui ont frappé le Japon. Cette donation est destinée à soutenir l’action menée actuellement sur place par la Croix Rouge japonaise. De nouvelles actions seront mises en place, une fois que l’étendue des dommages, et du travail de reconstruction nécessaire, seront connus. « La catastrophe au Japon nous a profondément choqué chez Bosch. Cette donation est l’expression de notre profonde compassion » a déclaré Franz Fehrenbach, le Président du Directoire de Bosch. Il a ajouté que l’on ne pouvait, pour l’instant, que préjuger de l’étendue des dégâts matériels. Pour cette raison, a-t-il expliqué, Bosch a décidé de reporter temporairement toute décision sur la manière dont le groupe pourrait aider au mieux, le Japon et sa population, dans le travail de reconstruction. Bosch est présent au Japon depuis 100 ans. Le groupe emploie actuellement environ 8 000 collaborateurs au Japon, sur 36 sites. Ils développent et fabriquent des produits pour les Techniques automobiles, les Techniques industrielles et les Biens de consommation et les Techniques du bâtiment.

-    Cité par  le quotidien „Aujourd’hui“ (28 février), un habitant de Benghazi (Lybie), Mohamed El-Abbar, 58 ans, déclare devant la terrible prison-base militaire de Katiba:  « Quand Kadhafi a pris le pouvoir en 1969, on croyait en lui. On ne pouvait pas savoir que ça finirait ainsi. Quand on s’est rendu compte, l’oppression était déjà trop forte ». Un autre, Tawfik ajoute : « Les jeunes ont réussi ce que notre génération n’a pas pu faire ». Les Allemands de la génération des années 30 n’ont-ils pas été victimes de la même illusion ? C’est souvent ainsi que s’implantent les dictatures, en trompant le monde. Ensuite, la terreur policière paralyse toute révolte. En Allemagne, ensuite, les jeunes furent décimés par la guerre. Des morts ne pouvaient se révolter comme en Libye. (Voir dans notre rubrique "Récits", le compte-rendu inquiétant d'une équipe de France 2 prise dans le tourbillon de la révolution au Caire)

        → Peu après l'éviction d'Hosni Moubarak, deux navires de guerre iraniens ont été autorisés par l'Egypte à franchir le Canal de Suez pour voguer en Méditerranée en direction de la Syrie. A ce sujet, notre collaborateur Hossein Yazdi nous écrit : "Le régime de Téhéran veut montrer au monde qu'il s'est hissé jusque dans la famille des grandes puissances. C'est aussi un signal envoyé à Israël: "Nous pouvons croiser devant votre côte !". De la même manière, selon le mot d'ordre "les grandes puissances le font aussi", Téhéran dispose de missiles à longue portée et est engagé dans un programme de fabrication de l'arme nucléaire. Imaginez que le régime des mollahs domine un jour le Proche-Orient : quel cauchemar ! ".

De   Depuis que révolution et contre-révolution se disputent le pouvoir en Libye, le prix du baril de pétrole ne cesse de monter, à des niveaux même supérieurs à ceux de 2008, année qui avait connu une vraie raréfaction de ce combustible. Le phénomène est d'autant plus étrange qu'il y a des fournisseurs d'hydrocarbures beaucoup plus importants que le désert libyen qui ne produit que 1,5 % du pétrole mondial. Alors pourquoi ? Des spéculateurs ? Les groupes pétroliers ? Les Etats ? Les pompistes ? Non, l'origine de cette grimpée des prix est la peur. La peur que la révolution arabe ne s'arrête pas à la Libye, mais s'étende, à l'Algérie par exemple, membre de l'OPEP où il y a eu déjà des heurts, mais où le régime a réagi de façon musclée mais calculée. Seulement cela peut vite tourner mal. Et qu'en est-il de l'Arabie Saoudite ? Là aussi il y a eu des manifestations. L'exemple de l'Irak montre qu'une situation politique instable paralyse l'exploitation du précieux carburant. 

Le général Daniel Roudeillac qui a commandé le 3ème RPIM et était attaché de Défense en Allemagne en 1989, vient de publier un livre "Chronique militaire de la chute du Mur" chez L'Harmattan. Il nous a envoyé le témoignage suivant, comme à d'autres médias :
« Deux Français se font tuer au Niger, un sous-officier français se fait tuer en Afghanistan. Que font les médias? Face à ces trois destins cruels, ils relèguent au second plan de leurs préoccupations la mort en service du militaire français, pour commenter à souhait la fin tragique de deux hommes, qui avaient fait le choix de se rendre au Niger, pour des raisons qui leur étaient propres. Et en cela réside la différence avec le 53° militaire tué au combat.
Ce militaire s'est rendu en Afghanistan sur ordre de la France ou plus exactement sur ordre des représentants politiques des Français. Cette obéissance aux décisions de la Nation mériterait de ne pas passer au second plan.
 Ce sous-officier tué au combat mérite donc notre compassion. La France doit se sentir responsable de ce qui lui est arrivé. Les médias feraient bien de souligner la grandeur du sacrifice consenti et du métier des armes, la noblesse de l'obéissance aux décisions de la démocratie, le respect que se doit d'avoir la nation à l'égard de ses armées et de ses enfants qui acceptent de servir, sans compter. Mais le plus insupportable demeure l'indifférence, voire le mépris de certains faiseurs d'opinion, convaincus de détenir la vérité."

 

La Chine est devenue à l'importation le principal partenaire de l'Allemagne. L'an dernier des marchandises ont été importées de Chine pour un montant de 75 milliards d'euros, un tiers de plus que l'année précédente. Mais les exportations allemandes en Chine accusent une progression du même ordre. Et cette tendance va se confirmer. La Chine aurait l'intention dans la décennie en cours de doubler ses importations. Une aubaine pour l'industrie allemande qui a damé le pion sur ce terrain aux Etats-Unis et à la France. Reste que la croissance chinoise devrait reculer un peu pour pallier la surchauffe et que ce tassement pourrait se répercuter très vite sur les exportations allemandes.

 

 → „Fixer des plafonds aux excédents ou aux déficits de la balance commerciale n’aurait aucune justification économique et ne serait pas politiquement acceptable, avait déclaré Angela Merkel lors d’un Sommet du business devant une centaine de chefs de grandes entreprises à Séoul le 11 novembre 2010. Ce serait incompatible avec les objectifs d’un commerce mondial libre ». L'Allemagne tient à garder sa souveraineté en matière commerciale. Elle reste résolument hostile à toute velléité protectionniste ou à tout ce qui y ressemblerait.

 

→ Un quart des 23 000 fonctionnaires de la Commission européenne gagnent plus de 10 000 euros par mois, dont 214 qui gagnent entre 15 et 18 000 euros, soit autant qu’Angela Merkel, remarque le « Financial Times Deutschland » qui cite d’autre par le député autrichien Martin Ehrenhauser : « Les bureaucrates sont si puissants qu’aucun homme politique n’ose attaquer leurs privilèges ».

 

 

 

Histoire

 

Cinq à six millions de juifs d’Europe, hommes femmes, enfants et vieillards, ont été assassinés entre 1935 et 1945 par quelques centaines de nazis fanatiques ou sadiques, subjugués par les démons du XXème siècle Hitler et Himmler. On ne le dira jamais assez. Il faudra toujours le rappeler à nos enfants, petits-enfants, et eux aussi devront le dire aux générations suivantes. En 1945, 2.167 000 d’Allemands, enfants, vieillards et femmes ont été assassinés par les soldats soviétiques, mais aussi par des citoyens polonais et tchèques, lors de leur fuite ou de leur expulsion de territoires d’Europe centrale qui étaient allemands depuis des siècles, depuis mille ans parfois. Comme les juifs exterminés, eux aussi étaient des innocents. Ils n’avaient pas voulu cette guerre. Ils ignoraient tout des massacres. Cette fuite de millions de réfugiés avec ses millions de morts est un évènement historique sans précédent dans l’histoire contemporaine. Il faut également en parler, ne pas l’oublier, transmettre le souvenir de ces malheureux. Nous avons écouté le 21 mai dernier à Lindau en Bavière un discours prononcé devant le congrès annuel de la Paneuropa Unionpar Libor Roucek, membre du Parlement Européen et vice-président de ce parlement. S'adressant à ses auditeurs allemands, ce député tchèque a formulé les excuses de son pays à propos de l’expulsion des Allemands des Sudètes en 1945.

Au printemps 1945, 25 000 morts à Dresde… Seulement ? Les hésitations sur le nombre des morts des bombardements de Dresde les 13 et 15 février 1945 devraient normalement prendre fin. Il n’y a eu que 25 000 victimes selon une commission d’historiens commanditée par la ville de Dresde. Le professeur Rolf-Dieter Müller du Centre de recherches de la Bundeswehr à Potsdam qui dirigeait la commission a indiqué ce chiffre qui est très loin de celui de 235 000 morts donné par la propagande nazie à l’époque pour attiser la haine contre les Alliés et appeler la population allemande à la résistance contre les « envahisseurs ». L’extrême droite s’était emparée de ce chiffre après la guerre et tentait d’organiser régulièrement des manifestations de commémoration antibritanniques et antiaméricaines. Raison pour laquelle le maire Rossberg avait chargé en 2004 ces historiens de faire des investigations. Ils ont étudié 800 dossiers d’archives et constaté qu’à l’époque déjà les autorités du Reich avaient réussi à identifier les quatre cinquièmes des cadavres. Les températures avaient atteint 400 à 500 degrés, ce qui n’était pas suffisant pour réduire les cadavres en cendres. Ils constatèrent aussi que sur les 15 000 soldats qui se trouvaient à ce moment dans la ville, une centaine seulement avaient été tués par la bombes. Sans minimiser l’horreur de cette attaque aérienne parfaitement inutile dans la conduite de la guerre, ils firent des études sectorielles et purent relever que dans un des quartiers les plus touchés une rue avait compté 800 victimes mais que 300 de ses habitants avaient pu s’en tirer indemnes. On avait dit aussi que Dresde était à ce moment-là submergée de réfugiés. C’était loin d’être le cas. Les historiens ont estimé qu’il fallait voir Dresde sur la toile de fond de la guerre qui faisait 20 000 victimes par jour au printemps 1945 et qu’on ne pouvait pas dire que Dresde était une « ville innocente », car elle comptait beaucoup de nazis et que c’était là qu’avait eu lieu en 1933 le premier bûcher de livres d’auteurs jugés non conformes à la doctrine nazie. 

… et 23 000 à Swinemünde

C’était le 12 mars 1945, la huitième escadre de bombardiers américains attaquait Swinemünde : 642 bombardiers arrivèrent à 12 h et pilonnèrent la ville pendant seulement 60 minutes. Les cibles étaient le port, la gare et les parcs. Cette station balnéaire de la Baltique était à ce moment-là pleine de réfugiés de Prusse orientale qui avaient vécu des choses épouvantables, pillages, sévices, viols,  massacres perpétrés par l’Armée Rouge, plus la chasse à l’homme des troupes du NKVD pour remplir l’Archipel du Goulag. Arrivés à Swinemünde, les gens s’estimaient sauvés parce qu’ils avaient échappé à la soldatesque soviétique, mais ce port n’était qu’une étape dans leur fuite vers l’Ouest. La plupart d’entre eux n’avaient pas vécu comme leurs compatriotes de l’Ouest les tapis de bombes. Les Américains et les Anglais connaissaient parfaitement le terrain parce qu’ils avaient observé et bombardé déjà plusieurs fois depuis 1942 la base de Peenemünde où les Allemands fabriquaient les V2. La première cible fut le port où se trouvaient six gros cargos qui assuraient le transfert des réfugiés de Pillau et Dantzig vers Swinemünde. De là, ils étaient évacués en direction du Danemark. Justement, le cargo Andros avec 2000 réfugiés à bord avaient tenté de prendre la mer puis il était revenu le 12 vers Swinemünde pour échapper au gros temps. Il fut brisé par les bombes et ses passagers furent noyés. Des milliers de personnes attendaient dans le parc de la ville d’être embarqués. Les avions alliés « marquèrent » cet espace avec des bombes éclairantes qui brûlaient à la manière de feux de Bengale et hachèrent menue toute cette population. Les bombes tombaient si dru qu’on ne pouvait fuir.  Ils larguèrent aussi des bombes qui détonnaient en l’air dès qu’elles touchaient les branches des arbres. Cette attaque était naturellement soigneusement préparée pour tuer le plus de civils possible, femmes, enfants, personnes âgées. Cette attaque était un crime de guerre. Tous les ans le 12 mars une cérémonie de deuil se déroule sur le Golm une rangée de collines à l’ouest de la ville où l’on a érigé un mémorial en souvenir des 23 000 victimes.

Excuses tardives des Serbes et des Russes. La Serbie s’est enfin excusée pour le massacre de Srebenica au cours duquel en juillet 1995 les milices serbes sous l’autorité du Général ratko Mladic avaient assassiné 8000 civils de ce village musulman. Ce sont, en fait, les pressions exercées par l’Union Européenne sur Belgrade, qui est candidate à l’adhésion à l’Union, qui ont amené les Serbes à faire ce geste tardif. Mais le mot « génocide » a été soigneusement évité dans la déclaration officielle. On note que peu après, le 7 avril 2010, dans un geste longtemps attendu par Varsovie, les Premiers ministres Vladimir Poutine et Donald Tusk se sont recueillis hier à Katyn, où Staline fit tuer il y a 70 ans 20 000 Polonais, pour la plupart des officiers. Longtemps, la Russie avait attribué ce crime à la Wehrmacht. Le drame de l'accident d'avion qui a coûté la vie 97 membres de l'élite polonaise, dont leur président Lech Kazcynski, sur l'aéroport de Smolensk, alors qu'ils se rendaient à des cérémonies de commémoration à Katyn, fait apparaître ce lieu comme un endroit de malédiction pour les Polonais (voir plus bas ci-dessous sous "En bref").

→ Le parquet de Potsdam a dû interrompre son enquête ouverte sur les responsables du massacre perpétré fin avril 1945 à Treuenbrietzen en Brandebourg. Dans cette petite ville située entre Berlin et Hanovre, les troupes soviétiques avaient rassemblé plusieurs centaines de civils allemands et les avaient fusillés. Comme l’a déclaré le procureur Helmut Lange, son service se heurte à un obstacle juridique. Il s’agit de l’article III de la loi n° 4 du Conseil de contrôle interallié du 20 octobre 1945 qui stipule que les « actes délictueux dans lesquels sont impliqués des militaires des troupes d’occupation ou des citoyens des puissances alliées » sont soustraits à la compétence des tribunaux allemands. Le ministère allemand de la Justice a confirmé que cette loi est toujours en vigueur. On étudie actuellement la possibilité de confier le dossier aux juges russes…

→ « Je crois à la victoire finale du socialisme », nous disait récemment contre toute raison un ancien membre de la Nomenklatura est-allemande. Oui, mais quel socialisme ? Peut-on encore utiliser ce terme après les crimes commis en son nom ? En 1937/38, Staline a fait arrêter 1,500 millions de personnes et fit exécuter 680 000 d’entre elles. Six millions de Russes et d’Ukrainiens périrent des suites de la collectivisation de terres ou lors de transferts sur d’autres territoires. Jusqu’à la mort de Staline en 1953, environ 20 millions de personnes furent déportées dans l’Archipel du Goulag. Des 3 500 fonctionnaires du parti communiste allemand qui fuirent en URSS après l’arrivée d’Hitler au pouvoir pour échapper aux camps de concentration nazis, 70% furent exécutés. Dans l’article de Daniel Koerfer « Die deutsch-sowjetische Beutepartnerschaft“ que nous publions dans la version allemande de notre magazine (rubrique "Tatsachen"), on trouvera une évaluation des crimes commis par Nikita Khrouchtchev en Ukraine : 1,2 millions de déportés, 80 000 personnes arrêtées dont 60 000 immédiatement passées par les armes. Comment se fait-il que le liquidateur Khrouchtchev ait pu en 1956 dénoncer « les crimes de Staline » ? Sans doute s’est-il trompé en croyant qu’on allait un jour ou l’autre découvrir la vérité et que mieux valait prendre les devants en attribuant les crimes à son ancien maître Staline qui, de toute manière, ne pouvait plus être jugé, étant mort trois ans plus tôt. Seulement, Khrouchtchev avait ainsi ouvert les vannes et ne put jamais plus les refermer. Son attaque contre la mémoire de Staline fut la première fissure dans le Bloc soviétique qui s’écroula en 1990. En 1945-49, 35 000 Allemands sont morts dans les « camps spéciaux » créés en Zone soviétique d’Allemagne par Ivan Serov en recyclant à cet usage les anciens camps de concentration nazis, Sachsenhausen, Buchenwald et autres. Une toute petite minorité des détenus était composée d’anciens nazis. Il s’agissait pour la plupart d’adversaires réels ou supposés tels du communisme, parmi eux beaucoup de jeunes gens. Le nombre des Allemands qui furent exécutés sur place et déportés en URSS ne peut être estimé.

Tout le monde avait été choqué par les transferts de populations intervenus en Europe centrale au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale, comme Staline, Roosevelt et Staline l’avaient décidé aux conférences de Yalta et de Potsdam. On ne sait guère que le premier grand déplacement de personnes en Europe avait eu lieu au lendemain de la Première Guerre mondiale, quand la France, en récupérant l’Alsace et la Lorraine, en expulsa  132.000 sujets allemands. Etaient considérés comme Allemands, tous les résidents qui s’étaient installés en Alsace-Lorraine après 1871. Au total 200 000 personnes durent franchir le Pont du Rhin et s’installer de l’autre côté de la frontière. Mais la moitié environ purent revenir les mois suivants après que le président américain Woodrow Wilson ait exercé des pressions sur la France.

 

 

 

Culture, livres, medias

 

→ Notre collaborateur Richard Schneider a relevé à propos de Wikileaks une grande différence de traitement entre ses principaux acteurs, à savoir Julian Assange et le soldat américain Bradley Manning. Le monde, et surtout le monde de la presse, leur doit beaucoup, car ils nourrissent les desks des journalistes avec leur messages secrets copiés collés Mais le destin a fait un sort très différent aux deux protagonistes: Si Assange a pu quitter la prison sous caution et avec un bracelet électronique en Angleterre où il se déplace librement et peut exercer une partie de ses activités, son fournisseur d’informations Manning restera en prison militaire aux USA jusqu'à son procès. Et les conditions de détentions de ce dernier sont si mauvaises qu'Amnesty International s'est indigné et a alerté l’opinion publique (voir l’article de Richard Schneider dans notre rubrique « Kultur »).

 

→ Die « Welt-online » a aimablement présenté au début du mois de janvier le livre de Dominique de Villepin De l'esprit de cour, expliqué et célébré par Wolf Lepenies, ancien Directeur de l'Institut des sciences de Berlin. Le livre de Villepin n'existe pas en allemand, mais apparemment peu importait... En revanche, quand notre confrère Richard Schneider avait proposé à la rédaction de présenter la biographie en allemand du Président Sarkozy (Nicolas Sarkozy und die Beschleunigung der Politik, Editions Gollenstein à Sarrebruck), les rédacteurs n'en avaient pas voulu, trouvant pour cela mille excuses ! « Parfois, nous écrit M. Schneider, j'ai l'impression que certains journalistes de la « Welt » cherchent délibérément à nuire à la France, ne serait-ce qu’en jetant le trouble dans l'opinion publique. W. Lepenies parle beaucoup de Villepin, mais n’a pas un mot pour l'affaire Clearstream qui a pourtant donné lieu à des arrestations et des condamnations. ».

 

→ A l'Eglise Saint Pierre de Hambourg, le pasteur a offert un vin d'honneur suite à son prêche des jours de fête de fin d’année. Une femme de 32 ans, membre du presbytère, a relaté que le pasteur a trinqué avec elle, lui a offert des amuse-gueules, etc. Elle s'est réveillée des heures plus tard, sans se souvenir de rien, allongée sur des coussins sur le sol de l'église, sans pantalon ni slip, la tunique noire du pasteur endormi à ses côtés protégeant une partie de ses jambes... Elle a porté plainte à la police et le pasteur a été muté.

 

 

 

Propagande

 

Cinq jours seulement ! Cinq jours auront suffi, entre les premiers articles faisant état de plaintes pour agression sexuelle déposées contre Georges Tron par deux anciennes subordonnées, et sa démission de son poste de secrétaire d'Etat (mais pas de sa mairie de Draveil). Qu'est-il donc arrivé à notre bon vieux système de protection des élites ? Qu'est-il arrivé à nos bonnes vieilles procédures décennales, garantissant, de recours en recours, une impunité de fait aux puissants ? Il n’y a guère que Jacques Chirac à en avoir plus ou moins profité ces derniers temps avec un report sine die de son procès. - Si Georges Tron a été si rapidement contraint à la démission, on le doit évidemment à un fonctionnement inhabituellement rapide de la Justice et de la presse, fonctionnement imputable au "contexte DSK". La bienveillance de la Justice à l'égard des plaignantes a été inhabituelle : les plaintes pour "harcèlement" déposées contre Tron ont été séance tenante requalifiées par le parquet de l'Essonne en plaintes pour agressions. On n'a pas toujours vu pareille sévérité ! Les plaignantes ont été entendues séance tenante par la police, au cours d'une de ces procédures "d'enquête préliminaire" rendues célèbres par l'affaire Bettencourt, et qui permettent d'éviter la saisine d'un juge d'instruction. - Nul doute que les procès verbaux d'audition sont remontés très vite au gouvernement, lui permettant de se faire une première idée de la crédibilité des plaignantes. Et à moins de douze mois des prochaines présidentielles, le gouvernement ne peut pas se permettre des audiences en séries où comparaît un membre du gouvernement, même si c’est pour prouver son innocence. Reste, précisément, que la coïncidence, DSK aux Etats-Unis, Tron en France, fait planer un doute. Pourquoi ces poursuites de la justice française contre un membre de la majorité alors que la justice américaine sévit contre un membre de l’opposition ? Une auditrice déclarait à l’antenne d’« Europe 1 », le 30 mai à 5 h du matin : « Il est évident que les plaignantes ont été manipulées ». (Sources : Gazette d'@rrêt sur images, n° 179 et Europe 1 le 30 mai)

→ Selon une professeure de psychologie de Berlin, Birgit Rommelspacher, « les féministes font cause commune avec la droite ». C’est ce que déplorait récemment cette intellectuelle sur toute une page du journal d’extrême gauche berlinois « taz » (« Die Tageszeitung »). La raison en est, selon elle, qu’elles adoptent des « positions antiislamiques ». A son avis, cela rappelle le IIIème Reich « où les femmes affirmaient leur supériorité raciale en s’engageant en faveur de l’égalité de l’homme et de la femme ». Elle ne donnait pas d’explication pour cette étrange comparaison (alors que tout le monde sait que la femme sous le IIIème Reich était plus ou moins réduite à ses fonctions ménagères et génitrices), mais elle donne les noms de ses cibles, Ayaan Hirsi Ali, Seyran Ates, Necla Kelek. Ces femmes musulmanes courageuses qui risquent leur vie en dénonçant le statut humiliant fait à la femme dans l’islam traditionnel, sont pour elles des extrémistes de droite, presque des nazies… !!! Au lieu de voir en elles des femmes qui critiquent l’importation en Europe de coutumes archaïques antiféministes et une religion qui qualifie d’invention du diable le droit à la responsabilité et à l’individualité qui est la norme sur notre continent, leur reproche de s’ériger « en championnes de la civilisation européenne ». Elle est, elle, pour une société multiculturelle faite de mondes parallèles, ce qu’on appelle en France le « communautarisme ». On frémit en imaginant ce que Mme la professeure peut enseigner à ses étudiants et étudiantes. Mais ses idées sont visiblement contagieuses. Ainsi la « Süddeutsche Zeitung » s’est-elle prise récemment à Necla Kelek qui lutte notamment pour la sécularisation des mœurs, pour le mouvement des lumières et pour la séparation de la religion et de l’Etat. Selon ce grand journal de gauche de Munich, Mme Kelek est « une prêcheuse fanatique qui défend les droits de l’homme avec le même fanatisme que les musulmans le Coran et la Charia ». Ainsi les droits de l’homme sont-ils mis sur le même pied que le droit musulman qui permet de lapider, de poignarder et de tuer à la bombe non seulement la femme adultère ou vêtue comme au XXIème siècle, mais même tous ceux qui osent critiquer telle ou telle phrase du Coran.

 

 

 

Science

 

La catastrophe démographique allemande n'est pas encore corrigée bien que le pays ait connu en 2010 une légère remontée du nombre des naissances . „L'Allemagne célèbre une recrudescence de sa natalité, proclamait l’hebdomadaire « Die Zeit » en février 2009. 12.000 enfants de plus étaient venus au monde en 2007 qu’en 2006. Les chiffres pour 2008 n’étaient pas encore connus mais « Die Zeit » était sûr de son fait : „Le nombre de naissances augmente. Nous assistons à un puissant retournement de tendance ». Ainsi avait-on la certitude que le désir d’enfants des Allemands s’était accru grâce à nouvelle politique familiale du gouvernement de grande coalition d’Angela Merkel, avec le salaire parental et une amélioration de la prise en charge des tout petits. Berlin avait « la solution ». Mais voilà que l’Office fédéral des statistiques a communiqué qu’en 2009 l’Allemagne a eu son taux de naissances le plus faible depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale. En 1946 seulement, dans l’absolu dénuement de la défaite, dans l’Allemagne détruite et affamée, alors qu’un grand nombre d’hommes étaient morts et une grande partie des survivants étaient prisonniers, il avait été plus bas. Comparé à 2008, le nombre des naissances a baissé de plus de 20.000. En 2008 déjà, alors que la ministre de la ministre de la famille fédérale se targuait d’avoir contribué à augmenter le nombre des naissances par rapport à 2007 et célébrait une sorte de baby-boom, il y avait erreur. La légère montée de 2007 s'expliquait par la politique familiale du gouvernement, en fait par un effet de timing. Pour bénéficier des mesures avantageuses prévues pour 2007, un grand nombre de couples avaient e 2006 différé d’un an la naissance de leur enfant.

 
→ Au taux actuel de natalité en Allemagne, les Allemands pourraient avoir disparu dans douze générations et en 2050, la France pourrait avoir dépassé l’Allemagne en chiffre absolu de population. 34% des femmes allemandes âgées de 35 à 49 ans et titulaires au moins d’un master n’ont pas d’enfant et plus de 30 % d’entre elles ne veulent pas en avoir. En revanche 26% des femmes non diplômées, non titulaires du baccalauréat ont au moins trois enfants, ce qui fait craindre une augmentation du nombre d’enfants pauvres. L’allocation de congé parental créée en 2007 par Ursula von der Leyen, l’ancienne ministre de la Famille devenue ministre du Travail, devait encourager la natalité en permettant à un parent de toucher 80% de son salaire à concurrence de 1 800 euros mensuels pendant quatorze mois après la naissance de l’enfant. Mais cette allocation (l’Elterngeld) a été utilisée surtout comme un complément de revenu par les familles les plus pauvres, avec un pic de natalité en 2008 qui est vite redescendu à la normale déficitaire.

 

→ Le nombre d’avortements pratiqués en 2008 en Europe, selon le rapport présenté le 2 mars au Parlement européen par l’Institut de politique familiale (IPF), est de 2,9 millions. Avec 7846 avortements par jour – en moyenne un toutes les 11 secondes-, l’avortement est devenu la « première cause de mortalité en Eu »ope". Parmi ses propositions, l’IPF envisage « la réunion d’un conseil extraordinaire des ministres chargés de la Famille » pour analyser «  la problématique de la natalité et ses conséquences sur le vieillissement de la population en Europe ». Quand Simone Veil avait fait adopter la loi sur l’IVG en France le 21 septembre 1974, on ne concevait pas encore ses conséquences actuelles. C’était à l’époque une bonne chose, incontestablement, un siècle à peine après que les dernières jeunes femmes coupables d’infanticide aient été pendues ou décapitées. Quelques décennies à peine après qu’elles aient été bannies de leur famille à cause de la « honte » qui pesait sur elles. Mais aujourd’hui, tous ces enfants perdus manquent à l’appel. Il a fallu du temps pour que l’on prenne conscience du drame démographique de l’Europe qu’Alfred Sauvy (1998-1990) avait déjà signalé pourtant dès 1968 dans « Population et Société ». Entre-temps, Mme Veil est entrée à l’Académie.

→ Des biologistes de Tübingen ont constaté que toutes les composantes du génome mutent dans un délai de 143 millions de générations. Ils l’ont observé sur une plante sauvage, l’Arabidopsis thaliana, appelée aussi communément le „cresson écossais“, mais ils estiment que le rythme est le même chez l’animal et l’homme. Cela veut dire qu’en 143 millions de génération tout le génome et le phénotype se sont complètement transformés par rapport à l’être vivant initial. On est en présence d’un autre être vivant, d’une autre espèce. Sur les six milliards d’êtres humains qui peuplent la Terre, il y a donc une composante du génome qui mute à chaque instant dans l’humanité.

 

A la mi-octobre a été mis en vente en Grande-Bretagne un „superbrocoli“ enrichi d’une composante réputée pour combattre les maladies cardio-vasculaires et certains cancers. Le centre John Innes et l’Institut pour la recherche en alimentation de Norwich ont obtenu ce brocoli boosté par croisement classique et non pas par apports génétiques.

 

Selon des chercheurs canadiens, la beauté d’une femme est moins dans son regard que dans la distance idéale entre ses yeux et sa bouche d’une part et entre les yeux et les oreilles de l’autre. Ils avaient invité des étudiants à comparer des photos couleur d’une femme dont l’espacement entre les yeux et la bouche avaient été légèrement modifiés grâce à un logiciel de retouche. Invités à faire défiler les différentes photographies de ce visage et à choisir la plus séduisante, les étudiants sont tombés d’accord sur la distance idéale. Mais qu’est-ce qui fait qu’un homme est attirant ? Tout simplement un doigt de sa main. Plus l’annulaire d’un homme est long par rapport à son index, plus il a de chances de plaire aux femmes. C’est le résultat d’une étude publiée par l’Académie des Sciences britannique.

 

 

 

  En bref

 

 La France est un pays conservateur. Il y a belle lurette qu’en Allemagne on ne dit plus « Fräulein », mais « Frau » aux jeunes femmes non mariées. En revanche, à la question « Faut-il interdire le terme « mademoiselle » dans les documents administratifs, 25, 42 % des Français seulement ont répondu « oui » et 74,58 % « non » sur 17 151 votants. 

 

Sage décision : les organisateurs de la "love parade" en Allemagne avaient annoncé le 25 juillet dernier que cette fête de la techno et de l'homosexualité n'aurait plus lieu à l'avenir. Créée à Berlin en 1989, quelques mois avant la chute du Mur, elle s'était déroulée dix-huit années de suite dans les avenues centrales de la capitale allemande d'où elle avait été expulsée notamment en raison des dégradations qu'elle infligeait à l'environnement. Dommage que la raison de son interdiction après sa migration dans la Ruhr, ait été une panique ait causé 19 morts et 340 blessés, dont certains graves, le 24 juillet à Duisburg. Eu égard aux victimes, cette décision s'imposait.

 

→ L’Union Européenne s’est fixée le but d’atteindre d’ici 2020 une part de 10% d’énergies renouvelables. Cet objectif peut être atteint soit en utilisant des voitures électriques soit en mélangeant du carburant bio à l’essence. Le « Financial Times Deutschland » a fait état le 11 avril dernier d’une étude interne de la Commission européenne qui prévient des dommages que peut provoquer la culture du biocarburant. Tout d’abord la création de champs cultivables pour ce type de carburant peut provoquer l’abattage de forêts, étant donné qu’on aura toujours besoin, parallèlement, de terres pour la culture de produits alimentaires. Si le biocarburant couvrait 5,6% des besoins en carburant, sa culture apporterait plus d’inconvénients que d’avantages. Cette étude est gardée sous clé par le commissaire européen à l’Energie Günther Oettinger.

 

Les Länder de Berlin, de Hambourg et de Brême veulent ancrer l’égalité des droits pour les homosexuels, les lesbiennes et les transsexuels dans la constitution allemande. Le bourgmestre social-démocrate de Berlin Klaus Wowereit qui est lui-même homosexuel, va présenter une demande de réforme constitutionnelle en ce sens. La non-discrimination de ces groupes devrait être ancrée dans l’article 3, alinéa 3-1 de la Loi fondamentale allemande. Cette demande a toutes les chances d’être agréée, étant donné que les homosexuels furent persécutés sous le IIIème Reich.

 

→ Il faudra bien que l'Allemagne se décide elle aussi à un débat sur l'identité allemande comme la France sur l'identité française, car les musulmans d'Outre-rhin sont de plus en plus réticents à vivre "en Allemands". Le tchador apparaît de plus plus fréquemment dans les quartiers turcs des villes allemandes et sur la tête des écolières turques. Des représentants de la communauté turque d'Allemagne souhaitent l'adoption de jours fériés islamiques pour tous les écoliers allemands, quelle que soit leur religion. Ironie de leur argumentation : cette initiative favoriserait, selon eux, l'intégration des musulmans d'Outre-rhin. Plus "tolérant", le président de la communauté turque, Kenan Kolat, estime qu'un jour suffirait peut-être, par exemple le jour qui marque la fin de la fête musulmane de l'Aïd-el-Fitr, fin du Ramadan. "Ce serait un signe de tolérance", confie-t-il à la "Berliner Zeitung". Il faut bien un début à tout... Les fers de lance de la "turquisation" de la société allemande est le Conseil Interculturel de Darmstadt qui finance le projet "Vivre-ensemble avec les musulmans". Il milite notamment contre l'interdiction du port du voile pour les enseignantes.

 

 

 

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