● Politique
→ Le président du Modem, François Bayrou, s'est prononcé pour le droit des salariés de prendre leur retraite à 65 ans et non pas à 67 ans comme en Allemagne. Tout en paraissant restrictive, cette suggestion est une critique indirecte de la proposition gouvernementale de reporter l'âge de la retraite en France de 60 à 62 ans. Beaucoup se demandent en effet pourquoi la réforme française de la retraite a été si timide. Le gouvernement aurait dû abroger la décision du gouvernement Mitterrand-Mauroy de 1982 abaissant l'âge légal de la retraite de 65 à 60 ans. Ce seuil (65 ans) plus conforme à l'espérance de vie actuelle n'aurait pas provoqué davantage de manifestations des syndicats et de la gauche que la réforme actuelle qui fixe curieusement à 62 ans l'âge légal de la retraite et, en plus, à partir de 2018 seulement. La limite des 65 ans aurait été adoptée sans autres problèmes. De même, beaucoup de militants de l'UMP se demandent pourquoi le gouvernement n'avait pas abrogé dès l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, en 2007, le décret Jospin-Aubry limitant à 35 heures les horaires de travail hebdomadaires. En se contentant d'ébrécher cette règle par des heures supplémentaires non taxées, le gouvernement a perdu en crédibilité. Dommage, ce sont des chances uniques de normaliser la France et de la rendre plus compétitive qui ont été manquées.
→ Retraites. Le 7 juillet, la Commission européenne a ouvert un débat public sur la façon de garantir des retraites adéquates, viables et sûres et sur la manière dont l'Union européenne peut soutenir au mieux les efforts nationaux accomplis en ce sens. Dans tous les États membres, le vieillissement de la population pèse considérablement sur les régimes de retraite existants, et la crise financière et économique n'a fait qu'augmenter cette pression. Le livre vert pose une série de questions invitant les parties intéressées à donner leurs avis et idées sur la manière de relever le défi des retraites - l'un des plus grands auxquels font actuellement face l'Europe et la majeure partie du monde - et sur la façon dont l'Union européenne peut contribuer à la mise en œuvre de solutions.
→ 58% des Français acceptent la retraite à 62 ans
63% d’entre eux ne croient pas que la gauche, si elle revenait au pouvoir, ramènerait l’âge légal à 60 ans
L’exécutif est jugé responsable vis-à-vis des générations à venir.
58% des Français
jugent « acceptable » le recul de deux ans de l’âge légal de départ à la
retraite. Tel est le résultat d’un sondage IFOP publié par Le Figaro
dans son daté du mercredi 23 juin 2010.
Dans cette étude réalisée auprès d’un échantillon de 1002 personnes, 82%
des sympathisants de droite trouvent acceptable la retraite à 62 ans
contre 42% pour les sympathisants de gauche.
Autre enseignement de ce sondage, pour 79% des personnes interrogées, le
financement des retraites est « un problème grave qu’il faut régler
d’urgence », 18% considérant que c’est un sujet de préoccupation « mais
qui nécessite pas forcément qu’on s’en occupe tout de suite » et 3%
estimant que « ce n’est pas un problème préoccupant ».
Troisième enseignement les Français en grande majorité « ne croient pas
les promesses de Martine Aubry ». En effet 63% d’entre eux pensent que
si le Parti socialiste gagnait l’élection présidentielle de 2012 il ne
ramènerait pas à 60 ans l’âge légal de départ à la retraite.
« Les Français reconnaissent au gouvernement le mérite de prendre le
taureau par les cornes, même s’ils trouvent que la potion est amère »,
analysé Jérôme Fouquet de l’IFOP. Des Français qui, à 58%, reconnaissent
que l’exécutif est responsable vis-à-vis des générations à venir.
Rappelons que le projet de réforme des retraites, présenté le 13 juillet
au conseil des ministres, sera débattu ce mois de septembre au Parlement. Entre
ces deux dates, des évolutions auront été proposées par l’exécutif
notamment sur la pénibilité, les carrières longues...
Nonobstant l'attitude de la population, la gauche et les syndicats annoncent un "automne chaud", en commençant pas les manifestations du 7 septembre. Et comme elles seront peu suivies, même si les syndicats jettent tous leurs militants et adhérents dans la rue, on prévoit à nouveau la manifestation permanente. Pendant ce temps, nos voisins allemands, y compris leur parti social-démocrate SPD ont accepté la retraité à 67 ans et se retroussent les manches pour pousser la croissance économique qui est à nouveau "au top" chez eux.
→
Invité le 20 mai dernier sur France 2, le directeur du FMI et ancien ministre de
l’Economie et des Finances de la gauche (1997-199) Dominique
Strauss-Kahn avait réfuté tout «dogme» sur l'âge de départ à la retraite,
estimant que si l'on «vit 100 ans, on ne va pas continuer à avoir la
retraite à 60 ans». Une position pourtant défendue par le PS. La
première secrétaire du PS et ancienne ministre du Travail, Martine
Aubry, avait proposé le 18 janvier 2010 au «Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI»
une retraite « à la carte ». «Je pense, a-t-elle dit, qu'on doit aller,
qu'on va aller très certainement vers 61 ou 62 ans ». Or, les syndicats
refusent de toucher à ce paramètre qu’ils considèrent comme « un acquis
social ». Et elle a dû faire, comme le PS, marche arrière. Mais
finalement, Martine Aubry n’a pas osé enfreindre un tabou socialiste
datant de plus de 27 ans, lorsque l’âge de la retraite avait été abaissé
de 65 à 60 ans - une des mesures symboliques du début de la présidence
Mitterrand.
Pour lors, Dominique Strauss-Kahn a pris publiquement ses
distances avec le Parti socialiste et cela, après que le PS ait présenté
son projet qui défend fermement l'âge légal de départ à la retraite à 60
ans. «Il faut qu'on travaille plus longtemps», a tranché le directeur du
FMI et candidat potentiel à la présidence de la République. «Je ne pense
pas qu'il faille y avoir de dogme. Le monde change très vite et on vit
dans la mondialisation, qui a des avantages et des inconvénients, mais
c'est la réalité, il faut tenir compte de cela». Il estime toutefois que
l'espérance de vie et la pénibilité du travail doivent être prises en
compte. Strauss-Kahn qui est considéré par les électeurs de gauche
comme le meilleur candidat de leur camp à la présidence de la République
en 2012 (65% contre 30% à Martine Aubry, 19% à Ségolène Royal et 9% à
François Hollande) avait reçu récemment le soutien de Michel Rocard qui
disait que « lui-même, Delors et les ministres compétents en économie
avaient été catastrophés quand cette décision de ramener à 60 ans l’âge
de la retraite avait été prise sous Pierre Mauroy en Conseil des
ministres, car il était évident qu’étant donné l’évolution de la
démographie française, ce ne serait pas jouable ».
Cette mesure et la décision prise vingt ans après par
Martine Aubry de fixer à 35 heures la semaine de travail ont porté un
coup fatal à l’économie française et avantagé l’économie allemande qui
n’est pas soumise à telles restrictions.
L’an dernier, l’espérance de vie des Français a encore augmenté de deux mois et l’on meurt de plus en plus tard en moyenne en Europe occidentale. Les âges officiels de la fin de vie active datent maintenant de Mathusalem. La France a mis en place un droit au travail des seniors mais cela ne suffit pas. D’autant qu’il s’avère que leur expérience professionnelle fait défaut à présent à l’économie. S'ajoute que le rapport du Comité d’Orientation des Retraites (COR) a fait savoir que le trou pour la Caisse nationale d’assurance – vieillesse aura été en 2009 de 8 milliards d’euros et, pour les régimes complémentaires de 1,4 milliards. En 2013, le déficit cumulé du régime de base pourrait dépasser les 50 milliard d’euros. Et pourtant, les syndicats se préparent à adopter pour des raisons clientélistes une position dure sur la négociation des retraites.
→ « L’ actuelle majorité chrétienne-démocrate (CDU) et libérale (FDP) sera-t-elle le premier gouvernement allemand qui ne pourra pas profiter d’une forte relance économique ? Gerhard Schröder avait un instinct politique. Il donnait à penser que la relance économique était toujours le résultat d’une direction politique forte. Et Merkel et Westerwelle ? Ils donnent l’impression que la relance est là mais pas parce qu’ils gouvernent. C’est une évolution dangereuse : si les citoyens ont l’impression que la coalition actuelle ne peut plus rien faire pour leur pays, ses jours sont comptés », écrit la « Hannoversche Allgemeine Zeitung ».
→ Bizarres Anglais : Alors que la Belgique a voté l'interdiction du voile islamique intégral et qu'en France une loi allant également dans ce sens est adoptée, le Premier ministre britannique, David Cameron, est opposé à une loi interdisant le port de la burla ou du Nika. Un député conservateur, Philip Hollobon a déposé un projet de loi similaire à celui de la France à la Chambre des communes. Le texte doit être examiné en décembre, mais n'a quasiment aucune chance d'être adopté en raison de l'opposition d'une majorité des députés. "Dire aux gens ce qu'ils peuvent ou ne peuvent pas porter quand ils marchent dans la rue est une manière de procéder qui n'est pas britannique", a déclaré le ministre de l'immigration, Damian Green. On verra dans quelques années où vous en êtes, Messieurs les Anglais, quand une fausse femme voilée se sera fait exploser dans votre espace public.
→ La Chambre haute du Parlement russe a voté le 19 juillet dernier une loi élargissant les pouvoirs des services chargés de la sécurité intérieure, le FSB, issu de l'ex-KGB. Cette loi a été vivement critiquée par les défenseurs des droits de l'homme. Mais on voit là que Vladimir Poutine n'oublie pas ses anciens collègues. Cela, combiné à la renaissance du culte de Staline, n'est pas très encourageant.
→ En Turquie, la Justice a inculpé 196 personnes, dont des militaires en activité ou à la retraite, dans le cadre d'une enquête ouverte il y a plusieurs mois, sur une prétendue tentative de renversement du gouvernement islamiste qui aurait eu lieu en 2003. En réalité, Recep Tayib Erdogan renforce de plus en plus son pouvoir pour éliminer peu à peu l'occidentalisation de la Turquie réalisée par Kemal Atatürk dans les années 1920 et dont l'armée était la garante. Est-ce que l'Europe ne devrait pas rompre les pourparlers d'adhésion à l'UE avec la Turquie? Pourparlers qui n'ont plus de raison d'être... La Turquie s'est émancipée de l'Otan et de ses alliances des dernières décennies, avec Israël notamment. Elle mène sa politique à elle, orientée vers les Etats musulmans, comme l'indique sa réconciliation avec la Syrie et son rapprochement avec l'Iran. Sa candidature à l'Union Européenne est maintenue, mais elle ressemble plutôt à un test pour contraindre Bruxelles à bien se comporter envers Ankara, la moindre critique européenne non seulement de la Turquie elle-même mais aussi de l'Islam provoquant des réactions exagérées sur le Bosphore.
→ UE/Femmes. Deux Etats membres (Finlande et Slovaquie) viennent de confier les rênes de leur gouvernement à une femme : Mari Kiviniemi et Iveta Radicova. Cela porte à trois, avec Angela Merkel, le nombre de femmes chefs de gouvernement en Europe. Trois Etats membres sont présidés par des femmes ( Finlande, Irlande, Lituanie). Au 10 juillet 2010, on comptait dans les 27 Etats membres en moyenne 26,24% de femmes ministres, 24,32% de femmes parlementaires dans les chambres basses ou uniques et 34,92% de femmes au Parlement européen.
→ Coupable mais pas responsable
Devant l'ampleur du désastre écologique provoquée par la marée noire dans le Golf du Mexique, le Président OBAMA a déclaré que l'accident de la plate-forme pétrolière s'apparentait à un 11 septembre écologique (régional) et que la compagnie pétrolière BP devait réparation pour les dommages causés à la population et à l'environnement. On ne peut bien sûr qu'approuver. Qui peut toutefois sérieusement nier que la crise financière et économique (mondiale, elle) engendrée par les "subprimes", ne s'apparente pas elle aussi à un 11 septembre, économique celui-ci, encore que cette comparaison puisse paraître, sur le plan économique, quelque peu déplacée, compte tenu de l'ampleur des dommages causés par les subprimes. La logique voudrait donc que l'on puisse demander réparation au gouvernement US, qui avait imposé aux banques l'octroi de crédits immobiliers à des catégories de population qui n'étaient, de toute évidence, pas en état de les rembourser. Cette demande doit toutefois paraître bien incongrue parce que personne n'a apparemment osé la formuler jusqu'à présent. Elle doit même être si "politiquement incorrecte" que l'ex-Président Bill CLINTON (qui, comme on le sait, a été à l'origine de la politique des "subprimes"), peut être reçu partout en "grand" de la politique mondiale, sans que personne n'y trouve à redire. Force est donc de constater que, contrairement à l'industriel, le politique n'est pas responsable de ses actes. D'ailleurs, n'est-ce pas lui qui a trouvé la formule désormais célèbre "coupable, mais pas responsable" lors du scandale du sang contaminé dans les années 90 en France? Au fait: Bill CLINTON et Laurent FABIUS sont des hommes de gauche. Gilles DUBOIS
→ Nous expliquons dans cette édition du magazine que la prophétie du réchauffement climatique ne résiste pas à l’épreuve de la science (voir rubrique « Nouveaux risques/Neue Risiken »). Disons que des doutes commencent à filtrer à ce sujet (qu’on nous comprenne bien : nous sommes pour le principe de précaution écologique, pour économiser les énergies fossiles, etc. – car il faut sauvegarder la planète – mais nous pensons que l’Europe ou plutôt l’hémisphère Nord est plutôt en train de se refroidir suite à l’oscillation atlantique).
Alors pas étonnant que le film catastrophe de Nicolas Hulot « Le syndrome du Titanic » ait fait un flop : 249 629 entrées. Ce chiffre paraît important, mais il est très loin d’avoir couvert les coûts de fabrication et de tournage. Il paraît que Hulot lui-même n’en serait pas très fier. Une biographie parue récemment – « Sain Nicolas », écrit par Bérengère Bote, Editions du Moment, on appréciera le jeu de mots… d’autant que ce n’est pas d’un autre Nicolas qu’il s’agit – égratigne l’icône de l’écologie militante.
Homme à femmes qui a trouvé enfin la partenaire en Florence Lasserre, l’homme d’Ushuaïa (ni de Neandertal ni de Cro-Magnon donc) vit fort bien de l’écologie, à raison de revenus s’élevant à 100 000 euros par mois. Il rejoint tous ceux qui vivent plus ou moins richement depuis une trentaine d’années du sauvetage de la planète et n’en est pas à un paradoxe près, comme celui de se faire financer par des grands groupes pollueurs tout en tenant un discours écolo sain et propre. Sa femme déclare : « Il rencontre des scientifiques, il brasse des idées. Moi, je les applique au quotidien. Et honnêtement, de ce point de vue-là, ce n’est pas un bon élève. Ce n’est pas lui, par exemple, qui va faire du compost. Il a du mal à trier son verre ».
Alors l’écologie n’est-elle qu’une idéologie qui rapporte bien ? Quand même pas…
→
Les Polonais vont construire deux
centrales nucléaires comportant au total quatre réacteurs. C’est tout à
fait normal, étant donné qu’ils n’ont pas jusqu’ici un seul réacteur et
que leur économie se développe bien. Ils produiraient chacun 3000
mégawatts et coûteraient neuf milliards d’euros l’unité. Leur mise en
route est prévue pour 2020. A moyen terme, ils produiraient 15% du
courant électrique polonais. La vice-ministre de l’Economie, Ewa Kossak,
défend ce projet mordicus, assurant que toutes les précautions
écologiques ont été prises et que la population soutient cette
initiative. Le problème n’est pas en Pologne, mais en Allemagne où le
chef du parti social-démocrate berlinois (SPD) Michael Müller s’est
insurgé contre le projet polonais. Le ministère polonais étudie en effet
pour l’implantation des centrales une dizaine de sites dont l’un n’est
qu’à 85 kilomètres de Berlin. Il a demandé à Angela Merkel d’intervenir
auprès du gouvernement de Varsovie pour empêcher la construction de ces
centrales, tout au moins à une si faible distance de Berlin. Les Verts
font naturellement chorus.
Or, cette agitation n’était pas innocente. Les résultats électoraux de la CDU chrétienne-démocrate de Mme Merkel en Rhénanie-Westphalie (Düsseldorf) le 9 mai 2010 n'ont pas rempli les espérances, mais voyant venir le problème, Merkel envisageait éventuellement de se coaliser avec les Verts dans ce Land. Suite à l'entrée de La Gauche néo-communiste dans le Parlement de Düsseldorf aucun des deux grands partis n'aurait eu la majorité en se coalisant soit avec les Verts, soit avec les libéraux, et une coalition tacite à trois (coalition à feu intermittent) s'est avérée difficile en raison de divergences graves entre Verts et libéraux. Pour le moment, donc, Jürgen Rüttgers, le ministre président CDU de Rhénanie-Westphalie reste au pouvoir dans son Land coalisé avec les libéraux du FDP et toléré par le SPD social-démocrate de Hannelore Kraft qui le soutiendra au coup par coup ou le sanctionnera le cas échéant. Une grande coalition CDU/SPD a été jugée par le SPD trop débilitante, comme l'ont démontré les législatives du 27 septembre 2009. Ainsi en tout cas, Mme Merkel conserve momentanément sa majorité dans la deuxième chambre, le Bundesrat et peut continuer à légiférer à sa convenance, ce qui n'est pas sans importance pour faire passer les mesures anti-crise de l'actuelle coalition gouvernementale CDU-CSU/FDP.
N'oublions pas que les coalitions de
Rhénanie-Westphalie ont toujours créé un précédent pour la formation
suivante du gouvernement fédéral. On prêtait à Mme Merkel le projet de
se coaliser
avec les Verts à Berlin où des régionales-municipales auront lieu l’an
prochain. Une coalition CDU/Verts fonctionne déjà cahin-caha dans la
ville-Land de Brême. Mais cette perspective a maintenant rétrogradé.
Toujours est-il que l'essentiel pour la chancelière est de conserver sa majorité
au Bundesrat, afin de pouvoir légiférer. On la
sent prête pour cela à pactiser avec le diable. D’où ces appels du pied
vers la gauche ces derniers temps qui lui ont perdre des voix à droite. Tout le monde sait que la physicienne
Angela Merkel est favorable à l’énergie nucléaire, mais elle n’a pas
contredit son ministre de l’Environnement Norbert Röttgens (CDU) quand
celui-ci a déclaré en janvier dernier qu’on ne construirait plus de
centrales nucléaires étant donné que la population y est en majorité
hostile.
→
La commission des affaires intérieures du parlement de Belgique s’est
prononcée pour une interdiction totale de la Burqa dans l’espace public.
Les députés ont voté un renforcement de la loi interdisant tout vêtement
empêchant l’identification de la personne qui le porte. Cela suppose
aussi que le port d’un masque ou d’une cagoule est interdit. En
Belgique, plusieurs communes ont déjà interdit les vêtements islamistes
couvrant la totalité du corps. En France, la loi
préparée par une commission parlementaire qui visait à interdire le port
de la burqa sur l’ensemble de l’espace public avait été contestée par le
Conseil d’Etat qui souhaitait que l’interdiction de la cagoule islamique
soit limitée aux établissements publics. Ce qui l’aurait autoriserait dans la
rue et tous les espaces non clos et les édifices privés. Mais ce n'était
qu'un avis et le 20 avril dernier, Nicolas Sarkozy et François Fillon
ont décidé de passer outre et de faire voter la loi préparée par
François Copé, chef du groupe UMP à l'Assemblée nationale. La burqa sera
interdite en France, comme en Belgique, dans tout l'espace public. Il
faut simplement trouver une formulation qui puisse la faire accepter par
le Conseil
constitutionnel.
→
Angela Merkel va prendre plus de plaisir à
voler. Les Disponibilités aériennes de la Luftwaffe, la Flugbereitschaft,
comme se nomme le GLAM d’Allemagne, a acheté un Airbus A319 flambant
neuf aux usines Airbus de Hambourg. C’est le premier d’une série de huit
appareils aménagés spécialement pour les besoins du gouvernement. Les
appareils à moyen rayon d’action du type Challenger CL-601 et les deux
Airbus A310 pour les longs voyages actuellement en service seront
remplacés d’ici 2011 par deux A309 tout neufs. Ils étaient depuis 25 ans
en service et avaient été récupérés en partie sur la flotte aérienne du
gouvernement de la RDA lors de la réunification allemande. Récemment une
panne avait empêché un voyage de la chancelière. Il y avait eu de la
fumée dans le cockpit, des retards, des réservoirs obstrués, etc.
S’ajouteront quatre appareils du modèle Bombardier Global 5000 et deux
Airbus A340-300 d’occasion. Le coût de l’opération est estimé à 985
millions d’euros. Le premier A319 qui entrera sous peu en service, est
divisé en une cabine pour VIP de douze places et une cabine pour les
délégations de 22 ou 32 places. Le bureau de la « personnalité du rang
le plus élevé » sera très agréable, assure la Luftwaffe. Il est
compartimenté derrière une porte coulissante, comporte un grand sofa,
deux fauteuils confortables dans lesquels on peut aussi dormir. Il y a
aussi une salle de bain privée luxueuse, avec lavabo argenté, une douche
séparée et un WC. Des tapis et des murs insonorisés étouffent le bruit
des réacteurs. Tout doit être très feutré. L'appareil transporte aussi
une infirmerie et l'on a aménagé des facilités d'accès pour handicapés. On a ajouté quatre réservoirs
supplémentaires pour que l’appareil puisse aller de Berlin à Washington
ou à Pékin non-stop.
→
En Allemagne, le nombre de délits
politiques commis par des groupuscules ou des individus d’extrême-gauche
a augmenté de 39,4% l’an dernier, totalisant 9 375 délits. Le ministre
de l'Intérieur Thomas de Maizière va prendre des mesures spéciales pour
endiguer ces agressions, attaques de policiers, incendies de véhicules,
incendies aussi de logements (c'est nouveau). L'Allemagne commence elle
aussi à avoir des zones de non-droit. Notamment à Berlin. En face, la
criminalité motivée par des idéologies d’extrême-droite a reculé de 4,7%
à 19.468 délits. Les délits d’extrême-droite restent donc plus nombreux,
mais on compte parmi eux les peintures de croix-gammées ou le port
d’emblèmes nazis, interdits par la loi. Seulement, l’extrême-droite a eu
un mort à son actif l’an dernier. Les délits d’extrême gauche sont pour
moitié des violences perpétrées contre des policiers et pour l’autre
moitié contre des membres de l’extrême-droite.
→ Le 80ème anniversaire du chancelier de la réunification Helmut Kohl a été célébré en avril dernier avec un discret mais très amical et chaleureux éclat à Berlin. Helmut Kohl qui est gravement handicapé mais qui doit à sa robuste constitution et à sa seconde épouse, Maike Richter, d'être encore en vie et d'avoir recouvré une partie de ses facultés, fait peu à peu l'objet de vénération parmi ses compatriotes. Il a été complètement réhabilité tout d'abord par la justice puis aux yeux de l'opinion publique des accusations inouïes et des diffamations qui avaient tenté de noircir sa réputation en 1999-2000 sans que le chancelier Schröder, son successeur, ait rien fait pour empêcher ce drame, bien au contraire. "Savez-vous, disait Kohl récemment à un journal, quand vous avez couru toute une vie pour un parti et pour un pays et que vous constatez alors que des gens qui auparavant ne pouvaient pas être assez proches de vous, se détournent tout à coup, voire prennent position contre vous parce que vous avez commis une faute, alors là, dois-je dire, j'ai été parfois en colère, en fait pas tellement contre le destin - ce fut aussi le cas - mais contre les gens". Toujours est-il que les honneurs dont il est entouré ne cherchent pas seulement à réparer les outrages injustifiés que lui ont infligés la gauche et les médias après son départ de la chancellerie en 1998, mais aussi l'incroyable négligence dont il a été victime lors des célébrations internationales du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin le 9 novembre de l'année dernière où seul le Polonais Jerzy Buzek lui a rendu hommage (voir notre rubrique "Berlin-20 ans d'unité")
Des membres de son parti souhaitaient lui voir récupérer la présidence d'honneur de la CDU, mais Mme Merkel a répondu dans une interview par un "non" très sec à cette proposition. En politique étrangère et européenne, elle est restée strictement dans la ligne tracée par Kohl, mais ses relations avec celui qui fut son mentor sont plutôt froides encore qu'il n'y ait en politique jamais d'inimités définitives. La dernière nouvelle est que Kohl, de son propre chef et sans donner de raisons, a refusé le 15 juin dernier le Grand Prix Franco-Allemand des Médias 2010 que voulaient lui décerner le 22 juin à Berlin dans les locaux de la ZDF, deuxième chaîne de télévision allemande, les douze organisateurs du Prix Franco-Allemand du Journalisme – qui sont la Radio Télévision Sarroise, ARTE, le Département de la Moselle, Deutschlandradio, France Télévisions, le groupe d’édition Georg von Holtzbrinck, l’Office franco-allemand pour la Jeunesse, Radio France, Radio France Internationale, Le Républicain Lorrain, la Robert Bosch Stiftung ainsi que la deuxième chaîne de télévision allemande, ZDF. Kohl n'a pas voulu de ce Prix décerné à des personnes ou à des organisations actives ou présentes dans les médias et qui par leur travail se sont engagées pour les relations franco-allemandes.
Nous pensons, dans notre magazine, que Nicolas Sarkozy devrait un jour aller remercier Helmut Kohl de tout ce qu'il a fait pour les relations franco-allemandes et pour l'Europe. Il devrait en parler au préalable avec Angela Merkel qui ne pourrait lui refuser cette initiative. Rien ne s'opposerait à ce qu'il rende ensuite une petite visite à Helmut Schmidt qui avait créé avec Valéry Giscard d'Estaing le Serpent Monétaire Européen (SME), ancêtre de l'euro. Par ailleurs, une poignée de mains avec le dernier des conjurés antihitlériens du 20 juillet 1944 encore en vie, Heinrich von Kleist-Schmenzin, qui vit à Munich, s'imposerait. Il est le dernier survivant, âgé de 93 ans. Fondateur des Conférences annuelles de la Sécurité de Munich, Von Kleist qui porte un nom célèbre dans la littérature allemande, était présent le 20 juillet 1944 dans le Bendlerblock de Berlin, sous les ordres de Stauffenberg. Il a dû à un concours de circonstances (et peut-être aussi à l'admiration que vouaient les SS à son grand ancêtre écrivain) d'avoir la vie sauve. Von Kleist a été décoré de la Légion d'honneur. Ces trois retraités, Kohl, Schmidt et Von Kleist sont déjà, de leur vivant, des personnages historiques.
Dans la liste des « couples franco-allemands », depuis De Gaulle et Adenauer jusqu’à Sarkozy et Merkel, Giscard et Schmidt, puis Mitterrand et Kohl occupent une place éminente. L’engagement systématique et imperturbable d’Helmut Kohl pour la réconciliation franco-allemande naquit bien avant son mandat de Premier Ministre de Région puis de chancelier d'Allemagne, alors sous la pression des réalités politiques. C’est son enfance qui en est l’origine, une époque à laquelle le voisin français était encore perçu comme ennemi juré par la plupart des Allemands. La frontière entre la France et l’Allemagne bien visible dans le paysage et dans la tête des gens fut traumatisante pour le jeune Helmut. Il l'a effacée et a contribué de façon déterminante à diriger le regard des deux peuples sur ce qui les unit.
Sa poignée de main avec François Mitterrand à Verdun est devenue le symbole d’une étape des relations franco-allemandes qui ont non seulement vu naître des résultats à long terme comme par exemple la chaîne culturelle européenne ARTE ou encore l’Eurocorps, pour ne pas parler, plus tard, de l'euro, mais qui avaient également un caractère exemplaire pour l’entente européenne. L’attachement personnel d’Helmut Kohl à la France fut toujours déterminant pour son action politique.
Ces trois gestes envers trois grands Allemands amis de la France contribueraient à rendre de l'éclat aux relations franco-allemandes et honoreraient le président de la République qui apprécie de rendre hommage à l'histoire. Nicolas Sarkozy avait omis en décembre 2008 de donner une poignée de mains à Otto de Habsbourg-Lorraine (98 ans bientôt) présent dans un salon de l'Elysée. Sans doute ne lui avait-on pas signalé la présence de cet admirable vieux monsieur qui a tant fait pour l'amitié franco-allemande et pour l'Europe.
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Les libéraux du FDP qui sont en
berne ce printemps (selon un sondage ils n’étaient plus
qu’à 3% de popularité après leur recul substantiel au scrutin de
Rhénanie-Westphalie dix jours plus tôt) ont accepté de renoncer «
momentanément » (jusqu'en 2013) année électorale) à leur programme d’allègements fiscaux. Dette oblige…
Mais leur ministre de l’Economie, Rainer Brüderle, a précisé le 22 mai
au journal populaire de Berlin, la « BZ », qu’il n’y aura pas avec lui
d’augmentations d’impôts. Et le ministre président CSU de Bavière, Horst
Seehofer, a fait chorus avec lui. Il s’est opposé ainsi aux ministres présidents
chrétiens-démocrates de Basse-Saxe, de Sarre et de Saxe qui réclamaient un
relèvement des impôts et taxations. « On ne peut éviter d’économiser,
mais il faut économiser intelligemment, a déclaré Brüderle. Car 25% des
capacités de production allemandes sont encore inemployées (faute de
commandes, ndlr). (…) La croissance allemande est encore trop étroite
entre 0,76% et 1%. Autrefois nous avions 3% de croissance. Il faut que
nous arrivions à dépasser à nouveau 3% ». Brüderle veut réduire les
dépenses administratives de l’ANPE allemande, l’Agence pour le travail,
réduire les subventions du travail à temps partiel. Ce paquet
d'économies a été adopté par le gouvernement en juin. La réduction ou la
suppression du salaire parental s'y et ajoutée. On apprend par ailleurs
que l’Allemagne imitera la France et réduira d’un tiers (en
France de moitié), le nombre de ses fonctionnaires. Reste qu'avec la
croissance revenue qui fait à nouveau affluer la manne fiscale dans les
caisses du fisc, Les libéraux, l'industrie et d'autres reviennent à la
charge et demandent que les baisses d'impôts soient déjà mises en oeuvre.
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Devant la recrudescence des violences
d’extrême-gauche, la jeune ministre de la Jeunesse, Kristina Köhler, a
décidé de réorienter les subventions de son ministère. Jusqu’ici, on
allouait 24 millions d’euros à des programmes de lutte contre les
idéologies d’extrême-droite, aux titres de « La jeunesse pour la
tolérance et la démocratie – contre l’extrémisme de droite, la
xénophobie et l’antisémitisme » et « La diversité fait du bien ». Mais
Mme Köhler a déclaré au « Financial Times Deutschland » que «
l’extrémisme a toutes les couleurs » et qu’on « n’a pas suffisamment
prêté attention à l’extrémisme de gauche ». Les statistiques de la
criminalité ont relevé en 2009 1113 actes de violence relevant de
l’extrême droite, mais aussi 1188 violences commises par l’extrême
gauche. Lors de sa nomination en octobre dernier, Kristina Köhler avait
souligné qu’il « n’avait pas été possible d’obtenir dans la coalition
chrétienne-démocrate et social-démocrate (qui a gouverné de 2005 à 2009,
ndlr) un consensus antitotalitaire. On n’était d’accord que pour
combattre l’extrémisme de droite. La gravité de l’extrémisme de gauche
et de l’islamisme avaient été systématiquement minimisée, refoulée et
tabouisée par les sociaux-démocrates du SPD ». Dans un premier temps, sa
décision de mieux répartir les 24 millions d’euros a subi un feu roulant
de critiques de la part du SPD et des syndicats.
→ Le comte Karl-Theodor von und zu Guttenberg, ancien dirigeant du parti chrétien-social bavarois CSU, avait remporté sa circonscription électorale avec 68,1 % des suffrages directs, sur sa personne aux législatives de septembre 2009. Le record dans toute l’Allemagne. D’aucuns voient en lui un futur chancelier après l'ère Merkel. Certes, il a hérité d'un ministère très épineux, la Défense, et a failli tomber d'emblée sur l'Afghanistan, mais le sacrifice de son prédécesseur à ce poste l'a sauvé (voir la rubrique Allemagne-France). Il est le petit neveu d'un célèbre résistant anti-nazi, Karl-Ludwig von und zu Guttenberg, journaliste libéral-monarchiste dans les années 30 et adversaire résolu d'Hitler. L'amiral Canaris l'avait enrôlé dans son "Abwehr" pour le protéger, mais il fut arrêté par la Gestapo et exécuté après d'indicibles tortures. Merkel est de l'Est, Guttenberg de l'Ouest, elle est protestante, il est catholique, elle est d'extraction modeste, c'est un fils de la plus haute aristocratie, marié de surcroit à une von Bismarck. Merkel et Guttenberg forment un couple politique imbattable. Mais on prête à Mme Merkel l'intention de refaire candidature à sa propre succession en 2013 (ou 2014 car il a été question d'allonger la législature allemande de quatre à cinq ans). Seulement, dans la situation actuelle, la chancelière ne serait pas réélue et la gauche l'emporterait. Comme son prestige personnel l'an dernier n'avait pu relever la cote de son parti, la CDU, elle confierait sous peu la présidence du parti à son amie Ursula von der Leyen, ministre du Travail, pour se consacrer davantage à la grande politique, notamment au sauvetage de l'Europe et de l'euro.
→ Guido Westerwelle (47 ans), le nouveau ministre des Affaires étrangères, est homosexuel et se montre depuis 2004 aux côtés de son compagnon Michael Mronz (42 ans). Cette année-là, il l’avait emmené avec lui à la réception du 50ème anniversaire d’Angela Merkel. Ce qu’on appelle en Allemagne un « outing ». Cela ne plut pas du tout à Mme Merkel. Non pas tant que cette relation légèrement marginale l’ait embarrassée, encore que dans la CDU/CSU, tout le monde n’apprécie pas l’homosexualité, notamment parce qu'elle est expressément interdite par la Bible, mais parce que les médias n’avaient eu d’yeux que pour le couple Westerwelle-Mronz et avaient oublié la chancelière. A l’annonce de sa victoire, le 27 septembre 2009, Westerwelle avait pris Mronz un instant dans ses bras : geste de reconnaissance après onze années de luttes au cours desquelles celui-ci l’a soutenu et secondé. Le quotidien populaire « Bild » qui n’en rate pas une, s’était permis à cette occasion une innovation stylistique : « Sein Mann macht ihn stark », ce qui peut se traduire « Son homme le rend fort », sauf qu’en allemand l’expression usitée est « Ihr Mann », comme en anglais " her" et non pas " his" , car normalement ce sont les femmes qui rendent les hommes forts ou les hommes qui soutiennent leurs femmes. Et ce avec plusieurs photos du couple. On apprend que Mronz est fils d’architecte, qu’il roule en Mercedes, qu’il organise des compétitions sportives, comme le tournoi d’équitation CHIO d’Aix-la-Chapelle et qu’il a étudié l’économie des entreprises. Ses amis l’appellent Micky.
→ Dans les rangs du SPD battu par K.O., Frank-Walter Steinmeier qui a bu jusqu’à la lie le calice d’une campagne électorale plus ou moins vouée à l’échec, a passé son sceptre à Sigmar Gabriel, l’ancien ministre SPD de l’Environnement dans le gouvernement Merkel. Tous deux sont d’anciens protégés de Gerhard Schröder et ont travaillé aux côtés de l’ancien chancelier en Basse-Saxe. Steinmeier avait suivi Schröder à Berlin et avait dirigé sa chancellerie. Gabriel qui a le soutien de l’aile gauche du parti, les Klaus Wowereit, bourgmestre de Berlin, Andrea Nahles, la gauchiste du parti, Franziska Drohsel, la présidente des Jeunes socialistes (Jusos), va donc former une sorte de Front populaire avec La Gauche néo-communiste. Steinmeier a pris la tête de l’opposition de gauche au Bundestag, donc chef du groupe SPD. Sans doute ses anciennes relations avec Gabriel lui ont-elles valu cette indulgence. Son camarade Franz Müntefering a terminé lui pratiquement sa carrière politique et l'on n'a plus beaucoup entendu parler de Schröder alors que le bruit avait couru qu'il s'engagerait à fond dans la campagne électorale. Sans doute savait-il que le jeu n'en valait pas la chandelle. Steinmeier a maintenant des problèmes personnels et s'est mis en retrait de la politique. Il a donné récemment un de ses reins par greffe à son épouse gravement malade, pour lui éviter la dyalise.
→ Des semaines durant, à l'automne dernier, le nom de Thilo Sarrazin, 64 ans, ex-sénateur au Finances de Berlin et membre du conseil de la Bundesbank depuis le mois de mai, avait défrayé la chronique. Cet homme politique social-démocrate n'avait pas ménagé les bénéficiaires de l’assurance chômage Hartz IV ( «Ils aiment bien le confort"), les étudiants ( «Des trous du cul») et les fonctionnaires ( «Blêmes et puants»). Et voici qu’il s’en prend maintenant aux Turcs et aux Arabes de Berlin au risque de finir prématurément sa carrière ! «Je ne dois tirer mon chapeau à aucun de ces gens qui vivent aux frais de l’Etat, mais refusent de lui prêter allégeance, qui n’éduquent pas correctement leurs enfants et produisent constamment des fillettes qu’on affuble d’un voile islamique ». Immédiatement, le chef de la Bundesbank, Axel Weber, un camarade de parti de Sarrazin a répliqué, disant qu’il craint que l’ancien sénateur ne ternisse la bonne réputation de sa banque et qu’il faut réparer au plus vite le dommage qu’il a causé. Le comble : le parquet de Berlin envisageait même des poursuites contre Sarrazin pour « démagogie ». Bref, on ne peut plus dire en Allemagne ce que tout le monde pense. Sous peine d’être déféré en justice. Mais Sarrazin ne lâche pas le morceau. Il vient de publier un livre autour de ses thèses. Nous en parlerons dans le prochain n° d'"Eurbag" en novembre.
Mais le pugnace ex-sénateur n’était pas totalement dans le faux. Selon une étude menée par le Commissaire à l'intégration du gouvernement fédéral, on compte parmi les immigrés – qui viennent en Allemagne essentiellement de Turquie et de pays arabes - deux fois plus de chômeurs et de délinquants que dans la moyenne nationale. Les bénéficiaires de subsides étatiques sont également deux fois plus souvent représentés parmi les migrants et leurs enfants que dans la population autochtone. Le politologue Prof Arnulf Baring est d'accord avec Sarrazin : «Sur le fond, personne ne peut le réfuter: l'Allemagne a un énorme problème avec ses immigrés de Turquie et du monde arabe! Mais dans un pays comme le nôtre, celui qui s’écarte du politiquement correct est tout de suite cloué au pilori ! ». L’écrivain Ralph Giordano souligne que « Sarrazin a raison d’insister sur la situation épouvantable qui règne dans les sociétés parallèles. Les illusionnistes qui célébraient la société multiculturelle, les bons apôtres professionnels, les bisouilleurs de service et les romantiques sociaux, ces prédicateurs de la paix universelle nous ont gâté la sauce. Il ne faut pas leur céder ni se laisser museler par eux ». Thilo Sarrazin a ouvert la boîte de Pandore. Il était temps que le vrai débat commence. Mais il a payé son incartade par une mise à la retraite anticipée du directoire de la Bundesbank.
→ A partir du 1er juillet 2010 le service militaire et le service civil seront ramenés en Allemagne de douze à six mois. Les participants au service civil pourront toutefois prolonger de trois à six mois leur semestre. Le gouvernement allemand a pris cette décision le 19 mai dernier. En novembre 2009, on avait recensé 250 000 soldats dans la Bundeswehr, dont 60 000 appelés. Cette décision est un pas vers l’armée de métier. Les libéraux du FDP associés au gouvernement Merkel voudraient purement et simplement supprimer le service militaire. Et finalement, le ministre de la Défense, Karl Theodor zu Guttenberg s'est rangé à leur point de vue. La suppression du service militaire permettrait une économie de plus de 200 millions d'euros au gouvernement. Sans doute cette réforme se fera-t-elle. C'en sera fait du "citoyen en uniforme" créé par le général comte de Baudissin dan les années cinquante.
● Economie
→ Notre ami Gilles Dubois, membre de la rédaction d’« Eurbag Magazine » a été nommé conseiller par Hervé Novelli, le Secrétaire d’Etat au commerce et aux PME. Il sera responsable des relations avec l’Allemagne. G. Dubois est avocat à Francfort et à Paris et partenaire de Marccus Partner, le cabinet d’avocats d’affaires du groupe MAZARS.
Dans le cadre de projets de loi en faveur des entreprises de taille moyenne (Entreprises de Taille Intermédiaire, ETI), M° Dubois avait réalisé une expertise sur les facteurs clés du succès et du financement des PME/ETI allemandes. L’accès des entreprises françaises au marché allemand et l’accès des entreprises allemandes au marché français sera au cœur de ses nouvelles missions.
Marccus Partner est le cabinet d’avocats du groupe international d’audite et de conseil MAZARS qui est représenté dans le monde dans 52 pays avec 12.500 salariés.
→ Le commerce mondial redémarre après une chute de 12,2% en volume et de 22,6% en valeur (12 100 milliards de dollars) en 2009. En Amérique du Nord et en Europe, avec - 14,4%, la baisse avait été supérieure à la moyenne mondiale. Les échanges mondiaux devraient progresser de 10% en volume cette année, tout en restant de 20% inférieurs à leur niveau d'avant la crise. On a évité dans la crise un retour du protectionnisme qui aurait empêché cette convalescence. Un objet de contestation future seront les ventes-achats de ressources naturelles qui représentaient 3 700 milliards de dollars en 2008 et sont selon l'OMC une source de tensions croissantes. L'Allemagne a beaucoup plus profité de cette relance que la France (voir notre rubrique Economie).
Mais en Allemagne, le parti social-démocrate SPD émet des réserves sur cette croissance par l'hyper-exportation. IL plaide plutôt pour une relance par la demande intérieure qui représente chez nos voisins un potentiel relativement inexploité. Cette dépendance de l'Allemagne de l'économie mondiale par l'exportation est en effet un facteur de risque. Il s'est accru depuis que ce sont des pays émergents et en particulier la Chine qui sont à son origine. "Les exportations allemandes résultent-elles de la haute qualité des produits ou bien des salaires anormalement bas ?", s'interroge la Fondation Friedrich Ebert, proche du SPD qui a consacré le 16 septembre 2010 un débat à ce problème. Nous y reviendrons dans notre prochaine édition en novembre.
→ Les tests de solidité des grandes banques européennes ont été positifs, sept des instituts de crédit seulement ayant été contraints par l'Europe à se recapitaliser pour un montant global de 3,5 milliards d'euros, ce qui ne devrait pas poser problème. Mais le ratio de stabilité financière minimum retenue par les tests a été de 6% alors que le Comité de Bâle sur le contrôle bancaire recommande un ratio de 8%. De plus, on n'a pas forcé les banques à reconnaître leurs pertes sur les actifs toxiques liés au marché hypothécaire américain. Pourraient-elles encaisse un nouveau choc ?
→ Eurostar, filiale de la SNCF et des Chemins de fer britanniques envisagerait d'acheter des ICE de Siemens réputés plus luxueux que les TGV d'Alstom jusqu'alors utilisés exclusivement par Eurostar. La Deutsche Bahn pourrait ainsi faire rouler ses trains Siemens entre l'Allemagne et Londres à partir des Jeux Olympiques de 2012. Dans leurs trains, les Allemands et les Français ont inscrit les différences de mentalité de leurs deux pays. Les Français se sont attachés au record en faisant des TGV ultrarapides ; les Allemands ont fabriqué des ICE vastes, spacieux et confortables qui arrivent moins vite à bon port que les trains français, mais avec des passagers moins fatigués et avec moins de promiscuité. Maintenant, les Français le payent.
→ Une première en France, des délégués CGT ont été séquestrés à l'usine Général Motors de Strasbourg par une cinquantaine de salariés mécontents que ce syndicat n'ait pas signé l'accord de reprise de l'usine par General Motors Company. Les 1 150 salariés avaient voté en faveur de cet accord à raison de 70% d'entre eux. Il préserve l'emploi pour trois ans, mais exige en contrepartie une diminution de 10% des coûts salariaux pour rendre l'usine de boîtes de vitesse compétitive avec un autre site situé au Mexique. La CFDT tout comme FO et la CFTC avaient signé l'accord, mais GM exige que les quatre syndicats soient signataires. Finalement l'accord avec GM a été conclu.
→ Le germaniste du gouvernement français, Bruno Le Maire, ministre de l'Agriculture, qui participera à un Conseil des ministres allemand en septembre ou octobre, après que Wolfgang Schäuble, ministre allemand des Finances ait participé à un Conseil des ministres à Paris le 21 juillet, a déclaré : "Nous sommes décidés à présenter une position commune (franco-allemande) sur le futur de la politique agricole commune au mois de septembre prochain". Lors de la visite de Wolfgang Schäuble à Paris, Nicolas Sarkozy avait suggéré un rapprochement des fiscalités allemande et française. Schäuble avait alors fait observer que l'Allemagne a supprimé l'ISF. Il faudrait donc que la France supprime l'impôt sur la fortune qui a rapporté l'an dernier 3,29 milliards d'euros à l'Etat et qui ne cesse de mordre sur des catégories nouvelles de contribuables, atteintes par la bulle immobilière. Selon le professeur d'économie émérite Jacques Garello, la seule convergence acceptable serait celle qui irait vers la baisse des impôts et des interventions étatiques. Pour lui, mieux vaudrait la concurrence que l'harmonisation, la première, comme en toute matière, obligeant à s'aligner sur celui qui fait le mieux, alors que l'harmonisation bloque tout progrès, toute innovation et réforme significative.
→ Question de rentabilité, mais... Alors que la demande de charbon continue de croître, la Commission européenne a exigé la fermeture de mines déficitaires aidée par des subventions publiques en Allemagne, Espagne et Roumanie d'ici octobre 2014. Avec 2,5% de la production mondiale en 2008, l'UE achète plus de la moitié du charbon qu'elle utilise pour produire de l'électricité. Ne serait-il pas sage, toutefois, de sauvegarder un minimum d'exploitation houillère en Europe pour le cas où notre continent qui n'a guère de gisements de pétrole, devrait vivre un temps en autarcie ?
→ Selon l'AIEA et l'OCDE, les réserves mondiales d'uranium suffiraient à assurer l'approvisionnement des centrales pendant cent ans encore. Mais, sauf en Allemagne, le nombre de centrales augmente fortement. Peut-on tabler d'ici là sur l'utilisation industrielle de la fusion nucléaire, quand la fission ne sera plus possible, faute de combustible ?
→ L'énergie française à l'assaut du Royaume Uni : alors qu'EDF avait acquis British Energy pour la bagatelle de 14 milliards d'euros, GDF Suez envisage un rapprochement avec le Britannique International Power, un électricien très présent en Europe, au Moyen-Orient et aux Etats-Unis. Pour ne pas débourser d'argent, GDF-Suez apporterait une partie de ses actifs dans l'électricité et prendre en contrepartie le contrôle majoritaire du Britannique. Si l'opération réussit, le groupe français disposerait d'une capacité de production de 100 000 mégawatts dans le monde, soit autant qu'EDF en France. La France est en train de créer un pôle énergétique puissant, axé sur l'énergie nucléaire.
→ Un groupe d'experts du Fonds Monétaire International a salué les "progrès considérables" réalisés par la Grèce pour redresser ses finances publiques. "La mise en œuvre du budget de l'Etat est sur les rails avec un bon contrôle des dépenses", a souligné cette équipe du FMI. Les experts estiment que "l'activité se contracte conformément aux attentes", mais que "la consommation privée a étonnamment bien résisté".
→ L'Espagne a suspendu 70 chantiers de Travaux publics routiers et ferroviaires. soit 20% des chantiers en cours. Or le secteur BTP emploie 13% de la main d'œuvre nationale, soit le double de la moyenne européenne. La banque Nomura anticipe la perte de 100 000 emplois dans le secteur entre 2010 et 201, la chute de 17% de la construction de logements n'étant plus compensée par le BTP.
→ L'agence de notation financière Moody's a abaissé en juillet dernier d'un point la note souveraine de l'Irlande, d' "Aa1" "Aa2" en raison du gonflement de l'endettement et des perspectives de croissance affaiblies. Mais les perspectives d'avenir sont "stables", fait savoir Moody's.
→ FMI. Le Fonds monétaire international a publié le 7 juillet deux rapports portant sur l'économie mondiale : le premier porte sur les perspectives de l'économie mondiale, et le second sur la stabilité financière dans le monde. La croissance mondiale prévue pour 2010 est revue à la hausse. Elle s'élèverait à un taux de 4,6%, notamment grâce à la forte croissance qu'a connue l'Asie au 1er trimestre, et à une reprise de l'emploi dans les économies avancées. Toutefois, certains éléments pessimistes apparaissent. La croissance reste toujours inégale entre les grandes zones des pays émergents et des pays industrialisés. La stabilité financière n'est également pas assurée puisqu'elle doit faire face aux risques souverains qui instaurent une aversion au risque sur les marchés financiers (Fondation Robert Schuman)
→ Surveillance financière. Les députés européens se sont prononcés le 7 juillet pour une surveillance financière accrue, fondée sur des autorités européennes (établies à Francfort) dotées de forts pouvoirs de contrôles, de sanction et de règlement des différends et sur la création de fonds de stabilité afin de prévenir les crises futures et d'éviter que les contribuables n'aient à en faire les frais. Ils ont invité la Commission à présenter avant la fin de l'année une proposition pour un cadre de gestion des crises bancaires visant à préserver la stabilité financière, encourager un comportement responsable et minimiser le coût pour les contribuables et les déposants. Enfin, ils ont adopté des exigences parmi les plus strictes du monde sur les bonus et les départs à la retraite des banquiers, en fixant des plafonds pour les bonus. Les banques bénéficiant d'une aide feront l'objet de mesures spécifiques et les règles sur les fonds propres seront renforcées pour couvrir les risques engendrés par leur activité. (FRS)
→ Allemagne. Le conseil des ministres allemand avait adopté le 7 juillet le projet de budget 2011. Ce projet prévoit 11,2 milliards euro d'économies, dont 5,9 milliards grâce à la réduction des dépenses publiques. La situation budgétaire décrite par le projet s'avère meilleure que prévue. Le nouvel endettement record attendu en 2011 devrait s'élever à 65 milliards euro au lieu de 80. Le 7 juillet, le gouvernement allemand a validé son plan financier pour les années 2010-2014 qui prévoit au total plus de 80 milliards euro de coupes sur 4 ans pour permettre au pays de redresser ses finances publiques. Le critère de 3% du PIB en matière de déficit budgétaire doit de nouveau être respecté en 2013 et les nouveaux emprunts du pays doivent être limités à 0,35% du PIB à partir de 2016.
→ Investissements. Ce même 7 juillet, la Commission européenne avait pris deux initiatives qui constituent une première étape vers une politique européenne globale en matière d'investissements internationaux. Un document stratégique expose comment les nouvelles compétences de l'Union européenne en matière d'investissements directs étrangers peuvent être utilisées pour stimuler la compétitivité et les échanges, favorisant ainsi la croissance et l'emploi. Un projet de règlement fixe des dispositions transitoires proposant des garanties sur les traités d'investissements bilatéraux existants ou en cours de négociation entre l'Union européenne et des pays tiers. En vertu du traité de Lisbonne, la politique d'investissement sera conçue et gérée au niveau européen, donnant à l'Union européenne une marge de négociation renforcée pour fournir à l'ensemble des entreprises européennes une meilleure protection en matière d'investissements.
→ « Les élus n’évoquent jamais le gouffre financier de l’immigration : Elle aurait représenté en 2008, 36 milliards d’euros, soit 70% de notre déficit. Car nous avons bon an mal an dans les 200 000 visiteurs, venus principalement d’Afrique, et autant, dit-on, de clandestins. Entre le 1er janvier 2009 et me 31 juillet de la même année, le gouvernement avait accordé 104 000 titres de « long séjour » (c’est combien d’années un long séjour ?), et il a naturalisé 64 744 étrangers. Tout cela en sept mois ! Faites le bilan en fin d’année. Et il paraît que, lorsque Mme Aubry sera au pouvoir, elle fera encore mieux dans le genre humanitaire ». (Alexis Arette)
→ En Allemagne, un emploi sur cinq dépend de l’automobile. Il a bien été question d’un recul des ventes de ce secteur au début de 2010. Mais alors, comment comprendre que les constructeurs prévoient d’augmenter leur production cette année par rapport à l’an dernier ? C’est, selon une étude de l’institut ifo de Munich parue à la mi-mars. qu’ils doivent répondre à une demande étrangère qui, après un net repli (- 29,6 %) en 2009, augmentera de quelque 20 % en 2010. Les trois quarts des voitures neuves produites en Allemagne seront exportées. La demande intérieure, elle, diminuera de 25 % parce que la prime à la casse a poussé l’an dernier nombre d’acheteurs à anticiper leurs commandes de véhicules neufs. Mais cette contraction du marché allemand touchera surtout les producteurs étrangers de petites cylindrées. L’année 2011 verra un redémarrage de la demande intérieure de 14 %, en faveur essentiellement de la production nationale. Notons que, malgré la crise, la part de la voiture allemande sur le marché international s’est maintenue depuis dix ans à un peu plus de 18 %.
→ Paiement des contenus et des informations sur internet : les Français restent les mauvais élèves de la classe mondiale, estime le Wall Street Journal. Étude exclusive de GfK Custom Research pour le Wall Street Journal : la France arrive en dernière position, sur 17 pays, pour la propension de ses internautes à payer les informations et contenus sur Internet. Sacrés Français ! Ils sont 75 % à utiliser internet tous les jours, et 54 % à estimer qu’Internet a un impact positif pour la société, mais ils sont toujours 89 % à estimer que les contenus et informations doivent être gratuits sur Internet. Un noyau dur représentant 50 % des internautes français refuse même que ce soit la publicité, intégrée dans ces contenus et informations, qui en permettent la gratuité. À l'heure où tous les éditeurs de presse remettent en question leur stratégie Internet, et au moment où le pad d'Apple est attendu comme une opportunité unique pour la presse digitale, GFK réalise pour le Wall Street Journal la 1ère étude sur 17 pays, mesurant les appréciations des internautes sur les contenus accessibles sur Internet, et leur propension à payer pour ces contenus. Consulter l’Étude exclusive GfK Custom Research pour le Wall Street Journal. Contact presse : Alexis Helcmanocki, Directeur du Pôle Telecom, IT & Consumer Electronics, GfK France. Tél. : 06 63 300 400, alexis.helcmanocki@gfk.com
→ Ilse Aigner est ministre de la Protection des consommateurs dans le gouvernement Merkel. Elle appartient au parti chrétien-social bavarois CSU. Et elle a lancé une offensive contre Facebook. Ce serveur Internet envisage en effet de transmettre des données personnelles de ses abonnés à des tiers. Mme Aigner s’est tournée vers Mark Zuckerberg, le directeur de Facebook en Californie : « Les informations privées doivent rester privées ». Facebook a de par le monde 400 millions d’usagers qui se disent « amis » et Zuckerberg donneraient les indications d’ordre général, nom, sexe, profil et adresse du pc, à des pages web et serveurs jugés convenables. L’objectif officiel est de permettre aux amis de Facebook de « faire d’autres expériences dans la société ». Ceux qui ne le souhaitent pas, peuvent s’opposer. Facebook comporte des failles profondes, des milliers de ses utilisateurs ont été piratés. Et de toute manière, il répond à une addiction exhibitionniste peut-être compréhensible dans notre société où l’on n’est jamais seul tout en étant souvent solitaire. Mais d’aucuns estiment que Mme Aigner devrait engager des poursuites contre Marc Zuckerberg. Entre-temps, Mme Aigner s'en prend aussi à Google dont la représentation photographique en ligne de l'habitat des particuliers dans les villes allemandes et autres constitue peu à peu une intrusion dans la vie privée.
→ Selon une étude de la Fondation Friedrich Ebert, proche du parti social-démocrate SPD, 6,5 millions de personnes (4% des Allemands de l’Ouest et 20% des Allemands de l’Est) appartiennent aux milieux défavorisés. Il s’agit là de gens qui vivent au minimum vital ou au-dessous et ne survivent que grâce à des subsides publics. Ces gens là ont perdu tout espoir de gravir les barreaux de l’échelle sociale. On notera que le nombre des pauvres en France s’élève à 8 millions de personnes selon les données de l’Insee, soit 13 % de la population. Ils sont donc plus nombreux en chiffre relatif aussi qu’en Allemagne, 8% des citoyens allemands contre 13% de Français, la France comptant 65 millions d’habitant et l’Allemagne 82. S’ajoute que le taux allemand de pauvreté n’est atteint que suite au retard pris par l’ex-RDA après 40 ans d’économie socialiste planifiée qu’il faudra encore une ou deux décennies pour combler. Comme on le sait le taux de chômage allemand est monté à 8,5% dans la crise (contre 10% en France). En Allemagne, le chômage (3,568 millions de sans emploi) a commencé à reculer en mars dernier (il est le plus haut à Berlin, 14,3%, à l’Est en Saxe-Anhalt, 14%, et le plus bas en Bavière, 5,4%, et en Bade-Wurtemberg, 5,4%). Le tux de chômage allemand est en réalité de 7,2% en Allemagne de l’Ouest et de 13,5% en Allemagne de l’Est, ce qui donne, compte tenu de la démographie, 8,5% en moyenne.
→
Nicolas Sarkozy avait été élu entre autres sur le slogan : « Travailler
plus pour gagner plus ». Il répète aujourd’hui que « le problème de la
France est qu’on ne travaille pas assez » et critique les 35 heures
comme "un carcan“, disant qu’« aucun autre pays ne l’a fait ». Mais le
temps de travail annuel a baissé dans tous les pays industrialisés dans
les mêmes proportions ou à peu près qu’en France. Simplement sous des
formes différentes. Ainsi en Allemagne comme en France est-il tombé de
135 heures de 1992 à 2006, en Allemagne principalement par la hausse du
travail à temps partiel, en France à cause des 35 heures. C’est ce qui
découle d'une enquête de l’Insee selon laquelle le temps de travail a
diminué dans les 69 dernières années de 25% environ dans les dix
principaux pays développés. Ainsi a-t-il diminué aux USA de 2 010 heures
en 1950 à 1 785 heures en 2007 ; au Japon de 2 080 à 1 784 heures ; en
Espagne de 2 050 à 1 775 heures ; en Grande-Bretagne de 2 110 à 1 607
heures ; en Suède de 2 020 à 1 601 heures ; en Italie de 2 179 à 1 566
heures ; en France de 2 230 à 1 559 heures ; en Allemagne de 2 370 à 1
432 heures et aux Pays-Bas de 2 500 à 1413 heures.
→
Le ministre allemand de
l’Economie, Rainer Brüderle (libéral FDP), réduit de 17% les crédits
alloués au photovoltaïque. « Jusqu’ici, les Allemands payaient par leur
taxe sur le courant électrique les fabriques de panneaux photovoltaïques
en Chine », a-t-il lancé. Les ménages allemands devront payer cette
année plus de 3 milliards d’euros pour fabrication et l’installation de
panneaux solaires. Or, le coût de fabrication de ces matériaux a baissé
de 30% rien qu’en 2008 et va baisser de 6% encore cette année. La baisse
des subventions décidée par le gouvernement précédent était donc
inférieure à la baisse du coût du produit. D’où la décision du
ministère. En France, c'est l'avenir des éoliennes qui est sur la
sellette depuis qu'une commission parlementaire a dénoncé leurs
"surcoûts".
→
Le budget allemand 2010 qui se monte à
325,4 milliards d’euros de dépense comportera un déficit de 85,8
milliards d’euros alors que le déficit du budget français qui comportera
319.504 milliards d’euros de dépenses, approchera les 140 milliard
d’euros, un peu moins que prévu en octobre dernier suite à de meilleures
rentrées fiscales en décembre. En Allemagne, le nouveau ministre
allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, a déclaré ce trou dans le bas
de laine « amer, nécessaire et économiquement justifié ». Il faut
relancer la conjoncture. En France, les opérations de relance et de
renflouement ont été supérieures à celles de l’Allemagne, avec des
recettes fiscales nettement inférieures. Le chapitre le plus lourd est
celui du Travail, ou plutôt du chômage, avec une dépense de 147
milliards. Suit le service de la dette : 40 milliards d’euros
d’intérêts. Cela dit, il faut tenir compte du fait que le PIB allemand
est près de deux fois supérieur à celui de la France et que l’Allemagne
a environ 15 millions de plus d’habitants que la France. Le territoire
français, d’un tiers plus étendu que celui de l’Allemagne, exige
davantage de dépenses d’infrastructures.
→ Selon les chiffres publiés le 28 janvier, la Pologne a enregistré une croissance de 1,7% en 2009, seul des 27 Etats membres de l'Union européenne à avoir augmenté son activité économique sur cette année marquée par la crise mondiale. Le produit intérieur brut de a cru de 1,7% en 2009, selon l'estimation préliminaire de l'office national des statistiques. En 2008, la Pologne avait connu une croissance de 5%.
→ Le groupe d’industrie OHB de Brême a gagné la course à la construction du système de navigation satellitaire européen Galileo. La commande passée par la Commission de Bruxelles porte sur 14 satellites représentant un montant de 566 millions d’euros. Le coût de l’ensemble du système est évalué à 3,4 milliards d’euros. Il permettra une circulation et une navigation par GPS européen à partir de 2014. Ainsi une entreprise familiale a triomphé d’EADS Astrium, la filiale du grand groupe européen EADS. OHB a réalisé en 2008 un chiffre d’affaires de 32,5 millions d’euros alors que le chiffre d’EADS Astrium plafonnait à 4,3 milliards d’euros. OHB avait été fondé en 1981 par la famille Fuchs de Brême sous le nom d’Otto Hydraulik. Quatre ans après, elle se lançait dans la course à l’espace. En 2001, elle a été cotée en Bourse. La majorité du capital appartient encore à la famille Fuchs. OHB emplois 1600 salariés. Il y a deux ans, EADS avait tenté de revendre à OHB ses trois filiales Airbus d’Augsburg, de Varel et de Nordenham. Le marché avait échoué et EADS avait relégué ses trois usines dans une filiale créée pour cela. EADS Astrium qui emploie 11 000 salariés dans le monde, avec une centrale également à Brême, l’élimination dans la course à Galileo est une perte de prestige considérable. D’autres chapitres du guidage satellitaire européen ont été répartis sur d’autres sociétés, dont Thales Alenia Space en Italie (85 millions d’euros pour un soutien au système), Arianespace en France (397 millions d’euros pour le lancement de satellites à Kourou en Guyane avec cinq fusées Soyouz). Le premier lancement aura lieu en octobre 2012 mais peut-être avec une fusée Ariane 5.
→ "Berlin a malheureusement encore beaucoup de chemin à faire pour être au top. En comparaison avec 50 autres grandes villes allemandes la capitale a certes quelques très bonnes notes. Mais si l’on regarde les choses dans leur dure réalité, il n’y a pas tellement de raisons d’être fiers pour les Berlinois : pour la création d’emploi, nous arrivons bons derniers et pour ce qui est du pourcentage de chômeurs, nous sommes troisièmes en commençant par la queue. 80 % des entreprises interrogées critiquent la manière dont le Sénat gère ses finances. Berlin arrive au total 44ème sur 50. Il n’y a que le tourisme à être prospère. C’est bien, mais ce n’est pas cela qui nous remplira le ventre". (Gunnar Schupelius)
● Histoire
→ Au printemps 1945, 25 000 morts à Dresde…Les hésitations sur le nombre des morts des bombardements de Dresde les 13 et 15 février 1945 devraient normalement prendre fin. Il n’y a eu que 25 000 victimes selon une commission d’historiens commanditée par la ville de Dresde. Le professeur Rolf-Dieter Müller du Centre de recherches de la Bundeswehr à Potsdam qui dirigeait la commission a indiqué ce chiffre qui est très loin de celui de 235 000 morts donné par la propagande nazie à l’époque pour attiser la haine contre les Alliés et appeler la population allemande à la résistance contre les « envahisseurs ». L’extrême droite s’était emparée de ce chiffre après la guerre et tentait d’organiser régulièrement des manifestations de commémoration antibritanniques et antiaméricaines. Raison pour laquelle le maire Rossberg avait chargé en 2004 ces historiens de faire des investigations. Ils ont étudié 800 dossiers d’archives et constaté qu’à l’époque déjà les autorités du Reich avaient réussi à identifier les quatre cinquièmes des cadavres. Les températures avaient atteint 400 à 500 degrés, ce qui n’était pas suffisant pour réduire les cadavres en cendres. Ils constatèrent aussi que sur les 15 000 soldats qui se trouvaient à ce moment dans la ville, une centaine seulement avaient été tués par la bombes. Sans minimiser l’horreur de cette attaque aérienne parfaitement inutile dans la conduite de la guerre, ils firent des études sectorielles et purent relever que dans un des quartiers les plus touchés une rue avait compté 800 victimes mais que 300 de ses habitants avaient pu s’en tirer indemnes. On avait dit aussi que Dresde était à ce moment-là submergée de réfugiés. C’était loin d’être le cas. Les historiens ont estimé qu’il fallait voir Dresde sur la toile de fond de la guerre qui faisait 20 000 victimes par jour au printemps 1945 et qu’on ne pouvait pas dire que Dresde était une « ville innocente », car elle comptait beaucoup de nazis et que c’était là qu’avait eu lieu en 1933 le premier bûcher de livres d’auteurs jugés non conformes à la doctrine nazie.
… et 23 000 à Swinemünde
C’était le 12 mars 1945, la huitième escadre de bombardiers américains attaquait Swinemünde : 642 bombardiers arrivèrent à 12 h et pilonnèrent la ville pendant seulement 60 minutes. Les cibles étaient le port, la gare et les parcs. Cette station balnéaire de la Baltique était à ce moment-là pleine de réfugiés de Prusse orientale qui avaient vécu des choses épouvantables, pillages, sévices, viols, massacres perpétrés par l’Armée Rouge, plus la chasse à l’homme des troupes du NKVD pour remplir l’Archipel du Goulag. Arrivés à Swinemünde, les gens s’estimaient sauvés parce qu’ils avaient échappé à la soldatesque soviétique, mais ce port n’était qu’une étape dans leur fuite vers l’Ouest. La plupart d’entre eux n’avaient pas vécu comme leurs compatriotes de l’Ouest les tapis de bombes. Les Américains et les Anglais connaissaient parfaitement le terrain parce qu’ils avaient observé et bombardé déjà plusieurs fois depuis 1942 la base de Peenemünde où les Allemands fabriquaient les V2. La première cible fut le port où se trouvaient six gros cargos qui assuraient le transfert des réfugiés de Pillau et Dantzig vers Swinemünde. De là, ils étaient évacués en direction du Danemark. Justement, le cargo Andros avec 2000 réfugiés à bord avaient tenté de prendre la mer puis il était revenu le 12 vers Swinemünde pour échapper au gros temps. Il fut brisé par les bombes et ses passagers furent noyés. Des milliers de personnes attendaient dans le parc de la ville d’être embarqués. Les avions alliés « marquèrent » cet espace avec des bombes éclairantes qui brûlaient à la manière de feux de Bengale et hachèrent menue toute cette population. Les bombes tombaient si dru qu’on ne pouvait fuir. Ils larguèrent aussi des bombes qui détonnaient en l’air dès qu’elles touchaient les branches des arbres. Cette attaque était naturellement soigneusement préparée pour tuer le plus de civils possible, femmes, enfants, personnes âgées. Cette attaque était un crime de guerre. Tous les ans le 12 mars une cérémonie de deuil se déroule sur le Golm une rangée de collines à l’ouest de la ville où l’on a érigé un mémorial en souvenir des 23 000 victimes.
→ Excuses tardives des Serbes et des Russes. La Serbie s’est enfin excusée pour le massacre de Srebenica au cours duquel en juillet 1995 les milices serbes sous l’autorité du Général ratko Mladic avaient assassiné 8000 civils de ce village musulman. Ce sont, en fait, les pressions exercées par l’Union Européenne sur Belgrade, qui est candidate à l’adhésion à l’Union, qui ont amené les Serbes à faire ce geste tardif. Mais le mot « génocide » a été soigneusement évité dans la déclaration officielle. On note que peu après, le 7 avril 2010, dans un geste longtemps attendu par Varsovie, les Premiers ministres Vladimir Poutine et Donald Tusk se sont recueillis hier à Katyn, où Staline fit tuer il y a 70 ans 20 000 Polonais, pour la plupart des officiers. Longtemps, la Russie avait attribué ce crime à la Wehrmacht. Le drame de l'accident d'avion qui a coûté la vie 97 membres de l'élite polonaise, dont leur président Lech Kazcynski, sur l'aéroport de Smolensk, alors qu'ils se rendaient à des cérémonies de commémoration à Katyn, fait apparaître ce lieu comme un endroit de malédiction pour les Polonais (voir plus bas ci-dessous sous "En bref").
→ Le parquet de Potsdam a dû interrompre son enquête ouverte sur les responsables du massacre perpétré fin avril 1945 à Treuenbrietzen en Brandebourg. Dans cette petite ville située entre Berlin et Hanovre, les troupes soviétiques avaient rassemblé plusieurs centaines de civils allemands et les avaient fusillés. Comme l’a déclaré le procureur Helmut Lange, son service se heurte à un obstacle juridique. Il s’agit de l’article III de la loi n° 4 du Conseil de contrôle interallié du 20 octobre 1945 qui stipule que les « actes délictueux dans lesquels sont impliqués des militaires des troupes d’occupation ou des citoyens des puissances alliées » sont soustraits à la compétence des tribunaux allemands. Le ministère allemand de la Justice a confirmé que cette loi est toujours en vigueur. On étudie actuellement la possibilité de confier le dossier aux juges russes…
→ « Je
crois à la victoire finale du socialisme », nous disait récemment contre
toute raison un ancien membre de la Nomenklatura est-allemande. Oui,
mais quel socialisme ? Peut-on encore utiliser ce terme après les crimes
commis en son nom ? En 1937/38, Staline a fait arrêter 1,500 millions de
personnes et fit exécuter 680 000 d’entre elles. Six millions de Russes
et d’Ukrainiens périrent des suites de la collectivisation de terres ou
lors de transferts sur d’autres territoires. Jusqu’à la mort de Staline
en 1953, environ 20 millions de personnes furent déportées dans
l’Archipel du Goulag. Des 3 500 fonctionnaires du parti communiste
allemand qui fuirent en URSS après l’arrivée d’Hitler au pouvoir pour
échapper aux camps de concentration nazis, 70% furent exécutés. Dans
l’article de Daniel Koerfer « Die deutsch-sowjetische Beutepartnerschaft“
que nous publions dans la version allemande de notre magazine (rubrique
"Tatsachen"), on trouvera une évaluation des crimes commis par Nikita
Khrouchtchev en Ukraine : 1,2 millions de déportés, 80 000 personnes
arrêtées dont 60 000 immédiatement passées par les armes. Comment se
fait-il que le liquidateur Khrouchtchev ait pu en 1956 dénoncer « les
crimes de Staline » ? Sans doute s’est-il trompé en croyant qu’on allait
un jour ou l’autre découvrir la vérité et que mieux valait prendre les
devants en attribuant les crimes à son ancien maître Staline qui, de
toute manière, ne pouvait plus être jugé, étant mort trois ans plus tôt.
Seulement, Khrouchtchev avait ainsi ouvert les vannes et ne put jamais
plus les refermer. Son attaque contre la mémoire de Staline fut la
première fissure dans le Bloc soviétique qui s’écroula en 1990. En
1945-49, 35 000 Allemands sont morts dans les « camps spéciaux » créés
en Zone soviétique d’Allemagne par Ivan Serov en recyclant à cet usage
les anciens camps de concentration nazis, Sachsenhausen, Buchenwald et
autres. Une toute petite minorité des détenus était composée d’anciens
nazis. Il s’agissait pour la plupart d’adversaires réels ou supposés
tels du communisme, parmi eux beaucoup de jeunes gens. Le nombre des
Allemands qui furent exécutés sur place et déportés en URSS ne peut être
estimé.
→
Tout le monde avait été choqué par les transferts de
populations intervenus en Europe centrale au lendemain de la Deuxième
Guerre mondiale, comme Staline, Roosevelt et Staline l’avaient décidé
aux conférences de Yalta et de Potsdam. On ne sait guère que le premier
grand déplacement de personnes en Europe avait eu lieu au lendemain de
la Première Guerre mondiale, quand la France, en récupérant l’Alsace et
la Lorraine, en expulsa 132.000 sujets allemands. Etaient considérés
comme Allemands, tous les résidents qui s’étaient installés en
Alsace-Lorraine après 1871. Au total 200 000 personnes durent franchir
le Pont du Rhin et s’installer de l’autre côté de la frontière. Mais la
moitié environ purent revenir les mois suivants après que le président
américain Woodrow Wilson ait exercé des pressions sur la France.
→ L’archéologue américain Nick Bellantoni a disposé d’une heure aux Archives d’Etat de Moscou pour examiner le crâne d’Hitler qui s’est suicidé dans son Bunker le 30 avril 1945 à Berlin. Les fragments qu’il a pu prélever lui ont réservé au laboratoire une surprise : il s’agissait d’une femme. « Le crâne lui-même ressemble à celui d’une femme de 20 à 40 ans. L’os est trop mince, ceux des hommes sont nettement plus robustes. Les fontanelles sont celles d’une femme de moins de 40 ans ». – Le corps du dictateur avait été incinéré avec celui de son épouse Eva Braun (ils s’étaient mariés quelques heures avant leur mort) dans le jardin de la chancellerie du Reich. Les Soviétiques auraient-ils récupéré celui de celle-ci, le prenant pour celui d’Hitler ? La voûte crânienne pourtant a été perforée par une balle. Or, il était avéré jusqu’ici qu’Hitler s’était tiré dans la tête une balle d’un Walther de 7,65 mm tandis qu’Eva Braun s’était empoisonnée au cyanure. Il y a six ans, le criminologue de Cologne Mark Benecke avait pu examiner lui aussi le crâne du Führer et sa dentition. Celle-ci avait levé tous les doutes. Il s’agissait bien d’Hitler.
→ Le célèbre publiciste américain Robert Kagan a suggéré la formation d’une « Ligue des Etats démocratiques » reliés par des valeurs dépassant le commerce et les finances, qui se réunirait de temps à autre et ferait le point de la situation. Ce serait l’Europe d’un côté et un groupe asiatique constitué du Japon, de l’Australie et de l’Inde de l’autre. Le monde arabe, Israël et la Turquie sont désormais rattachés à l’Europe dans l’Union pour la Méditerranée. Sans doute ne faut-il pas isoler la Russie et la Chine. Mais ces deux puissances poursuivent des intérêts très particuliers et ne sont pas vraiment des démocraties. L’idée de Kagan paraît tout à fait raisonnable et mérite d’être creusée.
→
Au dessus de son bureau à la chancellerie,
Angela Merkel a accroché depuis son entrée à la chancellerie en 2005 un portrait de d’une princesse est-allemande qui devint
l’impératrice d’un grand empire : Catherine II la Grande. L’impératrice
de Russie, né Sophie von Anhalt-Zerbst en 1729 à Stettin dont son père
était gouverneur et décédée en 1796 à Saint Petersburg, était une femme
cultivée qui n’eut pas de chance avec son époux, le grand-prince Pierre
de Russie. Tandis qu’elle l’attendait le soir dans son appartement, il
faisait la fête et revenait passablement alcoolisé. Mais il admirait la
Prusse et surtout l’armée prussienne, raison peut-être pour laquelle il
avait épousé une Allemande. A début, il lui faisait porter un uniforme
prussien et jouait avec elle aux soldats de plomb prussiens évidemment.
Par la suite, ils vécurent chacun de leur côté et Catherine
éprouva des
affinités électives avec des amants successifs, moins nombreux que les
mauvaises langues l’ont affirmé. Elle était musicienne, lisait beaucoup,
notamment Voltaire et Montesquieu. Elle correspondait avec Voltaire,
l’admirait et adopta certaines de ses idées dans son traité de
politique. Elle l’aida financièrement et à sa mort acheta tous les
originaux de son œuvre. Il l’appelait « l’étoile du Nord ». Peut-être
que Mme Merkel, qui parle anglais et russe, va-telle se mettre à l’étude des
philosophes et auteurs français… comme son modèle. Mais il semble plutôt
qu'elle se considère comme apte à comprendre les Russes tout en se
méfiant d'eux.
→ Nicolas Sarkozy est un noble authentique qui ne porte pas son titre, Dominique de Villepin est un roturier qui porte un titre de noblesse. Nicolas-Philippe Piot spécialiste des titres nobiliaires a intitulé avec malice un nouveau guide qui se charge de faire le tri entre les vrais et les faux nobles «Noms dits et autres friandises». Cet ouvrage de 450 pages, sous forme d’annuaire, publié en 2009 aux éditions Patrice du Puy, spécialisées dans la généalogie et l'héraldique, examine 10 000 patronymes français d’apparence noble. Le titre du livre fait allusion à un bon mot du (vrai) duc de Saint-Simon qui désignait ainsi les usurpations de noblesse. L’ouvrage comporte trois fois plus de noms que le recensement du ministère de la Justice, gardien du Grand livre du Sceau, qui répertorie les actes de noblesse et estime en effet les familles subsistantes dont les ancêtres ont réellement bénéficié de titres à 3.200 seulement, hormis la noblesse étrangère. Pour certains, la descendance est authentique. Pour d'autres, les particules ont été gagnées en relevant des noms de terre ou à la grâce d'une opportune erreur d'un officier d'état civil. Il en ressort notamment que les ancêtres hongrois de Nicolas Sarkozy de Nagy-Bosca ont bénéficié de lettres de noblesse attribuées par le roi Ferdinand II en septembre 1628, à Vienne. Ancien président du CNPF, le patronat français, Ernest-Antoine Seillière ne doit lui son titre de baron qu'à la relève arbitraire par ses ancêtres d'une branche cadette éteinte, renforcée en 1886 par des quartiers de noblesse papale sans aucune valeur en France. Parmi les roturiers les plus célèbres, on relève le journaliste Patrick Poivre d'Arvor, la styliste Inès de la Fressange, l’ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, l'ancien Premier ministre Dominique Galouzeau de Villepin, l'académicienne Hélène Carrère d'Encausse et Geneviève de Fontenay. Cette dame qui chaperonne les Miss France, a été la compagne de Louis Poirot, dit «de Fontenay» dans la Résistance. Geneviève de Fontenay a bénéficié d'un changement de nom paru au Journal officiel en 2007.
● Propagande
→ L’Arabie Saoudite a littéralement imposé au Sénat de Berlin une deuxième école islamique dans la capitale allemande. L’accord de trois pages sur la vente à Ryad d’un terrain dans la Glockenturmstrasse de Berlin a été approuvé par le Sénat socialiste-communiste contre les voix du parti chrétien-démocrate CDU le 19 avril. Dans ce contrat, il est fait explicitement référence au fait qu’il faudrait en cas de refus « tabler sur une dégradation des relations germano-saoudiennes ». L’Arabie saoudite se sert du levier du pétrole et des achats de produits industriels allemands pour promouvoir sa religion. En mai, Mme Merkel s'est rendu dans ce pays. A l’automne 2003 déjà, le ministère allemand des Affaires étrangères était intervenu pour que ne soit pas fermée l’école islamique du Roi Fahd, la première école saoudienne à Berlin, en raison d’appels au djihad dans ses livres scolaires et dans son enseignement. En revanche, les enseignants de l’école allemande de Ryad sont la cible de vexations et de chicanes massives de la part des autorités arabes.
→
Selon une professeure de psychologie de
Berlin, Birgit Rommelspacher, « les féministes font cause commune avec
la droite ». C’est ce que déplorait récemment cette intellectuelle sur
toute une page du journal d’extrême gauche berlinois « taz » (« Die
Tageszeitung »). La raison en est, selon elle, qu’elles adoptent des «
positions antiislamiques ». A son avis, cela rappelle le IIIème Reich «
où les femmes affirmaient leur supériorité raciale en s’engageant en
faveur de l’égalité de l’homme et de la femme ». Elle ne donnait pas
d’explication pour cette étrange comparaison (alors que tout le monde
sait que la femme sous le IIIème Reich était plus ou moins réduite à ses
fonctions ménagères et génitrices), mais elle donne les noms de ses
cibles, Ayaan Hirsi Ali, Seyran Ates, Necla Kelek. Ces femmes musulmanes
courageuses qui risquent leur vie en dénonçant le statut humiliant fait
à la femme dans l’islam traditionnel, sont pour elles des extrémistes de
droite, presque des nazies… !!! Au lieu de voir en elles des femmes qui
critiquent l’importation en Europe de coutumes archaïques antiféministes
et une religion qui qualifie d’invention du diable le droit à la
responsabilité et à l’individualité qui est la norme sur notre
continent, leur reproche de s’ériger « en championnes de la civilisation
européenne ». Elle est, elle, pour une société multiculturelle faite de
mondes parallèles, ce qu’on appelle en France le « communautarisme ». On
frémit en imaginant ce que Mme la professeure peut enseigner à ses
étudiants et étudiantes. Mais ses idées sont visiblement contagieuses.
Ainsi la « Süddeutsche Zeitung » s’est-elle prise récemment à Necla
Kelek qui lutte notamment pour la sécularisation des mœurs, pour le
mouvement des lumières et pour la séparation de la religion et de
l’Etat. Selon ce grand journal de gauche de Munich, Mme Kelek est « une
prêcheuse fanatique qui défend les droits de l’homme avec le même
fanatisme que les musulmans le Coran et la Charia ». Ainsi les droits de
l’homme sont-ils mis sur le même pied que le droit musulman qui permet
de lapider, de poignarder et de tuer à la bombe non seulement la femme
adultère ou vêtue comme au XXIème siècle, mais même tous ceux qui osent
critiquer telle ou telle phrase du Coran.
● Science
→
Batterie écolo : Des ingénieurs de
l’entreprise israélienne Yissum ont demandé un brevet pour une batterie
d’un type nouveau. Elle se compose de pommes de terre traitées. Ils se
sont aperçus que des pommes de terre dont la teneur en sel a été
modifiée ont une forte capacité de chargement électrique. C’est en tout
cas meilleur pour l’environnement que les piles et batteries habituelles
qui utilisent des métaux lourds et c’est en tout cas plus simple à
fabriquer. Utilisable à la campagne et dans les pays en voie de
développement.
→
Le fabricant hollandais Nokia a mis au
point une recharge de téléphone à la pédale. Elle fonctionne comme la
lumière de votre vélo, mais à la place d’une lampe, on branche sur la
dynamo un téléphone portable accroché au guidon. Selon Nokia, il suffit
de rouler 20 minutes à la vitesse de 16 m/h pour stocker une capacité de
conversation d’une heure sur un portable normal. Au Kenya où le réseau
électrique est plutôt déficient on peut déjà acheter cette recharge pour
18 €. Elle sera mise en vente sur les marchés internationaux à la fin de
l’année 2010.
→
Faites votre métro… en imitant le Russe
Leonid Mulyanschik. Depuis 26 ans il creuse son propre tunnel, un mètre
de progression par jour. Il lui faut couler du béton, empiler des
briques sous terre. Mais, entre-temps retraité, il est optimiste. Il
aura un jour son métro miniature d’un point à un autre : « Des wagons
totalement automatiques pour trois ou quatre passagers ».
→
Des ingénieurs de l’université américaine
Purdue mettent au point un carburant plus respectueux de l’environnement
pour les véhicules spatiaux. Il se composera d’un mélange de glace d’eau
et de poudre d’aluminium réduite en particules ultrafines. Ce carburant
écolo aurait un autre avantage : ses composants abondent sur la lune et
sur mars. Les navettes spatiales pourraient donc faire le plein sur
place. De plus, ils espèrent pouvoir le présenter sous forme de gel, ce
qui permettrait de doser le plein des réservoirs avec exactitude comme à
une station service.
→
La
catastrophe démographique allemande continue.
„L'Allemagne célèbre une recrudescence
de sa natalité, proclamait l’hebdomadaire « Die Zeit » en février 2009.
12.000 enfants de plus étaient venus au monde en 2007 qu’en 2006. Les
chiffres pour 2008 n’étaient pas encore connus mais « Die Zeit » était
sûr de son fait : „Le nombre de naissances augmente. Nous assistons à un
puissant retournement de tendance ». Ainsi avait-on la certitude que le
désir d’enfants des Allemands s’était accru grâce à nouvelle politique
familiale du gouvernement de grande coalition d’Angela Merkel, avec le
salaire parental et une amélioration de la prise en charge des tout
petits. Berlin avait « la solution ». Mais voilà que l’Office fédéral
des statistiques a communiqué qu’en 2009 l’Allemagne a eu son taux de
naissances le plus faible depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
En 1946 seulement, dans l’absolu dénuement de la défaite, dans
l’Allemagne détruite et affamée, alors qu’un grand nombre d’hommes
étaient morts et une grande partie des survivants étaient prisonniers,
il avait été plus bas. Comparé à 2008, le nombre des naissances a baissé
de plus de 20.000. En 2008 déjà, alors que la ministre de la ministre de
la famille fédérale se targuait d’avoir contribué à augmenter le nombre
des naissances par rapport à 2007 et célébrait une sorte de baby-boom,
il y avait erreur. La légère montée de 2007 s'expliquait par la
politique familiale du gouvernement, en fait par un effet de timing.
Pour bénéficier des mesures avantageuses prévues pour 2007, un grand
nombre de couples avaient e 2006 différé d’un an la naissance de leur
enfant.
→
Au taux actuel de natalité en Allemagne,
les Allemands pourraient avoir disparu dans douze générations et en
2050, la France pourrait avoir dépassé l’Allemagne en chiffre absolu de
population. 34% des femmes allemandes âgées de 35 à 49 ans et titulaires
au moins d’un master n’ont pas d’enfant et plus de 30 % d’entre elles ne
veulent pas en avoir. En revanche 26% des femmes non diplômées, non
titulaires du baccalauréat ont au moins trois enfants, ce qui fait
craindre une augmentation du nombre d’enfants pauvres. L’allocation de
congé parental créée en 2007 par Ursula von der Leyen, l’ancienne
ministre de la Famille devenue ministre du Travail, devait encourager la
natalité en permettant à un parent de toucher 80% de son salaire à
concurrence de 1 800 euros mensuels pendant quatorze mois après la
naissance de l’enfant. Mais cette allocation (l’Elterngeld) a été
utilisée surtout comme un complément de revenu par les familles les plus
pauvres, avec un pic de natalité en 2008 qui est vite redescendu à la
normale déficitaire.
→ Des biologistes de Tübingen ont constaté que toutes les composantes du génome mutent dans un délai de 143 millions de générations. Ils l’ont observé sur une plante sauvage, l’Arabidopsis thaliana, appelée aussi communément le „cresson écossais“, mais ils estiment que le rythme est le même chez l’animal et l’homme. Cela veut dire qu’en 143 millions de génération tout le génome et le phénotype se sont complètement transformés par rapport à l’être vivant initial. On est en présence d’un autre être vivant, d’une autre espèce. Sur les six milliards d’êtres humains qui peuplent la Terre, il y a donc une composante du génome qui mute à chaque instant dans l’humanité.
● En bref
→ Sage décision : les organisateurs de la "love parade" en Allemagne ont annoncé le 25 juillet dernier que cette fête de la techno et de l'homosexualité n'aurait plus lieu à l'avenir. Créée à Berlin en 1989, quelques mois avant la chute du Mur, elle s'était déroulée dix-huit années de suite dans les avenues centrales de la capitale allemande d'où elle avait été expulsée notamment en raison des dégradations qu'elle infligeait à l'environnement. Dommage que la raison de son interdiction après sa migration dans la Ruhr, ait été une panique ait causé 19 morts et 340 blessés, dont certains graves, le 24 juillet à Duisburg. Eu égard aux victimes, cette décision s'imposait.
→ Une dizaine de restaurateurs français a décidé au début de l'été d'interdire leurs terrasses aux fumeurs. L'un de ces restaurants est La Désirade sur le port de Toulon. L'association Droit des non-fumeurs (DNF) et d'autres associations de lutte contre le tabagisme soutient cette initiative. Elle espère que leur nombre montera à une centaine. "Il faut encourager ces initiatives spontanées. L'été, il existe un clientèle, aujourd'hui insatisfaite, qui désire pouvoir manger et boire dehors sans être importunée par la fumée de cigarette des autres", déclare Gérard Andureau, président de DNF. Trente mois après l'interdiction de fumer dans les cafés et restaurants, le tabou anti-tabac gagne donc l'air libre. Le ministère de la Santé n'a pas prévu pour le moment d'élargir l'espace de l'interdiction.
→ Le sélectionneur de la Mannschaft allemande de football, Joachim Löw, a prolongé de deux ans son contrat de sélectionneur de l'équipe d'Allemagne. A son retour d'Afrique du Sud, il avait été décoré de la Croix du Mérite Fédéral, équivalent de notre Légion d'honneur, par le nouveau président de la République, Christian Wulff. Beaucoup d'Allemands ont regretté qu'on n'ait pas fait un petit triomphe à leur équipe à son arrivée à l'aéroport de Francfort. Ils sont tout de même en troisième position dans cette Coupe du monde, comme en 2006, et auraient peut-être battu les Espagnols en demi-finale s'ils avaient eu dans ce match leur leur butteur Gerd Müller , interdit par un carton rouge.
→ Les clubs anglais d'Arsenal et de Tottenham ont interdit les fameuses trompettes en plastique qui ont fortement perturbé la Coupe du monde de football cette année en Afrique du Sud. Pour les représentants de ces deux clubs britanniques, les vuvuzelas risquent de gâcher l'ambiance dans le stade et de poser également un problème de sécurité.
→ L’hypothèse n’a rien d’agréable. Le président polonais Lech Kaczynski est-il coresponsable du terrible accident qui leur a coûté la vie, à lui et à son épouse, ainsi qu’à 95 autres passagers de marque du Tupolew Tu-154 le 11 avril dernier ? Tout de suite, l’idée avait germé dans la tête de Tomasz Szulc, expert aéronautique de l’Université Technique de Wroclaw. Ce spécialiste disait que « le pilote n’avait pas eu sans doute l’énergie nécessaire » pour imposer son point de vue. Il rappelait qu’au cours de l’été 2008, un pilote du président polonais avait refusé d’atterrir en Géorgie et s’était posé dans un pays voisin. Kaczynski avait dû se rendre en voiture à sa destination finale et avait accusé le pilote de désobéissance. Or, cette fois, la tour de contrôle de Smolensk avait adjuré le pilote d’aller se poser à Minsk, car il y avait un épais brouillard sur l’aéroport de Smolensk qui ne dispose pas d’un système de guidage électronique. Il y a fort à parier, selon cette source, que le pilote a soumis la proposition des aiguilleurs du ciel au président, mais que celui-ci a insisté pour poser l’avion à Smolensk. Il a accompli quatre tours de l'aéroport, avec quatre tentatives de se poser presqu'au jugé. C'est au quatrième tour qu'une aile de l'avion a accroché un arbre. Pourtant, la version officielle qui se réfère aux boîtes noires de l'appareil était qu'aucun des passagers n'a exercé aucune pression sur les pilotes. L'enregistrement des conversations avant le crash en font foi, soulignait une source qui malheureusement était anonyme. Entre-temps, le décryptage des boîtes noires de l'appareil réalisé par des experts en Russie a prouvé que d'autres personnes que les pilotes étaient dans le cockpit au moment du crash. Cela confirme la thèse selon laquelle les pilotes ont été contraints d'atterrir par des politiques, probablement le président lui-même. Lech Kaczinsky était un héros de Solidarnosc et de la démocratisation de la Pologne, mais c'était un caractère difficile. Il s'était brouillé avec son ami Walesa au début des années 90. Et son attitude nationaliste et antieuropéenne lui avait mis à dos la plupart des dirigeants de l'UE. Certains n'ont pas été fâchés de ne pouvoir aller à ses funérailles, bloqués chez eux par le nuage de cendres volcaniques. Mais il est vrai qu'on ne dit jamais du mal des morts...
→ L’Union Européenne s’est fixée le but d’atteindre d’ici 2020 une part de 10% d’énergies renouvelables. Cet objectif peut être atteint soit en utilisant des voitures électriques soit en mélangeant du carburant bio à l’essence. Le « Financial Times Deutschland » a fait état le 11 avril dernier d’une étude interne de la Commission européenne qui prévient des dommages que peut provoquer la culture du biocarburant. Tout d’abord la création de champs cultivables pour ce type de carburant peut provoquer l’abattage de forêts, étant donné qu’on aura toujours besoin, parallèlement, de terres pour la culture de produits alimentaires. Si le biocarburant couvrait 5,6% des besoins en carburant, sa culture apporterait plus d’inconvénients que d’avantages. Cette étude est gardée sous clé par le commissaire européen à l’Energie Günther Oettinger.
→ Le nombre d’avortements pratiqués en 2008 en Europe, selon le rapport présenté le 2 mars au Parlement européen par l’Institut de politique familiale (IPF), est de 2,9 millions. Avec 7846 avortements par jour – en moyenne un toutes les 11 secondes-, l’avortement est devenu la « première cause de mortalité en Eu »ope". Parmi ses propositions, l’IPF envisage « la réunion d’un conseil extraordinaire des ministres chargés de la Famille » pour analyser « la problématique de la natalité et ses conséquences sur le vieillissement de la population en Europe ». Quand Simone Veil avait fait adopter la loi sur l’IVG en France le 21 septembre 1974, on ne concevait pas encore ses conséquences actuelles. C’était à l’époque une bonne chose, incontestablement, un siècle à peine après que les dernières jeunes femmes coupables d’infanticide aient été pendues ou décapitées. Quelques décennies à peine après qu’elles aient été bannies de leur famille à cause de la « honte » qui pesait sur elles. Mais aujourd’hui, tous ces enfants perdus manquent à l’appel. Il a fallu du temps pour que l’on prenne conscience du drame démographique de l’Europe qu’Alfred Sauvy (1998-1990) avait déjà signalé pourtant dès 1968 dans « Population et Société ». Entre-temps, Mme Veil est entrée à l’Académie.
→ Les Länder de Berlin, de Hambourg et de Brême veulent ancrer l’égalité des droits pour les homosexuels, les lesbiennes et les transsexuels dans la constitution allemande. Le bourgmestre social-démocrate de Berlin Klaus Wowereit qui est lui-même homosexuel, va présenter une demande de réforme constitutionnelle en ce sens. La non-discrimination de ces groupes devrait être ancrée dans l’article 3, alinéa 3-1 de la Loi fondamentale allemande. Cette demande a toutes les chances d’être agréée, étant donné que les homosexuels furent persécutés sous le IIIème Reich.
→ Il faudra bien que l'Allemagne se décide elle aussi à un débat sur l'identité allemande comme la France sur l'identité française, car les musulmans d'Outre-rhin sont de plus en plus réticents à vivre "en Allemands". Le tchador apparaît de plus plus fréquemment dans les quartiers turcs des villes allemandes et sur la tête des écolières turques. Des représentants de la communauté turque d'Allemagne souhaitent l'adoption de jours fériés islamiques pour tous les écoliers allemands, quelle que soit leur religion. Ironie de leur argumentation : cette initiative favoriserait, selon eux, l'intégration des musulmans d'Outre-rhin. Plus "tolérant", le président de la communauté turque, Kenan Kolat, estime qu'un jour suffirait peut-être, par exemple le jour qui marque la fin de la fête musulmane de l'Aïd-el-Fitr, fin du Ramadan. "Ce serait un signe de tolérance", confie-t-il à la "Berliner Zeitung". Il faut bien un début à tout... Les fers de lance de la "turquisation" de la société allemande est le Conseil Interculturel de Darmstadt qui finance le projet "Vivre-ensemble avec les musulmans". Il milite notamment contre l'interdiction du port du voile pour les enseignantes.